{"id":14449,"date":"2018-10-28T08:47:05","date_gmt":"2018-10-28T06:47:05","guid":{"rendered":"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=14449"},"modified":"2018-10-31T08:37:41","modified_gmt":"2018-10-31T06:37:41","slug":"grandeur-et-decadence-critique-aisee-n132","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=14449","title":{"rendered":"Grandeur et D\u00e9cadence &#8211; Critique ais\u00e9e n\u00b0137"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Critique ais\u00e9e n\u00b0137<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-14452 alignleft\" src=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/images-1-1-300x136.jpg\" alt=\"\" width=\"260\" height=\"118\" srcset=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/images-1-1-300x136.jpg 300w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/images-1-1.jpg 334w\" sizes=\"auto, (max-width: 260px) 100vw, 260px\" \/>Grandeur et D\u00e9cadence<\/strong><br \/>\nEvelyn Waugh<br \/>\n<em>Collection 10\/18 \u2013 Domaine \u00e9tranger \u2013 215 pages<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Malgr\u00e9 son pr\u00e9nom aux allures f\u00e9minines, Evelyn Waugh (1903-1966) est un homme. C\u2019est aussi un \u00e9crivain anglais. Il s&rsquo;appelait en r\u00e9alit\u00e9 Arthur Evelyn St. John Waugh, vous voyez bien. Il est essentiellement connu en France pour deux de ses romans : <strong>Une poign\u00e9e de cendres (<\/strong>1934) et <strong>Officiers et Gentlemen<\/strong>\u00a0(1955). (<em>Pour ce dernier, ne pas confondre avec le film am\u00e9ricain du m\u00eame titre dans lequel Richard Gere personnifiait un \u00e9l\u00e8ve officier de marine. Bon film, d&rsquo;accord, mais rien \u00e0 voir avec le roman de Waugh).<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Cet auteur incarne pour moi tout ce que la litt\u00e9rature de cette \u00e9poque peut offrir d&rsquo;\u00e9l\u00e9gance et de sophistication dans le maniement de l&rsquo;humour, de l&rsquo;absurde, de l&rsquo;ironie et de l&rsquo;understatement pour dresser la critique acerbe d&rsquo;une soci\u00e9t\u00e9 britannique inalt\u00e9rable, fig\u00e9e dans ses usages et ses classes sociales, mais accept\u00e9e sans discussion, y compris par ceux qui en sont les victimes.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Grandeur et D\u00e9cadence<\/strong> (<em>Decline and Fall)<\/em> est le premier roman de Waugh. Paru en Angleterre en 1928<em>, <\/em>il connut tout de suite un grand succ\u00e8s. Lors de sa parution en France cinquante-trois ans plus tard (1981), le succ\u00e8s fut notablement moindre. J&rsquo;ai une explication, ou plut\u00f4t deux \u00e0 cela : a) contrairement \u00e0 l&rsquo;<em>esprit<\/em>, c\u00e9l\u00e9br\u00e9 et v\u00e9n\u00e9r\u00e9 en France, l&rsquo;<em>humour<\/em> n&rsquo;y est que peu appr\u00e9ci\u00e9 et l&rsquo;absurde pas du tout et b) avec l&rsquo;ann\u00e9e 1981, la France avait fait son plein d&rsquo;absurdit\u00e9s et n&rsquo;avait nulle envie d\u2019en importer davantage.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">D\u00e8s le d\u00e9but du roman, le h\u00e9ros, Paul Pennyfeather, \u00e9tudiant boursier <!--more-->de condition modeste, se fait renvoyer de Scone College, coll\u00e8ge chic et fictif, sur un motif \u2014 attentat \u00e0 la pudeur \u2014 dont l&rsquo;injustice est flagrante mais la logique implacable. De ce fait, la carri\u00e8re que l&rsquo;appartenance \u00e0 cet \u00e9tablissement lui assurait est d\u00e9finitivement ruin\u00e9e. Au cours des 210 pages qui suivent, tel un bouchon de champagne flottant sur une mer passant de calme \u00e0 agit\u00e9e sans raison ni avertissement, Paul va vivre, ou plut\u00f4t subir, une succession de p\u00e9rip\u00e9ties absurdes au milieu de personnages improbables, p\u00e9rip\u00e9ties et personnages que, par respect pour le futur lecteur, il est pr\u00e9f\u00e9rable ne pas pr\u00e9ciser. En effet, je suis persuad\u00e9 que l&rsquo;illogisme flagrant de l&rsquo;intrigue, le caract\u00e8re fantasque des personnages et l&rsquo;absurdit\u00e9 al\u00e9atoire de leurs comportements sont les moteurs principaux du plaisir que procure la lecture de <strong>Grandeur et D\u00e9cadence.<\/strong><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Ainsi, une fois de plus, l&rsquo;adage de mon ami Raymond Chandler, que je propage \u00e0 chaque opportunit\u00e9, selon lequel : \u00ab\u00a0<em>l&rsquo;histoire on s&rsquo;en fout, c&rsquo;est le style qui compte<\/em>\u00a0\u00bb est-il confirm\u00e9.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">De ce style, voici un \u00e9chantillon :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>(Paul chass\u00e9 de Scone College a trouv\u00e9 un emploi de professeur dans l&rsquo;\u00e9trange \u00e9cole dirig\u00e9e par le Docteur Fagan. Une m\u00e8re d&rsquo;\u00e9l\u00e8ve rend visite \u00e0 l&rsquo;\u00e9tablissement.)<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em>(&#8230;) Une forte femme d&rsquo;\u00e2ge avanc\u00e9, habill\u00e9e d&rsquo;un manteau et d&rsquo;une jupe de tweed \u00e0 carreaux et d&rsquo;un chapeau tyrolien pench\u00e9 sur une oreille, s&rsquo;avan\u00e7a r\u00e9solument vers le docteur : \u00ab\u00a0Hello ! dit-elle d&rsquo;une voix de basse. Comment allez-vous ? D\u00e9sol\u00e9s d&rsquo;\u00eatre en retard. Salvage a \u00e9cras\u00e9 un idiot de gamin. Oui, Florence et moi nous parlions chiffons. Ah ! \u00eatre encore assez jeune pour porter \u00e7a ! Plus je vieillis, plus je raffole de la couleur. Nous avons tous les deux les dents longues, n&rsquo;est-ce pas, Florence ?\u00a0\u00bb Elle soumit le docteur \u00e0 une poign\u00e9e de main qui lui arracha un cri de douleur, puis elle se tourna vers Paul : <\/em><\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li><em>Ah ! Ah ! C&rsquo;est le nouvel assassin \u00e0 gages du docteur, si je ne me trompe ? J&rsquo;esp\u00e8re qu&rsquo;il saura tenir mon crapaud de fils en respect. Comment marche-t-il ?<\/em><\/li>\n<\/ul>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li><em>Pas mal, dit Paul.<\/em><\/li>\n<\/ul>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li><em>Racontez pas d&rsquo;histoires ! C&rsquo;est un cancre, sinon il ne serait pas ici. Avec lui, il faut cogner, encore cogner et toujours cogner, le tout en pure perte d&rsquo;ailleurs. Docteur, votre gazon, l\u00e0 dehors, crie mis\u00e8re. Il faut sabler et repiquer, et de toute mani\u00e8re abattre ce c\u00e8dre(&#8230;)<\/em><\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-14488 aligncenter\" src=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/IMG_6249-188x300.jpg\" alt=\"\" width=\"188\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/IMG_6249-188x300.jpg 188w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/IMG_6249-768x1227.jpg 768w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/IMG_6249-601x960.jpg 601w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/IMG_6249.jpg 1752w\" sizes=\"auto, (max-width: 188px) 100vw, 188px\" \/>\u00c0 en croire la fiche de Wikipedia, la vie d&rsquo;Evelyn Waugh ressemble furieusement \u00e0 celle de ses personnages. Voyez-vous-m\u00eame :<\/em><\/span><\/p>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li><span style=\"color: #0000ff;\"><em>En 1925, Waugh devint professeur dans une \u00e9cole au Pays de Galles e<\/em><em>t tenta de se suicider en s&rsquo;\u00e9loignant des c\u00f4tes \u00e0 la nage\u00a0; cependant une piq\u00fbre de m\u00e9duse\u00a0<\/em><em>le contraignit \u00e0 faire demi-tour.<\/em><\/span><\/li>\n<\/ul>\n<ul style=\"text-align: justify;\">\n<li><span style=\"color: #0000ff;\"><em>En 1927, Evelyn Vaugh se d\u00e9brouilla pour \u00e9pouser une Evelyn Gardner. On les appelait He-Evelyn et She-Evelyn<\/em><\/span><\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Malgr\u00e9 de grands succ\u00e8s litt\u00e9raires, le reste de la vie d&rsquo;Evelyn Waugh ne fut pas tr\u00e8s gai. Je n&rsquo;en dirai donc pas davantage pour ne pas g\u00e2cher votre lecture.<\/em><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>ET DEMAIN, LES VESTIGES DU JOUR DE MONSIEUR LAMBERT<\/strong><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Critique ais\u00e9e n\u00b0137 Grandeur et D\u00e9cadence Evelyn Waugh Collection 10\/18 \u2013 Domaine \u00e9tranger \u2013 215 pages Malgr\u00e9 son pr\u00e9nom aux allures f\u00e9minines, Evelyn Waugh (1903-1966) est un homme. C\u2019est aussi un \u00e9crivain anglais. Il s&rsquo;appelait en r\u00e9alit\u00e9 Arthur Evelyn St. John Waugh, vous voyez bien. 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