{"id":15677,"date":"2019-03-16T08:47:20","date_gmt":"2019-03-16T06:47:20","guid":{"rendered":"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=15677"},"modified":"2019-11-09T21:53:12","modified_gmt":"2019-11-09T20:53:12","slug":"simone-pourquoi-avoir-choisi-decrire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=15677","title":{"rendered":"Pourquoi avoir choisi d&rsquo;\u00e9crire ?"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Cette question, c&rsquo;est celle qu&rsquo;imposent \u00e0 leurs \u00e9l\u00e8ves comme th\u00e8me d&rsquo;\u00e9criture tous les ateliers du m\u00eame nom. C&rsquo;est celle que se posent un jour ou l&rsquo;autre tous ceux qui tiennent un journal. Ou bien tous ceux qui \u00e9crivent des petites histoires. C&rsquo;est aussi celle\u00a0que tous les journalistes, tous les biographes, tous les importuns de passage\u00a0 posent aux v\u00e9ritables \u00e9crivains. Parfois, comme ici, il n&rsquo;est pas besoin de leur poser la question. En ce qui me concerne, j&rsquo;ai \u00e9crit au moins deux fois sur le sujet\u00a0 (titre cliquable):<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=1586\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Jeu d&rsquo;\u00e9criture<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><a href=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=7276\" target=\"_blank\" rel=\"noopener noreferrer\">Une \u00e9mission de Berthe Grandval<\/a><\/p>\n<p style=\"text-align: left;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>En tout cas voici les raisons de Simone de Beauvoir . Vous allez pouvoir comparer.\u00a0<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u00ab\u00a0J\u2019avais d\u00e9cid\u00e9 depuis longtemps de consacrer ma vie \u00e0 des travaux intellectuels. Zaza\u00a0me scandalisa en d\u00e9clarant d\u2019un ton provocant\u00a0: \u00ab\u00a0Mettre neuf enfants au monde comme l\u2019a fait maman, \u00e7a vaut bien autant que d\u2019\u00e9crire des livres.\u00a0\u00bb Je ne voyais pas de commune mesure entre ces deux destins. Avoir des enfants, qui \u00e0 leur tour auraient des enfants, c\u2019\u00e9tait rab\u00e2cher \u00e0 l\u2019infini la m\u00eame ennuyeuse ritournelle ; le savant, l\u2019artiste, l\u2019\u00e9crivain, le penseur cr\u00e9aient un autre monde, lumineux et joyeux, o\u00f9 tout avait sa raison d\u2019\u00eatre. C\u2019\u00e9tait l\u00e0 que je voulais passer mes jours\u00a0; j\u2019\u00e9tais bien d\u00e9cid\u00e9e \u00e0 m\u2019y tailler <!--more-->une place. Lorsque j\u2019eus renonc\u00e9 au ciel , mes ambitions terrestres s\u2019accus\u00e8rent\u00a0; il fallait \u00e9merger. \u00c9tendue dans un pr\u00e9, je contemplai, juste \u00e0 la hauteur de mon regard, le d\u00e9ferlement des brins d\u2019herbe, tous identiques, chacun noy\u00e9 dans la jungle minuscule qui lui cachait tous les autres. Cette r\u00e9p\u00e9tition ind\u00e9finie de l\u2019ignorance, de l\u2019indiff\u00e9rence \u00e9quivalait \u00e0 la mort. Je levai les yeux vers le ch\u00eane\u00a0: il dominait le paysage et n\u2019avait pas de semblable. Je serais pareille \u00e0 lui. Pourquoi ai-je choisi d\u2019\u00e9crire\u00a0? Enfant, je n\u2019avais gu\u00e8re pris au s\u00e9rieux mes gribouillages\u00a0; mon v\u00e9ritable souci avait \u00e9t\u00e9 de conna\u00eetre\u00a0; je me plaisais \u00e0 r\u00e9diger mes compositions fran\u00e7aises, mais ces demoiselles\u00a0me reprochaient mon style guind\u00e9 ; je ne me sentais pas \u00ab\u00a0dou\u00e9e\u00a0\u00bb. Cependant, quand \u00e0 quinze ans j\u2019inscrivis sur l\u2019album d\u2019une amie les pr\u00e9dilections, les projets qui \u00e9taient cens\u00e9s d\u00e9finir ma personnalit\u00e9, \u00e0 la question\u00a0: \u00ab\u00a0Que voulez-vous faire plus tard\u00a0?\u00a0\u00bb je r\u00e9pondis d\u2019un trait\u00a0: \u00ab\u00a0\u00catre un auteur c\u00e9l\u00e8bre\u00a0\u00bb. Touchant mon musicien favori, ma fleur pr\u00e9f\u00e9r\u00e9e, je m\u2019\u00e9tais invent\u00e9 des go\u00fbts plus ou moins factices. Mais sur ce point je n\u2019h\u00e9sitai pas\u00a0: je convoitais cet avenir, \u00e0 l\u2019exclusion de tout autre.<br \/>\nLa premi\u00e8re raison, c\u2019est l\u2019admiration que m\u2019inspiraient les \u00e9crivains\u00a0; mon p\u00e8re les mettait bien au-dessus des savants, des \u00e9rudits, des professeurs. J\u2019\u00e9tais convaincue moi aussi de leur supr\u00e9matie ; m\u00eame si son nom \u00e9tait largement connu, l&rsquo;\u0153uvre d\u2019un sp\u00e9cialiste ne s\u2019ouvrait qu\u2019\u00e0 un petit nombre\u00a0; les livres, tout le monde les lisait\u00a0; ils touchaient l\u2019imagination, le c\u0153ur\u00a0; ils valaient \u00e0 leur auteur la gloire la plus universelle et la plus intime. En tant que femme, ces sommets me semblaient plus accessibles que les p\u00e9n\u00e9plaines ; les plus c\u00e9l\u00e8bres de mes s\u0153urs s\u2019\u00e9taient illustr\u00e9es dans la litt\u00e9rature.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Simone DE BEAUVOIR &#8211; M\u00e9moires d\u2019une jeune fille rang\u00e9e &#8211; 1958.<\/em><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cette question, c&rsquo;est celle qu&rsquo;imposent \u00e0 leurs \u00e9l\u00e8ves comme th\u00e8me d&rsquo;\u00e9criture tous les ateliers du m\u00eame nom. C&rsquo;est celle que se posent un jour ou l&rsquo;autre tous ceux qui tiennent un journal. Ou bien tous ceux qui \u00e9crivent des petites histoires. 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