{"id":18536,"date":"2019-06-21T07:47:07","date_gmt":"2019-06-21T05:47:07","guid":{"rendered":"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=18536"},"modified":"2019-07-07T11:11:27","modified_gmt":"2019-07-07T09:11:27","slug":"parasite-critique-aisee-162","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=18536","title":{"rendered":"Parasite &#8211; Critique ais\u00e9e n\u00b0162"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Critique ais\u00e9e n\u00b0162<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-thumbnail wp-image-18538\" src=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2019\/06\/download-8-150x150.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" \/>Parasite<\/strong><br \/>\nBong Joon Ho\u00a0 -2019<br \/>\n<em>Palme d&rsquo;or du festival de Cannes 2019<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je vous avais dit que \u00ab Douleur et Gloire \u00bb n\u2019aurait pas la Palme d\u2019Or, et il ne l&rsquo;a pas eu ( voir Critique\u00a0 ais\u00e9e n\u00b0 160). Je vous dis aujourd\u2019hui que \u00ab Parasites \u00bb ne m\u00e9ritait pas la Palme d&rsquo;Or, mais qu\u2019il l&rsquo;a eu. On ne peut pas toujours \u00eatre \u00e9cout\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Donc, pour moi, <em>Parasite<\/em> ne m\u00e9ritait pas la Palme d\u2019Or. Bon, d\u2019accord, c\u2019est un bon film, mais de l\u00e0 \u00e0 le mettre au niveau du <em>Troisi\u00e8me homme<\/em>, d\u2019<em>Un homme et une femme<\/em>, de <em>M.A.S.H.<\/em>, d\u2019<em>Apocalypse now<\/em>, d\u2019<em>All that jazz,<\/em> de <em>Barton Fink<\/em>\u2026 ! Bien s\u00fbr, la Palme a \u00e9t\u00e9 aussi attribu\u00e9e \u00e0 des trucs pas terribles, mais <em>Parasite<\/em> est bien mieux que pas terrible.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quand, comme beaucoup de critiques, on ne sait pas trop quoi dire d\u2019un film, on commence par le raconter, en se disant que les id\u00e9es viendront. Mais raconter le film serait <!--more-->dans ce cas le divulg\u00e2cher<sup>1<\/sup> gravement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><u>Note 1<\/u><\/em><em>: Divulg\u00e2cher, v.trans. 1er grpe, mot-valise form\u00e9 des verbes \u00ab\u00a0divulguer\u00a0\u00bb d&rsquo;une part et \u00ab\u00a0g\u00e2cher\u00a0\u00bb d&rsquo;autre part, n\u00e9ologisme datant probablement des ann\u00e9es 10, invent\u00e9 coll\u00e9gialement ou propag\u00e9 par les critiques du Masque et la Plume pour signifier \u00ab g\u00e2cher le plaisir d\u2019un film, d\u2019un roman, ou d\u2019une surprise quelconque en d\u00e9voilant sa chute, sa fin, un retournement, une pirouette sur laquelle l\u2019auteur a su\u00e9 sang et eau pendant que sa femme et ses enfants commen\u00e7aient \u00e0 diner sans lui. \u00bb Ce n\u00e9ologisme parait bien pr\u00e9f\u00e9rable au \u00ab\u00a0spoiler\u00a0\u00bb (prononcer spohil\u00e9, et non pas sepoil\u00e9) trop courant, qui n\u2019est qu\u2019une francisation de \u00ab\u00a0to spoil\u00a0\u00bb (tou spohil) qui signifie litt\u00e9ralement rater, g\u00e2cher, pourrir\u2026 L\u2019\u00c9cole des Linguistes de la Rue Soufflot affecte de pr\u00e9tendre que le verbe \u00ab\u00a0spoiler\u00a0\u00bb provient d\u2019une coquille typographique (en anglais, on dit tout simplement \u00ab\u00a0typo\u00a0\u00bb (tahipo) \u2014 ils ont vraiment le sens de l\u2019efficacit\u00e9, ces anglo-saxons \u2014 l\u2019intention v\u00e9ritable de l\u2019auteur \u00e9tant d\u2019\u00e9crire en fait \u00ab spolier \u00bb. Mais, du c\u00f4t\u00e9 du Groupe Linguistique la Rue d\u2019Ulm, c\u2019est tr\u00e8s contest\u00e9 !<\/em><br \/>\n<em><span style=\"text-decoration: underline;\">Fin de note<\/span> (Le JdC, seul quotidien \u00e0 offrir \u00e0 ses lecteurs des notes de milieu de page)<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00a0<\/em>Donc je dois rentrer dans le vif du sujet, sans m\u00eame le moindre \u00e9chauffement. Commen\u00e7ons par les qualit\u00e9s :<br \/>\nLes qualit\u00e9s esth\u00e9tiques sont certaines : la photo est claire, nette, contrast\u00e9e, r\u00e9aliste, sans effet particulier, Les cadrages sont simples, et il n\u2019y a pratiquement pas de mouvement de cam\u00e9ra, et c\u2019est reposant, bien que le film ne le soit pas, loin de l\u00e0. La recherche esth\u00e9tique se limite au superbe choix des d\u00e9cors et des couleurs, qui souligne le contraste entre la chaleur, le d\u00e9sordre et la laideur du cadre de vie de la famille pauvre (mais malhonn\u00eate) et la beaut\u00e9 froide et ordonn\u00e9e de la maison des riches (mais pas m\u00e9chants).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le film est dr\u00f4le : bien que le second degr\u00e9 soit \u00e0 mon avis absent du film, l\u2019humour est tr\u00e8s souvent pr\u00e9sent et certaines situations cocasses rel\u00e8vent carr\u00e9ment de la farce. Mais la dr\u00f4lerie provient surtout de la roublardise sans vergogne ni remord (\u00e0 l&rsquo;italienne) de l\u2019une des deux familles et de la na\u00efvet\u00e9 satisfaite de l\u2019autre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le film est nuanc\u00e9 : j\u2019ose \u00e0 peine le dire (et vous comprendrez le pourquoi de ma r\u00e9serve quand vous l\u2019aurez vu), mais le film est nuanc\u00e9. Disons plut\u00f4t qu\u2019il n\u2019est pas caricatural, autrement dit, les pauvres ne sont pas gentils (ils ne sont pas m\u00e9chants non plus, mais simplement d\u00e9nu\u00e9s de toute morale) et les riches ne sont pas m\u00e9chants (ils ne sont pas davantage gentils, simplement d\u00e9nu\u00e9s de toute consid\u00e9ration pour qui ne fait pas partie de leur classe sociale).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et maintenant, les d\u00e9fauts :<br \/>\nLa sc\u00e9nario n\u2019est pas cr\u00e9dible, et ceci pour diverses raisons que je vais essayer de vous r\u00e9sumer sans trop d\u00e9voiler l\u2019intrigue : la famille riche est d\u2019une invraisemblable cr\u00e9dulit\u00e9 pers\u00e9v\u00e9rante, et la famille pauvre, d\u2019une incroyable capacit\u00e9 d\u2019adaptation aux fonctions qu\u2019elle usurpe.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La progression de l\u2019action dans la premi\u00e8re des trois parties que je vois dans ce film est un peu trop artificielle et m\u00e9canique, ce qui contribue au manque de cr\u00e9dibilit\u00e9 de l\u2019histoire. La deuxi\u00e8me partie est un peu longue et laborieuse. Quant \u00e0 la troisi\u00e8me, qui ne me d\u00e9plait pas vraiment, qui est d\u00e9lirante et surprenante, on dit qu\u2019elle est du genre in\u00e9vitable dans le cin\u00e9ma cor\u00e9en. Mais je suis loin d\u2019en \u00eatre un sp\u00e9cialiste. Pour ce qui est de l&rsquo;\u00e9pilogue, sorte de happy ending extr\u00eame oriental, il est carr\u00e9ment invraisemblable.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les trois parties mises bout \u00e0 bout font cependant un bon film, surprenant, qui ne vous ennuiera pas, mais qui ne m\u00e9ritait pas une Palme d\u2019Or.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Critique ais\u00e9e n\u00b0162 Parasite Bong Joon Ho\u00a0 -2019 Palme d&rsquo;or du festival de Cannes 2019 Je vous avais dit que \u00ab Douleur et Gloire \u00bb n\u2019aurait pas la Palme d\u2019Or, et il ne l&rsquo;a pas eu ( voir Critique\u00a0 ais\u00e9e n\u00b0 160). 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