{"id":16657,"date":"2019-10-25T07:47:22","date_gmt":"2019-10-25T05:47:22","guid":{"rendered":"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=16657"},"modified":"2019-10-28T22:29:00","modified_gmt":"2019-10-28T21:29:00","slug":"lhistoire-de-noel-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=16657","title":{"rendered":"L&rsquo;histoire de No\u00ebl &#8211; 2\/5"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>(&#8230;) Et c&rsquo;est ainsi que les ann\u00e9es avaient pass\u00e9, lui travaillant \u00e0 l&rsquo;\u00e9table ou aux champs, faisant son ordinaire des restes de la famille et dormant pr\u00e8s des vaches, jour apr\u00e8s jour, nuit apr\u00e8s nuit, saison apr\u00e8s saison. \u00c0 l&rsquo;exception du Ma\u00eetre ou de la Patronne quand ils lui donnaient des ordres, personne ne lui adressait la parole. Il ne parlait jamais \u00e0 personne.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><strong><em>Chapitre 2<\/em><\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un jour, le nouveau m\u00e9decin de Saint-G\u00e9raud, le docteur Cottard, \u00e9tait venu se pr\u00e9senter \u00e0 la Pr\u00e9tentaine. Il venait de reprendre le cabinet du bon docteur Bonenfant et faisait la tourn\u00e9e des fermes des environs afin de rencontrer la patient\u00e8le qu&rsquo;il avait achet\u00e9e, d&rsquo;ailleurs fort cher, \u00e0 son pr\u00e9d\u00e9cesseur. Apr\u00e8s avoir donn\u00e9 une premi\u00e8re consultation gratuite pour la jambe enfl\u00e9e de la Patronne, il avait accept\u00e9, pour la route, un petit verre de liqueur de ch\u00e2taigne. Il allait prendre cong\u00e9, quand No\u00ebl entra brusquement dans la grande salle pour informer la cantonade que la Maurine allait v\u00ealer dans l&rsquo;heure.\u00a0 Plaisantant \u00e0 demi, Patenaude sugg\u00e9ra au docteur de venir assister la vache dans son v\u00ealage. Cottard d\u00e9clina l&rsquo;offre sur le m\u00eame ton trivial, mais en retour, il proposa d&rsquo;examiner sur le champ l&rsquo;infirmit\u00e9 de No\u00ebl. \u00ab\u00a0Il se trouve, disait-il, qu&rsquo;au temps de <!--more-->mes \u00e9tudes, j&rsquo;ai \u00e9t\u00e9 quelques mois l&rsquo;\u00e9l\u00e8ve du Professeur Armand Panetier, titulaire de la chaire de chirurgie orthop\u00e9dique de la Facult\u00e9 de M\u00e9decine de Montpellier. J&rsquo;ai eu ainsi l&rsquo;occasion d\u2019assister cet homme extraordinaire dans quelques op\u00e9rations r\u00e9paratrices pour des difformit\u00e9s usuelles, dont le varus \u00e9quin, autrement dit le pied bot. Nous avons ici avec ce jeune homme un cas int\u00e9ressant que j&rsquo;aimerais examiner. Vous permettez ?\u00a0\u00bb En des termes bien trop alambiqu\u00e9s pour qu&rsquo;ils soient sinc\u00e8res, on lui fit comprendre que No\u00ebl \u00e9tait tr\u00e8s occup\u00e9, surtout avec la Maurine qui allait v\u00ealer. Une vache d\u00e9licate, celle-l\u00e0, et vicieuse avec \u00e7a, et que seul No\u00ebl parviendrait \u00e0 calmer pour la mise-bas. \u00ab\u00a0C&rsquo;est s\u00fbr que \u00e7a va bien lui prendre toute la nuit\u00a0\u00bb, ajouta la Patronne. Cottard n&rsquo;insista pas, mais juste avant de partir, il r\u00e9ussit \u00e0 glisser au valet de ferme : \u00ab\u00a0Viens me voir \u00e0 St-G\u00e9raud. \u00c0 n&rsquo;importe quelle heure du jour, mais seulement le mardi ou le jeudi. Tu n&rsquo;auras rien \u00e0 payer. N\u2019oublie pas, le mardi et le jeudi.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et voil\u00e0 pourquoi en ce jeudi de d\u00e9cembre, sur un chemin boueux quelque part entre Saint-G\u00e9raud et la Pr\u00e9tentaine, No\u00ebl luttait contre le vent et la pluie, \u00e9puis\u00e9, tremp\u00e9 mais heureux. Dans deux ou trois semaines, il pourrait marcher comme tous les autres et dans moins d\u2019une heure, peu avant la tomb\u00e9e de la nuit, il serait \u00e0 l\u2019abri dans son \u00e9table, dans la ti\u00e9deur animale de ses vaches.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s la travers\u00e9e du bois de l\u2019Hautil, le chemin descend pendant une centaine de pas vers le pont de pierre qui enjambe la Petite Sandre. Une fois franchi le pont et mont\u00e9e la c\u00f4te du Pr\u00e9 au Diable, il n\u2019y a plus que trois quarts de lieues \u00e0 parcourir pour arriver \u00e0 la Pr\u00e9tentaine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">No\u00ebl avan\u00e7ait dans l\u2019obscurit\u00e9 presque totale du sous-bois, mais devant lui, l\u2019or\u00e9e se dessinait comme une tache grise sur un noir linceul. Quand il y parvint, la faible lumi\u00e8re du jour qui persistait encore lui permit d\u2019apercevoir le vieux pont. <img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft wp-image-19370\" src=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2019\/08\/90-DEBUT-D-HIVER-copie-150x150.jpeg\" alt=\"\" width=\"179\" height=\"178\" \/>La Petite Sandre, gonfl\u00e9e comme un torrent, ne se contentait plus du passage sous l\u2019arche de pierre. Elle l\u2019avait contourn\u00e9e de chaque c\u00f4t\u00e9 et ne laissait plus apparaitre que le dos d\u2019\u00e2ne que formait le pont au milieu d\u2019un furieux tourbillon. De sa position de surplomb, No\u00ebl pouvait distinguer le chemin qui plongeait dans la rivi\u00e8re une bonne trentaine de pas avant le pont. Il comprit que s\u2019il tentait de rejoindre sa partie \u00e9merg\u00e9e, il serait vite emport\u00e9 par le courant. Il lui fallait donc rebrousser chemin jusqu\u2019\u00e0 la grand-route, l\u2019emprunter jusqu\u2019\u00e0 Saint-Martin, en esp\u00e9rant que le pont n\u2019y ait pas \u00e9t\u00e9 emport\u00e9 et, de l\u00e0, rejoindre le chemin de la Pr\u00e9tentaine.\u00a0 Cela signifiait deux lieues de plus \u00e0 parcourir, au moins deux heures de marche dans le noir presque absolu. No\u00ebl commen\u00e7ait \u00e0 ressentir fatigue et d\u00e9couragement. Un moment, il envisagea de se confectionner un abri dans le bois de l\u2019Hautil et d\u2019y attendre le jour, mais l\u2019id\u00e9e de passer la nuit dehors lui noua le ventre. L\u2019obscurit\u00e9 \u00e9tait venue. Il resta debout, de longues minutes \u00e0 \u00e9couter la rivi\u00e8re en crue, incapable de choisir entre la terreur d\u2019une nuit en for\u00eat et le risque d\u2019une travers\u00e9e de la campagne \u00e0 l\u2019aveugle.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La pluie cessa brusquement et le vent chassa les nuages, faisant naitre la pleine lune. La Petite Sandre apparut dans la lumi\u00e8re blafarde comme une coul\u00e9e de lave argent\u00e9e. De temps en temps, une forme noire crevait un instant sa surface pour bondir et dispara\u00eetre \u00e0 nouveau dans le remous comme un marsouin dans la vague.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cette nouvelle clart\u00e9 rassura No\u00ebl. Il pensa qu&rsquo;en se h\u00e2tant, il pourrait encore arriver \u00e0 la ferme \u00e0 temps pour qu\u00e9mander un bol de soupe \u00e0 la Patronne. Il tourna le dos \u00e0 la rivi\u00e8re en folie et se mit en chemin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Les nuages poursuivaient leur course sous la lune, alternant les moments de t\u00e9n\u00e8bres et de clart\u00e9. Quand l\u2019obscurit\u00e9 durait trop longtemps, No\u00ebl s\u2019arr\u00eatait jusqu\u2019\u00e0 ce que le ciel se lib\u00e8re. Il avait rejoint la grand-route depuis plus d\u2019une heure, et bient\u00f4t, il put apercevoir le clocher de la nouvelle \u00e9glise de St-Martin dont la pointe d\u2019ardoises luisait sous la lune.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bien qu\u2019elle ait \u00e9t\u00e9 construite plus de deux cents ans auparavant, on continuait de l\u2019appeler la <em>nouvelle \u00e9glise<\/em>. L\u2019ancienne, qui se trouvait alors pr\u00e8s de la rivi\u00e8re, au c\u0153ur du village, avait \u00e9t\u00e9 d\u00e9truite par un incendie. Un an apr\u00e8s la catastrophe, le Comte de Clavi\u00e8res avait offert un grand terrain situ\u00e9 sur le plateau pour qu&rsquo;on l&rsquo;y reconstruise. C\u2019\u00e9tait un ancien verger qui ne donnait plus. Il \u00e9tait entour\u00e9 d\u2019un mur croulant et limit\u00e9 du c\u00f4t\u00e9 du couchant par l\u2019escarpement qu&rsquo;une boucle que la Petite Sandre avait creus\u00e9 au cours des si\u00e8cles. Pendant qu\u2019on y transportait les tombes de l\u2019ancien cimeti\u00e8re, on avait construit une \u00e9glise plus grande et plus belle. Et depuis cette \u00e9poque, entour\u00e9e des tombeaux des habitants, prot\u00e9g\u00e9e par son mur d\u2019enceinte, la nouvelle \u00e9glise dominait la petite ville comme un ch\u00e2teau seigneurial.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Chapitre 3\u00a0<\/em><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><em>Quand la grand-route qui vient de St-G\u00e9raud approche de St-Martin, elle commence par longer le mur du cimeti\u00e8re, puis elle descend du plateau pour contourner la butte de l\u2019\u00e9glise. Elle passe entre la rivi\u00e8re et la petite falaise (&#8230;)<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>LA SUITE ? APR\u00c8S-DEMAIN !<\/strong><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>(&#8230;) Et c&rsquo;est ainsi que les ann\u00e9es avaient pass\u00e9, lui travaillant \u00e0 l&rsquo;\u00e9table ou aux champs, faisant son ordinaire des restes de la famille et dormant pr\u00e8s des vaches, jour apr\u00e8s jour, nuit apr\u00e8s nuit, saison apr\u00e8s saison. \u00c0 l&rsquo;exception du Ma\u00eetre ou de la Patronne quand ils lui donnaient des ordres, personne ne lui &hellip; <a href=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=16657\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">L&rsquo;histoire de No\u00ebl &#8211; 2\/5<\/span> <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_mo_disable_npp":"","_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_feature_clip_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":false,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2},"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[13,2],"tags":[1477,21],"class_list":["post-16657","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-fiction","category-textes","tag-epouvante","tag-philippe"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_sharing_enabled":true,"jetpack_featured_media_url":"","_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/16657","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=16657"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/16657\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=16657"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=16657"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=16657"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}