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David ! À confesse !

Morceau choisi

(…) En fait, il y avait deux sacrements à comprendre, parce qu’il fallait laver son âme du péché avec le sacrement de pénitence (appelé habituellement la pénitence) avant de recevoir l’eucharistie. On préparait les enfants à ce rite de passage à l’école primaire de la paroisse. Comme la plupart de ceux qui ont fait cette expérience, j’imagine, j’ai trouvé la confession plus troublante que la communion, même si j’en avais déjà inventé une version profane avec ma tante Eileen dans le rôle du confesseur. Assis sur un banc au milieu de condisciples inquiets et agité entrain de « faire leur examen de conscience », vous avanciez pour prendre votre tour dans le confessionnal, une structure en bois aux allures de vaste armoire au fond de l’église, tiriez le rideau, vous agenouilliez dans la pénombre, et récitiez une liste de péchés préparée à l’adresse du prêtre dont vous perceviez vaguement la présence derrière la grille semblable à la porte d’un garde-manger. Vous vous demandiez ensuite si, empêtré dans vos idées, vous n’aviez pas omis quelque chose qui invaliderait tout le processus (cette occasion lointaine, par exemple où la sœur d’un copain de jeu a baissé sa petite culotte et relevé sa jupe pour montrer la fente potelée entre ses jambes, même si vous aviez refusé de façon peu chevaleresque d’exhiber votre propre instrument). Le prêtre avait beau être bienveillant et la « pénitence » (la récitation en silence de quelques « Je vous salue Marie ») légère, tout cela était terriblement angoissant.

David Lodge – Né au bon moment (2015)

ET DEMAIN, LE THÉÂTRE DE JOUVET

La pénitence est douce

Morceau choisi

Rosette, agenouillée au confessionnal,
Murmure : « Mon bon père, à vous, je m’en accuse :
J’ai trompé mon mari – Ma fille c’est très mal,
Dit le prêtre… Et… combien de fois ? » Rose, confuse,

Se trouble, balbutie, hésite… enfin répond :
Neuf fois ! – Hum ! Depuis quand ? » fait le prêtre.
Alors Rose : »Depuis hier soir ! » Et, sous le nuage blond
De ses cheveux d’or fin, Rose devient plus rose.

« Neuf fois depuis hier ! répond le bon curé…
Je ne puis, d’un pêché de pareille importance,
Vous absoudre aujourd’hui, sans avoir référé
A l’évêché qui fixera la pénitence !

Revenez dans huit jours. » L’évêché décréta
Qu’ayant fauté neuf fois, Rose, aurait, pour sa peine,
A dire cinq Ave. Rose s’en acquitta
Et fut absoute… Mais au bout d’une semaine,

Au sacré tribunal, avec un air marri,
La voici qui revient s’accuser d’inconstance,
DIsant : « Sept fois, encor, j’ai trompé mon mari :
Mon père, indiquez-moi quelle est ma pénitence »,

Et lui, sur le tarif de l’absolution
Dernière, s’efforçant de se baser, calcule :
« Pour neuf fois, cinq Ave… D’une proportion,
Je dois donc, pour sept fois, établir la formule :

Cinq est à neuf comme X à sept… d’où je conclus
Qu’il faut… Ah ! C’est vraiment trop compliqué, ma chère…
Faites votre mari cocu deux fois de plus.
Et dites cinq  Ave comme la fois dernière.

Léon Vilbert

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