{"id":17056,"date":"2019-04-30T07:47:41","date_gmt":"2019-04-30T05:47:41","guid":{"rendered":"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=17056"},"modified":"2019-04-30T22:28:13","modified_gmt":"2019-04-30T20:28:13","slug":"17056","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=17056","title":{"rendered":"Je dirai malgr\u00e9 tout que cette vie fut belle &#8211; Critique ais\u00e9e n\u00b0157"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Critique ais\u00e9e n\u00b0157<\/em><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><em>Cette critique et cette\u00a0 photographie prise \u00e0 R\u00e9 qui l&rsquo;accompagne sont de Lorenzo dell&rsquo;Acqua<\/em><\/span><\/p>\n<p><strong>Je dirai malgr\u00e9 tout que cette vie fut belle<\/strong><br \/>\n<em>Jean d&rsquo;Ormesson \u2013 2016<\/em><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-full wp-image-17059\" src=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2019-03-02-\u00e0-14.05.12.png\" alt=\"\" width=\"943\" height=\"516\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-17059 aligncenter\" src=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/Capture-d\u2019e\u0301cran-2019-03-02-a\u0300-14.05.12.png\" alt=\"\" width=\"943\" height=\"516\" srcset=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/Capture-d\u2019e\u0301cran-2019-03-02-a\u0300-14.05.12.png 943w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/Capture-d\u2019e\u0301cran-2019-03-02-a\u0300-14.05.12-300x164.png 300w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2019\/03\/Capture-d\u2019e\u0301cran-2019-03-02-a\u0300-14.05.12-768x420.png 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 943px) 100vw, 943px\" \/>\u00a0<\/em>A d\u00e9faut d\u2019\u00e9crire enfin un roman ou une nouvelle, \u00e0 d\u00e9faut de devenir \u00e9crivain pour de bon, je te propose d\u2019\u00e9crire sur ce que nous lisons. Une critique litt\u00e9raire \u00e0 deux mains pour notre journal virtuel. Nous en serons les seuls r\u00e9dacteurs et il n\u2019y aura qu\u2019une rubrique dans cet hebdomadaire. Voil\u00e0 un sujet imparable pour toi qui es boulimique et incitatif pour moi qui suis anorexique. On parlera du livre et de nous, puisque c\u2019est notre dernier joker.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quand on ne joue ni aux cartes ni au scrabble, le mauvais temps \u00e0 la mer oblige \u00e0 se rabattre sur des activit\u00e9s solitaires. Cette semaine, je vais parler de Jean d\u2019Ormesson ou de l\u2019Eloge de la Futilit\u00e9. Contrairement \u00e0 ce qu\u2019il dit avec une fausse modestie dont il est coutumier, ce livre ou plut\u00f4t cette autobiographie, <em>Je dirai malgr\u00e9 tout que cette vie fut belle, <\/em>est de loin son meilleur roman. M\u00eame si vulgairement parlant il crache dans la soupe, il faut bien reconna\u00eetre que <!--more-->la r\u00e9alit\u00e9 y d\u00e9passe la fiction. Cette constatation me taraude un peu car je ne peux plus lire des ouvrages de fiction. J\u2019en ai donn\u00e9 des raisons personnelles qui valent ce qu\u2019elles valent ou pas grand-chose. Ce genre d\u2019auto-psychanalyse de cuisine ferait rigoler mes ex-copains sp\u00e9cialistes. Cependant, il me semble normal de s\u2019int\u00e9resser \u00e0 la fiction quand on est jeune et que la vie s\u2019offre \u00e0 nous avec toutes ses possibilit\u00e9s. On y trouve alors, consciemment ou non, les voies que l\u2019on aimerait emprunter ou au contraire celles qui nous rebutent. Mais quand la vie est derri\u00e8re nous, se plonger dans la fiction ne m\u2019int\u00e9resse plus. A quoi bon r\u00eaver de ce que nous n\u2019avons pas r\u00e9alis\u00e9 ou su r\u00e9aliser\u00a0? Aurais-je d\u00fb \u00eatre un autre\u00a0?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La lecture de ce dernier livre de Jean d\u2019O est troublante car elle remet en cause ces justifications discutables. L\u00e0, la r\u00e9alit\u00e9, la vraie vie comme j\u2019appelle aujourd\u2019hui les seuls livres qui me passionnent, est si incroyable qu\u2019elle en devient une fiction. Oui, la jeunesse de Jean d\u2019O. dans les ch\u00e2teaux de sa famille (j\u2019ai toujours eu un faible pour les ch\u00e2teaux o\u00f9 je n\u2019ai pas grandi) est aussi saisissante que celle de Chateaubriand \u00e0 Combourg. La multitude, non pas de c\u00e9l\u00e9brit\u00e9s qui le sont aussi, mais de personnalit\u00e9s int\u00e9ressantes qu\u2019il a rencontr\u00e9es dans sa vie, a quelque chose d\u2019irr\u00e9el, d\u2019impossible, d\u2019inaccessible pour le commun des mortels. Et pourquoi Mitterrand a-t-il voulu avoir son ultime conversation avec lui\u00a0? On dirait le dernier plan d\u2019un film avant que le mot FIN s\u2019inscrive \u00e0 notre grand regret sur l\u2019\u00e9cran. C\u2019est un peu ridicule, mais il m\u2019a ainsi rendu un peu sympathique ce personnage que je n\u2019ai pas aim\u00e9. Ne parlons m\u00eame pas des pays qu\u2019il a connus, aim\u00e9s, d\u00e9crits. C\u2019est un voyage id\u00e9al dans le monde.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cet ouvrage remet en cause une de mes convictions profondes. Je l\u2019ai aim\u00e9 parce qu\u2019il m\u2019a fait r\u00eaver comme l\u2019aurait fait une fiction dans laquelle on peut se projeter avec d\u00e9lices. Le constat est implacable\u00a0: j\u2019aurais aim\u00e9 vivre sa vie. On est bien en pleine fiction. Alors, pourquoi mon rejet, \u00e0 de rares exceptions pr\u00e8s, de la fiction\u00a0? Je n\u2019\u00e9voque m\u00eame pas le prolongement logique de cette infirmit\u00e9, mon impossibilit\u00e9 ou inconcevabilit\u00e9 d\u2019\u00e9crire de la fiction. Il est clair, pour ne pas r\u00e9pondre \u00e0 la question, que les romans c\u00e9l\u00e8bres de fiction le sont peut-\u00eatre pour moi parce qu\u2019ils ne sont plus de la fiction mais la r\u00e9alit\u00e9, en mieux ou en pire, et en tout cas une r\u00e9alit\u00e9 cr\u00e9dible. Je pense au Grand Meaulnes, aux Trois Mousquetaires ou A la Recherche \u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour revenir \u00e0 notre auteur, <em>Au Plaisir de Dieu<\/em>, est une magnifique et tr\u00e8s originale, je n\u2019en connais pas d\u2019autre exemple, vision du XX \u00e8me si\u00e8cle \u00e0 travers les yeux d\u2019une famille aristocratique pas antipathique et d\u00e9cadente avec bonhomie. C\u2019est la fin d\u2019un monde qui ne s\u2019est pas aper\u00e7u que la mer \u00e9tait basse. Le bateau de leurs principes ancestraux est d\u00e9finitivement \u00e9chou\u00e9. Jean d\u2019O. n\u2019\u00e9met pas de regret et ne verse qu\u2019une discr\u00e8te larme de nostalgie. Il fait une analyse objective de cette \u00e9volution dont les malheureux ne sont m\u00eames pas responsables. Ils sont les figurants muets et paralys\u00e9s d\u2019un film d\u2019anticipation auquel ils ne comprennent rien. S&rsquo;y m\u00ealent avec \u00e9l\u00e9gance la r\u00e9alit\u00e9 et la fiction, le sel et le poivre, le beurre et l\u2019argent du beurre. Autrement dit, la vraie vie et le roman.<\/p>\n<h3><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>Bient\u00f4t publi\u00e9 :Le Bon, la Brute et les Enfants<\/strong><\/span><\/h3>\n<ul>\n<li><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>Demain, &#8230;&#8230;..1 \u2013 Notations<\/strong><\/span><\/li>\n<li><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>2 Mai, 7&#8230;&#8230;..\u00a0 \u00a02 \u2013 Version soutenue<\/strong><\/span><\/li>\n<li><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>3 Mai, &#8230;&#8230;..\u00a0 \u00a0 \u00a03 \u2013 Version argotique<\/strong><\/span><\/li>\n<li><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>4 Mai, &#8230;&#8230;..\u00a0 \u00a0 \u00a04 \u2013 Version proustienne<\/strong><\/span><\/li>\n<li><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>5 Mai, &#8230;&#8230;.\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a05 \u2013 Version aigre<\/strong><\/span><\/li>\n<li><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>7 Mai, &#8230;&#8230;.\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a06 &#8211; Version enfantine<\/strong><\/span><\/li>\n<li><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>8 Mai, &#8230;&#8230;\u00a0 \u00a0 \u00a0 \u00a0 7 &#8211; Version S\u00e9rie Noire<\/strong><\/span><\/li>\n<\/ul>\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Critique ais\u00e9e n\u00b0157 Cette critique et cette\u00a0 photographie prise \u00e0 R\u00e9 qui l&rsquo;accompagne sont de Lorenzo dell&rsquo;Acqua Je dirai malgr\u00e9 tout que cette vie fut belle Jean d&rsquo;Ormesson \u2013 2016 \u00a0A d\u00e9faut d\u2019\u00e9crire enfin un roman ou une nouvelle, \u00e0 d\u00e9faut de devenir \u00e9crivain pour de bon, je te propose d\u2019\u00e9crire sur ce que nous &hellip; <a href=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=17056\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Je dirai malgr\u00e9 tout que cette vie fut belle &#8211; Critique ais\u00e9e n\u00b0157<\/span> <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_mo_disable_npp":"","jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":false,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[94,2],"tags":[1372,1486],"class_list":["post-17056","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-critiques","category-textes","tag-lorenzo","tag-ormesson"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/17056","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=17056"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/17056\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=17056"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=17056"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=17056"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}