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¿ TAVUSSA ? (44) – Les Vélibs et Monsieur Arnaud.

J’avais l’intention d’écrire un long article sur l’échec de Smovengo, mais vous ne l’auriez pas lu. Alors j’en ai fait un résumé que je vous présente avant de vous faire part d’une nouvelle de dernière heure qui va surement faire bouger les choses, vous verrez.

Résumé :
Le Velib nouveau n’est pas arrivé.  Ça ne marche pas.
L’exploitant Smovengo des nouveaux Velibs de Paris est incapable de remplir ses obligations contractuelles.
Ce n’est pas près de s’arranger.
On en est là parce que la Mairie n’a pas fait son travail de présélection des candidatures.
Et aussi parce que l’appel d’offre était orienté vers une défaite de JC Decaux, ou une victoire de Smovengo, ou les deux.
Toujours est-il que des Vélibs, on en n’a pas.
Et qu’on peut se demander si l’adjudicataire ne va pas se mettre en faillite, ce qui serait pour lui une manière de limiter la casse.
C’est très agaçant.

Mais ce qui est encore plus agaçant quand on lit un peu les nouvelles par-ci par-là, c’est d’apprendre que l’un de ceux qui ont participé à l’élaboration des termes de l’appel d’offre est le propre frère du patron de Smovengo.
C’est aussi de réaliser que personne du syndicat Autolib’Vélib’Métropole ne s’est rendu chez Smovengo avant l’adjudication, ne serait-ce que pour vérifier les capacités techniques réelles du candidat.
C’est aussi de comprendre que le contrat signé par la Mairie a établi une solide barrière juridique entre Smovengo, petite société montpelliéraine, et ses très puissants actionnaires, Vinci, Mulliez, Mobivia et ATU, de telle sorte qu’il ne sera pas possible de faire appel à ces derniers en cas de mise en faillite de Smovengo.
La mise en faillite de Smovengo, incapable d’assurer le service et de payer les pénalités de retard, suivie de la reprise de l’activité par la Municipalité me paraissent, à moi, inéluctables, comme les conséquences sur les impôts des Parisiens.

Vous pouvez aussi aller relire UNE CATASTROPHE INDUSTRIELLE ET MUNICIPALE 

La dernière heure dont je vous parlais tout à l’heure est la suivante :

Le 1er juin dernier, Monsieur Arnaud Marion a rejoint Smovengo avec la fonction de Délégué Général. « Bon, me direz-vous, et alors ? » Eh bien, sur le conseil d’un ami, je suis allé sur Google voir un peu qui est ce Monsieur Arnaud Marion. J’ai appris que des sociétés de toutes sortes et non des moindres ont fait ou font appel à lui pour son expertise dans l’aide aux entreprises dans des situations difficiles. Le journal Les Echos dit de lui qu’il est très recherché « par les actionnaires aux abois qui veulent éviter une Bérézina financière dans une entreprise exsangue« . Il a notamment réglé quelques cas des plus variés et des plus difficiles comme Arcométal, Le Lido, les poulets Doux, La Salle Pleyel ou Heuliez. Attention, Monsieur Marion le dit lui-même : il n’est pas un dirigeant d’entreprise, mais un dirigeant de crise. Il n’est pas là pour longtemps et, si j’ai bien compris, comme Jules César, il vient, il voit, et retourne ou liquide l’entreprise. Alors, voilà ce que j’imagine qu’il va faire (aux bons entendeurs, salut) :

il va préparer le dépôt de bilan de Smovengo de façon brutale et strictement contractuelle, en protégeant les actionnaires que sont ceux que j’ai cité plus haut.

Avec cette arme bien visible dans sa main droite, il va de sa main gauche agiter les conséquences du dépôt de bilan aux yeux des employés d’une part et de la Mairie d’autre part. Abattus par ces conséquences financières pour les uns, ou terrorisée par les conséquences électorales pour l’autre, les uns et l’autre seront trop contents d’accepter les quelques concessions que leur fera Monsieur Marion. Les employés rentreront chez eux et dans le rang avec une indemnité décevante, et la Mairie acceptera non seulement d’effacer les pénalités déjà imposées à Smovengo, mais aussi soit de municipaliser le système en reprenant le personnel et en rachetant les investissements déjà faits par Smovengo, soit de modifier sensiblement les termes du contrat de concession.

Et que tout le monde soit vainqueur ne sera qu’une question de présentation.

Donc, tout le monde sera content, sauf moi. Parce que vous, vous vous en foutez, n’est-ce pas ?

ET DEMAIN, UN PEU DE BEAUMES-DE-VENISE

Détournement – Critique aisée n°125

Critique aisée n° 125

Détournement
Installation de Stéphane Thidet à la Conciergerie (du 30/03 au 31/08/2018)

On a déjà vu ça dans certains westerns qui racontent l’histoire de chercheurs d’or dans le grand Ouest américain : des goulottes rudimentaires réalisées en planches mal équarries conduisent l’eau des montagnes jusqu’au travers du campement où des hommes hirsutes procèdent au lavage du minerai fabuleux. L’eau dévale, bondit, déborde, s’échappe par tous les joints, mais elle fait son office et finit par retourner au torrent.

Ici, le torrent, c’est la Seine, et le campement, c’est la salle des Gens d’Armes de la Conciergerie. L’eau est prélevée dans le fleuve et elle y retourne après avoir parcouru cette magnifique salle voutée.

Bien sûr, ici, pas de trappeurs hirsutes, mais de simples touristes frais et roses ; pas de goulottes rudimentaires, pas de fuite ni de débordement, mais des planches de coffrage, parfaitement jointoyées qui assurent à cet échantillon de Seine un lent parcours sans heurt. On aimerait y voir de petits canards en celluloïd roses et verts voguant au fil du courant que des enfants poursuivraient avec leur canne de bambou.

Je n’ai pas cherché Continuer la lecture de Détournement – Critique aisée n°125 

Le Bourgeois gentilhomme (Scènes coupées – fin : scène V )

Depuis deux jours, vous jouissez du privilège inouï de pouvoir lire en exclusivité dans le Journal des Coutheillas deux des trois scènes inédites du Bourgeois Gentilhomme. La Scène V de l’Acte II que vous allez pouvoir lire à l’aube de ce troisième jour complète cet épisode demeuré inconnu jusqu’à aujourd’hui de la leçon du Maitre de Philosophie à Monsieur Jourdain. On y trouvera un Molière étonnant, au sommet de son art.

Pour les retardataires, il est possible de lire les deux scènes précédentes en cliquant ici ou là

  ici     SCENE III           ou là   SCENE IV

Acte II – Scène V

Monsieur Jourdain, Maitre de Philosophie, Nicole

Monsieur Jourdain

—C’est vrai que je voudrais tout apprendre pour tout savoir, pour tout réussir, mes affaires comme mes amours. A ce propos, vous savez sans doute que Philaminte dont je vous entretenais tout à l’heure est une jeune femme très belle et très savante.

Le Maître de Philosophie

—Je sais, car j’ai pu le constater par moi-même, que ses attraits physiques sont très grands. Quant à son esprit, il me reste encore à le découvrir. Peut-être lors d’une prochaine rencontre…

Monsieur Jourdain

—Faites cela, et vous verrez que son intelligence surpasse encore sa beauté. J’en suis très épris, mais Monsieur Trissotin, qui soupire comme moi auprès d’elle, semble l’intéresser davantage. C’est sans doute parce qu’il est savant.

Le Maître de Philosophie

—Si vous le dites…

Monsieur Jourdain

—Je le dis. Alors voici ma question : si j’allais vois Philaminte et lui répétais tout ce que vous m’avez dit céans comme si cela venait de moi, pensez-vous qu’elle me regarderait d’un autre œil, qu’elle a d’ailleurs fort beau, et serait-il possible même qu’elle en vienne à me préférer à Monsieur Trissotin ?

Le Maître de Philosophie

—Connaissant la confusion habituelle et le peu de profondeur des connaissances de Trissotin, il ne fait pour moi aucun doute que, si vous répétiez fidèlement l’exposé que je viens de vous faire, vous impressionneriez si fortement Philaminte que vous relégueriez son soupirant dans une obscurité dont il n’aurait jamais dû sortir.

Monsieur Jourdain

—Vous m’assurez donc du succès ?

Le Maître de Philosophie

—Certainement. Mais j’y mets une condition.

Monsieur Jourdain

—Et laquelle, s’il vous plait ? Continuer la lecture de Le Bourgeois gentilhomme (Scènes coupées – fin : scène V ) 

Le Bourgeois gentilhomme (Scènes coupées – suite : scène IV)

Hier, vous avez pu découvrir cette étonnante troisième scène de l’Acte II qui introduit le corps de la leçon du Maitre de Philosophie qu’avec la scène IV, je vous invite maintenant à écouter. Si vous n’étiez pas la hier, ou si vous être arrivé en retard au théâtre, vous pouvez la revivre en cliquant ICI.

 

Acte II- Scène IV

Monsieur Jourdain, Maitre de Philosophie

 

Le Maître de Philosophie

—Comme il vous plaira. Nous autres, Philosophes…

Monsieur Jourdain

—Que c’est beau ! Comme il parle bien !

Le Maître de Philosophie

Nous autres, Philosophes, nous avons classé les diverses sortes de biais cognitifs en vingt-quatre catégories.

Monsieur Jourdain

—Vingt-quatre ! C’est extraordinaire ! Vingt-quatre manières de penser et de dire des bêtises ! Je suis sur des charbons de les entendre toutes !

Le Maître de Philosophie

—Cela nous mènerait bien trop loin dans la nuit. Sachez pourtant dès à présent que, parmi les plus nuisibles, on compte le biais de croyance, le biais d’auto complaisance, le biais de cadrage, celui d’ancrage, celui de négativité, le biais de confirmation, de statu quo, d’omission, le biais de faux consensus, l’effet de halo, l’excès de confiance, l’illusion de corrélation… Il nous reste Continuer la lecture de Le Bourgeois gentilhomme (Scènes coupées – suite : scène IV) 

Le Bourgeois gentilhomme (Scènes coupées : Acte II – Scène III)

Avertissement

On sait que la Comédie Française a la charge de la conservation et de la gestion de l’héritage culturel de Molière. Sont donc gardées soigneusement dans les vitrines du foyer ou en vrac dans les coulisses du célèbre théâtre toutes les reliques qui ont pu échapper aux vols, aux détournements, aux incendies, aux dégâts des eaux, aux grands nettoyages de printemps, aux rangements avant travaux, aux erreurs d’inventaires et aux accidents de manutention.
En septembre dernier, quelle ne fût pas la surprise de l’Administrateur Général de découvrir sous le buste de Molière cinq feuillets manuscrits pliés en quatre de manière à caler la statue sur le manteau de la cheminée de son bureau ! Sa surprise fut encore plus grande quand, les ayant dépliés, il y trouva les répliques de trois scènes inédites entre Monsieur Jourdain et son professeur de Philosophie. Une expertise rondement menée établit bientôt qu’il ne s’agissait aucunement d’une supercherie mais bien d’un authentique manuscrit du créateur du Bourgeois gentilhomme.
La question de savoir pourquoi Molière a éliminé ces scènes, pourtant parfaites, du texte définitif de sa pièce demeure actuellement sans réponse.

Le Journal des Coutheillas s’est assuré l’exclusivité de la publication de ces trois scènes qui seront incorporées au texte classique pour les représentations du Bourgeois  gentilhomme de la rentrée prochaine.

Le bourgeois gentilhomme

Acte II – Scène III

Monsieur Jourdain, Maitre de Philosophie, Nicole

Monsieur Jourdain

— Holà, Monsieur le Philosophe, vous arrivez tout à propos avec votre philosophie.

Le Maître de Philosophie

—Qu’est-ce donc ? Qu’y a-t-il, Monsieur ?

Monsieur Jourdain

—Voici : je sors tantôt du salon de Philaminte. J’y ai rencontré l’un de vos confrères, Monsieur Trissotin. Vous le connaissez très certainement ?

Le Maître de Philosophie

—Hélas, je le connais.

Monsieur Jourdain

—Cet homme semble fort savant. Il m’a entretenu toute une heure de la connaissance en général et en particulier, de son importance dans l’exercice des affaires et de ses avantages dans la pratique du beau monde. Quand je lui ai appris que la connaissance Continuer la lecture de Le Bourgeois gentilhomme (Scènes coupées : Acte II – Scène III) 

L’Iliade pour les nuls – Critique aisée n°124

Critique aisée 124

L’Iliade pour les nuls

La guerre de Troie (Ilion) a eu lieu vers l’an 1280 avant J.C. L’Iliade a été composée vers l’an 800 avant J.C. et n’a été écrite que deux cents ans plus tard. Ce poème, attribué à Homère, raconte un épisode d’une dizaine de jours de la dernière année de cette guerre qui en compta dix. Cet épisode est connu sous le nom de « La colère d’Achille ».

C’est tout ce que vous avez à savoir pour tenir une conversation de cinq minutes sur l’Iliade sans passer pour un total Béotien. Avantageusement, vous pourrez toujours citer quelques noms connus et parfois démodés : Agamemnon, Hélène, Paris, Hector, Andromaque, Nestor, Achille, Ajax… Surtout, ne vous aventurez pas à en dire davantage, car c’est plutôt compliqué, mais si vous tenez à épater tout le monde, dites d’un air badin que le fameux cheval n’apparait pas un seul instant dans l’Iliade. Vous en déstabiliserez plus d’un.

Un dernier conseil : imprégnez-vous du style homérique (ça veut dire le style d’Homère, l’auteur. Vous vous souvenez ? Homère ? L’auteur ?) en lisant ce petit extrait particulièrement représentatif que j’ai choisi pour vous.

Encore un mot : si vous parvenez à placer dans la conversation que l’Odyssée, c’est la suite de l’Iliade, vous serez l’objet de l’admiration de tous à la prochaine réunion de copropriété. Mais ne vous risquez pas à dire que vous préférez l’Énéïde à l’Odyssée, ou l’inverse, vous deviendriez pédant. De toute façon, tout le monde s’en fout.

« Et Zeus s’assit sur le faîte, plein de gloire, regardant la ville des Troyens et les nefs des Achéens.(1)
Et les Achéens chevelus s’armaient, ayant mangé en hâte sous les tentes ; et les Troyens aussi s’armaient dans la ville ; et ils étaient moins nombreux, mais brûlants du désir de combattre, par nécessité, pour leurs enfants et pour leurs femmes. Et les portes s’ouvraient, et les peuples, fantassins et cavaliers, se ruaient au dehors, et il s’élevait un bruit immense.
Et quand ils se furent rencontrés, les piques et les forces des guerriers aux cuirasses d’airain se mêlèrent confusément, et les boucliers bombés se heurtèrent, et il s’éleva un bruit immense. On entendait les cris de joie et les lamentations de ceux qui tuaient ou mouraient, et la terre ruisselait de sang ; et tant qu’Éôs(2) brilla et que le jour sacré monta, les traits frappèrent les hommes, et les hommes tombaient. Mais quand Hélios(3) fut parvenu au faîte de l’Ouranos(4), le père Zeus étendit ses balances d’or, et il y plaça deux kères(5) de la mort qui rend immobile à jamais, la kèr des Troyens dompteurs de chevaux et la kèr des Achéens aux cuirasses d’airain. Il éleva les balances, les tenant par le milieu, et le jour fatal des Achéens s’inclina ; et la destinée des Achéens toucha la terre nourricière ; et celle des Troyens monta vers le large Ouranos. Et il roula le tonnerre immense sur l’Ida(6), et il lança l’ardent éclair au milieu du peuple guerrier des Achéens ; et, l’ayant vu, ils restèrent stupéfaits et pâles de terreur. »

Notes
1 – Les grecs
2 – L’aurore
3 – Le soleil
– Le ciel
– Divinité infernale
– Mont proche de Troie

Post Scriptum :
Vous qui n’êtes pas, ou qui ne voulez plus être l’un des Nuls auquel cette présentation de l’Iliade est destinée, lisez le texte intégral. C’est passionnant.

ET DEMAIN, SEMPER FIDELIS

Dernière heure : Mamoudou Gassama

Dernière heure : MAMOUDOU GASSAMA : UN SI COURT MOMENT DE GRÂCE

Mercredi 30 mai
« Tombé par hasard, samedi soir, sur la vidéo du sauvetage de la rue Marx Dormoy à Paris, j’ai pu passer un moment assez magique. À voir un jeune homme n’hésitant pas une seconde pour escalader à main nue et à la force des bras la façade d’un immeuble et aller y sauver un enfant. Le tout sous les encouragements et acclamations d’une petite foule. Courage, désintéressement et altruisme, tous les ingrédients étaient là, pour provoquer une bouffée d’émotion et de gratitude. Il y a comme ça des petites séquences qui font du bien. Apprendre rapidement la difficile situation, juridique et matérielle, du sauveur, va renforcer l’empathie pour le Malien arrivé en France, en septembre 2017, par le dangereux chemin des migrants, et parlant français comme une vache espagnole. Personne ne sait comment on dit héros en bambara, mais tout le monde va le faire en français et lui dire aussi, toujours en français, que maintenant il fait partie de la famille (…) »

Ces quelques lignes, c’était le début de ce qu’a publié aujourd’hui Me Régis de Castelnau dans sa lettre d’information « Vu du Droit ». J’ai eu l’occasion plusieurs fois de le citer ici, Me de Castelnau. Il écrit bien, on le savait, mais il sait aussi s’émouvoir et il vient de le prouver. C’est bien. Il faut dire qu’il fallait avoir le front particulièrement bas pour ne pas éprouver devant ces images cette « bouffée d’émotion », et Me de Castelnau ne l’a pas, le front bas.

Bien sûr, et c’est une habitude chez lui — c’est peut-être même la raison d’exister de cette sensible introduction — ce joli début est suivi de l’inévitable diatribe contre le gouvernement, les partis politiques, les médias, les réseaux sociaux, les associations pour ceci ou contre cela, et tout le diable et tout son train. Et dans certains cas, il faut bien dire qu’il a raison. Mais pourquoi nécessairement gâcher ce bel élan d’admiration en soulignant ce que chacun sait déjà : que ce migrant-là est peut-être sauvé, mais que pour les autres, rien n’aura changé. Si, peut-être… une image… quelques instants…

(Vu du Droit ? Voici son adresse:   http://www.vududroit.com/)

Retour sur le chaudron

Retour sur le Chaudron de Freud

C’est très curieux : depuis sa première parution le 25 septembre 2014, le « Chaudron de Freud » a été lu 434 fois. C’est, juste derrière « Walter Mitty, c’est moi » (513 lectures), le record absolu pour le JdC.
A la Rédaction du JdC, on se perd en conjecture sur la raison du succès de cette histoire on ne peut plus banale. On a tous entendu quelque chose de ce genre dit par l’un de nos enfants.

Est-ce l’auteur qui attire les foules ? Freud ? Quand on voit Freud écrit quelque part, on se précipite en espèrant toujours en découvrir sur le fonctionnement des êtres qui nous entourent ou sur le sien propre.

Est-ce le titre ? Le Chaudron de Freud …qu’est-ce que le petit barbu viennois peut bien entendre par là ?

Je le lui ai demandé et voici ce qu’il m’a dit : « Mon chaudron est un exemple remarquable d’un effet purement comique en laissant libre cours à un mode de pensée inconscient. C’est précisément cette suppression mutuelle [Einanderaufheben] de plusieurs pensées, dont chacune en elle-même est un bon motif, qui fait défaut dans l’inconscient« 

Je n’ai strictement rien compris, mais maintenant, grâce à Sigmund, je m’en fous, totalement !

Voici enfin Le Chaudron de Freud :

A emprunte un chaudron de cuivre à B.

Une fois qu’il l’a rendu, B fait traduire A en justice en l’accusant d’être responsable du gros trou qui se trouve maintenant dans le chaudron, et qui rend l’ustensile inutilisable.

A présente sa défense en ces termes :

-Primo, je n’ai jamais emprunté de chaudron à B
-Secundo, le chaudron avait déjà un trou lorsque B me l’a donné
-Tertio, j’ai rendu le chaudron en parfait état.

Freud  (Le Mot d’esprit et sa relation à l’inconscient)

ET DEMAIN, UN TABLEAU DE SEBASTIEN

Au théâtre ce soir

On the road again ou Retour au théâtre…

….ça y est, je suis assis, enfin. Tiens, c’est drôle, cette fois ci, ça a été plutôt facile de se garer. Un coup de chance incroyable. Le type est parti juste devant moi.
Bon, par contre, faire encore la queue devant la boîte à sel pour obtenir les places, c’est insupportable. C’est la dernière fois que je prends des billets sur Internet. De toute façon, c’est la dernière fois que je vais au théâtre. Je lui avais dit pourtant : je ne veux plus aller au théâtre, j’en ai marre de tous ces soi-disant succès. Les gens rient parce qu’on leur a dit que c’était drôle. Ils se sentent intelligents parce qu’on leur a dit que c’était intellectuel. Elle m’a dit que j’exagérais toujours.
Bon, j’avais dit que je n’irais plus, mais finalement, j’y suis, comme chaque fois, comme toujours.

C’est pas mal, un théâtre à l’italienne ! La salle est belle, le plafond est splendide. Par contre, nos places sont épouvantables, au fond d’une loge du premier balcon. D’ici, on ne verra jamais rien, il y a une colonne en plein milieu ! En plus, j’ai déjà du mal à entendre, mais alors là, ça va être très dur. Ça ne fait rien, dans les loges, il y a Continuer la lecture de Au théâtre ce soir 

Désintoxication – 2ème partie

Désintoxication  — Deuxième partie

Le patient, dont la fatigue nous avait conduit hier à interrompre l’interview, se porte beaucoup mieux ce matin. Nous reprenons donc notre entretien. Il vous est bien entendu toujours possible d’en réentendre la première partie en cliquant ici.

  • … ?
  • Oui, oui, j’ai passé une bonne nuit, je vous remercie. Nous pouvons reprendre.
  • … ?
  • Tout à fait ! C’est bien ce mot qui a déclenché ma petite crise d’hier soir. D’ailleurs, je tiens à m’en excuser auprès de vous. Mais que voulez-vous, il m’a échappé et vous avez pu voir qu’il provoquait encore chez moi des automatismes douloureux.
  • C’est cela, nous parlions de Dallas et je vous disais que je me faisais une fierté de n’avoir jamais vu un seul, comment dire, un seul morceau de Dallas. Ceci dit, nous étions peu nombreux à résister à ce que nous considérions encore comme une simple mauvaise habitude, pas plus grave que celle qui consiste à boire trop de café au bureau. Pourtant la souche du virus était là, bien qu’encore peu virulente. En effet, pour voir Dallas, il fallait attendre le jour et l’heure de la semaine, et il n’y avait aucun moyen d’en abuser, mis à part l’enregistrement sur magnétoscope. Mais là, il fallait vraiment être …
  • … ?
  • Dites-donc, vous sortez d’où, vous ? Un magnétoscope, enfin ! Un truc moche et encombrant qui servait à enregistrer sur des bandes des tas de trucs qu’on ne regardait jamais… Vous ne voyez pas ? Bon, passons ! De toute façon, ça n’a aucune Continuer la lecture de Désintoxication – 2ème partie