{"id":15412,"date":"2019-06-19T07:47:11","date_gmt":"2019-06-19T05:47:11","guid":{"rendered":"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=15412"},"modified":"2019-06-19T11:04:00","modified_gmt":"2019-06-19T09:04:00","slug":"guillaume-naime-pas-lavion","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=15412","title":{"rendered":"Guillaume n&rsquo;aime pas l&rsquo;avion &#8211; 1"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Premi\u00e8re partie<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u2014 <\/em><em>Doung !<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u2014La compagnie Delta Airlines vous souhaite la bienvenue \u00e0 bord de ce Boeing 777 \u00e0 destination de Paris-Orly. Nous atteindrons notre destination dans sept heures et trente minutes. Le temps sera calme sur l&rsquo;ensemble du parcours avec un risque de turbulences une heure avant l&rsquo;arriv\u00e9e. Vous pouvez d\u00e8s \u00e0 pr\u00e9sent d\u00e9tacher votre ceinture de s\u00e9curit\u00e9. Un diner vous sera servi dans quelques instants. Le personnel de bord est \u00e0 votre disposition pour&#8230;<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-15417\" src=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/Boeing-737-300x144.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"144\" srcset=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/Boeing-737-300x144.jpg 300w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2018\/11\/Boeing-737.jpg 324w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/>D\u00e8s le d\u00e9but de l&rsquo;annonce, les h\u00f4tesses avaient commenc\u00e9 \u00e0 s&rsquo;agiter, fermant les rideaux qui s\u00e9parent la classe Business du reste de l&rsquo;avion, sortant les ap\u00e9ritifs et s&rsquo;enqu\u00e9rant du confort des passagers. Ce tranquille va et vient du personnel de bord, ces l\u00e9gers bruits de vaisselle, ces murmures polis et familiers, tout cela finissait de rassurer Guillaume. Il avait commenc\u00e9 \u00e0 se sentir un peu mieux d\u00e8s qu&rsquo;il avait per\u00e7u, en m\u00eame temps que la d\u00e9c\u00e9l\u00e9ration du Boeing, le bruit de ses deux r\u00e9acteurs qui passait du stade \u00ab\u00a0hurlement rageur\u00a0\u00bb de la mont\u00e9e \u00e0 celui de \u00ab\u00a0calme vrombissement\u00a0\u00bb de la vitesse de croisi\u00e8re. Mais le d\u00e9but du service de cabine achevait toujours de le convaincre que tout allait bien, car si on servait le champagne, c&rsquo;\u00e9tait bien la preuve qu&rsquo;il n&rsquo;y avait plus de danger.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Guillaume n&rsquo;aime pas l&rsquo;avion. Malgr\u00e9 ses centaines de d\u00e9collages et d&rsquo;atterrissages et bien qu&rsquo;aucun incident ne se soit jamais produit sur aucun de ses vols, il n&rsquo;aime pas l&rsquo;avion. Il n&rsquo;aime pas cette id\u00e9e d&rsquo;\u00eatre enferm\u00e9 dans un gigantesque tube en m\u00eame temps que deux ou trois cents autres personnes assises sur une \u00e9norme citerne de produit hautement inflammable. Il n&rsquo;aime pas cette id\u00e9e de n&rsquo;\u00eatre qu&rsquo;un bagage impuissant aux ordres d&rsquo;un \u00e9quipage qui, en cas de probl\u00e8me, ne fera que lui d\u00e9guiser la v\u00e9rit\u00e9, celle par exemple que l&rsquo;avion va immanquablement se casser la figure. Non, Guillaume n&rsquo;aime pas l&rsquo;avion. Compte tenu de son m\u00e9tier, c&rsquo;est plut\u00f4t <!--more-->contrariant. Guillaume travaille chez Air France. Il est directeur commercial pour la r\u00e9gion Am\u00e9rique du Nord. Deux \u00e0 trois fois par mois, il doit traverser l&rsquo;Atlantique pour se rendre \u00e0 New York, \u00e0 Mexico ou \u00e0 Toronto ou dans n&rsquo;importe quelle autre ville-escale de ce continent, distante de nombreuses heures de vol de son bureau de Montparnasse. Bien s\u00fbr, il voyage toujours en Business, parfois m\u00eame en First \u2014 il a souvent remarqu\u00e9 qu&rsquo;il se sentait plus en s\u00e9curit\u00e9 dans ces classes privil\u00e9gi\u00e9es qu&rsquo;en Economy ; bien s\u00fbr, il a suivi deux fois le stage \u00ab\u00a0Apprivoiser l&rsquo;avion\u00a0\u00bb qu&rsquo;organise sa compagnie ; bien s\u00fbr, il prend r\u00e9guli\u00e8rement connaissance des statistiques qui \u00e9tablissent sans conteste qu&rsquo;en mati\u00e8re de s\u00e9curit\u00e9, le transport a\u00e9rien l&#8217;emporte largement sur tous les autres modes. Et maintenant, gr\u00e2ce \u00e0 \u00e7a, c&rsquo;est vrai que si le d\u00e9collage et l&rsquo;atterrissage restent pour lui des moments d&rsquo;anxi\u00e9t\u00e9, il n&rsquo;a pratiquement plus peur du tout tant que l&rsquo;avion reste tranquillement \u00e0 son altitude de croisi\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">A pr\u00e9sent qu&rsquo;il \u00e9tait certain que tout allait bien, il allait pouvoir reprendre avec sa voisine la conversation qu&rsquo;il avait interrompue quand l&rsquo;avion avait commenc\u00e9 \u00e0 prendre de la vitesse sur la piste de l&rsquo;a\u00e9roport Kennedy. \u00ab\u00a0Elle est formidable cette fille, se disait-il. Elle est sympathique, belle, intelligente, gaie, c\u00e9libataire&#8230; Elle est formidable.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il l&rsquo;avait rencontr\u00e9e une semaine auparavant dans le Paris-New York de 10h20. Il partait pour une tourn\u00e9e de cinq jours \u2014 New York, Los Angeles, Miami \u2014 et devait rentrer par le vol Miami-Paris du jeudi soir \u00e0 20h30. L&rsquo;altitude de croisi\u00e8re atteinte, ils avaient commenc\u00e9 \u00e0 discuter, d&rsquo;abord de rien, du silence de l&rsquo;Airbus A380, du temps qu&rsquo;il ferait \u00e0 New York, puis de tout, de leur m\u00e9tier, de leurs vacances, de leur vie. Il avait appris qu&rsquo;elle avait trente ans, qu&rsquo;elle vivait seule \u00e0 Paris, et qu&rsquo;elle travaillait dans un grand laboratoire de produits pharmaceutiques. Elle avait pass\u00e9 toute son adolescence \u00e0 New York o\u00f9 son p\u00e8re tenait un restaurant, et puis, son bac pass\u00e9, elle \u00e9tait rentr\u00e9e \u00e0 Paris pour y faire une pr\u00e9pa et une \u00e9cole de commerce. Trois ou quatre fois par an, elle revenait \u00e0 New York pour passer quelques jours chez ses parents. Cette fois-ci, elle resterait toute une semaine pour Thanksgiving. Elle rentrerait \u00e0 Paris par le vol Delta du samedi soir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il lui avait racont\u00e9 sa vie \u00e0 l&rsquo;envers : son m\u00e9tier, Directeur Commercial en moins de cinq ans, ses \u00e9tudes \u00e0 Paris, l&rsquo;\u00c9cole des Mines suivie de Sciences Po, sa jeunesse, la pr\u00e9pa dans un lyc\u00e9e de Bordeaux, ses parents, formidables, leur maison \u00e0 Arcachon, son enfance, merveilleuse, ses vacances au soleil, et sa petite s\u0153ur, mari\u00e9e, un enfant. Tout en lui parlant, il se rendait bien compte que tout ce qu&rsquo;il racontait \u00e9tait un peu trop beau, trop facile. Il se disait bien qu&rsquo;ajouter un peu de modestie, quelques ratages et m\u00eame un ou deux \u00e9checs aurait \u00e9t\u00e9 bienvenu dans cette trop belle histoire. Mais, il n&rsquo;y arrivait pas. Apr\u00e8s tout, c&rsquo;\u00e9tait la v\u00e9rit\u00e9 : il avait tout r\u00e9ussi. Il entendait bien continuer. Plus tard, tandis que les passagers voisins regardaient un film ou se plongeaient dans un magazine, ils avaient parl\u00e9 cin\u00e9ma, litt\u00e9rature, sorties, voyages, amiti\u00e9s&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;annonce que l&rsquo;atterrissage \u00e9tait imminent et que tout un chacun \u00ab\u00a0veuille bien regagner son si\u00e8ge et attacher sa ceinture\u00a0\u00bb ramena Guillaume \u00e0 la r\u00e9alit\u00e9 : il \u00e9tait dans un avion et cet avion allait atterrir. Les paumes de ses mains se couvrirent bient\u00f4t de transpiration et il ne fut plus capable d&rsquo;autre chose que prononcer distraitement des \u00ab\u00a0Oui\u00a0\u00bb, des \u00ab\u00a0Vraiment ?\u00a0\u00bb et des \u00ab\u00a0Ah, bon !\u00a0\u00bb tout en surveillant l&rsquo;approche du sol et le bruit des moteurs.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;Airbus avait touch\u00e9 la piste et entrepris son interminable freinage habituel. Quand ce f\u00fbt termin\u00e9, Guillaume avait d\u00e9crisp\u00e9 enfin ses mains des accoudoirs et s&rsquo;\u00e9tait tourn\u00e9 vers sa voisine. Elle regardait par le hublot. Il se dit qu&rsquo;elle voulait sans doute \u00e9viter de croiser son regard. Lui ne pensait qu&rsquo;au lamentable spectacle qu&rsquo;il venait de lui donner, lui qui avait \u00e9t\u00e9 si s\u00e9ducteur, si brillant, si parfait pendant presque sept heures de suite.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quand l&rsquo;avion s&rsquo;\u00e9tait immobilis\u00e9, les passagers avaient commenc\u00e9 \u00e0 se lever et \u00e0 s&rsquo;agiter dans tous les sens pour chercher leur bagage, y ranger leurs affaires, enfiler leur manteau et sortir leur passeport tout en se bousculant dans l&rsquo;all\u00e9e vers la sortie. Guillaume, perturb\u00e9 par ce que la fille pouvait penser de lui, n&rsquo;osait toujours pas lui adresser la parole. Ensuite, les choses s&rsquo;\u00e9taient pass\u00e9es tellement vite qu&rsquo;il n&rsquo;avait eu ni le temps ni la pr\u00e9sence d&rsquo;esprit de lui demander une adresse, un t\u00e9l\u00e9phone, une promesse de rencontre, bient\u00f4t \u00e0 Paris ou le soir m\u00eame, \u00e0 New York. Au bout de la passerelle, il avait aper\u00e7u sa silhouette qui se faufilait loin devant lui, puis elle avait disparu d\u00e9finitivement. Tout ce qu&rsquo;il savait d&rsquo;elle, c&rsquo;est qu&rsquo;elle s&rsquo;appelait Catherine et qu&rsquo;elle prendrait le vol Delta de 18h40 pour Paris samedi prochain.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y pensait dans le taxi qui l&#8217;emmenait \u00e0 Manhattan. Il y pensait pendant toute la r\u00e9union des directeurs commerciaux des compagnies membres de Skyteam. Le soir, au bar de son h\u00f4tel, il en parlait \u00e0 son vieux copain d&rsquo;Alitalia, Enzo. Il y pensait encore le lendemain matin en prenant son petit d\u00e9jeuner au trente-deuxi\u00e8me \u00e9tage du Standard. \u00ab\u00a0Elle est formidable cette fille, se disait-il. Elle est sympathique, elle est belle, &#8230; et intelligente, et gaie et c\u00e9libataire. Elle est formidable. J&rsquo;ai vraiment \u00e9t\u00e9 au-dessous de tout, hier. Il faut que je rattrape le coup ; il faut absolument que je la revoie.\u00a0\u00bb \u00c0 la troisi\u00e8me tasse de caf\u00e9, il savait ce qu&rsquo;il allait faire : allonger son voyage de deux jours \u2014 il trouverait bien un pr\u00e9texte, annuler son Miami-Paris de jeudi et prendre un New York- Paris sur le vol Delta de 18h40 de samedi. Avec ses relations chez Delta Airlines, se faire placer \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;une jeune-femme, fran\u00e7aise et se pr\u00e9nommant Catherine serait un jeu d&rsquo;enfant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quand elle l&rsquo;avait vu s&rsquo;installer \u00e0 c\u00f4t\u00e9 d&rsquo;elle dans le New York-Paris du samedi soir, surprise, elle avait dit en riant : \u00a0\u00bb Encore vous ! \u00ab\u00a0. En r\u00e9alit\u00e9, elle se disait : \u00ab\u00a0Mais c&rsquo;est le type de l&rsquo;autre jour, Guillaume. C&rsquo;est cela, Guillaume, le gars d&rsquo;Air France. Charmant, un peu suffisant, mais charmant. Pas mal, en plus. Le probl\u00e8me, c&rsquo;est que c&rsquo;est le genre de type qui sait toujours parfaitement o\u00f9 il va, le mec sans faille, sans faiblesse, le genre James Bond, l&rsquo;homme \u00e0 femmes, celui qui d\u00e9ploie tout son charme bien r\u00f4d\u00e9 pour arriver \u00e0 sortir avec toi une semaine, un mois, six mois peut-\u00eatre, puis qui te plaque juste avant No\u00ebl parce qu&rsquo;il \u00ab\u00a0part \u00e0 Val avec un groupe \u00a0d&rsquo;amis\u00a0\u00bb dont tu ne fais pas partie. Tu parles ! Bon, ce n&rsquo;est pas que \u00e7a me d\u00e9plairait : il est beau, il est intelligent, il est dr\u00f4le, il a tout ce qu&rsquo;il faut ; pour un mois, ou deux, ou m\u00eame trois ; mais toute une vie, non, surement pas&#8230; trop parfait, trop beau, trop dur, trop tout \u00e7a&#8230; avec lui, je n&rsquo;existerais plus, je serais compl\u00e8tement effac\u00e9e, je deviendrais vite une femme objet, une femme pour lui faire honneur devant ses amis. Toute une vie ? Non, impossible ! Mais un mois, je n&rsquo;aurais peut-\u00eatre pas dit non &#8230; D&rsquo;ailleurs, je n&rsquo;ai toujours pas compris pourquoi, l&rsquo;autre jour, il ne m&rsquo;avait pas demand\u00e9 mon adresse, mon num\u00e9ro de t\u00e9l\u00e9phone ou m\u00eame mon nom, quelque chose enfin ! Je l&rsquo;ai cherch\u00e9 un peu dans l&rsquo;a\u00e9roport, aux bagages, dans la file des taxis&#8230; disparu.\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014\u00c7a alors ! C&rsquo;est incroyable, je suis \u00e0 nouveau \u00e0 cot\u00e9 de vous ! dit Guillaume qui jouait parfaitement la surprise. Quel bonheur de vous rencontrer ! Vous savez, Catherine, je vous ai cherch\u00e9 partout, l&rsquo;autre jour \u00e0 l&rsquo;a\u00e9roport. Disparu, vous aviez disparu, litt\u00e9ralement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014Eh bien, maintenant, je suis l\u00e0&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ils reprirent leur conversation l\u00e0 o\u00f9 ils l&rsquo;avaient laiss\u00e9e. Guillaume ne fit m\u00eame pas attention au d\u00e9collage. Au bout de quatre heures de vol, la t\u00eate de Catherine vint se poser sur l&rsquo;\u00e9paule de son voisin et ils s&rsquo;endormirent. Quand on les r\u00e9veilla pour le petit d\u00e9jeuner, Guillaume \u00e9tait amoureux. Compl\u00e8tement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u2014Doung !<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u2014Mesdames et Messieurs, il est 7h30 en heure locale et nous allons atterrir \u00e0 Paris-Orly dans quelques minutes. Veuillez redresser votre si\u00e8ge et attacher votre ceinture. A Paris, le temps est beau et la temp\u00e9rature ext\u00e9rieure est de 7 degr\u00e9s. Les passagers en transit sont pri\u00e9s &#8230;<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;avion commence \u00e0 descendre. Soudain attentif, Guillaume se tait, \u00e0 l&rsquo;\u00e9coute de la machine, tandis que Catherine ferme les yeux. Guillaume entend le train d&rsquo;atterrissage sortir. \u00ab\u00a0Dans un quart d&rsquo;heure, on sera pos\u00e9, tourne-t-il dans sa t\u00eate. Tout va bien, tout va bien, tout va bien ; il ne faut pas que je me laisse aller \u00e0 l&rsquo;angoisse ; il ne faut pas, il ne faut pas, il ne faut pas ; apr\u00e8s cette incroyable nuit, ce serait la catastrophe. Je n&rsquo;ai pas peur, je n&rsquo;ai pas peur, je n&rsquo;ai pas peur ; tout va bien, tout va bien, tout va bien ; en ce moment, \u00e0 travers le monde, il y a des milliers d&rsquo;avion qui sont en train de se poser, alors, pourquoi le mien irait-il&#8230;? \u00a0\u00bb Mais voil\u00e0 le train qui rentre. Guillaume s&rsquo;est l\u00e9g\u00e8rement crisp\u00e9 sur les accoudoirs. \u00ab\u00a0Pas normal !\u00a0\u00bb pense-t-il. Maintenant, il fait corps avec l&rsquo;appareil. Dans son ventre, dans ses poumons, dans ses \u00e9paules, il sent chaque mouvement, chaque vibration, chaque tremblement du Boeing. Il sent que l&rsquo;avion acc\u00e9l\u00e8re un peu, qu&rsquo;il reprend un peu d&rsquo;altitude, qu&rsquo;il amorce un virage, qu&rsquo;il sort \u00e0 nouveau son train d&rsquo;atterrissage, puis qu&rsquo;il le rentre encore une fois. Guillaume d\u00e9tache sa ceinture et se l\u00e8ve \u00e0 demi sur son si\u00e8ge. Il regarde autour de lui : devant, sur le c\u00f4t\u00e9, derri\u00e8re, les passagers se comportent normalement.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;avion vole maintenant en ligne droite, \u00e0 faible vitesse, presque silencieusement. Soudain, la porte du cockpit s&rsquo;ouvre. Le pilote, un petit homme brun en chemise blanche \u00e0 manches courtes et galons dor\u00e9s, en sort et descend l\u2019all\u00e9e centrale. Il ne prend m\u00eame pas la peine de sourire aux passagers. \u00ab\u00a0Pas bon signe,\u00a0\u00bb pense Guillaume. Le commandant de bord est\u00a0suivi d&rsquo;un autre homme en uniforme. Guillaume, se retourne sur son si\u00e8ge et se penche dans l&rsquo;all\u00e9e centrale pour les suivre du regard. Ils s&rsquo;arr\u00eatent un peu plus loin. Ils semblent s&rsquo;int\u00e9resser \u00e0 quelque chose au sol. Guillaume ne voit pas tr\u00e8s bien ce qu&rsquo;ils font, mais ils se sont accroupis et on dirait qu&rsquo;ils d\u00e9grafent la moquette ! Maintenant, ils d\u00e9vissent quelque chose ! Ils ont ouvert une sorte de trappe dans le sol ! Ils regardent, plongent leur main dans ce trou dans le plancher, regardent encore, se concertent un moment puis referment la trappe avant de remonter jusqu&rsquo;au poste de pilotage. \u00ab\u00a0Pas bon signe, pas bon signe du tout. \u00c7a va mal, \u00e7a va mal, \u00e7a va mal\u00a0\u00bb, pense Guillaume.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Bien s\u00fbr, il n&rsquo;est pas le seul \u00e0 s&rsquo;inqui\u00e9ter. D&rsquo;autres passagers qui ont vu le man\u00e8ge de l&rsquo;\u00e9quipage s&rsquo;agitent \u00e0 leur tour. Ils parlent entre eux \u00e0 voix basse. Ils se redressent sur leur si\u00e8ge, se tordent le cou pour regarder derri\u00e8re, devant, \u00e0 l&rsquo;affut du moindre mouvement du personnel de cabine. Catherine semble n&rsquo;avoir rien remarqu\u00e9. Elle s&rsquo;est plong\u00e9e dans le Delta Sky Magazine.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le Boeing maintient son altitude. Il a repris ses lents virages. On dirait que les moteurs tournent au ralenti.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u2014Doung !<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u2014Mesdames, Messieurs, nous rencontrons actuellement un incident sans gravit\u00e9 qui retarde notre atterrissage. Ce probl\u00e8me technique devrait \u00eatre r\u00e9solu dans les minutes qui viennent. En attendant, nous vous prions de rester \u00e0 vos places, ceinture attach\u00e9e. Nous vous tiendrons au courant<\/em>&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: center;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Demain, la suite&#8230;<\/em><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>Bient\u00f4t publi\u00e9<\/strong><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>20 Juin, 7 h 47 min Guillaume n\u2019aime pas l\u2019avion \u2013 2<\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff0000;\"><strong>21 Juin, 7 h 47 min Parasite \u2013 Critique ais\u00e9e 162<\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff0000;\"><strong>22 Juin, 7 h 47 min Philharmonie de Paris<\/strong><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #ff0000;\"><strong>23 Juin, 7 h 47 min\u00a0 6 \u2013 RETOUR A MANILLE<\/strong><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Premi\u00e8re partie \u2014 Doung ! \u2014La compagnie Delta Airlines vous souhaite la bienvenue \u00e0 bord de ce Boeing 777 \u00e0 destination de Paris-Orly. Nous atteindrons notre destination dans sept heures et trente minutes. Le temps sera calme sur l&rsquo;ensemble du parcours avec un risque de turbulences une heure avant l&rsquo;arriv\u00e9e. Vous pouvez d\u00e8s \u00e0 pr\u00e9sent &hellip; <a href=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=15412\" class=\"more-link\">Continuer la lecture de <span class=\"screen-reader-text\">Guillaume n&rsquo;aime pas l&rsquo;avion &#8211; 1<\/span> <span class=\"meta-nav\">&rarr;<\/span><\/a><\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_mo_disable_npp":"","_jetpack_newsletter_access":"","_jetpack_dont_email_post_to_subs":false,"_jetpack_newsletter_tier_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paywalled_content":false,"_jetpack_feature_clip_id":0,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":false,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2},"jetpack_post_was_ever_published":false},"categories":[13,2],"tags":[21],"class_list":["post-15412","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-fiction","category-textes","tag-philippe"],"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/15412","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcomments&post=15412"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=\/wp\/v2\/posts\/15412\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fmedia&parent=15412"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Fcategories&post=15412"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/index.php?rest_route=%2Fwp%2Fv2%2Ftags&post=15412"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}