{"id":14535,"date":"2018-11-16T08:47:48","date_gmt":"2018-11-16T06:47:48","guid":{"rendered":"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=14535"},"modified":"2019-03-25T09:03:40","modified_gmt":"2019-03-25T07:03:40","slug":"14535","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=14535","title":{"rendered":"Le Comptoir du Panth\u00e9on (Couleur caf\u00e9 n\u00b026)"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Couleur Caf\u00e9 n\u00b0 26<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>\u00a0<\/em><strong>Le Comptoir du Panth\u00e9on<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em><span style=\"text-decoration: underline;\">Avertissement<\/span> : J&rsquo;avais un compte \u00e0 r\u00e9gler avec le Comptoir du Panth\u00e9on, 5 rue Soufflot, Paris 5\u00e8me. Alors, j&rsquo;y suis retourn\u00e9, j&rsquo;ai regard\u00e9 et j&rsquo;ai \u00e9crit cette histoire. \u00c7a va mieux maintenant.<\/em><\/span><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"aligncenter size-large wp-image-14539\" src=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/IMG_6188-960x720.jpg\" alt=\"\" width=\"604\" height=\"453\" srcset=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/IMG_6188-960x720.jpg 960w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/IMG_6188-300x225.jpg 300w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2018\/09\/IMG_6188-768x576.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 604px) 100vw, 604px\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">C&rsquo;est dimanche et il fait beau et chaud. Dans la partie haute de la rue Soufflot, la terrasse du Comptoir du Panth\u00e9on est bond\u00e9e. Quelques habitu\u00e9s du quartier, raisonnablement hal\u00e9s, y retrouvent Paris avec plaisir en cette fin du mois d&rsquo;ao\u00fbt, mais l&rsquo;essentiel de la client\u00e8le est constitu\u00e9 de touristes. Ce sont des touristes comme je les aime, par couple ou par petits groupes de trois ou quatre, pas plus. Pas bruyants, contents d&rsquo;\u00eatre l\u00e0, de se reposer une petite demi-heure avant de chercher la station de ce terrifiant RER qui devrait les mener aux Champs \u00c9lys\u00e9es.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y a quelques minutes, je me suis install\u00e9 de biais de mani\u00e8re \u00e0 faire face au Panth\u00e9on.\u00a0 J\u2019observe le cheptel d\u2019un \u0153il bienveillant, satisfait de le voir nombreux et bien portant, un peu comme si j\u2019en \u00e9tais le propri\u00e9taire. En esp\u00e9rant la serveuse qui prendra tout \u00e0 l\u2019heure ma commande d\u2019un Perrier sans glace et sans citron, je pense que j\u2019ai bien fait de choisir cet endroit. N\u2019eut \u00e9t\u00e9 la chaleur de ce milieu d\u2019apr\u00e8s-midi, je me serais bien s\u00fbr install\u00e9 au Rostand ou \u00e0 la Cr\u00eaperie. Mais \u00e0 cette heure et en cette saison, leurs terrasses sont souvent surchauff\u00e9es sous leurs v\u00e9lums frapp\u00e9s par le soleil. A l\u2019ombre, \u00e0 distance des motocyclettes hyst\u00e9riques qui hurlent en gravissant la rue Saint Jacques comme si c&rsquo;\u00e9tait une rampe de lancement, loin des marchands de v\u00eatements du Boulevard Saint-Michel et de la foule bigarr\u00e9e qui entre et sort du Luxembourg ou qui se presse devant les chromos accroch\u00e9s aux grilles du jardin, la terrasse du Comptoir m&rsquo;a parue accueillante.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ce n&rsquo;est pas comme la serveuse. Visage s\u00e9v\u00e8re et p\u00e2le, silhouette mince et nerveuse, cheveux bruns rassembl\u00e9s dans un chignon incertain, d\u00e9bardeur gris fonc\u00e9, jeans <em>slim taille basse<\/em> noirs sym\u00e9triquement d\u00e9chir\u00e9s aux genoux, rangers de cuir noir, ses yeux \u00e9vitent les miens, au point que,<!--more--> dans ses coups d&rsquo;\u0153il circulaires, son regard passe au-dessus de ma t\u00eate comme passe au-dessus des toits le faisceau lumineux de la Tour Eiffel, m\u00e9prisant. \u00c7a ne fait rien, je suis de bonne humeur. Et puis \u00e7a me donne le temps de l&rsquo;observer. Je d\u00e9ploie mon MacBook Air 13 pouces.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Deux touristes d&rsquo;\u00e2ge moyen viennent d&rsquo;acc\u00e9der \u00e0 une table encore encombr\u00e9e des vestiges des clients pr\u00e9c\u00e9dents. Ils prennent place. Sans un mot, sans un regard, la serveuse d\u00e9barrasse la table, l&rsquo;essuie symboliquement et leur demande \u00ab\u00a0<em>ce que ce sera\u00a0\u00bb<\/em>. Pendant qu&rsquo;ils d\u00e9lib\u00e8rent, elle regarde ostensiblement l&rsquo;infini par-dessus leurs t\u00eates, sans doute afin de leur montrer qu&rsquo;elle se moque bien de ce qu&rsquo;ils vont commander mais qu&rsquo;elle aimerait qu&rsquo;ils se d\u00e9cident, parce que bon&#8230; Leur choix fait, elle donne un dernier coup de torchon machinal sur la table et se retire dans la p\u00e9nombre de la salle, non sans \u00e9viter mon regard \u00e0 pr\u00e9sent \u00e0 peine teint\u00e9 d&rsquo;impatience.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Quelques instants plus tard, elle r\u00e9apparait. Son plateau est charg\u00e9 d&rsquo;une eau min\u00e9rale et d&rsquo;une bi\u00e8re pression. Elle les d\u00e9pose sur la table de ses nouveaux clients et va pour se retirer sans avoir prononc\u00e9 un mot ni leur avoir jet\u00e9 un regard. Mais voil\u00e0 que, bien involontairement, elle croise le mien. Il est trop tard pour pr\u00e9tendre ne l&rsquo;avoir pas remarqu\u00e9. Elle s&rsquo;approche et se plante \u00e0 mon c\u00f4t\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014Vous connaissez le mot de passe WiFi, s&rsquo;il vous plait ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014Marche pas ! Ce sera quoi ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014Ah ? Dommage. Un Perrier, mais sans glace et sans citron, s&rsquo;il vous plait.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Malgr\u00e9 le \u00ab\u00a0s&rsquo;il vous plait\u00a0\u00bb, je reconnais que mon ton est peu sec, mais ce n&rsquo;est pas moi qui ai commenc\u00e9 et le temps n&rsquo;est plus aux amabilit\u00e9s. D&rsquo;ailleurs, elle n&rsquo;a pas le temps.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014Nature, quoi !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Depuis son \u00ab\u00a0Marche pas\u00a0\u00bb cat\u00e9gorique, elle n&rsquo;a jet\u00e9 que ces quelques mots, essentiellement : \u00ab\u00a0nature\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0quoi\u00a0\u00bb. Elle n&rsquo;a pas souri, elle ne m&rsquo;a pas regard\u00e9 une seule fois, toujours attentive \u00e0 ce qui se passe \u00e0 l&rsquo;infini, l\u00e0-bas, au-dessus des arbres du Luxembourg.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je d\u00e9cide de faire l&rsquo;andouille, par repr\u00e9sailles.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014 Quoi, nature ?\u00a0Comment \u00e7a, nature ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014Le Perrier ! Sans glace, sans citron ! Nature ! Suffisait de dire \u00ab\u00a0Nature\u00a0\u00bb, quoi !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014Ah bon ! Alors \u00ab\u00a0Nature, quoi\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Elle me tourne le dos en grommelant \u00ab\u00a0gros malin\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0vieux con\u00a0\u00bb, je ne sais pas. Toujours est-il que je lui ai fait perdre une minute. Ce n&rsquo;est pas grand-chose, mais c&rsquo;est tout ce que je peux faire. Pour le moment.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Apr\u00e8s avoir encaiss\u00e9 une table voisine, elle est repartie vers son antre, aust\u00e8re.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Un peu plus tard, elle r\u00e9apparait charg\u00e9e de bi\u00e8res, de th\u00e9i\u00e8res et de Coca-Cola. Pas de Perrier en vue sur le plateau. Lorsqu&rsquo;elle passe \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de ma table, mon regard, charg\u00e9 d&rsquo;\u00e9tonnement, ne l&rsquo;atteint pas. Lorsqu&rsquo;elle revient, j&rsquo;arrive \u00e0 accrocher le sien tout en colorant le mien d&rsquo;une touche de reproche. J&rsquo;y ajoute un geste des deux mains qui, lorsqu&rsquo;il est bien compris, signifie \u00ab\u00a0et alors ?\u00a0\u00bb. Sa r\u00e9ponse ne se fait pas attendre : elle hausse les sourcils et rel\u00e8ve le menton tout en inspirant ostensiblement. Il n&rsquo;y a qu&rsquo;une interpr\u00e9tation possible \u00e0 ce langage corporel : \u00ab\u00a0Ben oui, quoi ! J&rsquo;ai oubli\u00e9 ! \u00c7a peut arriver \u00e0 tout le monde, non ? Oh, et puis, hein, bon !\u00a0\u00bb Elle retourne vers sa caverne chercher mon Perrier Nature, non sans avoir au pr\u00e9alable d\u00e9barrass\u00e9 deux tables qui se trouvaient sur son chemin. Pas mal d&rsquo;instants plus tard, de retour au grand air, elle s&rsquo;avance vers moi, porteuse d&rsquo;un quart Perrier et d&rsquo;un verre duquel surgit le manche d&rsquo;une longue cuill\u00e8re d&rsquo;acier terni, plant\u00e9e entre deux gla\u00e7ons sur lesquels repose, telle une montre molle de Dali, une rondelle molle de citron. Tandis qu&rsquo;elle d\u00e9capsule la petite bouteille coinc\u00e9e entre ses cuisses, je pr\u00e9pare mon apostrophe, cinglante.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014Merci, lui dis-je finalement. Mais j&rsquo;avais demand\u00e9 sans glace et sans citron. Nature en quelque sorte. Nature&#8230; vous vous souvenez ?<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le comble du sarcasme&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec l&rsquo;air las d&rsquo;une m\u00e8re de famille qui montre pour la troisi\u00e8me fois de la journ\u00e9e \u00e0 son petit Kevin comment on doit tenir sa fourchette pour attraper les petits pois, elle pose s\u00e8chement la bouteille, attrape la cuill\u00e8re d&rsquo;une main et le verre de l&rsquo;autre. Puis elle verse gla\u00e7ons et citron dans le cendrier en plastique noir qui marque le centre de ma table. Ensuite, changeant d&rsquo;attitude, elle repose le verre sur la table avec une douceur affect\u00e9e. Enfin, tenant ostensiblement la cuill\u00e8re entre le pouce et l&rsquo;index bien haut au-dessus du verre, elle \u00e9carte les doigts et l&rsquo;y laisse tomber. Cling !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\u2014Et voil\u00e0 ! dit-elle en me tournant le dos pour s&rsquo;\u00e9loigner.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Le comble de l&rsquo;ironie&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Coi ! Je reste coi devant l&rsquo;insolence, balan\u00e7ant entre une r\u00e9plique mal pr\u00e9par\u00e9e et un geste malheureux \u2014 \u00e0 cet instant, je pense \u00e0 une grande claque derri\u00e8re la nuque \u2014 que la terrasse toute enti\u00e8re, non inform\u00e9e de nos r\u00e9cents \u00e9changes, ne manquerait pas de me reprocher.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pendant le quart d&rsquo;heure qui suit, je regarde les deux gla\u00e7ons fondre en ruminant mon humiliation et en pr\u00e9parant ma vengeance. Et puis, quand la soupe froide au citron qui montait dans mon cendrier commence \u00e0 d\u00e9border par les petites \u00e9chancrures destin\u00e9es \u00e0 recevoir et maintenir les cigarettes, je prends ma d\u00e9cision.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Au moment o\u00f9 elle va passer pour la septi\u00e8me fois devant ma table, porteuse d&rsquo;un plateau charg\u00e9 \u2014 j&rsquo;ai une m\u00e9moire photographique presque absolue\u2014 de trois demis pression, un verre de Morgon, un autre de bourgogne aligot\u00e9, deux caf\u00e9s dont un allong\u00e9, un croque-monsieur, une tarte du jour et deux tickets de caisse, je pousse l\u00e9g\u00e8rement du pied la chaise en osier inoccup\u00e9e qui se trouve devant moi. Le si\u00e8ge se d\u00e9place de trois centim\u00e8tres environ, ce qui demeure cach\u00e9 aux yeux de la serveuse gr\u00e2ce au plateau de service qu&rsquo;elle porte devant elle d&rsquo;une main encore s\u00fbre. Le pied de la chaise se trouve \u00e0 pr\u00e9sent sur le trajet de sa Ranger gauche. La pointe de la chaussure ne heurte que l\u00e9g\u00e8rement le barreau d&rsquo;osier bigarr\u00e9 mais, en retardant d&rsquo;un tiers de seconde le mouvement de la jambe gauche vers le prochain pas, cela suffit \u00e0 d\u00e9s\u00e9quilibrer la jeune femme. Tout en s&rsquo;effor\u00e7ant par une contorsion simultan\u00e9e du buste et du bras droit de maintenir son plateau \u00e0 l&rsquo;horizontale, elle tente de prendre un nouvel et ferme appui du pied gauche en l&rsquo;avan\u00e7ant un peu plus vite et un peu plus loin \u00e0 la recherche d&rsquo;un sol accueillant et fiable. Mais il est d\u00e9j\u00e0 trop tard. Pouss\u00e9 par l&rsquo;\u00e9nergie cin\u00e9tique qu&rsquo;elle a accumul\u00e9e depuis sa sortie de la cuisine, son corps s&rsquo;est un peu trop inclin\u00e9 vers l&rsquo;avant de sorte que la projection verticale de son centre de gravit\u00e9 se trouve \u00e0 pr\u00e9sent en dehors de son polygone de sustentation. Lorsque sa chaussure gauche vient enfin frapper le sol \u00e0 plat, on entend simultan\u00e9ment la claque sonore de la semelle sur le bitume et le cri r\u00e9sign\u00e9 de sa propri\u00e9taire : \u00ab\u00a0Et merde !\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La suite est in\u00e9luctable : tous deux pris par surprise, le muscle droit ant\u00e9rieur de la cuisse gauche et le jumeau interne de la m\u00eame jambe ne peuvent emp\u00eacher le fl\u00e9chissement au niveau du genou de ce membre inf\u00e9rieur . C&rsquo;est la raison essentielle pour laquelle la fille part encore davantage vers l&rsquo;avant dans une sorte de g\u00e9nuflexion inopportune et b\u00e2cl\u00e9e. A cet instant, elle tient encore son plateau \u00e0 l&rsquo;horizontal, mais dans un souci compr\u00e9hensible de compenser la perte d&rsquo;altitude de la ligne de ses \u00e9paules, elle l&rsquo;a fait passer au-dessus de sa t\u00eate. Un javelot ac\u00e9r\u00e9 remplacerait-il le plateau h\u00e9riss\u00e9 de flacons qu&rsquo;elle tient \u00e0 bout de bras que cette posture alti\u00e8re pourrait faire penser \u00e0 une statue de la d\u00e9esse Ath\u00e9na partant en guerre contre les Troyens. Mais elle ne peut la conserver bien longtemps, la posture. En effet, l&rsquo;inertie a ses lois et le centre de gravit\u00e9 de Melissa \u2014 car c&rsquo;est comme \u00e7a qu&rsquo;elle se fait appeler \u2014 persiste \u00e0 l&rsquo;entrainer vers le sol. Il devient donc logique qu&rsquo;elle se mette en qu\u00eate d&rsquo;un autre appui. Pourtant, \u00e0 la lumi\u00e8re des faits qui vont suivre, on peut penser que c&rsquo;\u00e9tait une erreur que de le rechercher sur la table vide voisine de la mienne. Cependant, c&rsquo;est bien ce qu&rsquo;elle fait. Alors, lorsque la paume de sa main gauche atteint la surface plastifi\u00e9e fa\u00e7on marbre du gu\u00e9ridon, le caract\u00e8re intrins\u00e8que d&rsquo;instabilit\u00e9 de ce type de meuble prend imm\u00e9diatement le dessus : basculant sur deux de ses trois pieds, il se renverse. La th\u00e9orie des dominos est rapidement confirm\u00e9e par la chute des deux tables voisines et de leur chargement. Il ne reste plus \u00e0 la serveuse qu&rsquo;\u00e0 s&rsquo;effondrer lamentablement et d\u00e9finitivement parmi les tables renvers\u00e9es, les chaises culbut\u00e9es, les verres \u00e0 bi\u00e8re \u00e9clat\u00e9s, les tasses bris\u00e9es, les sandwiches \u00e9cras\u00e9s, les boissons m\u00e9lang\u00e9es et les clients asperg\u00e9s et offusqu\u00e9s. Ce qu&rsquo;elle fait. Je profite de la confusion pour partir en ricanant, sans r\u00e9gler la note.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans une autre version, la tr\u00e9buchante serveuse va s&rsquo;encastrer la t\u00eate dans la paroi vitr\u00e9e qui s\u00e9pare la terrasse du domaine public. Sa carotide est tranch\u00e9e tout net par le verre bris\u00e9 et la jeune femme meurt rapidement dans une succession de spasmes ridicules tandis que, suivant les joints des dalles du trottoir,\u00a0 son sang s&rsquo;\u00e9coule vers le caniveau de la rue Soufflot. Les clients du Comptoir du Panth\u00e9on s&rsquo;en vont fort m\u00e9contents.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dans une derni\u00e8re version, profitant d&rsquo;une absence de Melissa partie sous l&rsquo;abribus fumer je ne sais quoi, je me l\u00e8ve et sort dignement de la terrasse du Comptoir du Panth\u00e9on. J&rsquo;ai d\u00e9pos\u00e9 l&rsquo;exact montant de la consommation sur la table, mais je n&rsquo;ai pas laiss\u00e9 de pourboire. Non mais sans blague !<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Je n&rsquo;avais pas fini mon Perrier, mais tant pis.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>ET DEMAIN, LE PETIT LORENZO SERA EN VACANCES, POUR LA QUATRIEME FOIS<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Couleur Caf\u00e9 n\u00b0 26 \u00a0Le Comptoir du Panth\u00e9on Avertissement : J&rsquo;avais un compte \u00e0 r\u00e9gler avec le Comptoir du Panth\u00e9on, 5 rue Soufflot, Paris 5\u00e8me. Alors, j&rsquo;y suis retourn\u00e9, j&rsquo;ai regard\u00e9 et j&rsquo;ai \u00e9crit cette histoire. \u00c7a va mieux maintenant. C&rsquo;est dimanche et il fait beau et chaud. 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