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L’Homme qui aimait les femmes (suite) – Critique aisée n°208 bis

Le 11 novembre dernier, je publiai une “Critique aisée” du film de Truffaut “L’Homme qui aimait les femmes”. Vous pouvez la relire et accéder aux commentaires qu’elle a suscité en cliquant sur ce lien :

CRITIQUE AISÉE N°208

Critique aisée n°208 bis

Il y a plusieurs choses qui me gênent dans les d’épithètes injurieuses qui ont été lancées contre le réalisateur et son film dans les commentaires qui ont suivi cette critique.

Tout d’abord, je ne pense pas qu’il faille utiliser les mêmes critères pour porter des jugements sur des objets artistiques (romans, tableaux, films, par exemple) d’une part et sur des positions ou des actions politiques d’autre part.

En politique, il y a une éthique et chacun peut juger un objet politique en fonction d’une morale (la sienne forcément, dont, à l’instar de l’intelligence, chacun estime se trouver suffisamment pourvu) : telle action politique est moralement juste ou non (Je prie les cyniques de ne pas faire semblant de ne pas comprendre en reprenant Continuer la lecture de L’Homme qui aimait les femmes (suite) – Critique aisée n°208 bis

L’Homme qui aimait les femmes – Critique aisée n°208

Critique aisée n°208

L’Homme qui aimait les femmes 
Francois Truffaut – 1977 -Charles Denner

Truffaut, cinéaste nul !

En des termes vifs et quasiment comminatoires, un ami m’a demandé de faire une « critique honnête » de « L’Homme qui aimait les femmes », ce film de « cette ordure de Truffaut », film « nul à chier et dont le titre est déjà en soi insupportable », « nul sur le plan cinématographique et encore plus nul sur le plan moral » et pourtant défendu par Télérama alors qu’indéfendable car lamentable de machisme (sic, sic , resic et presque sic))

Je n’épiloguerai pas sur la précision apportée à la demande pour une critique “honnête”. Cette exigence de sincérité me rappelle cet extrait de dialogue :
— Voulez-vous que je vous parle franchement ?
— Parlez-moi donc comme d’habitude !

Ce film, je l’avais vu a sa sortie et j’en avais gardé, je crois, un bon souvenir. Mais pour faire une critique digne de ce nom, il faudrait que je le revoie et je n’en ai ni l’intention ni le temps, bien trop occupé que je suis avec les séries télévisées. Par contre, si mes lecteurs Continuer la lecture de L’Homme qui aimait les femmes – Critique aisée n°208

Le Paris de Truffaut

Morceau choisi

    Quelques années après la mort de Truffaut, Éric Neuhoff a écrit ce petit bouquin sympathique, Lettre Ouverte à François Truffaut, moins en hommage au cinéaste qu’en témoignage d’amitié alors qu’ils ne s’étaient jamais rencontrés. Mais il y a des artistes dont, à travers leur œuvre, on se dit qu’on aurait pu être amis et pour moi, Renoir, Truffaut, Neuhoff, Vialatte, Blondin, Ventura sont des gens comme ça.
Éric Neuhoff est né en 1956 et François Truffaut est mort en 1984. A ce moment, Éric avait vingt-huit ans et moi quarante-deux. Tout ça fait beaucoup de différences d’âge, mais ça n’empêche que Truffaut, Neuhoff et moi avions quelques gouts communs : le Cinéma et Paris.

Le Paris de Truffaut

C’était rudement bien, votre Paris. Le Paris de Truffaut. Votre Paris est une ville bizarre, je trouve (à prononcer avec la voix de Valentina Cortese dans La Nuit américaine). La cinémathèque se trouvait avenue de Messine, dans un quartier à la Modiano. Frédéric Rossif poinçonnait les billets. Les habitués squattaient le premier rang. Les portes cochères s’ouvraient sans code. C’était des endroits pratiques pour embrasser les filles. Il y avait des vespasiennes et des Panhard. Au théâtre, on jouait La Bonne Soupe. Il fallait crier son nom au concierge après dix heures du soir. On se cognait en courant contre les grosses bornes rouges des pompiers. Les pneumatiques n’avaient pas été supprimés. Monsieur Longuet, faites quelque chose. Les numéros de téléphone commençaient par Carnot, par Batignolles. C’était plus évocateur que 227 ou 228. Quand une fille vous glissait son numéro à l’oreille, cela suffisait pour repérer l’arrondissement qu’elle habitait. Pauvre Doinel. Il n’avait rien compris. Ce nigaud prêtait des livres pour draguer et n’était pas invité dans les surprises-parties. Il ne buvait jamais. Visiblement, il n’avait pas le téléphone. À Paris, un garçon sans téléphone est fichu. Doinel appelait des cafés. Les taxiphones fonctionnaient avec des pièces de vingt centimes. Quand j’avais vingt ans, je faisais ça aussi. Je descendais de la chambre que j’avais rue Henri Barbusse pour téléphoner du Cristal, à l’angle du boulevard de Port-Royal. L’appareil avait cet inconvénient d’être juste à côté du flipper. Il n’y a plus de billards électriques, dans les cafés. Plus que des jeux électroniques, des écrans lumineux beaucoup trop compliqués pour nous et pour téléphoner des cabines, on a besoin d’une carte spéciale. En 87, Doinel se serait suicidé. ou serait resté puceau.

Éric Neuhoff – Lettre ouverte à François Truffaut – 1987

ET DEMAIN, LE RÉ DE LORENZO