{"id":1641,"date":"2014-11-24T06:06:21","date_gmt":"2014-11-24T04:06:21","guid":{"rendered":"http:\/\/leblogdescoutheillas.com\/?p=1641"},"modified":"2020-06-27T06:25:12","modified_gmt":"2020-06-27T04:25:12","slug":"walter-mitty-cest-moi-4","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=1641","title":{"rendered":"Walter Mitty, c&rsquo;est moi ! (texte int\u00e9gral)"},"content":{"rendered":"<p><em>Critique ais\u00e9e 42-1<\/em><\/p>\n<p><strong>\u00ab\u00a0<em>Madame Bovary, c&rsquo;est moi!<\/em>\u00ab\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce qu&rsquo;avait voulu dire Flaubert en lan\u00e7ant cette petite phrase, on ne le sait pas vraiment. Voulait-il confirmer par l\u00e0 qu&rsquo;il avait \u00e9crit tout \u00e7a tout seul :\u00a0<em>Madame Bovary, c&rsquo;est moi qui l&rsquo;ai \u00e9crit<\/em><em>\u00a0tout seul\u00a0!<\/em>\u00a0Moins prosa\u00efque et plus litt\u00e9raire: on pourrait penser qu&rsquo;il voulait expliquer que la personnalit\u00e9 d&rsquo;Emma, son attitude devant la vie, son insatisfaction, ses d\u00e9ceptions, \u00e9taient le r\u00e9sultat de ce que lui, \u00e9crivain, avait v\u00e9cu. Moins litt\u00e9raire et plus psychologique: certains affirment qu\u2019avec cet aphorisme, Flaubert avait voulu r\u00e9v\u00e9ler la femme qui \u00e9tait en lui. Moins psychologique et plus people: \u00e0 partir de cette petite phrase, d&rsquo;autres ont m\u00eame \u00e9t\u00e9 jusqu&rsquo;\u00e0 insinuer que Gustave \u00e9tait une femme.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0<em>Madame Bovary, c&rsquo;est moi !<\/em>\u00a0\u00a0\u00bb Qu&rsquo;est-ce que Flaubert avait bien voulu dire par l\u00e0 ? H\u00e9 bien, rien du tout. Parce qu&rsquo;aux derni\u00e8res nouvelles, il n&rsquo;aurait jamais dit ni \u00e9crit cette phrase ! Que de dissertations, essais, articles, th\u00e8ses, notes de bas de page et autres expos\u00e9s deviennent d\u00e9sormais bons \u00e0 jeter aux orties ! Au moins, \u00e7a fera de la place pour les choses s\u00e9rieuses.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Donc, Flaubert a dit\u00a0<strong>\u00ab\u00a0<\/strong><em>Madame Bovary, c&rsquo;est moi !<\/em><strong>\u00a0\u00ab\u00a0<\/strong>\u00a0et personne n&rsquo;a rien compris. Mais quand je dis:\u00a0<strong>\u00ab\u00a0<\/strong><em>Walter Mitty, c&rsquo;est moi!<\/em>\u00ab\u00a0, vous comprenez tr\u00e8s bien ce que je veux dire. Non ? Ah, bien s\u00fbr, si vous ne savez pas qui est Walter Mitty, pour vous, tout \u00e7a manque un peu d&rsquo;int\u00e9r\u00eat.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">H\u00e9 bien, voil\u00e0\u00a0:<br \/>\nWalter Mitty est un h\u00e9ros litt\u00e9raire (c&rsquo;est \u00e0 dessein que j&#8217;emploie ici le mot h\u00e9ros) qui n&rsquo;est apparu qu&rsquo;une seule fois, et tr\u00e8s bri\u00e8vement, dans la litt\u00e9rature nord am\u00e9ricaine, plus pr\u00e9cis\u00e9ment dans une courte nouvelle de<!--more-->deux mille mots parue le 18 mars 1939 dans le New-Yorker. L&rsquo;auteur ? James Thurber, 1894-1961. Humoriste, \u00e9crivain, dessinateur, journaliste&#8230;., le cursus habituel. Il est pour moi, avec Robert Benchley, le meilleur humoriste new yorkais du d\u00e9but du vingti\u00e8me si\u00e8cle. (\u00c7a para\u00eet restrictif comme \u00e7a, ce classement, mais quand on y r\u00e9fl\u00e9chit, c&rsquo;est quand m\u00eame quelque chose).<br \/>\nThurber a \u00e9crit de nombreux petits chefs d&rsquo;\u0153uvre que je vous recommande d\u2019aller chercher chez votre libraire habituel\u00a0<em>: The seal in the bedroom and other predicaments &#8211; My life and hard times &#8211; The Thurber carnival&#8230;<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bon, Thurber, c&rsquo;est fait.<br \/>\nMitty, maintenant. Plut\u00f4t que vous expliquer la personnalit\u00e9 du h\u00e9ros et vous r\u00e9sumer ses br\u00e8ves aventures, je vais vous laisser les d\u00e9couvrir dans le texte complet de la nouvelle. Voici donc le texte int\u00e9gral de \u00ab\u00a0La vie secr\u00e8te de Walter Mitty\u00a0\u00bb. (N&rsquo;ayant pu retrouver le bouquin ab\u00eem\u00e9 dans lequel j&rsquo;avais lu Thurber en fran\u00e7ais pour la premi\u00e8re fois il y a une cinquantaine d\u2019ann\u00e9es, je vous l&rsquo;ai retraduit int\u00e9gralement personnellement moi-m\u00eame. Ceci pour expliquer les quelques lourdeurs que vous pourrez y trouver et qui ne sauraient \u00eatre du fait du bon vieux Jimmy).<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>La vie secr\u00e8te de Walter Mitty<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00ab\u00a0On y va ! \u00a0\u00bb La voix du Commandant\u00a0<\/strong><strong>sonnait comme une fine couche de glace qui se brise<\/strong><strong>. Il portait son grand uniforme avec sa casquette blanche richement d\u00e9cor\u00e9e abaiss\u00e9e nonchalamment sur son \u0153il gris et froid.\u00a0<\/strong><strong>\u00ab\u00a0<\/strong><strong>On n&rsquo;y arrivera pas, Monsieur. \u00c7a tourne \u00e0 l&rsquo;ouragan, si vous voulez mon avis<\/strong><strong>.<\/strong><strong>\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Je ne vous le demande pas, Lieutenant Berg,\u00a0\u00bb dit le Commandant. \u00ab\u00a0Allumez les projecteurs ! Montez \u00e0 8500\u00a0! On y va ! \u00a0\u00bb Le mart\u00e8lement des cylindres augmenta: ta-pocketa-pocketa-pocketa-pocketa-pocketa. Le Commandant regarda la glace qui se formait sur le hublot du pilote. Il s&rsquo;approcha d&rsquo;une rang\u00e9e de cadrans compliqu\u00e9s et les manipula. \u00ab\u00a0Lancez l&rsquo;auxiliaire N\u00b08 ! \u00a0\u00bb cria-t-il.\u00a0\u00ab\u00a0Lancez l&rsquo;auxiliaire N\u00b08 ! \u00a0\u00bb r\u00e9p\u00e9ta le lieutenant Berg. \u00a0\u00bb Tourelle N\u00b03 \u00e0 pleine puissance ! \u00a0\u00bb cria le Commandant.\u00a0\u00a0\u00a0\u00bb Tourelle N\u00b03 \u00e0 pleine puissance ! \u00a0\u00bb Les membres de l&rsquo;\u00e9quipage, pench\u00e9s sur leurs diverses t\u00e2ches dans le gigantesque hydravion de la Marine aux huit moteurs pouss\u00e9s \u00e0 fond, se regard\u00e8rent en souriant. \u00ab\u00a0Le Vieux va nous faire passer\u00a0\u00bb se disaient-ils les uns aux autres. \u00ab\u00a0Le Vieux n&rsquo;a pas peur de l&rsquo;Enfer ! \u00ab\u00a0&#8230;<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00ab\u00a0Pas si vite ! Tu conduis trop vite !\u00a0<\/strong><strong>\u00a0\u00bb\u00a0<\/strong><strong>dit Mrs Mitty. \u00ab\u00a0Pourquoi conduis-tu aussi vite ? \u00ab\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00ab\u00a0Hmm ? \u00a0\u00bb dit Walter Mitty. Il regarda sa femme sur le si\u00e8ge d&rsquo;\u00e0 c\u00f4t\u00e9 avec stup\u00e9faction. Elle lui parut extr\u00eamement inhabituelle, comme une femme \u00e9trange qui lui aurait cri\u00e9 dessus dans une foule. \u00ab\u00a0Tu \u00e9tais \u00e0 cinquante-cinq<\/strong><strong>\u00ab\u00a0<\/strong><strong>\u00a0dit-elle. \u00ab\u00a0Tu sais que je n&rsquo;aime pas \u00eatre au-dessus de quarante. Tu \u00e9tais \u00e0 cinquante-cinq.\u00a0\u00bb Walter Mitty poursuivit sa route vers Waterbury en silence tandis que le rugissement du SN202 dans la pire temp\u00eate de ces vingt derni\u00e8res ann\u00e9es de navigation de la Marine disparaissait dans les routes a\u00e9riennes intimes et lointaines de son cerveau. \u00ab\u00a0Tu es \u00e0 nouveau\u00a0<\/strong><strong>\u00e9nerv\u00e9<\/strong><strong>\u00a0\u00bb dit Mrs Mitty. \u00ab\u00a0C&rsquo;est un de tes mauvais jours. J&rsquo;aimerais que tu laisses le Dr Renshaw t&rsquo;examiner.\u00a0\u00bb<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Walter Mitty arr\u00eata la voiture devant l&rsquo;immeuble o\u00f9 sa femme\u00a0<\/strong><strong>devait aller<\/strong><strong>\u00a0chez le coiffeur. \u00ab\u00a0Souviens-toi d&rsquo;acheter ces caoutchoucs pendant que je suis chez le coiffeur\u00a0\u00bb dit-elle.\u00a0<\/strong><strong>\u00ab\u00a0<\/strong><strong>Je n&rsquo;ai pas besoin de caoutchoucs,\u00a0\u00bb dit Mitty. Elle rangea son miroir dans son sac. \u00ab\u00a0Nous avons d\u00e9j\u00e0 parl\u00e9 de \u00e7a<\/strong><strong>\u00ab\u00a0<\/strong><strong>, dit-elle en sortant de la voiture. \u00ab\u00a0Tu n&rsquo;es plus un jeune homme.\u00a0\u00bb Il fit tourner le moteur un peu plus vite. \u00ab\u00a0Pourquoi ne portes-tu pas tes gants? Est-ce que tu as perdu tes gants?\u00a0\u00bb Walter Mitty fouilla dans une poche et en sortit les gants. Il les enfila, mais apr\u00e8s qu&rsquo;elle fut rentr\u00e9e dans l&rsquo;immeuble et qu&rsquo;il fut arriv\u00e9 \u00e0 un feu rouge, il les enleva \u00e0 nouveau.*<\/strong><\/p>\n<p><span style=\"color: #000080;\"><em>R\u00e9sum\u00e9 du premier \u00e9pisode\u00a0: Apr\u00e8s avoir op\u00e9r\u00e9 un rapprochement audacieux entre Walter Mitty et Emma Bovary, l\u2019auteur de l\u2019article traduit maintenant int\u00e9gralement l\u2019\u0153uvre fondatrice du Mittysme. Le h\u00e9ros de James Thurber, Walter Mitty, navigue entre la r\u00e9alit\u00e9 dans laquelle il fait des courses en ville avec une femme autoritaire et le r\u00eave \u00e9veill\u00e9 o\u00f9 il est le h\u00e9ros de situations hautement dramatiques.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>2<\/strong><br \/>\n<strong>\u00ab\u00a0Avancez, mon vieux!\u00a0\u00bb lan\u00e7a un policier alors que le feu changeait, et Mitty m<\/strong><strong>it\u00a0<\/strong><strong>ses gants en h\u00e2te et fit hoqueter sa voiture vers l\u2019avant. P<\/strong><strong>endant\u00a0<\/strong><strong>un temps, il conduisit sans but au long des rues, et puis il passa devant l\u2019h\u00f4pital en se rendant au parking.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u2026\u00a0<\/strong><strong>\u00ab\u00a0<\/strong><strong>C\u2019est le banquier millionnaire, Wellington McMillan,<\/strong><strong>\u00a0\u00bb\u00a0<\/strong><strong>dit la jolie infirmi\u00e8re.\u00a0<\/strong><strong>\u00ab\u00a0<\/strong><strong>Oui\u00a0?<\/strong><strong>\u00ab\u00a0<\/strong><strong>\u00a0dit Walter Mitty en enlevant lentement ses gants.\u00a0<\/strong><strong>\u00ab\u00a0<\/strong><strong>Qui s\u2019occupe du cas\u00a0?<\/strong><strong>\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0<\/strong><strong>Le Dr. Renshaw et le Dr. Benbow, mais il y a ici deux sp\u00e9cialistes, le Dr. Remington de New York et le Dr. Pritchard-Mitford de Londres. Il est arriv\u00e9 par avion.<\/strong><strong>\u00ab\u00a0<\/strong><strong>\u00a0Une porte s\u2019ouvrit au bout d\u2019un long corridor froid et le Dr. Renshaw\u00a0<\/strong><strong>apparut<\/strong><strong>. Il<\/strong><strong>\u00a0semblait<\/strong><strong>\u00a0d\u00e9compos\u00e9 et hagard.\u00a0<\/strong><strong>\u00ab\u00a0<\/strong><strong>Bonjour, Mitty,<\/strong><strong>\u00ab\u00a0<\/strong><strong>\u00a0dit-il. \u201cNous avons un mal du diable avec McMillan, le banquier millionnaire et ami personnel de Roosevelt. Obstr\u00e9ose des voies ductales. J\u2019aimerais que vous y jetiez un coup d\u2019\u0153il.<\/strong><strong>\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0<\/strong><strong>Volontiers,<\/strong><strong>\u00ab\u00a0<\/strong><strong>\u00a0dit Mitty.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Dans la salle d\u2019op\u00e9ration,<!--more--><\/strong><strong>les pr\u00e9sentations<\/strong>\u00a0<strong>furent chuchot\u00e9es<\/strong><strong>: \u00ab\u00a0Dr. Remington, Dr. Mitty. Dr. Pritchard-Mitford, Dr. Mitty.<\/strong><strong>\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0<\/strong><strong>J\u2019ai lu votre livre sur la streptothricose,\u00a0\u00bb dit Pritchard-Mitford en lui serrant la main.\u00a0\u00a0<\/strong><strong>\u00ab\u00a0<\/strong><strong>Ouvrage remarquable, Monsieur.<\/strong><strong>\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0<\/strong><strong>Merci,<\/strong><strong>\u00ab\u00a0<\/strong><strong>\u00a0dit Walter Mitty.<\/strong><strong>\u00a0\u00ab\u00a0<\/strong><strong>Savais pas que vous \u00e9tiez aux States, Mitty<\/strong><strong>\u00ab\u00a0<\/strong><strong>\u00a0grommela Remington<\/strong><strong>\u00a0\u00ab\u00a0De l&rsquo;eau \u00e0 la rivi\u00e8re\u00a0! \u00a0M\u2019amener jusqu&rsquo;ici avec Mitford alors que vous y \u00eates d\u00e9j\u00e0 ! \u00a0\u00bb\u00a0<\/strong><strong>\u00ab\u00a0<\/strong><strong>Vous \u00eates tr\u00e8s aimable<strong>\u00ab\u00a0<\/strong>, dit Mitty. A ce moment, une \u00e9norme machine compliqu\u00e9e, branch\u00e9e \u00e0 la table d\u2019op\u00e9ration par<\/strong><strong>\u00a0des quantit\u00e9s\u00a0<\/strong><strong>de c\u00e2bles et de tuyaux, se mit \u00e0 \u00e9mettre des pocketa-pocketa-pocketa.<\/strong><strong>\u00a0\u00ab\u00a0<\/strong><strong>Le nouvel anesth\u00e9sieur est en train de l\u00e2cher\u00a0!<\/strong><strong>\u00a0\u00bb\u00a0<\/strong><strong>cria un interne.\u00a0<\/strong><strong>\u00ab\u00a0<\/strong><strong>Il n\u2019y a personne sur toute la c\u00f4te\u00a0<\/strong><strong>E<\/strong><strong>st qui sache le r\u00e9parer\u00a0!\u00a0<\/strong><strong>\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0<\/strong><strong>Du calme, jeune homme !\u00a0<\/strong><strong>\u00ab\u00a0<\/strong><strong>\u00a0dit Mitty d\u2019une voie basse et froide. Il<\/strong><strong>\u00a0s&rsquo;approcha de<\/strong><strong>\u00a0la machine, qui faisait maintenant pocketa-pocketa-quip-pocketa-quip.<\/strong><strong>\u00a0Il\u00a0<\/strong><strong>commen\u00e7a par pianoter d\u00e9licatement sur une rang\u00e9e de cadrans qui luisaient.\u00a0<\/strong><strong>\u00ab\u00a0<\/strong><strong>Donnez-moi un stylo !\u00a0<\/strong><strong>\u00ab\u00a0<\/strong><strong>\u00a0dit-il s\u00e8chement. Quelqu\u2019un lui tendit un stylo. Il retira le piston d\u00e9fectueux et ins\u00e9ra le stylo \u00e0 sa place.<\/strong><strong>\u00a0\u00ab\u00a0\u00c7<\/strong><strong>a tiendra dix minutes,\u00a0<\/strong><strong>\u00a0\u00bb\u00a0<\/strong><strong>dit-il.\u00a0<\/strong><strong>\u00ab\u00a0<\/strong><strong>Continuez l\u2019op\u00e9ration.<\/strong><strong>\u00ab\u00a0<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Une infirmi\u00e8re se pr\u00e9cipita vers Renshaw et lui chuchota quelque chose.\u00a0<\/strong><strong>Mitty vit l&rsquo;homme p\u00e2lir. \u00ab\u00a0Le coreopsis s&rsquo;est d\u00e9clar\u00e9,\u00a0\u00bb dit Renshaw nerveusement. \u00ab\u00a0Voudriez<\/strong><strong>&#8211;<\/strong><strong>vous prendre la suite, Mitty ? \u00a0\u00bb Mitty\u00a0<\/strong><strong>le<\/strong><strong>\u00a0regard<\/strong><strong>a<\/strong><strong>, puis la\u00a0<\/strong><strong>silhouette\u00a0<\/strong><strong>veule\u00a0<\/strong><strong>de Benbow, qui baissa les yeux, puis\u00a0<\/strong><strong>les\u00a0<\/strong><strong>visages<\/strong><strong>\u00a0graves et incertains des deux grands sp\u00e9cialistes. \u00ab\u00a0Si vous voulez<\/strong><strong>.<\/strong><strong>\u00a0\u00bb dit-il. On lui passa une blouse blanche; il ajusta un masque sur son visage et enfila une paire de minces gants; des infirmi\u00e8res lui pass\u00e8rent de brillants&#8230;<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00ab\u00a0Reculez, mon vieux ! Attention \u00e0 la Buick ! \u00a0\u00bb Walter Mitty bondit sur le frein. \u00ab\u00a0C&rsquo;est la mauvaise file, mon vieux,\u00a0\u00bb dit le gardien du parking \u00e0 Mitty en le regardant sous le nez. \u00ab\u00a0Euh, ouais,\u00a0\u00bb bredouilla Mitty. Il commen\u00e7a \u00e0 sortir \u00e0 reculons pr\u00e9cautionneusement de la file qui \u00e9tait marqu\u00e9e \u00ab\u00a0Sortie seulement\u00a0\u00bb. \u00ab\u00a0Laissez-la l\u00e0,\u00a0\u00bb dit le gardien. \u00ab\u00a0Je vais la garer.\u00a0\u00bb Mitty sortit de la voiture. \u00ab\u00a0H\u00e9, vaudrait mieux me laisser les cl\u00e9s.\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Oh,\u00a0\u00bb dit Mitty en lui tendant les cl\u00e9s de contact. Le gardien sauta dans la voiture, fit une marche arri\u00e8re avec une adresse insolente et la rangea \u00e0 sa place.*<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000080;\"><em>R\u00e9sum\u00e9 des deux premiers \u00e9pisodes : Apr\u00e8s avoir successivement forc\u00e9 un hydravion gigantesque \u00a0\u00e0 travers un ouragan d\u00e9chain\u00e9, accompagn\u00e9 sa femme chez le coiffeur, op\u00e9r\u00e9 \u00e0 l\u2019improviste un millionaire d\u2019une obstr\u00e9ose compliqu\u00e9e d\u2019un coreopsis, gar\u00e9 sa voiture dans la mauvaise file, Walter Mitty va poursuivre ses aventures avec l\u2019achat d\u2019une paire de caoutchoucs\u2026<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>3<\/strong><br \/>\n<strong>Ils sont tellement s\u00fbrs d&rsquo;eux, pensa Walter Mitty en marchant le long de Main Street; ils pensent tout savoir. Une fois, il avait essay\u00e9 d&rsquo;enlever ses cha\u00eenes, \u00e0 la sortie de New Milford, et il les avait entortill\u00e9es autour des essieux. Il avait fallu que quelqu\u2019un vienne avec une d\u00e9panneuse pour les d\u00e9m\u00ealer, un jeune garagiste, narquois. Depuis lors, Mrs Mitty l\u2019obligeait \u00e0 chaque fois \u00e0 aller dans un garage pour faire enlever les chaines. La prochaine fois, pensa-t-il, je me mettrais le bras droit en \u00e9charpe : alors, ils ne se moqueront plus de moi. J\u2019aurais le bras droit en \u00e9charpe et ils verront bien que je ne pourrais pas enlever les chaines moi-m\u00eame. Il tr\u00e9bucha dans un paquet de neige fondue. \u00ab\u00a0Caoutchoucs, \u00a0\u00bb se dit-il, et il commen\u00e7a \u00e0 chercher\u00a0<\/strong><strong>un magasin de chaussures.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Quand il ressortit dans la rue, ses caoutchoucs dans une boite qu\u2019il portait sous le bras, Walter Mitty commen\u00e7a \u00e0 se demander quelle \u00e9tait l\u2019autre chose que sa femme lui avait demand\u00e9 de rapporter. Elle lui avait dit, deux fois, avant de partir de chez eux pour Waterbury. D\u2019une certaine mani\u00e8re, il d\u00e9testait ces voyages hebdomadaires \u00e0 la ville \u2013 il faisait toujours quelque chose de mal. Kleenex, pensa-t-il, Squibb, lames de rasoir\u00a0? Non. Dentifrice, brosse \u00e0 dent, bicarbonate, carborandum, initiative et referendum ? Il abandonna. Mais elle s\u2019en souviendrait. \u00ab\u00a0O\u00f9 est le machinchouette\u00a0? \u00a0\u00bb demanderait-elle. Ne me dis pas que tu as oubli\u00e9 le machinchouette. \u00a0\u00bb Un vendeur de journaux passa en criant quelque chose sur le proc\u00e8s Waterbury.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u2026\u00a0\u00bbPeut-\u00eatre ceci rafraichira-t-il votre m\u00e9moire ? \u00a0\u00bb Le District Attorney brandit soudainement un lourd automatique vers la calme silhouette qui occupait le box des t\u00e9moins. \u00ab\u00a0Aviez-vous vu ceci auparavant\u00a0? \u00a0\u00bb Walter Mitty saisit l\u2019arme et l\u2019examina d\u2019un \u0153il d\u2019expert. \u00ab\u00a0C\u2019est mon Webley-Vickers 50.80, \u00a0\u00bb dit-il calmement. Une rumeur d&rsquo;excitation parcourut la salle d&rsquo;audience. Le Juge frappa sur son bureau pour un retour \u00e0 l&rsquo;ordre. \u00ab\u00a0Vous \u00eates un excellent tireur \u00e0 toutes sortes d&rsquo;armes \u00e0 feu, je crois ? \u00a0\u00bb dit le District Attorney d&rsquo;une mani\u00e8re insinuante. \u00ab\u00a0Objection ! \u00a0\u00bb cria l&rsquo;avocat de Mitty. \u00ab\u00a0Nous avons d\u00e9montr\u00e9 que notre client ne pouvait avoir tir\u00e9 le coup de feu. Nous avons d\u00e9montr\u00e9 qu&rsquo;il portait le bras droit en \u00e9charpe pendant la nuit du 14 juillet. \u00a0\u00bb Walter Mitty leva bri\u00e8vement la main et les deux avocats qui se chamaillaient s&rsquo;immobilis\u00e8rent. \u00ab\u00a0Avec une arme de n&rsquo;importe quelle marque existante,\u00a0\u00bb dit-il calmement, \u00ab\u00a0j&rsquo;aurais pu tuer Gregory Fitzhurt de la main gauche \u00e0 cent m\u00e8tres\u00a0\u00bb. Un tohu-bohu \u00e9clata dans le tribunal. Un cri f\u00e9minin\u00a0surmonta le vacarme et soudain, une ravissante jeune femme brune se jeta dans les bras de Walter Mitty. Le District Attorney la frappa sauvagement. Sans se lever de sa chaise Mitty lui balan\u00e7a un coup \u00e0 la pointe du menton. \u00a0\u00bb Mis\u00e9rable b\u00e2tard ! \u00ab\u00a0&#8230;<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>\u00ab\u00a0Biscuits pour chien,\u00a0\u00bb dit Mitty. Il s&rsquo;immobilisa et les immeubles de Waterbury surgirent de la brume de la salle d&rsquo;audience et l&rsquo;entour\u00e8rent \u00e0 nouveau. Une femme qui passait se mit \u00e0 rire. \u00ab\u00a0Il a dit \u2018biscuits pour chien\u2019, \u00ab\u00a0dit-elle \u00e0 son compagnon. \u00ab\u00a0Ce type s&rsquo;est dit &lsquo;biscuit pour chien&rsquo; \u00e0 lui-m\u00eame.\u00a0\u00bb Walter Mitty se d\u00e9p\u00eacha. Il entra dans un supermarch\u00e9, pas le premier sur son chemin, mais un plus petit un peu plus loin dans la rue. \u00ab\u00a0Je voudrais des biscuits pour un jeune petit chien, \u00a0\u00bb dit-il \u00e0 l&#8217;employ\u00e9. \u00ab\u00a0Vous voulez une marque particuli\u00e8re, Monsieur?\u00a0\u00bb Le plus grand tireur du monde r\u00e9fl\u00e9chit un instant. \u00ab\u00a0C&rsquo;est \u00e9crit\u00a0<strong>\u00a0sur la bo\u00eete<\/strong>\u00a0&lsquo;Les chiots l&rsquo;exigent&rsquo;, \u00a0\u00bb dit Walter Mitty.*<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span class=\"Apple-style-span\" style=\"color: #000080;\"><i>\u00a0<\/i><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000080;\"><em>R\u00e9sum\u00e9 des trois \u00e9pisodes pr\u00e9c\u00e9dents\u00a0: Ses caoutchoucs sous le bras, Walter Mitty est parti \u00e0 la recherche de biscuits pour chien, mais il a \u00e9t\u00e9 retard\u00e9 par un District Attorney qui lui voulait du mal. A pr\u00e9sent, il lit le journal. A l&rsquo;Est, il y a du nouveau.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>4<\/strong><br \/>\n<strong>En regardant sa montre Mitty vit que sa femme sortirait de chez le coiffeur dans quinze minutes, \u00e0 moins qu&rsquo;ils aient un probl\u00e8me de s\u00e9chage ; parfois ils avaient un probl\u00e8me de s\u00e9chage. Elle n&rsquo;aimait pas arriver \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel la premi\u00e8re ; elle voudrait qu&rsquo;il soit l\u00e0 \u00e0 l&rsquo;attendre comme d&rsquo;habitude. Il trouva un grand fauteuil de cuir dans le hall, face \u00e0 une fen\u00eatre, et il posa les caoutchoucs et les biscuits pour chien au sol \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de lui. Il prit un vieil exemplaire de Liberty et s&rsquo;enfon\u00e7a dans le fauteuil. \u00ab\u00a0Les Allemands peuvent-ils conqu\u00e9rir le monde par les airs ? \u00a0\u00bb Walter Mitty regarda les images de bombardiers et de rues en ruines.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>&#8230;\u00a0\u00bbLe bombardement a terroris\u00e9 le petit Raleigh, Monsieur,\u00a0\u00bb dit le sergent. Le capitaine Mitty lui jeta un regard \u00e0 travers ses cheveux \u00e9bouriff\u00e9s. \u00ab\u00a0Mettez-le au lit,\u00a0\u00bb dit-il avec lassitude, \u00ab\u00a0avec les autres. Je volerai seul.\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Mais c&rsquo;est impossible, monsieur,\u00a0\u00bb dit le sergent avec anxi\u00e9t\u00e9. \u00a0\u00bb Il faut deux hommes pour manier ce bombardier, et la DCA est d\u00e9cha\u00een\u00e9e. Le cirque de Von Richtman est quelque part entre ici et Saulnier.\u00a0\u00bb \u00ab\u00a0Il faut que quelqu&rsquo;un se fasse ce d\u00e9p\u00f4t de munitions,\u00a0\u00bb dit Mitty. \u00ab\u00a0J&rsquo;y vais. Une goutte de brandy ? \u00a0\u00bb Il remplit un verre pour le sergent et un pour lui. La guerre tonnait et hurlait autour de l&rsquo;abri et frappait \u00e0 sa porte. Il y eut un craquement de bois et des d\u00e9bris vol\u00e8rent \u00e0 travers la pi\u00e8ce. \u00ab\u00a0Pas vraiment loin,\u00a0\u00bb dit n\u00e9gligemment le capitaine Mitty. \u00ab\u00a0Le tir de barrage se rapproche,\u00a0\u00bb dit le sergent. \u00ab\u00a0On ne vit qu&rsquo;une fois, sergent,\u00a0\u00bb dit Mitty avec son l\u00e9ger sourire fugitif. \u00ab\u00a0Je me trompe ? \u00a0\u00bb Il se servit un autre verre et le but cul-sec. \u00ab\u00a0Je n&rsquo;ai jamais vu personne qui tienne le brandy comme vous, Monsieur,\u00a0\u00bb dit le sergent. \u00ab\u00a0Sauf votre respect, Monsieur\u00a0\u00bb. Le capitaine Mitty se leva et accrocha \u00e0 sa ceinture son \u00e9norme automatique Webley-Vickers. \u00ab\u00a0C&rsquo;est quarante kilom\u00e8tres \u00e0 travers l&rsquo;enfer, Monsieur,\u00a0\u00bb dit le sergent. Mitty finit un dernier brandy. \u00ab\u00a0Apr\u00e8s tout,\u00a0\u00bb dit-il doucement, <\/strong><strong>\u00ab\u00a0<\/strong><strong>qu\u2019est-ce qui ne l&rsquo;est pas ?\u00a0\u00bb Le mart\u00e8lement du canon augmenta ; il y avait le ratatata des mitrailleuses, et de quelque part survint le mena\u00e7ant pocketa-pocketa-pocketa des nouveaux lance-flammes. Walter Mitty traversa l&rsquo;abri jusqu&rsquo;\u00e0 la porte en chantonnant \u00ab\u00a0Aupr\u00e8s de ma blonde.\u00a0\u00bb Il se retourna vers le sergent et le salua. \u00ab\u00a0Cheerio\u00a0\u00bb dit-il&#8230;<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Quelque chose le frappa \u00e0 l&rsquo;\u00e9paule. <\/strong><strong>\u00ab\u00a0<\/strong><strong>Je t&rsquo;ai cherch\u00e9 \u00e0 travers tout l&rsquo;h\u00f4tel, \u00a0\u00bb dit Mrs Mitty. \u00ab\u00a0Pourquoi faut-il que tu te caches dans ce vieux fauteuil ? Comment veux-tu que je te trouve ? \u00a0\u00bb \u00ab\u00a0\u00c7a se rapproche,\u00a0\u00bb dit vaguement Walter Mitty. \u00ab\u00a0Quoi ? \u00a0\u00bb dit Mrs Mitty. \u201cEst-ce que tu as trouv\u00e9 les machinchouettes ? Les biscuits pour chiens ? Qu\u2019est-ce qu\u2019il y a dans cette boite ?\u00a0\u00a0\u201cLes caoutchoucs, \u201c dit Mitty. \u00ab\u00a0Tu n\u2019aurais pas pu les mettre dans le magasin?\u201d \u201cJ\u2019\u00e9tais en train de penser, <\/strong><strong>\u201c<\/strong><strong> dit Walter Mitty. <\/strong><strong>\u00ab\u00a0<\/strong><strong>Est-ce que tu peux parfois r\u00e9aliser qu\u2019il m\u2019arrive de penser\u00a0?<\/strong><strong> \u00ab\u00a0<\/strong><strong> Elle le regarda. <\/strong><strong>\u00ab\u00a0<\/strong><strong>Je prendrai ta temp\u00e9rature quand je t\u2019aurais ramen\u00e9 \u00e0 la maison,<\/strong><strong>\u00a0\u00bb <\/strong><strong>dit-elle.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Ils sortirent par une de ces portes tournantes qui \u00e9mettent un soupir narquois quand vous poussez dessus. Il y avait deux blocs jusqu\u2019au parc de stationnement. Arriv\u00e9s au drugstore au coin de la rue, elle dit \u00ab\u00a0Attends-moi ici. J\u2019ai oubli\u00e9 quelque chose. J\u2019en ai pour une minute.\u201d Elle en eut pour plus d\u2019une minute. Walter Mitty alluma une cigarette. Il commen\u00e7ait \u00e0 pleuvoir, de la pluie avec de la neige fondue. Il s\u2019appuya contre le mur du drugstore. Il fumait\u2026 Il redressa les \u00e9paules et rapprocha les talons. \u00ab\u00a0Au diable votre bandeau,\u00a0\u00bb dit Walter Mitty avec d\u00e9dain. Il tira une derni\u00e8re bouff\u00e9e de sa cigarette et la lan\u00e7a au loin d\u2019une pichenette. Puis, avec ce l\u00e9ger sourire fugitif sur les l\u00e8vres, il fit face au peloton d\u2019ex\u00e9cution\u00a0; droit et immobile, fier et d\u00e9daigneux, Walter Mitty l\u2019invaincu, imp\u00e9n\u00e9trable jusqu\u2019au bout.*<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #ff0000;\"><em>\u00a0<\/em><\/span>Maintenant que vous savez qui est Walter Mitty, vous me comprenez \u00a0quand je vous dis que \u00ab\u00a0Walter Mitty, c&rsquo;est moi\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est moi qui, \u00e0 dix-neuf ans, \u00e0 Los Angeles, le jour de la mort de Marilyn, imaginais notre rencontre sur la plage de Santa Monica. Nous aurions parl\u00e9, sympathis\u00e9.\u00a0Sans m\u00eame le savoir, je l\u2019aurais dissuad\u00e9e du suicide. Et puis, j\u2019aurais continu\u00e9 mon voyage\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est moi qui, sortant de mon premier vol en solo, partait, cigarette aux l\u00e8vres et parachute sur l&rsquo;\u00e9paule, retrouver \u00a0Mermoz et Saint-Ex au bar de l&rsquo;a\u00e9roclub pour discuter devant un demi des d\u00e9fauts du Castel-Mauboussin C310.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est aussi moi qui, plus tard, sur une route c\u00f4ti\u00e8re de Mindanao, me prenait\u00a0pour MacArthur passant ses troupes en revue avant l&rsquo;assaut promis pour le petit matin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est encore moi qui, d\u00e9couvert un an plus t\u00f4t au caf\u00e9 Rostand par un \u00e9diteur dont la table \u00e9tait voisine de la mienne, re\u00e7ois avec modestie le prix de Flore des mains de Fr\u00e9d\u00e9ric Beigbeder, en attendant mieux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C\u2019est toujours moi qui\u2026.Mais, et vous? Vous n&rsquo;\u00eates jamais Walter Mitty?<br \/>\n<span class=\"Apple-style-span\" style=\"color: #ff0000;\"><em>Pour\u00a0le texte original de la nouvelle : \u00a0 \u00a0\u00a0<a href=\"http:\/\/www.newyorker.com\/archive\/1939\/03\/18\/390318fi_fiction_thurber?currentPage=all\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">The Secret Life Of Walter Mitty,CLIQUEZ ICI<\/a><\/em><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #000080;\">*(c) James Thurber &#8211; My world and welcome to it-1942-Harcourt, Brace and Co.<\/span><br \/>\n<span style=\"color: #000080;\"> (c) Philippe Coutheillas -2014- pour la traduction fran\u00e7aise.<\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Critique ais\u00e9e 42-1 \u00ab\u00a0Madame Bovary, c&rsquo;est moi!\u00ab\u00a0 Ce qu&rsquo;avait voulu dire Flaubert en lan\u00e7ant cette petite phrase, on ne le sait pas vraiment. Voulait-il confirmer par l\u00e0 qu&rsquo;il avait \u00e9crit tout \u00e7a tout seul :\u00a0Madame Bovary, c&rsquo;est moi qui l&rsquo;ai \u00e9crit\u00a0tout seul\u00a0!\u00a0Moins prosa\u00efque et plus litt\u00e9raire: on pourrait penser qu&rsquo;il voulait expliquer que la personnalit\u00e9 &hellip; <a href=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=1641\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Walter Mitty, c&rsquo;est moi ! (texte int\u00e9gral)<\/span> <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_mo_disable_npp":"","_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_feature_clip_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":true,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2},"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[4,94,2],"tags":[436,441,21,435],"class_list":["post-1641","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-citations","category-critiques","category-textes","tag-james-thurber","tag-peloton-dexecution","tag-philippe","tag-walter-mitty"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1641","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=1641"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/1641\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=1641"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=1641"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=1641"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}