{"id":11689,"date":"2018-02-01T08:47:46","date_gmt":"2018-02-01T06:47:46","guid":{"rendered":"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=11689"},"modified":"2018-04-07T16:25:49","modified_gmt":"2018-04-07T14:25:49","slug":"critique-aisee-n115","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/?p=11689","title":{"rendered":"Pentagon papers &#8211; Critique ais\u00e9e n\u00b0115"},"content":{"rendered":"<p style=\"text-align: justify;\"><span style=\"color: #0000ff;\"><em>Critique ais\u00e9e n\u00b0115<\/em><\/span><\/p>\n<p><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-medium wp-image-11700\" src=\"http:\/\/www.leblogdescoutheillas.com\/wp-content\/uploads\/2018\/01\/te\u0301le\u0301chargement-300x158.png\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"158\" \/><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\"><strong>Pentagon papers\u00a0 (The Post)<\/strong><br \/>\nSteven Spielberg -2017<br \/>\n<em>Meryl Streep, Tom Hanks<\/em><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Disons-le tout de suite, c&rsquo;est un bon produit. Et quand je dis \u00e7a, vous comprenez aussit\u00f4t : c&rsquo;est un bon produit, mais c&rsquo;est tout.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">L&rsquo;histoire des <em>Pentagon papers<\/em>, vous la connaissez par c\u0153ur. Forc\u00e9ment, vous avez d\u00e9j\u00e0 lu quelques critiques et on sait bien qu&rsquo;aujourd&rsquo;hui, ils (les autres, pas moi, bien entendu) consid\u00e8rent que, quel que soit le film, ils ont rempli leur mission quand ils ont r\u00e9sum\u00e9 le sc\u00e9nario, dit que les acteurs sont bons ou mauvais, et pr\u00e9tendu reconna\u00eetre l&rsquo;influence de Ford, de Claude Zidi, de Cassavetes ou de Renoir. Mais moi, non, je ne vous raconte pas l&rsquo;histoire parce que, comme m&rsquo;\u00e9crivait Raymond Chandler la derni\u00e8re fois que j&rsquo;ai lu sa correspondance, \u00ab\u00a0<em>l&rsquo;histoire, on s&rsquo;en fout, c&rsquo;est le style qui compte<\/em>\u00ab\u00a0. (J&rsquo;ai toujours du mal \u00e0 concilier mon admiration pour Chandler avec celle que j&rsquo;ai pour Ford, parce que lui, Ford, \u00e0 qui on demandait quels \u00e9taient les trois ingr\u00e9dients essentiels pour faire un bon film, r\u00e9pondait : \u00ab\u00a0<em>une bonne histoire, une bonne histoire et une bonne histoire<\/em>\u00ab\u00a0. Mais aujourd&rsquo;hui, pour les besoins de ma cause, je prends le parti de Chandler). Donc, l&rsquo;histoire, on s&rsquo;en fout, c&rsquo;est le style qui compte.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Et le style de Pentagon Papers (<em>en anglais : The Post<\/em>) est on ne peut plus conventionnel. Spielberg n&rsquo;h\u00e9site jamais \u00e0 tomber dans le clich\u00e9, \u00e0 mettre en sc\u00e8ne le st\u00e9r\u00e9otype, \u00e0 diriger des arch\u00e9types. Comme Spielberg est Spielberg, tout de m\u00eame, je suis persuad\u00e9 que c&rsquo;est volontaire. Pour moi, en faisant ce film, son objectif \u00e9tait double (au moins) :<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">1-faire un produit de cin\u00e9ma hollywoodien parfait, oscarisable et rentable<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">2-ayant ainsi acquis le public populaire, lui faire passer un message sur l&rsquo;importance de la presse ind\u00e9pendante et sur les menaces qui p\u00e8sent actuellement sur elle dans l&rsquo;Empire du Donald.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur le plan \u00e9thique, viser ce deuxi\u00e8me objectif c&rsquo;est probablement la chose \u00e0 faire aujourd&rsquo;hui.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Sur le plan cin\u00e9ma, c&rsquo;est autre affaire. D&rsquo;abord, Pentagon papers, c&rsquo;est tout autre chose que \u00ab\u00a0<em>Les hommes du Pr\u00e9sident<\/em>\u00a0\u00bb auquel, par facilit\u00e9 on fera r\u00e9f\u00e9rence le plus souvent, c&rsquo;est tout autre chose que \u00ab\u00a0<em>Spotlight<\/em>\u00ab\u00a0, plus r\u00e9cent. Dans chacun de ces deux films, l&rsquo;un excellent, l&rsquo;autre bon, il est vrai que le sc\u00e9nario est construit autour de l&rsquo;\u00e9ternelle question : <em>est-ce qu&rsquo;on publie l&rsquo;info ? et quand ?<\/em>, mais surtout autour de l&rsquo;enqu\u00eate elle-m\u00eame. Celui des <em>Papers<\/em> passe l&rsquo;enqu\u00eate quasiment sous silence. \u00c7a n&rsquo;int\u00e9resse pas Spielberg. Par contre, tout tourne autour de la d\u00e9cision de publier ou non certains papiers \u00ab\u00a0<em>confidentiel d\u00e9fense<\/em>\u00a0\u00bb (on est en pleine guerre du Vietnam), d\u00e9cision que doit prendre une femme timide, h\u00e9riti\u00e8re potiche d&rsquo;un grand journal, vivant dans le souvenir de son p\u00e8re et de son mari, ic\u00f4nes de la presse. Elle finira, bien s\u00fbr par prendre timidement mais fermement ses responsabilit\u00e9s.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Eh bien, \u00e0 part le personnage incarn\u00e9 par Meryl Streep, d\u00e9licat, craintif, presque souffreteux, et donc original pour une patronne de presse, tout le reste, les personnages, les sc\u00e8nes, les prises de vue, la musique, tout est clich\u00e9, bien fait, bien jou\u00e9, mais clich\u00e9. Spielberg et moi ne pouvons pas ne pas nous en rendre compte. Mais Spielberg est de nous deux le seul \u00e0 l&rsquo;avoir voulu. Et c&rsquo;est sans doute par efficacit\u00e9, parce que, si vous avez l&rsquo;\u00e2me na\u00efve, si vous n&rsquo;avez pas vu les grand classiques US de film de journalisme, \u00e7a marchera. Moi, une sc\u00e8ne o\u00f9 l&rsquo;on voit la rotative qui commence \u00e0 rouler, la bande de papier qui d\u00e9file de plus en plus vite, qui se replie, se d\u00e9coupe, se replie encore, puis s&rsquo;assemble en milliers d&rsquo;exemplaires serr\u00e9s les uns derri\u00e8re les autres qui cheminent, montent, descendent et parcourent en tous sens les plafonds de l&rsquo;imprimerie pour \u00eatre jet\u00e9s ficel\u00e9s par paquets sur les planchers de camions qui, dans le gris de l&rsquo;aurore, vont parcourir la ville et, sans m\u00eame s&rsquo;arr\u00eater, lancer la presse sur le trottoir, o\u00f9 un homme, enfin, d\u00e9pliera le journal et laissera voir au spectateur le gros titre qu&rsquo;il attendait depuis le milieu du film, moi, une sc\u00e8ne comme \u00e7a, \u00e7a me fait toujours fr\u00e9mir.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Voil\u00e0, si vous avez une \u00e2me simple, si vous aimez ce genre de sc\u00e8ne, si vous avez un jour voulu \u00eatre r\u00e9dacteur en chef en bras de chemise, les pieds sur votre bureau, si vous aimez les journalistes fatigu\u00e9s et hirsutes, si vous aimez Meryl Streep, Tom Hanks et le travail bien fait, vous aimerez probablement Pentagon papers.<\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">Si vous cherchez du neuf, c&rsquo;est autre chose.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p><span style=\"color: #ff0000;\"><strong>ET DEMAIN, VOUS \u00caTES S\u00dbR QUE VOUS VOULEZ UN DEUXIEME AVIS ?<\/strong><\/span><\/p>\n<p style=\"text-align: justify;\">\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Critique ais\u00e9e n\u00b0115 Pentagon papers\u00a0 (The Post) Steven Spielberg -2017 Meryl Streep, Tom Hanks Disons-le tout de suite, c&rsquo;est un bon produit. 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