Archives du mot-clé Philippe

On dirait qu’on serait dimanche…

On entrerait dans une salle à manger désuète. Au milieu, il y aurait une lourde table cirée avec au centre une fleur en pot sur un napperon de dentelle. Autour, seraient disposées quatre chaises assorties tandis que, contre le mur de droite, deux autres encadreraient un buffet Henri III. Contre le mur de gauche, à coté d’une porte qui donnerait sur la cuisine, une commode de style picard supporterait un présentoir à liqueurs avec ses quatre petits verres colorés, une grosse TSF Radiola et cinq photographies encadrées d’argent. Sur les photos, un militaire avantageux, un couple de jeunes mariés, un déjeuner à la campagne, le pont du Gard et un premier communiant. Au milieu du mur du fond, celui qui fait face aux deux battants vitrés qui donnent sur l’entrée, il y aurait une fenêtre. Du haut du quatrième étage, à travers la dentelle de ses rideaux et les volutes de fer forgé de son petit garde-corps, on pourrait voir le Boulevard Beaumarchais. Si, malgré la pluie fine Continuer la lecture de On dirait qu’on serait dimanche… 

Le principe d’incertitude d’Heisenberg

Après la piqûre de rappel de l’expérience de pensée du chat de Schroëdinger, une petite révision maïeutique du principe d’Heisenberg ne pourra vous faire que du bien. 

Le principe d’Heisenberg

—Dis-donc, je viens d’en entendre une bonne. Y a un savant, un allemand, Wurtemberg je crois qu’il s’appelle, ou quelque chose comme ça, il a dit qu’en principe, c’est pas possible connaitre en même temps la vitesse et la position d’un truc qui se déplace un peu vite. Non mais, j’y crois pas ! C’qu’ils vont pas chercher quand même ! En tout cas, si c’est vrai, il faudra le dire aux flics ! Parce qu’ils arrêtent pas de m’envoyer du papier pour me dire que, j’sais plus quand, j’étais Porte de la Chapelle à 129 kilomètres-heure sur le Périphérique. Y doivent pas en avoir entendu parler, de Gutenberg ! Eh, garçon ! Un aut’ Calva, siouplait ! Tu r’veux un café ?

—Non, merci. Il s’appelle Heisenberg, Werner Heisenberg.

—Qui ça ?

—Eh bien, le savant dont tu parles. C’est un physicien : Heisenberg. Pas Gutenberg, ni Wurtemberg : Heisenberg.

—Ah bon …

—Et ce dont tu parles, c’est de son principe, le Principe d’Heisenberg. C’est de la science.

—Comme le Principe d’Archimède, alors ?

—C’est ça. On dit aussi Principe Continuer la lecture de Le principe d’incertitude d’Heisenberg 

Paris ! À nous deux (5) – Trekking sans arme ni bagage

Aujourd’hui c’est Montmartre.

Deux bus, trois même parce que le premier était en service partiel, une heure pour arriver à Lamarck-Caulaincourt grâce aux hystéries de la folle de l’Hotel de Ville, et puis vingt minutes à pied pour parvenir Place du Tertre. La côte est rude mais il fait beau et encore frais. Sur la place, tous les restaurants sont prêts, ceux des environs aussi, il y a même un peintre syndiqué qui est de service malgré l’heure précoce. Si l’on met à part les indigènes, aisément reconnaissables parce qu’il existe un Montmartre Touch, le quartier est désert. C’est ce que j’espérais. Pas de touriste grégaire et fatigué, pas de vendeur camerounais de tour Eiffel et de cannes à selfie, rien, personne. Pourtant, il onze heures moins le quart. Je cherche un café-terrasse à l’ombre qui puisse m’accueillir pour un café-croissant, mais tous ont leurs tables déjà dressées pour l’hypothétique déjeuner du japonais aventureux ou du hollandais volant. Rien, c’est le Continuer la lecture de Paris ! À nous deux (5) – Trekking sans arme ni bagage 

Mythe et allégorie

Chacun sait ce que c’est qu’un mythe. Selon Wikipedia, Pic de la Mirandole virtuel, un mythe c’est …

… une construction imaginaire qui se veut explicative de phénomènes cosmiques ou sociaux et surtout fondatrice d’une pratique sociale en fonction des valeurs fondamentales d’une communauté à la recherche de sa cohésion.

Quand on prononce le mot « mythe » devant vous, vous sortez aussitôt votre Antigone, votre rocher de Sisyphe ou votre boite de Pandore. Et si par malheur un malappris vous somme de donner la signification du mythe, la plupart du temps, vous vous lancez dans une explication vaseuse et embarrassée comme quoi c’est la représentation de la révolte de la jeunesse contre l’autorité, l’illustration de la stupidité de l’existence ou l’avertissement du danger qu’il y a braver les interdits des dieux. Vous auriez pu dire tout aussi bien que Continuer la lecture de Mythe et allégorie 

 Traduttore, traditore ?

L’oisiveté est mère de toutes les expériences : j’ai eu brusquement l’envie de tester la fiabilité des traductions par Google. Alors, je ne sais pas pourquoi, le hasard sans doute, j’ai choisi ces deux petites phrases :
Longtemps, je me suis couché de bonne heure. Parfois, à peine ma bougie éteinte, mes yeux se fermaient si vite que je n’avais pas le temps de me dire : « Je m’endors. »

Dans une première étape, je les ai faites traduire par Google du français en diverses langues et puis, dans une deuxième étape j’ai demandé à Google de retraduire en français la traduction qu’il venait de faire. Voici ce que ça a donné : Continuer la lecture de  Traduttore, traditore ? 

Dernière heure : Tout sur l’immunité collective

Dernière heure : Tout sur l’immunité collective
Mercredi 14 octobre

L’immunité collective, c’est quoi au juste ?

C’est le fait pour un groupe d’atteindre un nombre de personnes contaminées (et supposément immunisées) suffisamment grand pour que l’épidémie ne trouve plus à se nourrir et donc s’éteigne naturellement. Le seuil de cette immunité dépend de la nature de l’épidémie et, pour la COVID-19, l’Institut Pasteur l’a évalué à 70%.

La recherche de l’immunité collective, choisie avant d’être abandonnée par exemple par la Suède comme première méthode de lutte contre l’épidémie, toujours prônée par ce grand humaniste qu’est Nicolas Bedos, consiste donc, en l’absence de vaccin,  à laisser Continuer la lecture de Dernière heure : Tout sur l’immunité collective 

Paris ! À nous deux (4) – Revisiter le Musée d’Orsay

Mercredi 16 septembre, 16h30… L’esplanade du musée est presque déserte. Deux jeunes filles assises en tailleur face à face sur un socle de statue discutent en mangeant un sandwich. Elles sont jolies et presque parfaitement symétriques. On dirait que l’une est le reflet de l’autre. Je n’ose pas les photographier mais je le fais quand même, de loin, hypocritement, en faisant semblant de photographier une façade. C’était de trop loin : la photo ne présente aucun intérêt.
Les autres êtres humains qui peuplent l’esplanade, à peine une dizaine, sont un jeune couple asiatique et des gardiens, préposés, vigiles, sapiteurs, employés du Musée d’Orsay.
Plusieurs longs chemins zigzaguant entre deux cordons grenats portés par des piquets rutilants conduisent jusqu’à l’entrée tournoyante du Musée. Il y en a un pour les groupes,  un pour les membres de l’Association du Musée et un pour les visiteurs ayant réservé par Internet (car la réservation est obligatoire). . Tous ces chemins sont déserts. Je ne fais partie d’aucune de ces catégories, mais la troisième me parait défendable en cas d’enquête indiscrète. Au bout de cette troisième voie, un gardien m’assure que je vais pouvoir entrer quand même. « Guichet n°6, monsieur, je vous en prie ». Mises à part les quatre guichetières qui occupent Continuer la lecture de Paris ! À nous deux (4) – Revisiter le Musée d’Orsay 

Dernière heure : Trottinettes et vieux messieurs (nouvelle suite)

Dernière heure : Trottinettes et vieux messieurs (nouvelle suite)
13 octobre 2020

Ô toi, lecteur attentif et bienveillant du Journal des Coutheillas, oui toi, scrutateur  scrupuleux du Quotidien de l’Irréfutable, te souvient-il de cette lettre que, par un matin brumeux de septembre et moyennant une rémunération modique et autocollante, nous confiâmes aux bons soins de ce que nos pères appelaient les PTT et que leur descendance désigne aujourd’hui par ce vocable modeste mais expressif de La Poste ? As-tu oublié cette missive, abondante et circulaire, adressée à l’élite dirigeante et parisienne dans le but de lui faire toucher de son doigt manucuré l’angoisse qui étreint chaque jour le piéton ­— et que, plus qu’il est vieux, le piéton, plus qu’il est étreint — quand il doit, pour vaquer à ses affaires, affronter la horde sauvage des centaures à deux roues ? Te rappelles-tu que, au grand dam des cyniques déconfits qui, plutôt que d’écrire, nous conseillaient d’aller uriner dans une contrebasse  vespasienne, nous reçûmes non pas une, mais deux réponses à notre placet plaintif ?

Non, bien sûr ! Tu te rappelles cela, Barbara !

Eh bien alors, prends donc connaissance Continuer la lecture de Dernière heure : Trottinettes et vieux messieurs (nouvelle suite) 

Paris ! À nous deux (3) – Les horreurs de Paris

Ce jour-là, j’avais décidé de commencer le tour des horreurs de Paris. Quand je dis « horreurs », je ne veux pas parler du Sacré-Coeur de Montmartre ni de l’Institut Imagine du Boulevard Montparnasse, non, je veux parler des horreurs récentes, celles que nous devons à notre Maire, toujours détestée mais toujours élue, celle dont je croyais bien avoir réglé le compte en révélant ses dictatoriales méthodes et ses perfides intentions dans mon explosif essai : « L’interminable et lamentable histoire des disparus de la rue de Rennes ». Hélas, cet ouvrage, pourtant remarquable ne serait-ce que par le sérieux de ses recherches, n’a pas rencontré le succès escompté, que ce soit auprès de la presse mainstream ou spécialisée, toujours à la botte du pouvoir en place, auprès des éditeurs pusillanimes et terrorisés par les éventuelles représailles d’une administration totalitaire, ou auprès du public (quoique les trois personnes qui l’avaient lu en entier m’aient déclaré spontanément que « ouais, c’était rigolo ».)

Donc, pour ce rallye des horreurs municipales, pour m’échauffer, j’aurais sans doute commencé par Continuer la lecture de Paris ! À nous deux (3) – Les horreurs de Paris 

Dernière heure : Trottinettes et vieux messieurs (suite)

Dernière heure : Trottinettes et vieux messieurs (suite)

Si vous vous souvenez de ma récente lettre aux édiles qui concernait cet incident survenu Boulevard Saint-Michel et impliquant trottinettes et vélo, vous serez surpris et néanmoins heureux d’apprendre que j’ai à ce jour, reçu deux réponses sous forme d’appel téléphonique.

Le premier provenait de l’assistant parlementaire de Monsieur Le Gendre, député du quartier, et le second de Mme Florence Berthout. Sans mentir ni même exagérer, chaque entretien a duré plusieurs minutes.

Bien sûr, il ne fallait pas attendre de résultats concrets de ces conversations, pas plus que de ma lettre d’ailleurs, mais les paroles de mes interlocuteurs ont été aimables, pleines de compréhension et de compassion. Qu’ils en soient remerciés.

Outre cette amabilité, dont certains cyniques diront qu’elle est probablement électoralement intéressée, je retiendrai une idée dont Florence Berthout dit qu’elle l’a soutenue, jusqu’ici sans succès, auprès de qui de droit. Cette idée, c’est la suivante :

IMPOSER AUX VÉLOS ET TROTTINETTES LE PORT D’UNE PLAQUE D’IMMATRICULATION ET METTRE SIMULTANÉMENT EN PRATIQUE LA VIDEO-CONTRAVENTION !

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