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Rien ne va plus – Critique aisée n°212

Critique aisée 212

Rien ne va plus
Claude Chabrol – 1997
Michel Serrault -Isabelle Huppert

Depuis peu, Netflix propose plusieurs films de Claude Chabrol : La Cérémonie, L’Enfer, Merci pour le chocolat, Betty, Madame Bovary, Le Corps de mon ennemi, Rie ne va plus, etc…

Il paraît que chez Chabrol, un film sur deux est une couillonerie, terme dont il qualifiait lui-même certains d’entre eux. Si j’avais su cela, avant de voir Rien va plus, j’aurais vérifié quel film le précédait. Réalisant que c’était La Cérémonie, je me serais abstenu.

Chabrol était, disait-on, un bon vivant, épicurien et farceur. D’ailleurs, ça se voyait, il en avait l’apparence, tout rond, rubicond, et rigolard. Il me donnait l’impression d’un Tartarin qui aurait été intelligent. Sympathique, le Chabrol, plein d’humour. Tout l’opposé de Godard, par exemple.

Mais ça et le fait qu’il ait réalisé Le Beau Serge et Les Cousins ne sont pas des raisons suffisantes pour que je lui pardonne Rien ne va plus.

Dans une intrigue qu’on pourrait Continuer la lecture de Rien ne va plus – Critique aisée n°212

César et Rosalie – Critique aisée n°211

Critique aisée n°211

César et Rosalie
Claude Sautet – 1972
Romy Schneider, Yves Montand, Sami Frey

Bon ! Comme, je l’ai dit avant, je me réservais de revoir César et Rosalie pour mes encore plus vieux jours. Mais une récente discussion sur le film de Sautet et le désir de voir s’il pouvait me faire aujourd’hui le même effet qu’autrefois m’ont poussé à revoir César, Rosalie et David. Et voilà, c’est fait.

Durant le temps d’un générique aussi démodé que les voitures de mon père, je suis entré dans le film avec un plaisir anticipé, un peu comme on entre dans une pièce familière et accueillante pour s’installer dans un fauteuil confortable et usé dont on connaîtrait les creux, les bosses et les odeurs. Et pendant deux heures, j’ai retrouvé la beauté bouleversante de Rosalie, le charme discret et lucide de David, l’exubérante maladresse de César. J’ai retrouvé avec délectation cette ambiance des cafés enfumés des quartiers de Paris où se mélangeaient encore Continuer la lecture de César et Rosalie – Critique aisée n°211

Rendre à César… Critique aisée n° 210

Critique aisée n°210

Rendre à César…

Hier, Lorenzo dell’Acqua était tout chose. Il venait de revoir César et Rosalie et, pour tout dire, il n’avait pas aimé.

Ce n’est pas moi qui irais constester le droit à bruler une idole que l’on a adoré autrefois, à trouver mauvais ou seulement médiocre un film que l’on a aimé dans sa jeunesse. L’année dernière à Marienbad, Tirez sur le pianiste, Les tricheurs, Docteur Jivago…

Donc, Lorenzo a trouvé que Montand surjouait un personnage peu crédible, que Schneider, instable, aurait dû se faire soigner, et que Frey était un peu plus ou un peu moins immature (un peu plus ou un peu moins ?) que ses deux partenaires. Leurs histoires d’amour étaient tordues et n’intéressaient plus personne, et en particulier les jeunes gens. La raison qui apparaissait de tout cela était que cette société Continuer la lecture de Rendre à César… Critique aisée n° 210

Mon oncle d’Amérique – Critique aisée n°205

Critique aisée n°205

Mon oncle d’Amérique
Alain Resnais – 1980
Gérard Depardieu, Nicole Garcia, Roger Pierre

L’autre jour, sur Netflix et mon canapé, j’ai vu Mon oncle d’Amérique.

Mon oncle d’Amérique, c’est un film d’Alain Resnais de 1980. Très gros succès commercial à l’époque, célébré comme un chef d’œuvre encore aujourd’hui (par Les Inrocks, notamment), Dans les rôles principaux : Gérard Depardieu, Nicole Garcia, Roger Pierre, Pierre Arditti, Marie Dubois.

Mon oncle d’Amérique est un film didactique, choral, expérimental et ennuyeux.

Quand je suis allé sur Wikipédia pour chercher l’année de sortie, je l’ai vérifiée deux fois avant de l’accepter : 1980 ! Je lui aurais donné 15 ans de plus. Quand on dit de quelqu’un qu’on lui donnerait 15 ans de plus, cela veut dire qu’il vieillit mal. Mais ce n’est pas le cas de Mon oncle… : Mon oncle d’Amérique n’a pas mal vieilli, il était vieux au départ.

Sur un prétexte scientifique souligné par Continuer la lecture de Mon oncle d’Amérique – Critique aisée n°205

Les acteurs – Critique aisée n°204

Critique aisée n°204

Les acteurs
Bertrand Blier – 2000

Bon.
Je n’ai pas vraiment le temps de faire une de ces Critiques Aisées dont vous avez l’habitude, mais je tiens à vous dire un mot sur un film de l’année 2000 que j’ai revu sur NETFLIX le 17 mai dans la nuit, la veille de l’annonce de la mort de Michel Piccoli.

Michel Piccoli fut un grand acteur. Il a eu une très belle carrière, a tourné avec tous les bons réalisateurs, avec tous les bons  acteurs et actrices, en particulier, inoubliable avec la non oubliée Romy Schneider, et il est mort à 94 ans. Belle vie ! Bravo l’artiste ! Je n’ai pas aimé tout ce qu’il a fait, il en a fait tellement, mais resteront pour moi bien sûr les films qu’il a tourné avec Claude Sautet, un “Milou en Mai” très surprenant, un sympathique “Beaumarchais l’Insolent” et un incroyable “Les Acteurs” de Bertrand Blier.

C’est ce film dont je voulais vous parler, celui que je regardais pendant que Piccoli s’éteignait. Il est disponible sur NETFLIX et vous pouvez le revoir à loisir, le re-revoir, le découper en petits morceaux, l’examiner en détail. Le problème avec « Les Acteurs », c’est qu’il est impossible de le raconter. C’est l’univers loufoque, absurde, fantastique, ironique et drôle de Bertrand Blier, un Buffet Froid sans Continuer la lecture de Les acteurs – Critique aisée n°204

Le Cas Richard Jewell – Critique aisée n°201

Critique aisée n°201

Le Cas Richard Jewell
Clint Eastwood – 2019 – 129 minutes
Paul Walter Hauser, Sam Rockwell, Jon Hamm, Kathy Bates

Il est incroyable, le vieux. Il y a un an, il nous avait donné La Mule (vous pouvez cliquer sur le titre) que, dans un bel élan moutonnier, tous les critiques, moi y compris, avait appelé un film testament. Eh bien, voilà qu’il nous en sort un autre : Le cas Richard Jewell.

Moins personnel, moins original, moins testamentaire que La Mule, Le cas Richard Jewell n’en est pas moins le film parfait ; allez, disons presque parfait.

Mettons que vous ayez 90 ans et que vous vouliez faire un film parfait, enfin presque parfait. Comment vous y prenez-vous ?

C’est simple : Continuer la lecture de Le Cas Richard Jewell – Critique aisée n°201

1917 – Critique aisée n°200

Critique aisée n°200

 1917
Sam Mendes – 2020

Voilà : j’ai mis du temps à aller voir 1917. Alors peut-être l’avez-vous déjà vu sans connaitre mon avis. De toute façon, je vous aurais dit d’y aller. Mais si vous ne l’avez pas encore fait, dépêchez-vous, car 1917 ne se joue plus que dans les plus petites des salles des complexes. Le film devrait donc disparaitre bientôt, car il parait qu’il y a un « Ducobu chez les Tuche » qui arrive.

Pour 1917, les critiques ont été généralement très bonnes à l’exception essentielle de Libération. Pour ce journal, le film « manque de point de vue ». Venant de Libération, cela veut probablement dire qu’on n’y trouve ni déclaration pacifiste ni pamphlet anti-capitaliste. Peut-être le journal regrette-t-il aussi que les officiers n’y soient pas montrés comme de sombres brutes alcooliques, aveuglés par la discipline, insensibles au sort des hommes. Libération aime bien les choses simples, claires, manichéennes pour Continuer la lecture de 1917 – Critique aisée n°200

Les Siffleurs – Critique aisée n°198

Critique aisée n°198 

 Les Siffleurs
Corneliou Prumboiu – 2019
Vlad Ivanov, Catrinel Marlon
97 minutes – 8,50 € tarif senior

Nous autres critiques de cinéma, nous aimons bien de temps en temps donner à nos critiques un sous-titre qui, sous la forme d’un jeu de mots, d’un calembour ou d’une référence littéraire, indiquera d’entrée au lecteur le sens de notre appréciation. Par exemple, j’avais fait un « Ad Astra – désastreux » dont j’étais assez Continuer la lecture de Les Siffleurs – Critique aisée n°198

Les Filles du Docteur March – Critique aisée n°196

Critique aisée n° 196

Les Filles du Docteur March
Greta Gerwig
Saoirse Ronan, Emma Watson, Laura Dern, Meryl Streep, Timothée Chalamet, Louis Garrel

Les Filles du Docteur March (Little Women) est un roman écrit par Louisa May Alcott en 1868. Il raconte la vie quotidienne de la famille March, dont le père est parti à la guerre de sécession, laissant derrière lui sa femme et ses quatre filles.
Ce premier roman connu immédiatement un tel succès que Louisa écrivit une suite dès l’année suivante, puis deux autres suites en 1871 et en 1886.
Personnellement, je n’ai lu aucun des romans de Mme Alcott mais je me souviens qu’enfant, le titre français de la traduction du premier volume de la saga, Les Quatre filles du Docteur March, parue en 1951 était sur toutes les lèvres.

Bien entendu le cinéma s’est vite emparé de ce succès, et la dernière adaptation de Greta Gerwig en est en fait la sixième. Vers l’âge de dix ou douze ans, probablement Continuer la lecture de Les Filles du Docteur March – Critique aisée n°196

The Irishman – Critique aisée n°187

Critique aisée n°187

The Irishman
Martin Scorcese – 2019 – 210 minutes
Roberty de Niro, Al Pacino, Joe Pesci
NETFLIX

Trois heures trente, c’est long. Ça dépend pour quoi, me direz-vous. Mais pour un film, même dans son canapé, même avec la possibilité, sans rien perdre de la projection, de se lever sans déranger personne, d’aller au Frigidaire, de regarder dehors, de répondre à un coup de fil, c’est long. C’est drôle, pourtant, Lawrence d’Arabie durait vingt minutes de plus et je n’avais pas trouvé ça long du tout. Bizarre, non ?

Parce que, malgré toute l’admiration que je porte et le respect que je dois à Martin Scorcese, Robert Continuer la lecture de The Irishman – Critique aisée n°187