Archives par mot-clé : Philippe

Le mardi, c’est Mythologie (7)

Orphée, une fin laconique

– Ô Muses, raconterai-je ici comment Orphée tenta de ramener au jour sa défunte épouse, comment il parvint à séduire les riverains du Styx pour parvenir jusqu’à sa belle et comment il convainquit Hadès de la laisser partir ? Dirai-je l’hypocrite condition imposée par Hadès et l’impatience coupable d’Orphée qui tuèrent Eurydice une seconde fois ? Chanterai-je l’immensité du chagrin d’Orphée, errant parmi les plaines herbeuses et psalmodiant sa peine aux belles cavales qui les broutent ?

Bon, écoute, le Poète, là, tout de suite, on n’a pas le temps ! Et puis, on la connaît déjà par cœur ton histoire. Tu l’as même publiée ici même, il n’y a pas si longtemps. Alors, maintenant, ça va comme ça ! Continuer la lecture de Le mardi, c’est Mythologie (7)

Rendez-vous à cinq heures avec Anne Hidalgo

La page de 16h47 est ouverte…

Foutez leur la paix !

Bon ! Il y avait longtemps que je ne m’étais pas adressé à Anne Hidalgo. Il faut dire que ces derniers temps, elle était plutôt difficile à joindre, totalement disparue des écrans radars et télévisuels. 


Mais, maintenant que les élections présidentielles lui ont confirmé qu’elle est encore moins populaire chez les Parisiens que chez les Français dans leur ensemble, peut-être sera-t-elle disposée à écouter les conseils que je voudrais lui donner. Alors voilà :

Anne, ma chère Anne,  Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures avec Anne Hidalgo

Le mardi, c’est Mythologie (6)

Orphée entre en scène
ou
Le sac d’Eurydice

Il faut tout d’abord comprendre une chose, c’est qu’Orphée est une star, la plus grande star de son époque. Les nymphes, les satyres, les muses, les demi-dieux, et les dieux eux-mêmes, tout le monde fredonne ses compositions. Sa dernière tournée au Mont Olympe a fait un malheur pendant une éternité. Donc, Orphée est une star, et rien ne résiste aux stars. Ce qui ne les empêche pas d’avoir bien des malheurs.

Très contrarié par la mort  d’Eurydice, son égérie du moment, mordue par le serpent que, par plaisanterie, Hermès avait amené chez eux,  Orphée s’est enfermé dans sa chambre. Il a bu des amphores de nectar au point de tomber dans un coma olympique. A son réveil, il est tout d’abord demeuré d’un calme olympien, au point que c’en était inquiétant. Prostré, il répétait sans cesse: “j’ai perdu mon Eurydic-eu, rien n’égal-eu ma douleu-eur”. Bref, il en faisait tout un opéra. Puis il s’est mis à tout casser dans sa villa, depuis l’arc de bois de rose dont Cupidon lui avait fait cadeau jusqu’à la très jolie maquette de l’Argo, gage de reconnaissance de son ancien capitaine, le commandant Jason. Enfin, il a promis, juré, craché qu’il ne chanterait plus ni ne jouerait de sa lyre à  neuf cordes tant qu’Eurydice Continuer la lecture de Le mardi, c’est Mythologie (6)

Samedi à la campagne

Quand je descendis du train à la gare de Martel-sur-Seine, je me demandais encore pourquoi il m’avait invité.

Je l’avais rencontré au début de la semaine dans le TGV. Il s’était assis sur le siège qui me faisait face. Il avait tout de suite engagé la conversation et pendant la première demi-heure du trajet, nous avions tenu la discussion habituelle, celle que tiennent deux inconnus réunis par le hasard et destinés à se séparer un peu plus tard et pour toujours sur le quai d’une gare. Et puis, il m’avait proposé d’aller prendre un whisky au bar. Et à partir de ce moment, il n’avait plus parlé que de lui, de ses affaires, de sa femme Françoise, de ses enfants, de sa voiture, son chien, ses chasses, sa propriété en Seine-et-Marne. Alors que le train ralentissait pour entrer dans Paris, il m’avait dit:

       — Vous êtes célibataire, vous m’avez avoué tout à l’heure que vous aimiez la campagne et que le week-end vous n’avez rien de particulier à faire. Venez donc chez moi, enfin chez nous, à Martel samedi prochain. Vous verrez, c’est très agréable. Le train du samedi est très pratique, il arrive là-bas à onze heures quinze. Continuer la lecture de Samedi à la campagne

Dernière heure : le scrutin à deux roues

Aux dernières municipales, Anne Hidalgo n’avait été élue maire de Paris qu’avec 225.000 voix sur 1.300.000 inscrits. (On doit cette  anomalie à la loi dite PLM qui avait été taillée sur mesure par François Mitterrand en 1982 à l’attention de Gaston Deferre, mais dont nous supportons encore les effets quarante ans plus tard.) Dans la ville dont elle est encore maire et qu’elle s’obstine à reconfigurer à son propre goût, elle n’a obtenu aux présidentielles où elle représentait le P.S. que 22.901 voix, soit dix fois moins qu’aux municipales. 

Selon les derniers comptages, cela représente à peu près le nombre de cyclistes empruntant les jours de beaux temps la rue de Rivoli et le boulevard Sébastopol.

On se perd en conjectures pour savoir si la claque Continuer la lecture de Dernière heure : le scrutin à deux roues

Dernière heure : La gauche est-elle soluble dans l’extrême gauche ?

EELV, PC, PS, NPA et LFI ne sont d’accord sur rien. Ils ne sont pas d’accord sur le nucléaire, pas d’accord sur l’Europe, sur Poutine, sur la retraite, sur les religions, sur la constitution, sur rien. 

Pourtant, pour continuer à exister — encore un instant, monsieur le bourreau — les quatre premiers n’aspirent qu’à une chose : passer des alliances avec le cinquième. 

Compte tenu des personnalités en présence, comment, le NPA mis à part, ces partis microscopiques peuvent-ils penser survivre dans une alliance avec le trotskisme de convenance de l’impulsif, du coléreux, de l’autoritaire, de l’admirateur de Poutine, de Chavez et de Maduro mais aussi du talentueux monsieur Mélenchon. Ils vont tout simplement exploser et s’y dissoudre.  Continuer la lecture de Dernière heure : La gauche est-elle soluble dans l’extrême gauche ?

Le mardi, c’est Mythologie (5)

Le pourquoi du comment
ou
Ce crétin d’Épiméthée

La terre était créée, les vallées, les montagnes,
Les océans, les fleuves, les arbres, la campagne.
Mais tout ça était vide et les saisons passaient
Sans qu’il n’arrive rien, jamais, jamais, jamais.

L’éternité semblait ne pas vouloir finir.
Et les dieux immortels s’ennuyaient à mourir. Continuer la lecture de Le mardi, c’est Mythologie (5)

Beaucoup de bruit pour rien – Critique aisée n°230

Critique aisée n°230

Much ado about nothing
William Shakespeare – 1599
Kenneth Branagh -1993
K.Branagh, Emma Thompson, Denzel Washington, Keanu Reeves, Michael Keaton…

Puisque ce journal s’est consacré récemment à la véritable histoire de William Shakespeare, dont on ne sait toujours pas s’il a vraiment existé, il est temps de parler  des pièces dont on sait au moins qu’elles ont été signées de son nom.

Aujourd’hui, ce sera « Much ado about nothing ».

En anglais, le premier sens de ado c’est foin. Bien sûr, Beaucoup de foin pour rien, on aurait compris, mais ça faisait trop penser à un discours de François Hollande, alors on a choisi Beaucoup de bruit pour rien (ce qui fait penser à un concert de Johnny Halliday, mais bon…)

Beaucoup de bruit pour rien. Rarement jouée en dehors du Royaume Uni, cette comédie a fait l’objet d’un film en Continuer la lecture de Beaucoup de bruit pour rien – Critique aisée n°230

Le mardi, c’est Mythologie (4)

Œdipe, c’est complexe

Laios est roi de Thèbes
Et Jocaste met au monde son enfant
Mais la Pythie dit
“Il tuera son père et épousera sa mère”
Alors le roi  ordonne qu’on emmène l’enfant dans la montagne et qu’on le tue

Mais en fait il est remis à Polybe et Mérope
Qui sont roi et reine de Corinthe
Ils adoptent l’enfant et le prénomment Œdipe
Œdipe grandit en se croyant le fils naturel de Polybe et Mérope
Alors que pas du tout

Pourtant il a des doutes Continuer la lecture de Le mardi, c’est Mythologie (4)