{"id":16363,"date":"2019-06-16T07:47:05","date_gmt":"2019-06-16T05:47:05","guid":{"rendered":"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=16363"},"modified":"2019-06-15T12:30:12","modified_gmt":"2019-06-15T10:30:12","slug":"bonjour-philippines-5-la-fievre-monte-a-mindanao","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=16363","title":{"rendered":"BONJOUR, PHILIPPINES ! &#8211; 5 \u2013 LA FI\u00c8VRE MONTE A MINDANAO"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><strong>CHAPITRE 5 \u2013 LA FI\u00c8VRE MONTE A MINDANAO<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000080;\"><em>Ce chapitre est essentiel et onirique \u00e0 la fois. C\u2019est pourquoi il est important de rappeler ce qui s\u2019est pass\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent. Voici : G\u00e9rard, Andr\u00e9 et Philippe ont \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9s \u00e0 Manille pour une \u00e9tude routi\u00e8re financ\u00e9e par la Banque Mondiale. Ils s\u2019envolent ce soir pour Mindanao pour d\u00e9couvrir demain le terrain o\u00f9 va s\u2019exercer leur art. G\u00e9rard, le chef de bande, est joyeux, comme souvent, et Andr\u00e9 est bougon, comme toujours. Quant \u00e0 Philippe, \u00e7a va mieux.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><em>***<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u2014 Philippines Airlines est heureuse de vous accueillir sur ce vol \u00e0 destination de Cagayan de Oro. Nous atteindrons notre destination apr\u00e8s une heure et 45 minutes de vol. Nous volerons \u00e0 une altitude de 22000 pieds. Sur le parcours le temps sera calme avec des risques de turbulences \u00e0 l&rsquo;arriv\u00e9e. Nous remercions les passagers \u00e9ventuellement porteurs d&rsquo;armes \u00e0 feu de bien vouloir les d\u00e9charger<\/em>.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est la deuxi\u00e8me fois que j&rsquo;entends cette annonce qui continue pourtant \u00e0 me surprendre. J&rsquo;esp\u00e8re qu&rsquo;il n&rsquo;y aura pas de fausse man\u0153uvre lors du d\u00e9chargement. Effectivement, le temps est beau. Le soleil traverse le hublot \u00e0 l&rsquo;horizontal. En bas, c&rsquo;est <!--more-->d\u00e9j\u00e0 la nuit. J&rsquo;ai toujours \u00e9t\u00e9 fascin\u00e9 par le spectacle de la terre vu d&rsquo;avion. C&rsquo;est pourquoi, quand le temps est clair et que j&rsquo;ai eu une place pr\u00e8s du hublot, je sors souvent d&rsquo;un vol de quelques heures avec un s\u00e9rieux torticolis. Ce soir, on peut voir les lumi\u00e8res de cette immense agglom\u00e9ration qu&rsquo;est Manille. Apr\u00e8s quelques minutes de vol, les lumi\u00e8res s&rsquo;espacent puis s&rsquo;effacent, et on a maintenant de la peine \u00e0 distinguer la terre de l&rsquo;oc\u00e9an. De temps en temps, une lumi\u00e8re appara\u00eet dans un coin du hublot. Est-ce un village isol\u00e9 ou un cargo en route vers la baie ? Parfois, une constellation glisse sous l&rsquo;aile. C&rsquo;est une ville.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous avons quitt\u00e9 le bureau en milieu d&rsquo;apr\u00e8s-midi pour nous rendre \u00e0 l&rsquo;a\u00e9roport et prendre ce dernier avion pour Mindanao. C&rsquo;est notre premier voyage sur place. Nous devons faire une reconnaissance rapide de la route en deux ou trois jours si c&rsquo;est possible. Il y a G\u00e9rard Peltier, notre joyeux chef de mission, Andr\u00e9 \u00ab\u00a0Badluck\u00a0\u00bb Ratinet, l&rsquo;ing\u00e9nieur routier, Robert Robertson, notre consultant g\u00e9ologue tout frais arriv\u00e9 d&rsquo;Ecosse, et moi, l&rsquo;ing\u00e9nieur-trafic-\u00e9conomiste-des-transports. Le DPWH n&rsquo;a pas jug\u00e9 utile que nos <em>counterparts<\/em> fassent le voyage. Trop cher, parait-il. Quand, avec des mines de circonstances, nous avons annonc\u00e9 la nouvelle \u00e0 Manuel et Pacifico, \u00e7a n&rsquo;a pas eu l&rsquo;air de trop les contrarier.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;atterrissage \u00e0 Cagayan est un peu secou\u00e9 et l&rsquo;avion roule encore quand survient un orage, \u00e9norme selon des crit\u00e8res europ\u00e9ens. La pluie est tellement dense que l&rsquo;avion doit s&rsquo;arr\u00eater en pleine piste. Proc\u00e9dure sans doute normale pour le pays, car aucun passager ne semble s&rsquo;inqui\u00e9ter ni s&rsquo;impatienter. Au bout d&rsquo;un petit quart d&rsquo;heure, l&rsquo;orage cesse, la lune appara\u00eet, l&rsquo;avion rejoint le tarmac et nous pouvons d\u00e9barquer. Le directeur local du DPWH nous accueille avec une gigantesque Ford. Je ne sais pas comment qualifier cet engin car \u00e0 cette \u00e9poque, en France, les 4&#215;4 sont plut\u00f4t rares. \u00c9tant donn\u00e9es la taille et la hauteur de l&rsquo;engin, ce n&rsquo;est pas un break (on disait alors familiale ou break de chasse, tandis que les am\u00e9ricains disaient <em>station-wagon<\/em>). Vu le confort, ce n&rsquo;est pas une camionnette, petit mot\u00a0 \u00e9triqu\u00e9 qui me fait penser \u00e0 l&rsquo;in\u00e9vitable Estafette Renault, et vu la puissance, ce n&rsquo;est pas davantage un minibus VW avec barbu et guitare incorpor\u00e9s. Le v\u00e9hicule est \u00e9quip\u00e9 d&rsquo;un moteur V8, quatre roues motrices, huit places et un chauffeur. Le tout nous emm\u00e8ne en silence vers l&rsquo;h\u00f4tel o\u00f9 nous dinons avec le directeur du DPWH. Nous discutons de la route et du pays environnant pendant le diner \u00e0 la fin duquel il nous annonce qu&rsquo;un engagement important l&#8217;emp\u00eachera de se joindre \u00e0 nous pour le voyage jusqu&rsquo;\u00e0 Butuan. Il se fera un plaisir de nous retrouver apr\u00e8s demain soir dans ses bureaux pour dresser un premier bilan de notre visite.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous partons le lendemain au lever du soleil, c&rsquo;est \u00e0 dire, comme toute l&rsquo;ann\u00e9e, \u00e0 six heures du matin. Durant la nuit, le chauffeur a ajout\u00e9 sur le toit de notre v\u00e9hicule une galerie charg\u00e9e de pelles, de cordes et de bidons d&rsquo;essence. Il n&rsquo;a pas oubli\u00e9 non plus de charger une grande glaci\u00e8re avec tout ce qu&rsquo;il faut comme eau, Coca-Cola, Seven-Up et sandwiches. Un homme occupe la place du passager avant.\u00a0 Il nous le pr\u00e9sente comme un cousin. Si nous n&rsquo;y voyons pas d&rsquo;inconv\u00e9nient, il le d\u00e9posera dans son village, un peu plus loin sur la route. Nous n&rsquo;y voyons pas d&rsquo;inconv\u00e9nient.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous partons. Les premiers kilom\u00e8tres de route sont encombr\u00e9s mais faciles. La chauss\u00e9e est en b\u00e9ton, droite, en l\u00e9g\u00e8re sur\u00e9l\u00e9vation par rapport au terrain. La route est envahie de mobylettes et de triporteurs dont les fum\u00e9es bleues se m\u00e9langent \u00e0 celle des cuisines ambulantes en contrebas. Sur notre gauche, on aper\u00e7oit la mer entre les constructions en b\u00e9ton qui d\u00e9filent. Elles c\u00e8dent bient\u00f4t la place aux baraques en t\u00f4le, en fait moiti\u00e9 t\u00f4le et moiti\u00e9 panneaux publicitaires d\u00e9tourn\u00e9s, puis aux <em>nipa huts,<\/em>\u00a0petites cabanes sur pilotis, construites en bambou et couvertes en palmes de nipa. Les <em>nipa huts<\/em> s\u2019espacent et la circulation devient clairsem\u00e9e. Plus de mobylettes ni de triporteurs, quelques camions et de rares voitures. La route reste droite et en bon \u00e9tat alors que nous traversons une large plaine dessin\u00e9e par l\u2019embouchure d\u2019une rivi\u00e8re. Voici notre premier pont. Il est constitu\u00e9 en fait de deux ponts parall\u00e8les d\u2019une quinzaine de m\u00e8tres, un pour chaque sens de circulation. Le pont amont est m\u00e9tallique, du type de ceux que toutes les arm\u00e9es du monde laissent derri\u00e8re elles. Il franchit la rivi\u00e8re d\u2019une seule port\u00e9e. Le pont aval est en bois et s\u2019appuie sur deux piliers interm\u00e9diaires plant\u00e9s dans le lit de la rivi\u00e8re. La chauss\u00e9e est faite de planches clou\u00e9es sur le tablier dans le sens de la circulation. C\u2019est le premier ouvrage exotique que nous rencontrons. G\u00e9rard demande que l\u2019on s\u2019arr\u00eate pour l\u2019examiner. Nous descendons de voiture. Nous arpentons le pont dessus, dessous. Ratinet prend des photos et moi, un air int\u00e9ress\u00e9 et comp\u00e9tent. Je regarde passer quelques camions dans un grand bruit de planches disjointes. Nous repartons. Le b\u00e9ton de la route s&rsquo;arr\u00eate quelques m\u00e8tres apr\u00e8s le pont et c&rsquo;est la piste qui commence. De l&rsquo;autre c\u00f4t\u00e9 de la plaine, nous abordons le bord de mer, escarp\u00e9 et sinueux. Il n&rsquo;est pas tout \u00e0 fait huit heures. Il fait tr\u00e8s beau et pas encore trop chaud. Le paysage est magnifique. \u00c0 gauche, un peu en dessous de la route, la plage de sable blanc, des cocotiers pench\u00e9s sur la mer ; l&rsquo;eau, d&rsquo;abord totalement transparente tourne au vert clair puis au bleu profond vers le large ; \u00e0 droite, la jungle alterne avec les bois de cocotier ; entre la mer et la jungle, la piste suit le terrain au plus pr\u00e8s en tentant de rester sur une horizontale. L\u2019ile \u00e9tant volcanique, le relief est accident\u00e9 et la route sinueuse. Elle est en g\u00e9n\u00e9rale assez large et devrait permettre \u00e0 deux voitures de se croiser sans trop ralentir. Mais souvent, les orni\u00e8res font que l\u2019un des deux v\u00e9hicules doit se ranger sur le c\u00f4t\u00e9 pour laisser le passage \u00e0 l\u2019autre. Dans les parties sinueuses de la route, on rencontre un ou deux ponts par kilom\u00e8tre, quelques fois trois. Ils ne font que sept ou huit m\u00e8tres de long, mais leur largeur ne permet pas de se croiser et leur franchissement oblige les conducteurs oppos\u00e9s \u00e0 renouveler l\u2019exercice qui consiste \u00e0 d\u00e9cider s\u2019ils vont faire acte de civilit\u00e9 et c\u00e9der le passage ou acte d\u2019autorit\u00e9 en s\u2019imposant comme prioritaire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous avan\u00e7ons en cahotant d&rsquo;orni\u00e8re en orni\u00e8re. Parfois une ligne droite et s\u00e8che permet d&rsquo;augmenter un peu la vitesse, mais l&rsquo;approche d&rsquo;un pont entre deux virages serr\u00e9s oblige \u00e0 ralentir pour ne pas glisser sur les planches humides qui forment le tablier. La chaleur et l&rsquo;humidit\u00e9 ont beaucoup mont\u00e9. Le chauffeur a r\u00e9gl\u00e9 l&rsquo;air conditionn\u00e9 au maximum et nous avons remont\u00e9 les vitres. Toutes les bouches d&rsquo;a\u00e9ration de la voiture expulsent maintenant un vent polaire qui me glace la poitrine ou le haut du cr\u00e2ne selon la position que je prends sur la banquette pour l&rsquo;\u00e9viter. De temps en temps, la voiture s&rsquo;arr\u00eate pour nous permettre d&rsquo;observer un point particulier de la chauss\u00e9e ou d&rsquo;un pont. A chaque fois, nous encaissons le choc thermique de la sortie \u00e0 l&rsquo;air libre puis du retour dans la glaci\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Parfois, le paysage devient vraiment splendide : apr\u00e8s quelques kilom\u00e8tres de p\u00e9nombre, le tunnel de v\u00e9g\u00e9tation s&rsquo;ouvre sur une anse en plein soleil. Devant nous, un arc de cercle en sable blanc trace la limite entre la mer d&rsquo;un bleu profond et la campagne avec ses petits champs cultiv\u00e9s et une plantation de cocotiers bien ordonn\u00e9s. Sur la mer, deux ou trois pirogues \u00e0 balancier sur lesquelles les p\u00eacheurs se tiennent debout et naviguent entre la c\u00f4te et une petite \u00eele avec colline et bouquet de cocotiers. Au bord de la piste, quelques <em>nipa huts<\/em>, une petite \u00e9glise r\u00e9cente en b\u00e9ton et une \u00e9cole en bois et t\u00f4les forment le village. Souvent, des groupes d&rsquo;enfants en shorts bleu fonc\u00e9 et chemises blanches saluent le passage de la grosse voiture. \u00c0 l&rsquo;autre bout de ce paradis, la piste s&rsquo;enfonce \u00e0 nouveau dans un tunnel sinueux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour d\u00e9jeuner, nous nous arr\u00eaterons sur une plage pour manger nos sandwiches. Le chauffeur et son cousin s&rsquo;\u00e9loignent pour d\u00e9jeuner tranquilles. Pendant toute la pause, on entendra la musique qui sort de leur petit transistor, couverte parfois par leurs \u00e9clats de rires.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le reste du trajet s&rsquo;accomplit dans la monotonie : orni\u00e8res, ponts glissants, pistes ensoleill\u00e9es et poussi\u00e9reuses, cocotiers, tunnels de v\u00e9g\u00e9tation, plages de r\u00eave, chaleur humide, froid glacial&#8230; Je commence \u00e0 avoir mal \u00e0 la t\u00eate.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quelques kilom\u00e8tres avant Butuan, le chauffeur s&rsquo;arr\u00eate \u00e0 l&rsquo;entr\u00e9e d&rsquo;un village pour laisser descendre son cousin. J&rsquo;aper\u00e7ois entre les deux hommes un furtif \u00e9change de billets qui me fait douter de leur lien de parent\u00e9. Nous arrivons \u00e0 destination vers 16 heures. Le motel est propre et confortable et je suis content de pouvoir me jeter sur mon lit pour attendre le diner. Quelques secondes plus tard, on frappe \u00e0 ma porte. C&rsquo;est G\u00e9rard qui vient me r\u00e9veiller pour le diner. J&rsquo;ai dormi deux heures. Je prends une douche rapide et je me sens mieux. Je retrouve mes coll\u00e8gues \u00e0 table o\u00f9 un responsable local du DPWH les a rejoints. Le diner est int\u00e9ressant. L&rsquo;homme nous explique le programme gouvernemental d&rsquo;immigration massive en provenance des iles surpeupl\u00e9es du nord de l&rsquo;archipel vers Mindanao. Les ressources agricoles de l&rsquo;\u00eele sont prometteuses, mais sa colonisation par les catholiques du nord du pays se heurte \u00e0 l&rsquo;opposition belliqueuse des sultans, propri\u00e9taires fonciers m\u00e9di\u00e9vaux et puissants. Il y a moins d&rsquo;un an, \u00e0 Iligan o\u00f9 nous irons demain, une descente des bandes arm\u00e9es des seigneurs musulmans sur la ville a fait une cinquantaine de morts. Depuis, l&rsquo;arm\u00e9e s&rsquo;est install\u00e9e l\u00e0-bas et le calme est revenu. Nous allons nous coucher sur l&rsquo;assurance qu&rsquo;il n&rsquo;y a plus rien \u00e0 craindre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lorsque je me r\u00e9veille, il est deux heures du matin. Je suis tremp\u00e9 de sueur et emberlificot\u00e9 dans mes draps. J&rsquo;ai froid et mal \u00e0 la t\u00eate. J&rsquo;ai d\u00fb attraper la cr\u00e8ve dans cette maudite voiture glaciale. Encore quatre heures avant le d\u00e9part pour Cagayan et Iligan. Je prends une douche qui me fait du bien et je me recouche dans mes draps humides pour tenter de dormir encore un peu. C&rsquo;est encore G\u00e9rard qui viendra me r\u00e9veiller en cognant \u00e0 ma porte. Encore une douche, rapide. \u00c7a va mieux, mais je suis incapable d&rsquo;avaler quoi que ce soit.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je ne vois rien du voyage de retour vers Cagayan. Je me suis install\u00e9 sur la troisi\u00e8me banquette \u00e0 l&rsquo;arri\u00e8re, allong\u00e9 en travers de la voiture. J&rsquo;ai enfil\u00e9 en couches successives tout ce que pouvait contenir ma valise comme v\u00eatements pour me prot\u00e9ger du froid. J&rsquo;ai entour\u00e9 mon cr\u00e2ne d&rsquo;une serviette \u00e9ponge vol\u00e9e \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel. Ma t\u00eate cogne contre l&rsquo;accoudoir \u00e0 chaque orni\u00e8re. J&rsquo;ai les yeux qui piquent, le nez qui coule, les oreilles qui bourdonnent et les muscles endoloris. Bref, j&rsquo;ai une sacr\u00e9e fi\u00e8vre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Nous arrivons \u00e0 l&rsquo;a\u00e9roport de Cagayan vers deux heures. G\u00e9rard et Bob Robertson reprennent l&rsquo;avion pour Manille. \u00ab\u00a0Badluck\u00a0\u00bb Ratinet et moi gardons la voiture et le chauffeur pour aller coucher \u00e0 Iligan d\u00e8s ce soir. Le programme de Ratinet pour les jours suivants est de faire une v\u00e9ritable reconnaissance de la route d&rsquo;un bout \u00e0 l&rsquo;autre en trois ou quatre jours, et le mien est d&rsquo;interviewer quelques administrations \u00e0 Cagayan o\u00f9 il doit me d\u00e9poser en passant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Lorsque nous arrivons \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel d&rsquo;Iligan, je vais me coucher directement, sans diner. Ma nuit est \u00e9pouvantable. J&rsquo;ai l&rsquo;impression de dormir dans un s\u00e9choir \u00e0 linge : \u00e7a tourne, c&rsquo;est bruyant, c&rsquo;est chaud et humide. Au petit matin, je me l\u00e8ve chancelant. Je prends une douche et je me sens mieux pendant quelques minutes, mais au cours du petit d\u00e9jeuner que je prends face \u00e0 Ratinet, je sens la fi\u00e8vre qui revient. Je lui dis que je ne suis pas en \u00e9tat de reprendre la route, que je vais rester ici jusqu&rsquo;\u00e0 demain et que je rejoindrai Cagayan en taxi pour prendre un avion pour Manille. Au milieu d&rsquo;un concert de coups sourds et de sifflements aigus que je suis seul \u00e0 entendre, je comprends vaguement qu&rsquo;il est d&rsquo;accord et qu&rsquo;il me demande seulement de lui pr\u00eater ma cam\u00e9ra : il veut l&rsquo;utiliser\u00a0 pour prendre des photos pour le plaisir tandis que son appareil personnel sera r\u00e9serv\u00e9 aux photos techniques de routes et de ponts.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il part donc avec mon appareil. C&rsquo;est avec soulagement que je retourne au silence, \u00e0 ma chambre, \u00e0 mon lit. Sit\u00f4t couch\u00e9, le s\u00e9choir \u00e0 linge se remet \u00e0 fonctionner. Je passe sans cesse du cauchemar au r\u00eave, du r\u00eave \u00e0 l&rsquo;\u00e9veil et inversement. Je n&rsquo;ai plus la force de me lever. J&rsquo;ai tr\u00e8s mal \u00e0 la t\u00eate. Pendant de courts moments de lucidit\u00e9, je me dis que je vais peut-\u00eatre mourir, l\u00e0, dans cette chambre, au bout du monde. Il faut que je me l\u00e8ve, que je demande qu&rsquo;on appelle un m\u00e9decin. Il faut que je me l\u00e8ve, que je me l\u00e8ve&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">&#8230;Je me suis encore tromp\u00e9 de porte. La salle de bain dans laquelle je viens d&rsquo;entrer nu doit appartenir \u00e0 la chambre d&rsquo;\u00e0 cot\u00e9 car j&rsquo;y trouve un couple que je ne connais pas. L&rsquo;homme et la femme sont en train de s&rsquo;habiller pour sortir. Je sors glac\u00e9 de la cabine de douche. Ils me regardent traverser la salle de bain puis la chambre d&rsquo;un air r\u00e9probateur mais sans oser intervenir. J&rsquo;entends un coq chanter. Ce doit \u00eatre l&rsquo;aurore. Je crois trouver la bonne porte, mais c&rsquo;est celle du vestiaire homme. Il est rempli de vapeur et encombr\u00e9 de sportifs en train de se changer. Je reconnais mon blouson de cuir. Il est accroch\u00e9 \u00e0 une autre place que celle o\u00f9 je l&rsquo;avais laiss\u00e9. Je fouille ses poches pour v\u00e9rifier que c&rsquo;est bien le mien. Elles sont vides. Je comprends que ce v\u00eatement appartient en r\u00e9alit\u00e9 \u00e0 un jeune homme barbu qui ne proteste pas contre ma fouille et me pr\u00e9cise qu&rsquo;il travaille \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel. Je le remercie et repars en courant vers la plage sans mon blouson. J&rsquo;ai d\u00fb l&rsquo;oublier dans ma voiture, un cabriolet Peugeot 403 noir que j&rsquo;ai laiss\u00e9 d\u00e9capot\u00e9 sur le parking. C&rsquo;est ennuyeux car il va surement pleuvoir. Sur la plage, un vent froid souffle bruyamment et de gros nuages gris fonc\u00e9s approchent rapidement. Le coq chante \u00e0 nouveau. Une sorte de cargo de taille moyenne et de couleur marron-rouge avance \u00e0 bonne vitesse droit vers la plage de sable blanc. Lorsqu&rsquo;il l&rsquo;atteint, il ralentit l\u00e9g\u00e8rement, il abaisse sa proue comme celle d&rsquo;une p\u00e9niche de d\u00e9barquement et, en continuant d&rsquo;avancer sur le sable toutes sir\u00e8nes hurlantes, il avale le monceau d&rsquo;ordures qui se trouvait entass\u00e9 devant les cocotiers. Pendant ce temps, la nuit est tomb\u00e9e. Il faut que je rentre. J&rsquo;entends le coq chanter. Je sens les clefs de ma voiture dans la poche du blouson que je croyais pourtant avoir laiss\u00e9 au vestiaire. La nuit est noire, le parking n&rsquo;est pas \u00e9clair\u00e9, et je ne distingue que de vagues formes de voitures. J&rsquo;appuie sur la t\u00e9l\u00e9commande. La voiture \u00e9met une sorte de cocorico et les feux de stationnement s&rsquo;allument quatre fois. Je place directement ma valise sur la banquette arri\u00e8re et je monte \u00e0 bord. La clef de contact refuse de rentrer dans son logement. Apr\u00e8s plusieurs essais nerveux, je m&rsquo;aper\u00e7ois que je suis mont\u00e9 dans un cabriolet Mercedes blanc. J&rsquo;en ressors et reprend ma valise. Un minibus de couleur vive man\u0153uvre \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la Mercedes \u00e0 la mauvaise lumi\u00e8re de ses feux de position. Il avance dangereusement vers une borne en pierre trop basse pour que le conducteur puisse la voir. Je lui fais signe d&rsquo;arr\u00eater sa man\u0153uvre. Il ne comprend pas et me dit que \u00e7a va aller. J&rsquo;insiste. Il descend de voiture et constate le danger. Il m&rsquo;apprend que pour pouvoir se garer l\u00e0, il a fait enlever une Peugeot d\u00e9capotable noire. Je trouve \u00e7a bien normal, mais je dois absolument r\u00e9cup\u00e9rer ma voiture car j&rsquo;ai quelque chose d&rsquo;urgent et important \u00e0 faire. Encore le chant du coq. L&rsquo;homme au minibus me pr\u00e9sente Monsieur Didi ou Didier, \u00e0 qui il avait demand\u00e9 d&rsquo;enlever ma voiture. Je ne comprends rien \u00e0 ce que me dit Monsieur Didi ou Didier, mais je pars quand m\u00eame sur ses indications avec la Mercedes \u00e0 la recherche de ma voiture. Dans la chaleur de la nuit, je reconnais les doux virages de la route de Sainte-Maxime. Au bout de quelques centaines de m\u00e8tres, je m&rsquo;aper\u00e7ois que je ne sais pas o\u00f9 je vais. Je m&rsquo;arr\u00eate sur le magnifique gazon du bas-c\u00f4t\u00e9 de la route devant une belle maison de style m\u00e9diterran\u00e9en. A la r\u00e9flexion, elle serait plut\u00f4t du style <em>spanish revival<\/em> de Los Angeles. C&rsquo;est bien normal puisque je suis sur Sunset Boulevard. Je constate avec regret que des traces profondes d&rsquo;un d\u00e9marrage en trombe marquent d\u00e9j\u00e0 le gazon. J&rsquo;esp\u00e8re qu&rsquo;on ne va pas m&rsquo;attribuer cette ind\u00e9licatesse. Mais d\u00e9j\u00e0, j&rsquo;entends monter une sir\u00e8ne du L.A.P.D. On dirait le chant d&rsquo;un coq. Je laisse la voiture et m&rsquo;enfuis en tra\u00eenant ma valise \u00e0 travers les jardins vers les collines d&rsquo;Hollywood. Toujours ce coq ! Je d\u00e9bouche rapidement sur une clairi\u00e8re d&rsquo;o\u00f9 partent plusieurs t\u00e9l\u00e9si\u00e8ges et un t\u00e9l\u00e9ph\u00e9rique. Je choisis l&rsquo;un des t\u00e9l\u00e9si\u00e8ges qui grimpe dans la nuit au milieu des sapins. J&rsquo;ai bien fait de prendre mon blouson, mais je regrette mon gros anorak rouge et mes gants en goretex car il commence \u00e0 faire froid. Il n&rsquo;y a personne sur ce t\u00e9l\u00e9si\u00e8ge, mais des skieurs passent sans arr\u00eat en dessous de moi. Curieusement, ils sont tous habill\u00e9s de noir. Arriv\u00e9 en haut, je rel\u00e8ve la barri\u00e8re, je saute du si\u00e8ge et commence \u00e0 glisser sur la neige. J&rsquo;ai de plus en plus froid. Je me trouve au sommet d&rsquo;une tr\u00e8s forte pente pleine de bosses. Il y a un panneau en bois grav\u00e9 point\u00e9 vers le bas et qui indique en lettres dor\u00e9es \u00ab\u00a0vers la Suisse\u00a0\u00bb. \u00c7a m&rsquo;a l&rsquo;air trop pentu et trop sombre et je choisis de m&rsquo;int\u00e9grer dans la file d&rsquo;attente d&rsquo;un autre t\u00e9l\u00e9si\u00e8ge. Je m&rsquo;aper\u00e7ois que je n&rsquo;ai pas de forfait et je me demande si je vais pouvoir passer. Quand c&rsquo;est mon tour, l&#8217;employ\u00e9 me donne une couverture rouge et me laisse passer sans difficult\u00e9. J&rsquo;ai trop chaud et je jette la couverture. Arriv\u00e9 au sommet, je me d\u00e9gage du si\u00e8ge et descend doucement vers un groupe de trois ou quatre maisons. Elles ont l\u2019air inachev\u00e9es, avec leurs ouvertures sans porte ni fen\u00eatre et leurs toits terrasses desquels d\u00e9passent des fers en attente d\u2019une future sur\u00e9l\u00e9vation. Tout \u00e0 coup, de derri\u00e8re ces maisons sortent des dizaines de guerriers enturbann\u00e9s qui se mettent \u00e0 courir vers moi en brandissant des sabres courbes et des fusils et en poussant des cris de coqs. Je d\u00e9vale la pente \u00e0 toutes jambes pour leur \u00e9chapper, mais je tr\u00e9buche et je tombe par terre dans un mouvement de cin\u00e9ma au ralenti. Pendant ma chute qui n&rsquo;en finit pas, l&rsquo;un des guerriers me tire dessus et je prends une balle dans l&rsquo;\u00e9paule&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je suis par terre, \u00e0 c\u00f4t\u00e9 du lit, sur le carrelage de la chambre, tremp\u00e9 de sueur et grelottant de froid, une jambe encore sur le lit, emp\u00eatr\u00e9e dans les draps, l&rsquo;\u00e9paule douloureuse. Un coq chante. La chambre baigne dans la lumi\u00e8re verte alternative de l&rsquo;enseigne lumineuse de l&rsquo;h\u00f4tel. Dehors, il fait nuit. Pourtant le coq chante encore. J&rsquo;ai froid, j&rsquo;ai soif, j&rsquo;ai faim. Je me rel\u00e8ve et m&rsquo;assieds sur mon lit. J&rsquo;attrape ma montre et je mets plusieurs minutes \u00e0 comprendre que j&rsquo;ai dormi pr\u00e8s de quarante heures : il est huit heures du soir et Ratinet est parti hier \u00e0 7 heures du matin.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Tout se remet progressivement en place. La fi\u00e8vre est tomb\u00e9e. Finalement, je ne vais pas mourir ici. Je m&rsquo;habille un peu, je sors de ma chambre, je parcours les couloirs. Je rencontre une grosse femme, qui est peut-\u00eatre la patronne. Elle ne para\u00eet pas surprise de me voir: \u00ab\u00a0<em>Hi, Joe! You are OK now ?<\/em>\u00a0\u00bb Elle me reconduit vers ma chambre, m&rsquo;assieds sur mon lit et me fait signe d&rsquo;attendre. Elle revient un peu plus tard avec un bol de bouillon et un peu de riz collant. Tout ce que j&rsquo;obtiendrai d&rsquo;elle, c&rsquo;est \u00ab\u00a0<em>You, very sick ! Now you OK ! <\/em>\u00ab\u00a0.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je me rendors. Lorsque je me r\u00e9veille le lendemain vers dix heures, je me sens frais et l\u00e9ger mais \u00e9puis\u00e9. Je traine une heure sous la douche puis je vais au restaurant pour prendre un petit d\u00e9jeuner tout ce qu&rsquo;il y a de plus frugal. Dans la salle \u00e0 manger, install\u00e9 seul \u00e0 une table, il y a un gros homme d&rsquo;une trentaine d&rsquo;ann\u00e9es. Il porte Rolex, gourmette en or et <em>barong tagalog<\/em> ouvrag\u00e9. Il d\u00e9jeune en face d&rsquo;un coq pos\u00e9 sur un tabouret de bar. L&rsquo;animal arbore un petit collier en or autour du cou et quelques bagues aux pattes. Son plumage est brillant, noir, bleu fonc\u00e9 et dor\u00e9. Il est \u00e9norme et magnifique. Tout \u00e0 coup, le coq se dresse sur son tabouret et chante et je reconnais le leitmotiv de mes cauchemars. Son propri\u00e9taire me sourit avec fiert\u00e9 et engage la conversation. Il m&rsquo;explique qu&rsquo;il occupe la chambre voisine de la mienne et qu&rsquo;il est arriv\u00e9 de Davao il y a trois jours pour engager son coq dans une s\u00e9rie de combats qui doit commencer ce soir \u00e0 Iligan. Albator est un tr\u00e8s bon coq de combat. Il lui a d\u00e9j\u00e0 fait gagn\u00e9 beaucoup d&rsquo;argent.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est alors qu&rsquo;Andr\u00e9 Ratinet arrive dans la salle. En passant \u00e0 Cagayan, il a t\u00e9l\u00e9phon\u00e9 au bureau de Manille o\u00f9 on lui a dit qu&rsquo;on n&rsquo;avait pas de nouvelle de moi depuis trois jours, mais qu&rsquo;on me croyait avec lui. Ne sachant trop ce qu&rsquo;il allait trouver en arrivant \u00e0 l&rsquo;h\u00f4tel, il est plut\u00f4t soulag\u00e9 de me voir un peu p\u00e2le, mais vivant et debout.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il me dit qu&rsquo;il y a un Cagayan-Manille qui d\u00e9colle ce soir \u00e0 19 heures et qu&rsquo;en prenant la route d\u00e8s maintenant, nous pourrons l&rsquo;attraper. Je ne suis pas encore vraiment en forme, mais pour retrouver mon havre du Hilton, je suis pr\u00eat \u00e0 bien des efforts\u2026<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u2014 Philippines Airlines est heureuse de vous accueillir sur ce vol \u00e0 destination de Manila International Airport. Nous atteindrons notre destination apr\u00e8s une heure et 45 minutes de vol. Nous remercions les passagers \u00e9ventuellement porteurs d&rsquo;armes \u00e0 feu de bien vouloir les d\u00e9charger.<\/em><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-medium wp-image-18182\" src=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/951-CINEMATOQUIZ-27-copie-300x165.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"165\" srcset=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/951-CINEMATOQUIZ-27-copie-300x165.jpg 300w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/951-CINEMATOQUIZ-27-copie-768x423.jpg 768w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2019\/05\/951-CINEMATOQUIZ-27-copie-960x529.jpg 960w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><strong><span style=\"color: #ff0000;\">Bient\u00f4t publi\u00e9<\/p>\n<p>17 Juin, 7 h 47 min Ah ! Les belles boutiques \u2013 36<br \/>\n18 Juin, 7 h 47 min Tableau 257<br \/>\n19 Juin, 7 h 47 min Guillaume n\u2019aime pas l\u2019avion \u2013 1<br \/>\n20 Juin, 7 h 47 min Guillaume n\u2019aime pas l\u2019avion \u2013 2<\/span><\/strong><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>CHAPITRE 5 \u2013 LA FI\u00c8VRE MONTE A MINDANAO Ce chapitre est essentiel et onirique \u00e0 la fois. C\u2019est pourquoi il est important de rappeler ce qui s\u2019est pass\u00e9 jusqu\u2019\u00e0 pr\u00e9sent. Voici : G\u00e9rard, Andr\u00e9 et Philippe ont \u00e9t\u00e9 envoy\u00e9s \u00e0 Manille pour une \u00e9tude routi\u00e8re financ\u00e9e par la Banque Mondiale. Ils s\u2019envolent ce soir pour &hellip; <a href=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=16363\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">BONJOUR, PHILIPPINES ! &#8211; 5 \u2013 LA FI\u00c8VRE MONTE A MINDANAO<\/span> <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_mo_disable_npp":"","jetpack_post_was_ever_published":false,"_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":false,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[13,2],"tags":[21],"class_list":["post-16363","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-fiction","category-textes","tag-philippe"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/16363","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=16363"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/16363\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=16363"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=16363"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=16363"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}