{"id":14266,"date":"2018-11-21T08:47:59","date_gmt":"2018-11-21T06:47:59","guid":{"rendered":"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=14266"},"modified":"2018-11-22T09:54:54","modified_gmt":"2018-11-22T07:54:54","slug":"le-capitaine-fracasse","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=14266","title":{"rendered":"Le Capitaine Fracasse"},"content":{"rendered":"<p><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Morceau choisi<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Le Capitaine Fracasse<\/strong> <em>(1863)<\/em><br \/>\n<em>Th\u00e9ophile Gautier (1811-1872)<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><em><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-full wp-image-14268 alignright\" src=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/Gravey-2.jpg\" alt=\"\" width=\"209\" height=\"332\" srcset=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/Gravey-2.jpg 209w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/Gravey-2-189x300.jpg 189w\" sizes=\"auto, (max-width: 209px) 100vw, 209px\" \/><span style=\"color: #000080;\">Vous avez peut-\u00eatre vu dans votre jeunesse, \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision en Noir et Blanc du dimanche soir, le charmant film d&rsquo;Abel Gance de 1942 \u00ab\u00a0Le Capitaine Fracasse\u00a0\u00bb avec cet\u00a0acteur \u00e9l\u00e9gant\u00a0qu&rsquo;\u00e9tait Fernand Gravey. Si vous avez eu un peu moins de chance, vous avez sans doute vu, en 1961 ou plus tard, le film du m\u00eame nom du laborieux Pierre Gaspard-Huit avec cet acteur tr\u00e8s physique qu&rsquo;\u00e9tait Jean Marais. <\/span><\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #000080;\"><em>Mais vous n&rsquo;avez probablement pas lu le livre de Th\u00e9ophile Gautier qui inspira ces deux films. Vous n&rsquo;avez peut-\u00eatre m\u00eame jamais rien lu de Th\u00e9ophile Gautier, auteur aujourd&rsquo;hui oubli\u00e9 qui n&rsquo;a laiss\u00e9 dans nos m\u00e9moires \u00e9triqu\u00e9es d&rsquo;aujourd&rsquo;hui que le gilet rouge qu&rsquo;il portait \u00e0 la premi\u00e8re d&rsquo;Hernani.<\/em><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #000080;\"><em>Romantique engag\u00e9, po\u00e8te, \u00e9crivain, critique d&rsquo;art, il a connu tout le monde et racont\u00e9 son \u00e9poque avec humour. <\/em><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #000080;\"><em>Mais ce qui, pour moi, le caract\u00e9rise, c&rsquo;est le style. Vous allez pouvoir en juger sur les extraits du Capitaine Fracasse que j&rsquo;ai reproduit ci-dessous. <\/em><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #000080;\"><em>Dans ce m\u00e9lodrame de cape et d&rsquo;\u00e9p\u00e9e qui <!--more--><\/em><\/span><\/p>\n<p><span style=\"color: #000080;\"><em>se d\u00e9roule sous Louis XIII, le baron de Sigognac s&rsquo;ennuie dans son ch\u00e2teau m\u00e9di\u00e9val en ruines. Un soir de temp\u00eate, il accueille une troupe de th\u00e9\u00e2tre itin\u00e9rante avec qui il partira \u00e0 l&rsquo;aventure. Dans les textes qui suivent, Gautier d\u00e9crit un \u00e0 un les membres de la troupe. Comme il est connu que vous n&rsquo;avez que peu de temps \u2014 mais qu&rsquo;est-ce que vous avez donc d&rsquo;autre \u00e0 faire ? \u2014 je n&rsquo;ai reproduit pour chaque personnage que les premi\u00e8res lignes de leur portrait&#8230; et j&rsquo;ai supprim\u00e9 les hommes.<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La S\u00e9rafina \u00e9tait une femme de vingt-quatre \u00e0 vingt-cinq ans, \u00e0 qui l&rsquo;habitude de jouer <em>les grandes coquettes <\/em>avait donn\u00e9 l&rsquo;air du monde et autant de man\u00e8ge qu&rsquo;\u00e0 une dame de cour. Sa figure, d&rsquo;un ovale un peu allong\u00e9, son nez l\u00e9g\u00e8rement aquilin, ses yeux \u00a0gris \u00e0 fleur de t\u00eate, sa bouche rouge, dont la l\u00e8vre inf\u00e9rieure \u00e9tait coup\u00e9e par une petite raie, comme celle d&rsquo;Anne d&rsquo;Autriche, et ressemblait \u00e0 une cerise, lui composaient une physionomie avenante et noble, \u00e0 laquelle contribuaient encore deux cascades de cheveux ch\u00e2tains descendant par ondes sur ses joues, o\u00f9 l&rsquo;animation et la chaleur avaient fait para\u00eetre de jolies couleurs roses&#8230;<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;Isabelle \u00e9tait plus jeune que la do\u00f1a S\u00e9rafina, ainsi que l&rsquo;exigeait son emploi d&rsquo;<em>ing\u00e9nue ; <\/em>elle ne poussait pas non plus aussi loin la braverie du costume et se bornait \u00e0 une \u00e9l\u00e9gante et bourgeoise simplicit\u00e9, comme il convient \u00e0 la fille de Cassandre. Elle avait le visage mignon, presque enfantin encore, de beaux cheveux d&rsquo;un ch\u00e2tains soyeux, l&rsquo;\u0153il voil\u00e9 par de longs cils, la bouche en c\u0153ur et petite, et un air de modestie virginale, plus naturel que feint&#8230;.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">La<em> soubrette <\/em>m\u00e9ritait en plein l&rsquo;\u00e9pith\u00e8te<em> morena <\/em>que les Espagnols donnent aux brunes. Sa peau se colorait de tons dor\u00e9s et fauves comme celle d&rsquo;une gitana. Ces cheveux drus et cr\u00e9pel\u00e9s \u00e9taient d&rsquo;un noir d&rsquo;enfer et ses prunelles d&rsquo;un brun jaunes p\u00e9tillaient d&rsquo;une malice diabolique. Sa bouche grande et d&rsquo;un rouge vif laissait luire par \u00e9clairs blancs une denture qui e\u00fbt fait honneur \u00e0 un jeune loup. Du reste, elle \u00e9tait de cette maigreur jeune et bien portante qui ne fait point mal \u00e0 voir&#8230;.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Dame L\u00e9onarde<em>, la m\u00e8re noble<\/em> de la troupe, \u00e9tait v\u00eatue de noir comme une du\u00e8gne espagnole. Des coiffes d&rsquo;\u00e9tamine encadraient sa figure grasse \u00e0 plusieurs mentons, p\u00e2lie et comme us\u00e9e par quarante ans de fard. Des tons d&rsquo;ivoire jauni et de vieille cire bl\u00eamissaient son embonpoint malsain, venu plut\u00f4t de l&rsquo;\u00e2ge que de la sant\u00e9. Ses yeux, sur lesquels descendait une paupi\u00e8re molle, avaient une expression d&rsquo;astuce, et faisaient comme deux taches noires dans sa figure blafarde. Quelques poils commen\u00e7aient \u00e0 encombrer les commissures de ses l\u00e8vres, quoiqu&rsquo;elle les arrach\u00e2t soigneusement avec des pinces. Le caract\u00e8re f\u00e9minin avait presque disparu de cette figure, dans les rides de laquelle on eut retrouv\u00e9 bien des histoires, si l&rsquo;on e\u00fbt pris la peine de les y chercher&#8230;<\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>ET DEMAIN, UN TABLEAU<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Morceau choisi Le Capitaine Fracasse (1863) Th\u00e9ophile Gautier (1811-1872) Vous avez peut-\u00eatre vu dans votre jeunesse, \u00e0 la t\u00e9l\u00e9vision en Noir et Blanc du dimanche soir, le charmant film d&rsquo;Abel Gance de 1942 \u00ab\u00a0Le Capitaine Fracasse\u00a0\u00bb avec cet\u00a0acteur \u00e9l\u00e9gant\u00a0qu&rsquo;\u00e9tait Fernand Gravey. 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