{"id":14082,"date":"2018-10-04T07:47:03","date_gmt":"2018-10-04T05:47:03","guid":{"rendered":"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=14082"},"modified":"2019-06-29T08:30:51","modified_gmt":"2019-06-29T06:30:51","slug":"moi-charlotte-simmons-critique-aisee-n-127","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=14082","title":{"rendered":"Moi, Charlotte Simmons &#8211; Critique ais\u00e9e n\u00b0 135"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Critique ais\u00e9e n\u00b0 135<\/em><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Moi, Charlotte Simmons<\/strong><br \/>\nTom Wolfe \u2013 2004<br \/>\nPocket \u2013 1008 pages<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignright size-medium wp-image-14374\" src=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/IMG_6185-226x300.jpg\" alt=\"\" width=\"226\" height=\"300\" srcset=\"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/IMG_6185-226x300.jpg 226w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/IMG_6185-768x1018.jpg 768w, https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2018\/08\/IMG_6185-725x960.jpg 725w\" sizes=\"auto, (max-width: 226px) 100vw, 226px\" \/>Je ne vais pas vous raconter la fin de \u00ab\u00a0<strong><em>Moi, Charlotte Simmons<\/em><\/strong>\u00ab\u00a0, l&rsquo;avant dernier livre de Tom Wolfe. Je ne vais pas vous la raconter parce que je n&rsquo;ai pas pu y arriver, \u00e0 la fin. Le bouquin compte 1008 pages, dans l&rsquo;\u00e9dition Pocket que j&rsquo;ai train\u00e9e avec moi pendant un mois.<br \/>\n1008 pages, c&rsquo;est dans la norme pour Wolfe, et d&rsquo;habitude \u00e7a ne me g\u00eane pas. Au contraire, quand un bouquin <!--more-->est bon, quand on est pris ou charm\u00e9, ou amus\u00e9 par le r\u00e9cit, quand on s&rsquo;aper\u00e7oit qu&rsquo;on en n&rsquo;est qu&rsquo;\u00e0 la page 536, on peut se dire : \u00ab\u00a0Chouette, encore 472 pages !\u00a0\u00bb (<em>Je sais, j&rsquo;ai d\u00e9j\u00e0 \u00e9crit un truc comme \u00e7a, rappelez-vous, c&rsquo;\u00e9tait \u00e0 propos de la Recherche du Temps Perdu.<\/em>) Bien qu&rsquo;il l&rsquo;admire (<em>je le sais, il l&rsquo;a \u00e9crit , et qu&rsquo;il aime Flaubert aussi<\/em>), avec Wolfe on est loin, tr\u00e8s loin de Proust (<em>et de Flaubert<\/em>). Enfin, pas si loin que \u00e7a : la pr\u00e9cision de la description des sc\u00e8nes d&rsquo;action chez lui vaut bien celle de la peinture des paysages et des \u00e9motions chez Proust. Passons, vous n&rsquo;\u00eates pas venus pour lire une fois de plus mes dithyrambes sur le petit Marcel.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Mais cette fois, quand je suis arriv\u00e9 \u00e0 la page 536, au lieu de me dire Chouette etc..! (<em>voir plus haut<\/em>), je me suis dit \u00ab\u00a0basta cosi !\u00a0\u00bb (<em>j&rsquo;ai v\u00e9cu un temps en Italie<\/em>), \u00a0\u00bb \u03b1\u03c5\u03c4\u03cc \u03b1\u03c1\u03ba\u03b5\u03af ! \u00a0\u00bb (<em>et aussi un peu en Gr\u00e8ce<\/em>) et j&rsquo;ai pos\u00e9 le livre. D\u00e9j\u00e0, depuis deux ou trois cents pages, je sentais la lassitude monter (<em>un peu de naus\u00e9e aussi<\/em>) mais, pour pouvoir \u00e9crire une critique honn\u00eate, je me faisais une obligation d&rsquo;aller jusqu&rsquo;au bout. Mais bon ! Basta cosi ! A\u03c5\u03c4\u03cc \u03b1\u03c1\u03ba\u03b5\u03af ! Il y a des moments, surtout par forte chaleur (<em>j&rsquo;\u00e9cris ces lignes le 26 juillet<\/em>), o\u00f9 il faut savoir renoncer. J&rsquo;ai su.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si vous \u00eates arriv\u00e9 \u00e0 ce stade de ma 135<sup>\u00e8me<\/sup> Critique ais\u00e9e (<em>ce qui m&rsquo;\u00e9tonnerait quand m\u00eame un peu<\/em>), vous \u00e9prouvez maintenant un certain malaise, m\u00eal\u00e9 de surprise et d&rsquo;un peu d&rsquo;agacement : \u00ab\u00a0qu&rsquo;est-ce que c&rsquo;est que ces circonvolutions\u00a0\u00bb, vous dites-vous, \u00ab\u00a0qu&rsquo;est-ce que c&rsquo;est que ces pr\u00e9liminaires alambiqu\u00e9s, farcis d&rsquo;incises, de parenth\u00e8ses et d&rsquo;italiques ? Qu&rsquo;il en vienne au fait, sacr\u00e9 bonsoir ! Ce suspense est intol\u00e9rable ! Qu&rsquo;il nous le dise clairement qu&rsquo;il ne l&rsquo;a pas aim\u00e9, ce livre, et pourquoi ?\u00a0\u00bb<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Eh bien, clairement, non, je ne l&rsquo;ai pas aim\u00e9 ce livre ! Pourtant, j&rsquo;ai du mal \u00e0 le dire. J&rsquo;avais, vous le savez, port\u00e9 aux nues \u00e0 peu pr\u00e8s tout ce que j&rsquo;avais lu de Wolfe (<strong><em>Le b\u00fbcher des vanit\u00e9s, Bloody Miami, Embuscade<\/em><\/strong><em> <strong>\u00e0 Fort Bragg<\/strong><\/em>) avant de me taper la moiti\u00e9 de <strong><em>Charlotte<\/em><\/strong>. J&rsquo;ai un avis (<em>non encore formul\u00e9, mais \u00e7a va venir<\/em>) tr\u00e8s favorable sous quelques l\u00e9g\u00e8res r\u00e9serves sur son deuxi\u00e8me roman <strong><em>Un homme, un vrai. <\/em><\/strong>Alors, vous comprendrez que je prenne des pr\u00e9cautions avant de d\u00e9clarer que <strong><em>Moi,Charlotte&#8230; <\/em><\/strong><em>c&rsquo;<\/em>est plut\u00f4t p\u00e9nible \u00e0 lire.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Toutes ces pr\u00e9cautions ayant \u00e9t\u00e9 prises, allons-y :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-thumbnail wp-image-14086\" src=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2018\/07\/images-150x150.jpg\" alt=\"\" width=\"150\" height=\"150\" \/>Au sein de la tr\u00e8s chic et tr\u00e8s ch\u00e8re universit\u00e9 Dupont, le roman tourne autour des \u00e9volutions de quelques personnages : Charlotte, \u00e9tudiante brillante, plouque et totalement coinc\u00e9e ; Jojo, colosse basketteur mais pas totalement idiot ; Hoyt, beau, WASP et riche ; Adam, cultiv\u00e9, boursier et puceau, plus quelques autres super m\u00e2les basketteurs, costauds, noirs et blancs, un coach craint, des p\u00e9tasses riches, et toute cette sorte de choses&#8230; tous personnages arch\u00e9typaux, sans subtilit\u00e9, sans complexit\u00e9, et n&rsquo;\u00e9tait le respect que je porte \u00e0 un \u00e9crivain renomm\u00e9 et n\u00e9anmoins r\u00e9cemment d\u00e9c\u00e9d\u00e9, je dirais caricaturaux.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Pour achever le cot\u00e9 clich\u00e9 des situations, \u00e0 l&rsquo;exception de Sainte Charlotte Nitouche, toutes ces belles personnes utilisent pour s&rsquo;exprimer moins de trois cents mots dont une bonne moiti\u00e9 rel\u00e8ve de l&rsquo;argot le plus cru possible. A l&rsquo;aide de ce vocabulaire, les m\u00eames, tous sexes confondus (<em>c&rsquo;est le cas de le dire<\/em>), \u00e9ructent en permanence et de la fa\u00e7on la plus ouverte leurs irr\u00e9pressibles besoins de se saouler, de forniquer et de d\u00e9f\u00e9quer (<em>\u00a0mes lecteurs traduiront eux-m\u00eames s&rsquo;ils le souhaitent ces verbes en un esperanto estudiantin plus actuel). <\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Avec la pr\u00e9cision coutumi\u00e8re de l&rsquo;auteur, l&rsquo;Universit\u00e9 Dupont est d\u00e9crite comme un \u00e9norme foutoir, install\u00e9 dans de somptueux b\u00e2timents victoriens, empoiss\u00e9s par les restes de pizza, \u00e9corn\u00e9s par les jeux iconoclastes de leurs occupants, et empuantis par des lacs de bi\u00e8re. Tout ce qui ressort de cette description sans nuance que nous livre Wolfe, c&rsquo;est que le seul objectif de Dupont est d&rsquo;avoir la meilleure \u00e9quipe de basket du pays, et que le seul objectif de ses b\u00e9b\u00e9s-\u00e9tudiants est de jouir au maximum de tout ce que l&rsquo;argent de leurs parents ou des sponsors du basket a mis \u00e0 leur port\u00e9e.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Il y a probablement du vrai dans cette vision des universit\u00e9s US, mais cette fa\u00e7on monochrome de voir les \u00e9tudiants est d\u00e9sesp\u00e9rante, autant qu&rsquo;est lassante la grossi\u00e8ret\u00e9 de leurs dialogues. Les m\u00eames descriptions complaisantes des super-muscles des super-cr\u00e9tins sportifs se succ\u00e8dent p\u00e9niblement, au m\u00eame rythme que se r\u00e9p\u00e8tent les m\u00eames r\u00e9cits monotones d&rsquo;orgies de pizza, de bi\u00e8re, de drogue et de sexe qui semblent constituer le quotidien des nuits chez Dupont.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Voil\u00e0 pourquoi, page 536, j&rsquo;ai referm\u00e9 le livre et regrett\u00e9 de l&rsquo;avoir m\u00eame ouvert. Je me dis bien, pour me consoler, que les 472 pages dont je me suis priv\u00e9 auraient pu changer mon opinion mais j&rsquo;ai du mal \u00e0 m&rsquo;en convaincre.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si jamais un jour vous arrivez \u00e0 bout de <strong><em>Charlotte&#8230;<\/em><\/strong>, tenez-moi au courant.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Note :<\/strong>\u00a0<span style=\"color: #0000ff;\"><em>Cela fait bien deux mois que j&rsquo;ai \u00e9crit cette critique dont j&rsquo;ai repouss\u00e9 la publication de jour en jour, bouscul\u00e9 que j&rsquo;\u00e9tais par l&rsquo;actualit\u00e9. \u00ab\u00a0Il serait bien toujours temps de parler de ce roman d\u00e9j\u00e0 vieux de quinze ans\u00a0\u00bb.<\/em><\/span><br \/>\n<span style=\"color: #0000ff;\"><em>Mais, la relisant aujourd&rsquo;hui juste avant de la publier enfin, je me suis dit que le roman de Wolfe avait repris toute son actualit\u00e9, tant l&rsquo;Universit\u00e9 qu&rsquo;il nous a d\u00e9crit ressemble \u00e0 celles dont nous parlent les accusatrices de Brett Kavanaugh, le candidat du Donald au poste de juge \u00e0 la Cour Supr\u00eame.<\/em><\/span><\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>ET DEMAIN, UN COLLAGE<\/strong><\/span><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Critique ais\u00e9e n\u00b0 135 Moi, Charlotte Simmons Tom Wolfe \u2013 2004 Pocket \u2013 1008 pages Je ne vais pas vous raconter la fin de \u00ab\u00a0Moi, Charlotte Simmons\u00ab\u00a0, l&rsquo;avant dernier livre de Tom Wolfe. 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