{"id":17795,"date":"2019-07-30T07:47:44","date_gmt":"2019-07-30T05:47:44","guid":{"rendered":"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=17795"},"modified":"2019-09-19T08:56:19","modified_gmt":"2019-09-19T06:56:19","slug":"les-pastiches-de-lorenzo-3","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=17795","title":{"rendered":"Les pastiches de Lorenzo \u2013 3"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"color: #0000ff;\"><em>C&rsquo;est le troisi\u00e8me pastiche de Lorenzo dell&rsquo;Acqua que je publie ici. Vous avez d\u00e9j\u00e0 eu droit \u00e0 Philippe Delerm et \u00e0 Michel Houellebecq. Si vous les avez rat\u00e9s, vous pouvez toujours cliquer sur les liens qui suivent.<\/em><\/span><\/p>\n<p><u><a href=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=14280\">http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=14280<\/a><\/u><\/p>\n<p><a href=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=14301\">http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=14301<\/a><\/p>\n<p><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Je vous laisse deviner qui est pastich\u00e9 aujourd&rsquo;hui. Ce n&rsquo;est pas difficile, on s&rsquo;y croirait.<\/em><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Ernest Mallemingway<\/strong><\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>\u00a0<\/strong><strong>Le soleil se l\u00e8ve aussi &#8230; \u00e0 Evora.<\/strong><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: center;\">Chapitre I : <em>L\u2019art culinaire au Portugal \u00e0 la fin du XX \u00e8me si\u00e8cle<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Lisbonne, mardi 22h50.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00a0<\/em>\u00ab\u00a0Il fait une chaleur pas croyable dans ce bled\u00a0\u00bb s\u2019exclama Chris en cherchant d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment une terrasse de caf\u00e9 \u00e0 cette heure tardive. \u00ab La ti\u00e9deur m\u00e9diterran\u00e9enne donne soif\u00a0\u00bb en conclut astucieusement ce bon vieux Richy. Ce qui ne l\u2019emp\u00eacha pas, lui, de partir \u00e0 la recherche de son imperm\u00e9able \u00e9gar\u00e9 \u00e0 Paris dans un bus surchauff\u00e9 alors qu\u2019il \u00e9tait strictement \u00e0 jeun d\u2019apr\u00e8s des t\u00e9moignages dignes de foi. Par contre, personne ne savait vraiment combien il avait \u00e9clus\u00e9 de canettes de Champagne offertes gratis dans l\u2019avion ! \u00ab\u00a0Pourvu que le vin soit compris dans le prix de la Pension Fernanda\u00a0\u00bb questionna avec une certaine inqui\u00e9tude ce gamin de JFK (Jeune Francis Kermanac\u2019h)<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Lisbonne, mardi 23h42.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Eh, les gars, venez voir; j\u2019ai trouv\u00e9 un v\u00e9ritable tr\u00e9sor dans le frigo !\u00a0Trois bouteilles de vinho verde glac\u00e9 abandonn\u00e9es l\u00e0 comme par enchantement\u00a0\u00bb. Ce dur \u00e0 cuire de Chris commen\u00e7ait \u00e0 revivre. \u00ab\u00a0Faudra essayer le rouge aussi\u00a0\u00bb insista Laury qui avait explor\u00e9 tous les placards. \u00ab\u00a0Le Champagne, malheureusement; il est naze\u00a0\u00bb annon\u00e7a avec <!--more-->d\u00e9solation JFK qui avait d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 la d\u00e9gustation en solitaire car il \u00e9tait coutumier du fait.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Monsaraz, mercredi 12h50.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On attaque sur un m\u00e9lange rouge-blanc tr\u00e8s prometteur puis on termine, r\u00e9sign\u00e9s, par cinq bouteilles de blanc assez moyen.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Evora, mercredi 21h15.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Un vinho verde juste \u00e0 la bonne temp\u00e9rature qui me rappelle mon enfance\u00a0\u00bb \u00e9ructa Claudy apr\u00e8s la premi\u00e8re gorg\u00e9e. \u00ab\u00a0Je ne sais pas tr\u00e8s bien pourquoi, nous confia Richy, car, l\u00e0 o\u00f9 elle a grandi, il n\u2019y avait que des moutons\u00a0\u00bb. Richy se consola de ces incoh\u00e9rences psychanalytiques en terminant tous les fonds de verre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Evora, jeudi 13h01<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Une chaleur \u00e0 faire flasher un photographe\u00a0\u00bb aima \u00e0 plaisanter Ann M. en s\u2019effondrant \u00e0 la premi\u00e8re terrasse ! \u00ab\u00a0A boire, n\u2019importe quoi et plut\u00f4t du blanc\u00a0\u00bb hurla-t-elle dans un anglais approximatif au gar\u00e7on fascin\u00e9 par tant d\u2019\u00e9l\u00e9gance verbale. Bien, le blanc, et pas cher du tout, constata Chris en exhumant de son jean trou\u00e9 une carte de cr\u00e9dit d\u00e9j\u00e0 passablement usag\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Quelque part sur une c\u00f4te massacr\u00e9e par le b\u00e9ton, jeudi 20h32.<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On attaque \u00e0 la bi\u00e8re par demi-litre car ce bled inf\u00e2me nous \u00e9voque les faubourgs de Munich avec la mer en plus, et on termine en beaut\u00e9 par du vinho verde \u00e0 volont\u00e9 gr\u00e2ce \u00e0 Brett K. qui avait sympathis\u00e9 avec le gar\u00e7on, un semi-breton originaire de Noyal. JFK, un peu irrit\u00e9 tout de m\u00eame, d\u00e9glutit bruyamment trois digestifs de suite avant de se remettre au volant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Sagr\u00e8s, vendredi 13h15<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s avoir r\u00e9gl\u00e9 (aux poings) son compte \u00e0 Richy qui voulait d\u00e9jeuner dans un fast food minable dont il connaissait (trop) bien la patronne, on a atterri sur du blanc imbuvable que l\u2019on se serait empress\u00e9 d\u2019oublier s\u2019il n\u2019y avait pas eu les br\u00fblures d\u2019estomac. Pour la premi\u00e8re fois depuis notre arriv\u00e9e, quelqu\u2019un a demand\u00e9 s\u2019il y avait de l\u2019eau min\u00e9rale dans ce pays. JFK a montr\u00e9 l\u2019\u00e9tendue d\u2019eau sal\u00e9e \u00e0 Richy, et, croyant bien faire, l\u2019a pouss\u00e9 dedans ! Chris a failli en avaler son cigare. Un bon moment que je mettrai surement dans un prochain roman.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Carvoero, vendredi 22h02<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">On finit les restes de la cave dans une bicoque style Nouvelle Orl\u00e9ans perch\u00e9e en haut d\u2019une falaise. Comme \u00e0 tous les repas, ce rabat-joie de Laury essaie de prendre des photos en posant son appareil en \u00e9quilibre sur une pyramide de verres. R\u00e9sultat: impossible de boire pendant la dur\u00e9e interminable de l\u2019op\u00e9ration. A table, personne n\u2019ose plus prendre du rouge et on finit au baba au rhum.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Palmela, samedi 13h45<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s avoir r\u00e9gl\u00e9 son compte \u00e0 Richy qui voulait d\u00e9jeuner dans une poussada sinistre dont il connaissait (trop) bien la patronne, on a fini dans une gargote de premi\u00e8re bourre avec les portugais du coin. Un vrai r\u00e9gal. Richy avait remont\u00e9 la pente et Claudy ne parvenait pas \u00e0 l\u2019emp\u00eacher de boire. Le vinho verde lui ressortait par tous les pores de la peau et maculait ses v\u00eatements du dimanche. \u00ab\u00a0Il ne reconnait plus personne, m\u00eame pas la cinqui\u00e8me symphonie \u00bb constata avec amertume celle qui lui avait consacr\u00e9 les plus belles ann\u00e9es de sa jeunesse. Le patron offrit les digestifs qu&rsquo;aucun d&rsquo;entre nous n\u2019\u00e9tait en \u00e9tat de juger objectivement. JFK en avait oubli\u00e9 qu\u2019il conduisait mais il le fit quand m\u00eame un peu par habitude, un peu pour nous faire plaisir, et un peu approximativement. Heureusement, ce jour-l\u00e0, le pont \u00e9tait beaucoup plus large que les autres fois.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Lisbonne, samedi 21h22<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Chris nous avait pr\u00e9venu car il connaissait bien les filles d\u2019Alfama: \u00ab\u00a0Faut boire pour qu\u2019elles chantent le Fado, ces chiennes !\u00bb. Richy qui avait la gueule de bois ne voulait pas le croire et r\u00e9clamait son lit. Ca a fini avec de curieux m\u00e9langes : vinho verde, un autre vin blanc inf\u00e2me que Richy avait choisi pour se venger et du Porto blanc. On a r\u00e9ussi \u00e0 \u00e9viter le vin rouge.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>Lisbonne, dimanche 12h01<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le d\u00e9part approche et l\u2019ambiance tombe un peu. On se rabat sur huit bouteilles de vinho verde m\u00e9lang\u00e9es \u00e0 de la bi\u00e8re mais plus personne ne rigole. M\u00eame pas Richy qui connaissait pourtant (trop) bien la patronne du mus\u00e9e des Azulejos. Anne Hemingwrimar, qui tient bien l\u2019alcool d\u2019habitude, a le mot de la fin dans son style raffin\u00e9 et synth\u00e9tique :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0Quand le vinho verde est tir\u00e9, il faut le boire tout de suite\u00a0\u00bb<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>C&rsquo;est le troisi\u00e8me pastiche de Lorenzo dell&rsquo;Acqua que je publie ici. Vous avez d\u00e9j\u00e0 eu droit \u00e0 Philippe Delerm et \u00e0 Michel Houellebecq. Si vous les avez rat\u00e9s, vous pouvez toujours cliquer sur les liens qui suivent. http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=14280 http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=14301 Je vous laisse deviner qui est pastich\u00e9 aujourd&rsquo;hui. 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