{"id":17351,"date":"2019-07-25T07:47:42","date_gmt":"2019-07-25T05:47:42","guid":{"rendered":"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=17351"},"modified":"2022-10-27T16:45:55","modified_gmt":"2022-10-27T14:45:55","slug":"une-vie-de-dingue","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=17351","title":{"rendered":"Une vie de dingue"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><strong><span style=\"color: #993366;\"><em>Attention, ceci est le 2069\u00e8me num\u00e9ro du JdC !<br \/>\nc&rsquo;est dingue, non ?\u00a0<\/em><\/span><\/strong><\/p>\n<blockquote>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong>Une vie de dingue<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><strong><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-321 alignleft\" src=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2013\/12\/428-JOLI-COSTUME-MAIS-PAS-LAIR-COMMODE-643x960.jpg\" alt=\"\" width=\"187\" height=\"280\" srcset=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2013\/12\/428-JOLI-COSTUME-MAIS-PAS-LAIR-COMMODE-643x960.jpg 643w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2013\/12\/428-JOLI-COSTUME-MAIS-PAS-LAIR-COMMODE-200x300.jpg 200w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2013\/12\/428-JOLI-COSTUME-MAIS-PAS-LAIR-COMMODE.jpg 854w\" sizes=\"auto, (max-width: 187px) 100vw, 187px\" \/><\/strong><\/p>\n<\/blockquote>\n<p style=\"text-align: right;\">C&rsquo;est quand le gnou fugace<br \/>\ncommence \u00e0 barbifier<br \/>\ndans les surtarbrandurs<br \/>\nqu&rsquo;il faut que l\u2019oxymore subtil<br \/>\nmanduque vers son ergastule.<br \/>\n<em>Proverbe Chihuahua<\/em><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: right;\"><em>Je d\u00e9die cette biographie \u00e0 moi-m\u00eame, <\/em><br \/>\n<em>sans qui rien de tout cela n&rsquo;aurait \u00e9t\u00e9 possible.<\/em><\/p>\n<p><strong>Chapitre premier : les origines\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si mes souvenirs sont bons, je suis n\u00e9 un 24 d\u00e9cembre vers 23h45 entre un b\u0153uf et un \u00e2ne gris. Et pourquoi cela, vous demandez-vous ? Eh bien, essentiellement parce que le gyn\u00e9cologue accoucheur de ma m\u00e8re \u00e9tait parti \u00e0 l&rsquo;improviste \u00e0 la Martinique pour trois semaines. Ma m\u00e8re ne put se r\u00e9soudre \u00e0 attendre son retour et, en l&rsquo;absence de mon p\u00e8re pour la conduire \u00e0 l&rsquo;h\u00f4pital, elle me donna le jour dans la ferme familiale. Il faut dire qu&rsquo;\u00e0 cette \u00e9poque, papa \u00e9tait parti acheter des langoustines depuis plus de trois ans, ce qui rendait ma filiation incertaine. D\u00e8s que je fus en \u00e2ge de comprendre cette bizarrerie de calendrier, je posai la question \u00e0 ma m\u00e8re et m\u2019\u00e9loignais aussit\u00f4t. Un peu plus tard, elle me r\u00e9pondit tr\u00e8s franchement en m&rsquo;expliquant qu&rsquo;il s&rsquo;agissait l\u00e0 de l&rsquo;un de ces miracles de l&rsquo;amour et que je ferais mieux de r\u00e9viser l&rsquo;annuaire des mar\u00e9es plut\u00f4t que de perdre mon temps \u00e0 faire de la g\u00e9n\u00e9alogie. Sur quoi, elle me laissa redescendre du toit de la grange o\u00f9 je m\u2019\u00e9tais r\u00e9fugi\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette question \u00e9tant r\u00e9solue, je pus retourner \u00e0 la construction de <!--more-->la maquette au 1\/10<sup>\u00e8me<\/sup> du pont de la Rivi\u00e8re Kwa\u00ef en coquilles d&rsquo;huitres qui m&rsquo;avait occup\u00e9 les deux ann\u00e9es pr\u00e9c\u00e9dentes. Certains qui sont toujours \u00e0 critiquer l\u2019artisan consciencieux pourront peut-\u00eatre trouver que deux ans c&rsquo;est beaucoup, mais il faut savoir que j&rsquo;avais tout d&rsquo;abord entrepris le travail avec des moules de Bouchot. Au bout de quelques semaines, l&rsquo;odeur devenant pr\u00e9gnante, je d\u00e9cidai de ne plus utiliser que des coquilles vides, mais, apr\u00e8s sept mois de labeur acharn\u00e9, je m&rsquo;aper\u00e7us que leur couleur noire donnait \u00e0 mon pont un petit c\u00f4t\u00e9 convoi fun\u00e8bre non d\u00e9sir\u00e9. Je passai donc aux coquilles d&rsquo;huitres dont les tons chatoyants et les formes vari\u00e9es apportaient au pont de la Rivi\u00e8re Kwa\u00ef une note gothique tout \u00e0 fait ravissante. Le colonel Nicholson en aurait \u00e9t\u00e9 tout \u00e0 fait content. Pourtant, il ne le fut pas, car l&rsquo;ouvrage ne fut jamais achev\u00e9. En effet, un mardi matin, je fus saisi d&rsquo;un doute indubitable et je demandai conseil \u00e0 un marin grec. Quand j&rsquo;appris de lui que jamais des coquilles de Cancale et de Marennes Ol\u00e9ron ne pourraient supporter le poids de mon train \u00e9lectrique Marklin au 32\u00e8me s&rsquo;il comportait plus de trois wagons charg\u00e9s, je fis imm\u00e9diatement sauter la maquette, et le train avec, au moyen d\u2019un ing\u00e9nieux dispositif que j\u2019ai d\u00e9crit en d\u00e9tail dans mon ouvrage malheureusement \u00e9puis\u00e9 : \u00ab <em>Eh vas-y donc, c\u2019est pas ton p\u00e8re !<\/em> \u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Chapitre deuxi\u00e8me : de bas en haut et retour<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je passai les deux ann\u00e9es suivantes en d\u00e9pression nerveuse au Casino de Vitry-sur-Ardon. Je tiens \u00e0 remercier ici plus particuli\u00e8rement le directeur du Casino, Thierry Lafronde, les caissi\u00e8res n\u00b06 et 7, Jacqueline Joubert et Jacqueline Auriol, le personnel de nettoyage, Alexis de Jonville-Lecourt et Palam\u00e8de de Charlus, ainsi que le P\u00e8re No\u00ebl, p\u00e8re no\u00ebl, sans oublier mes parents, qui ont souhait\u00e9 garder l&rsquo;anonymat, sans qui je ne serais pas ce que je suis.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sorti major et un mardi de cette p\u00e9riode exaltante \u00e0 Vitry-sur-Ardon, je me sentis enfin capable de remplir le formulaire simplifi\u00e9 d&rsquo;obtention du brevet de pilote de ligne, ce que je fis avec brio. Par retour du courrier, je re\u00e7us de la Compagnie A.L.I.F. (Air Limoges International &amp; Fils) un contrat ind\u00e9termin\u00e9 \u00e0 dur\u00e9e limit\u00e9e avec galons d&rsquo;argent et parachute dor\u00e9. J&rsquo;entamai alors une nouvelle vie pleine de rencontres, d&rsquo;aventures et de chamallows.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je ne r\u00e9siste pas au plaisir de vous narrer d\u00e8s \u00e0 pr\u00e9sent une des anecdotes qui ont fait le succ\u00e8s de ma tourn\u00e9e triomphale de conf\u00e9rences \u00e0 travers le Haut Adige. Voici :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le 17 Ventose de l&rsquo;ann\u00e9e du Rat Musqu\u00e9, alors que je me rendais au terrain d\u2019aviation pour faire chauffer les moteurs de mon vieux Roux-Combaluzier 53 en vue de la liaison Limoges \u2014 Karachi \u2014 L&rsquo;Estaque-Ville que je devais accomplir dans la matin\u00e9e, le pneu avant gauche de ma draisienne \u00e9clata dans un malencontreux nid d&rsquo;aigle. L&rsquo;engin \u00e9tait inutilisable. Aussit\u00f4t, selon la proc\u00e9dure en usage, je br\u00fblai ses papiers d&rsquo;identit\u00e9 et lui tirai une balle dans le guidon afin d&rsquo;abr\u00e9ger ses souffrances. Je pris ensuite quelques instants, en fait dix-sept, pour me reposer de mes \u00e9motions et examiner la situation. Il me restait plus de cinq cents m\u00e8tres \u00e0 parcourir par mes propres moyens, sans nourriture, sans boisson et sans musique de fond. Devant la difficult\u00e9 de l&rsquo;\u00e9preuve qui m&rsquo;attendait, le d\u00e9couragement me saisit un instant aux oreilles, mais je me rappelai alors ce que disait mon confr\u00e8re pilote Mermoz quand il se trouvait dans de telles circonstances : \u00ab\u00a0C\u2019est pas qu&rsquo;il est tard, mais je m&#8217;emmerde\u00a0\u00bb. Cette maxime, h\u00e9rit\u00e9e d\u2019Hamilcar Barca, me permit de surmonter mon abattement passager et bien compr\u00e9hensible. J\u2019aurais voulu vous y voir, vous. Quand, douze minutes et des broquilles plus tard, j\u2019arrivai au pied de mon fid\u00e8le Roux-Combaluzier, mon non moins fid\u00e8le m\u00e9cano, Julien Carette, me dit avec son inimitable accent t\u00eate de veau : \u00abC\u2019est pas pour dire, Patron \u2014 il m\u2019appelait toujours \u00abPatron\u00bb ou alors \u00abT\u00eate de pneu\u00bb, \u00e7a d\u00e9pendait \u2014 c\u2019est pas pour dire, Patron, mais on est mercredi !\u00bb En bons camarades dont l\u2019amiti\u00e9 avait \u00e9t\u00e9 renforc\u00e9e par les multiples aventures v\u00e9cues de conserve, nous \u00e9clat\u00e2mes de rire tous les deux et il n\u2019en fut plus jamais question. Tout allait donc pour le mieux dans le meilleur des cas, et \u00e7a aurait pu continuer comme \u00e7a encore longtemps.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Chapitre troisi\u00e8me : \u00e7a va mal\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais les dieux sont cruels et les gens sont m\u00e9chants. Un an plus tard, victime d\u2019une cabale mont\u00e9e par un syndicat de quatre-vingt-dix-sept passagers, je fus interdit de vol \u00e0 la suite d\u2019un banal looping suivi d\u2019un double tonneau avec l\u00e2cher de ballons effectu\u00e9s avec un Bouvard-P\u00e9cuchet 63C flambant neuf au-dessus du village de Champignac o\u00f9 habitait mon beau-fr\u00e8re G\u00e9rard \u00e0 qui je voulais dire bonjour, tout cela sous le pr\u00e9texte que je n\u2019avais pas demand\u00e9 aux passagers d\u2019attacher leur ceinture.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Chapitre quatri\u00e8me : sur la voie de la sagesse<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s six mois d\u2019exil et d\u2019introspection sur la rive gauche du Caucase, je d\u00e9cidai d\u2019abandonner cette profession de porteurs de Ray Bans pusillanimes et de rechercher un m\u00e9tier \u00e0 la fois plus casanier et moins astreignant que celui que je venais de quitter. J\u2019h\u00e9sitai longtemps entre \u00e9p\u00e9pineur de groseilles \u00e0 Plougastel d\u2019Aoulas et plieur de mouchoirs \u00e0 Cholet. Un ami me proposa le poste d&rsquo;adjoint fermeur de robinet \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel du Libre \u00c9change de la rue des Billes du Calvaire, mais une subite tendinite chronique du poignet me fit \u00e9chouer \u00e0 l&rsquo;examen d&#8217;embauche.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Chapitre dernier : l&rsquo;apoth\u00e9ose<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est alors que j&rsquo;achetai quatre navires porte-containers pour fonder une Compagnie de Navigation sp\u00e9cialis\u00e9e dans le Transport des Stocks Options. Le succ\u00e8s fut fulgurant, encore plus fulgurant que ce que la Presse en a rapport\u00e9. Je fus notamment d\u00e9sign\u00e9 \u00ab\u00a0Homme de l&rsquo;ann\u00e9e\u00a0\u00bb par \u00ab\u00a0La Gazette des Notaires du Cantal\u00a0\u00bb. Mais, comme le petit-fils de Jean-Paul Getty, le succ\u00e8s a sa ran\u00e7on et je ne tardai pas \u00e0 ressentir le besoin de mettre un terme \u00e0 cette vie de dingue. Jouissant d\u00e9sormais d&rsquo;une fortune colossale, je n&rsquo;eus aucune difficult\u00e9 \u00e0 acheter une mine de moutarde d\u00e9saffect\u00e9e dans le but de m&rsquo;y installer pour me consacrer \u00e0 \u00e9crire n&rsquo;importe quoi. C&rsquo;est chose faite.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Attention, ceci est le 2069\u00e8me num\u00e9ro du JdC ! c&rsquo;est dingue, non ?\u00a0 Une vie de dingue C&rsquo;est quand le gnou fugace commence \u00e0 barbifier dans les surtarbrandurs qu&rsquo;il faut que l\u2019oxymore subtil manduque vers son ergastule. 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