Archives du mot-clé Philippe

Retour au Comptoir

J’y suis retourné, au Comptoir du Panthéon1. Ce doit être mon côté aventurier. Eh bien, elle était là, ma serveuse2, égale à elle-même3 Elle ne semblait pas se souvenir de notre dernière rencontre. Ou alors, elle ne m’a pas reconnu. Ou elle a fait semblant. Elle m’a servi mon café, sans un mot ni un sourire, bien sûr, mais dans des temps raisonnables. Alors, pour cette fois, je l’ai laissée vivre.

Note 1 – Si vous voulez savoir de quoi je parle, cliquez là-dessus
Note 2 – Melissa
Note 3 – Visage sévère et pâle, silhouette mince et nerveuse, cheveux bruns rassemblés dans un chignon incertain, débardeur gris foncé, jeans slim taille basse noirs symétriquement déchirés aux genoux, rangers de cuir noir,

Bientôt publié
Demain,  A Ré – 2
21 Août, Il était une fois à Hollywood – Critique aisée n°167
22 Août,  Une chambre en Ville (di Paraso) – 2
23 Août,  La nasse

NOUVELLES DU FRONT – 16 AOÛT 2019

LA BÊTISE AU FRONT DE TAUREAU

Nous avons, pour plaire à la brute,
Digne vassale des Démons,
Insulté ce que nous aimons
Et flatté ce qui nous rebute ;
Contristé, servile bourreau,
Le faible qu’à tort on méprise ;
Salué l’énorme bêtise,
La Bêtise au front de taureau

Vendredi 16 août 2019

Pas drôle de genre !

L’agence britannique de contrôle de la publicité (Advertising Standards Agency) vient d’interdire deux annonces, l’une pour VolksWagen, l’autre pour Philadelphia Cream (c’est un fromage) parce qu’elles montrent des hommes accomplir des exploits et des femmes s’occuper d’enfants, ou des hommes maladroits ou inattentifs avec des bébés et des femmes habiles et à l’aise avec eux. Ces pubs ont été INTERDITES sur le motif suivant : les annonces sanctionnées perpétueraient les stéréotypes de genre. (L’homme aventureux VS la femme au foyer ou L’homme maladroit ou incompétent devant les taches ménagère VS la femme calme et efficace devant ces mêmes taches)

Je n’en ai vu ni l’une ni l’autre, mais quand on sait l’humour qui règne presque toujours dans les annonces VW, on se dit que ce nouveau genre de pruderie va vraiment très loin.

Mais il y a encore plus terrifiant : dans les attendus de sa censure, cette agence de contrôle de la pub a déclaré qu’à l’avenir, dans les annonces publicitaires, on pourrait encore « montrer des gens ou des modes de vie chics, séduisants, prospères, ambitieux, bien portants« . De même, « montrer des hommes ou des femmes accomplir des taches souvent associées à leur genre serait encore autorisé.  » ENCORE AUTORISÉ » ! Accablant ! Accablant de bêtise, ridicule, vexant pour les deux genres, visiblement trop cons pour percevoir le deuxième degré derrière le stéréotype… Ridicule, certes, mais So British. Only British ? Est-ce bien certain ? L’inévitable autocensure, bien ancrée dans notre culture nationale, est vraisemblablement déjà à l’œuvre dans les open-spaces des agences françaises.

Bientôt publié

17 Août, 7 h 47 min Paradis fiscaux
18 Août, 7 h 47 min Tableau 265
19 Août, 7 h 47 min Retour au Comptoir

La caverne de Platon

La caverne de Platon

Vous connaissez l’allégorie de la caverne ? Mais oui, bien sûr, vous la connaissez. Vous n’allez quand même pas dire que non devant tout le monde. Mais vous avez un peu oublié les détails, c’est ça, hein ? Vous vous souvenez vaguement : les hommes enchainés, les ombres projetées sur le fond de la caverne… Mais à partir de là, ça devient confus, non ? Ne culpabilisez pas trop — ma propre science est toute fraiche —  et laissez-moi vous faire une modeste piqûre de rappel. En principe, c’est sans douleur.  De toute façon, vous pouvez bien consacrer cinq ou six minutes au texte la plus célèbre de la philosophie occidentale.

Pour expliquer l’allégorie de Platon, on ne peut à mon avis se passer de l’image. J’ai choisi celle-ci :

Elle m’a parue la plus claire et la plus Continuer la lecture de La caverne de Platon 

Dernière heure : Trêve du mauvais goût

Dernière heure : La trêve du mauvais goût
Lundi 12 août

Enfin de retour au Quar’Lat’, installé une fois de plus à la terrasse du Rostand, j’ai une bonne nouvelle à vous annoncer. Ils ont enlevé les chromos des grilles du Luxembourg. Profitez-en, ça ne va pas durer. Pour quelques semaines, en descendant n’importe lequel des deux trottoirs de la rue de Médicis, vous pourrez voir les arbres, les fleurs, les joggeurs, les enfants, les jardiniers et même, avec un peu de chance, un vieux sénateur errant, que ses enfants, partis à l’ile de Ré, auront « oublié » dans les jardins. En les remontant, c’est pareil mais plus fatiguant. Venez-vite, car bientôt, cette trêve sera terminée et le mauvais gout reprendra tous ses droits et toute sa place.

BONJOUR, PHILIPPINES ! – 13 – RATINET, SUITE ET FIN

CHAPITRE 13 – RATINET, SUITE ET FIN

Voici donc la fin des aventures de Philippe aux Philippines. Mais, ce qui fera l’objet de ce dernier chapitre, c’est plutôt le dénouement de celles de Ratinet. André Ratinet, dit Riton Padbol, dit Andy Bad Luck, dit Dédé la Déveine, a pris une pris une place de premier plan dans le développement de cette histoire. On se souvient que le bonhomme attire les ennuis comme la Normandie la pluie. Après avoir perdu sa valise entre Bruxelles et Bangkok, s’être fait dévaliser en douceur dans Luneta Park, après avoir photographié les plus belles fleurs du monde avec une caméra vide de pellicule, ne voilà-t-il pas qu’il a rencontré le démon de midi en la personne de la jolie Tavia. Ces dernières semaines, la jeune personne a beaucoup perturbé l’ingénieur dans sa recherche du meilleur tracé pour la route côtière nord de Mindanao. Ça lui a valu les reproches amers de son bien-aimé chef de mission, Gérard Peltier. Mais, quand il décide de ramener la donzelle à Montalivet-les-Bains (Gironde) et que, pour cela, il a un besoin urgent de 5000 dollars, quand il compte les emprunter, certes indirectement mais quand même, à la Banque Mondiale, ou, à défaut, à ses collègues, les choses deviennent graves. A ce stade, et bien que l’éternel optimiste Peltier ait assuré que « ça allait se tasser », le lecteur sent bien que les aventures de Ratinet ne vont pouvoir s’achever que dans la douleur. C’est ce qu’on va voir dans ce dernier chapitre dont on remarquera qu’il porte le numéro 13. Mais pouvait-il en être autrement ?

Au cours de notre dîner du vendredi précédent, obstinément optimiste, Peltier avait déclaré que  » ça allait se tasser ». Il parlait bien entendu des velléités de Ratinet d’emporter la Continuer la lecture de BONJOUR, PHILIPPINES ! – 13 – RATINET, SUITE ET FIN 

Les Saisons – Critique aisée 166

Critique aisée n°166

Les Saisons
Maurice Pons – 1965
Christian Bourgois – 214 pages
 

Il faut avouer que j’ai bien failli abandonner. J’ai tellement patiné dans la gadoue froide et visqueuse des vingt premières pages, je me suis tellement senti mal à l’aise à entrer dans ce village en ruine sous cette pluie désespérante, j’ai tellement été rebuté par les premières rencontres avec ses habitants que j’ai bien failli abandonner et ranger le bouquin avec son billet de train composté coincé entre les pages vingt et vingt et un — car on ne sait jamais…

Il n’y avait pas que le climat de ce bled pourri qu’on me décrivait qui me dissuadait d’avancer, pas que la peinture à la Bidochon des premiers exemplaires de sa population qui me prenait à rebrousse-poil, et pas que la noirceur cauchemardesque de l’atmosphère qui me faisait craindre le pire. Ce qui me freinait le plus, c’était la richesse et la désuétude du vocabulaire qui m’annonçaient une indigestion rapide.

Cette phrase faillit bien emporter ma décision :

« (…) assise à califourchon sur les genoux de l’un des douaniers, — le douanier en second à ce qui devait apparaître bientôt — qui la maintenait contre lui en lui plaquant les deux mains ouvertes sur les fesses, elle lui pressait entre deux doigts les ailes du nez, et la séborrhée sale dont elles étaient gorgées jaillissait des pores en petits vermisseaux à têtes noires.« 

Mais avant de lâcher prise, avant de me mettre à relire Bonjour Tristesse ou Continuer la lecture de Les Saisons – Critique aisée 166 

Qui était donc ce type ? (Couleur Café n°29)

LE JOURNAL DES COUTHEILLAS – NUMERO 2082

Couleur Café n°29

Qui était donc ce type ?

Café Hugo
22 Place des Vosges

C’est un quartier où je ne viens presque jamais, un café où je n’étais jamais venu. Voyons voir.
Les vieilles tables en bois sont marquées de coups et de brulures d’autrefois et les larges banquettes en moleskine marron sont craquelées comme je les aime. La serveuse, aimable, est en bon état. Installé contre le mur du fond, je tourne le dos à un grand miroir encadré de mosaïques aux motifs géométriques rouges, jaunes et argent. Devant moi, au premier plan, deux tables vides, puis la terrasse, puis, au-delà de la chaussée, les grilles du jardin et enfin les arbres de la place des Vosges, encore dénudés. Le mur qui sépare la salle de la terrasse est percé des mêmes arcades que celui qui sépare la terrasse de la chaussée. Les deux sont faits des mêmes pierres jaunes griffées, jointées à sec. Un passage par Wikipédia m’apprend que le Café Hugo occupe le rez-de-chaussée de l’Hôtel Laffemas (XVIIème siècle) et que la maison qui fut celle du grand Victor est à deux pas.
J’ai rendez-vous tout près d’ici dans un peu plus d’une heure. J’ai le temps de prendre un autre café et d’observer.

A ma gauche, près de l’arcade, un couple est installé. L’homme me fait face. Posées à plat sur la table, ses deux mains recouvrent la main droite de la Continuer la lecture de Qui était donc ce type ? (Couleur Café n°29) 

BONJOUR, PHILIPPINES ! – 12 – LE SERPENT DE MER

LE JOURNAL DES COUTHEILLAS – 4 AOUT 2019 – N°2079

CHAPITRE 12 – LE SERPENT DE MER

La soirée au Chalet au cours de laquelle Ratinet s’était vu refuser 5000 dollars tant par la Banque Mondiale que par ses collègues de mission avait eu lieu un mercredi. Le jeudi matin, j’accompagnai Robertson à l’avion de Kuala-Lumpur, et je ne repassai pas au bureau de la journée. Comme le lendemain, c’était le week-end de Pâques qui commençait, je n’entendis plus parler de Ratinet jusqu’au mercredi suivant. Après-tout, c’était le problème d’un chef de mission de gérer ce genre de situation, pas le mien.

Depuis plusieurs semaines, Antoine, son ami Jean-Marc et moi, nous projetions de passer ce week-end quelque part au bord de la mer à faire de la plongée sous-marine. Cela paraissait compliqué. On nous avait bien indiqué qu’il était possible de louer des petites maisons dans les villages de pêcheurs de la presqu’ile de Mabini, mais c’était un endroit difficile d’accès et nous n’avions Continuer la lecture de BONJOUR, PHILIPPINES ! – 12 – LE SERPENT DE MER 

Sans nouvelles de Gurb – Critique aisée n°165

Journal des Coutheillas, numéro 2075 !
Vous êtes sûr ?
Certain ! 

Critique aisée n°165

Sans nouvelles de Gurb.
Eduardo Mendoza -1990
Roman traduit de l’espagnol par François Maspero
125 pages- 6,50 €
Disponible à la FNAC avec 5% de réduction en cas de retrait en magasin !

Eduardo Mendoza est un écrivain espagnol. Né en 1943, il est, m’as-t-on dit (en fait, on c’est Wikipédia, le viatique de l’homme cultivé), considéré comme l’écrivain le plus représentatif de sa génération. Il a remporté le prix Cervantès en 2016.

Je suis tombé par hasard sur cet étrange petit bouquin en cherchant à retrouver dans ma bibliothèque le seul roman vraiment comique de Marcel Proust, « Mon narrateur chez les riches« , qui m’avait fait tant rire quand j’étais rempailleur de chaises au Moyen Tibesti.

Le thème est le suivant : un vaisseau spatial venu d’ailleurs se pose dans la région de Barcelone. À bord, deux aliens, le commandant et son adjoint, Gurb. Il est important de savoir que ces deux-là sont des êtres incorporels. Bon. Gurb est envoyé en reconnaissance par son chef qui, après consultation du Catalogue Astral Indicatif des Formes Terrestres Assimilables, choisit pour lui la forme de Madonna. Au bout de quelques heures, Gurb n’est pas Continuer la lecture de Sans nouvelles de Gurb – Critique aisée n°165 

BONJOUR, PHILIPPINES ! – 11 – LES 5000$ DE RATINET

CHAPITRE 11 – LES 5000 DOLLARS DE RATINET

Il m’a fallu quitter le paradis des plages de Mindanao car je n’avais plus rien à y faire. Grâce à l’efficacité des jeunes filles que Placido avait placées sous son affectueuse autorité, le dépouillement de l’enquête de transport se déroulait tranquillement.

Me voici donc à nouveau dans le purgatoire de Manille pour m’occuper maintenant de l’étude économique proprement dite. Je dois, entre autres choses, me poser des questions du genre de celles-ci : pour les dix, quinze et vingt prochaines années, quelle sera la croissance démographique de l’île, combien y aura-t-il de voitures, de camions, d’autocars, de tonnes d’ananas, de mètres cubes de noix de coco…? Mais, si je veux avancer, je dois éviter de me poser des questions comme : est-ce que la tension qui existe entre l’Islam des propriétaires actuels de l’île et le catholicisme des colons envoyés par le gouvernement ne va pas exploser un jour ou l’autre en Continuer la lecture de BONJOUR, PHILIPPINES ! – 11 – LES 5000$ DE RATINET