Journal de Campagne (14)

Journal de Campagne (14)
Dimanche 29 mars 2020 – 16h47

Aujourd’hui, il s’est passé quelque chose : l’article du matin est paru avec une heure de retard. C’est la faute à Giscard et à son heure d’été. C’est réparé : le Journal sera a nouveau distribué à l’heure. Jusqu’à la foutue heure d’hiver.

Et il vient de se passer autre chose : la chute de quelques flocons de neige.

Mais avant-hier, il ne s’était rien passé. Hier non plus. Tellement rien que j’en ai été réduit à vous parler d’un distributeur automatique de légumes et du Monde de l’Écriture. C’est dire !
Aujourd’hui, à l’heure d’écrire mon petit mot quotidien, j’essaie de me rappeler quel a été l’évènement marquant de la journée (autre que l’avènement de l’heure d’été). Fut-ce le lever du soleil ou le passage du facteur ? Vous me direz que ce dimanche n’est pas achevé et qu’il peut se passer Continuer la lecture de Journal de Campagne (14) 

Syracuse

Morceau choisi

Bernard Dimey était né en 1931 à Nogent en Bassigny, Haute Marne, et il est mort à Paris en 1981. Entre temps, il a habité rue Lepic.  Il y a écrit des poèmes, dont celui-ci, le plus connu peut-être, peut-être le plus beau.
Dégustez le, fredonnez le, car vous connaissez la mélodie bien sûr.

 

J’aimerais tant voir Syracuse
L’île de Pâques et Kairouen
Et les grands oiseaux qui s’amusent
A glisser l’aile sous le vent

Voir les jardins de Babylone
Et le palais du Grand Lama Continuer la lecture de Syracuse 

Journal de Campagne (13)

Journal de Campagne (13)
Samedi 28 mars 2020 – 16h47

Mardi dernier, je vous ai entretenu de mes lieux d’écriture.
Aujourd’hui, j’aimerais vous parler du Monde de l’Écriture. Ne craignez rien, je ne vais pas vous parler de ce Grand Monde exclusif que, nous autres écrivains, nous formons, avec ses amitiés et ses haines, ses espoirs et ses déceptions, ses artistes et ses faisans, ses acrobates et ses tâcherons, ses agents et ses éditeurs, ses critiques et ses lecteurs… Non, je vais plus simplement vous parler d’un forum dont le nom est « Le Monde de l’Écriture ».

Le Monde de l’Écriture, qu’est-ce que c’est ?
D’abord, c’est sur Internet. C’est un site, c’est-à-dire un lieu virtuel, fréquenté par des gens qui écrivent, un peu, beaucoup, à la folie, passionnément. Qu’ils écrivent bien ou mal, que leurs textes soient longs ou courts, qu’ils abordent le drame, la comédie, l’épopée, la poésie, qu’ils soient plein d’humour ou de prétention ou de fautes d’orthographe, les adeptes y viennent en procession déposer leurs textes, les soumettant ainsi à la critique des autres. C’est le jeu. C’est ce que Continuer la lecture de Journal de Campagne (13) 

Le Rostand

Ce texte a été publié une première fois le 29 novembre 2014. Depuis quelques mois, j’y vais moins souvent, au Rostand. J’ai longtemps espéré y vivre la scène que je décris ci-dessous, mais je finis par me lasser et me dire que ce n’était peut-être pas la bonne méthode pour trouver un éditeur. Et puis, la clientèle, ça manque quand même un peu de jeunes. 

Couleur café (14)

Le Rostand    15 rue de Médicis


En cette fin d’après-midi de juin, la circulation dans la rue de Médicis est étonnamment réduite. Il doit y avoir une grève de quelque chose quelque part qui a empêché les banlieusards d’arriver ce matin, à moins que ce ne soit la méthode Hidalgo qui commence à porter ses fruits. On est entre nous, en quelque sorte. Le soleil filtre à travers les arbres et éclaire gentiment la terrasse du Rostand, toujours pleine à cette heure. Le Rostand a été refait il y a quelques années. C’est maintenant un magnifique café de style Napoléon III, un peu chic et un peu cher. Quand il fait beau, la terrasse, qui fait face à l’ouest, est un de mes endroits favoris. Les passants choisissent plutôt le trottoir d’en face, celui qui longe les grilles du Luxembourg. Ils sont attirés par ces éternelles et lassantes expositions de photographies que les administrateurs du Sénat se croient obligés d’accrocher aux grilles, sans doute pour se justifier de leur budget ‘culture’, et dont le principal effet est d’empêcher de voir le jardin.

…..Tu reprends un café? Je crois qu’on va taper très fort à la rentrée avec le dernier de Bernard. Je viens de finir la lecture, c’est encore Continuer la lecture de Le Rostand 

Journal de Campagne (12) et Nouvelles du Front -27 mars

Journal de Campagne (12)
Vendredi 27 mars 2020

 Hier, en fin d’après-midi, après avoir admiré une dernière fois mon tas de bois et répondu aux quelques commentaires que mon billet précédent avait déchainés, j’ai regardé une vingtaine de minutes d’une émission-débat sur L.C.I. Je vous en parlerai tout à l’heure.

Mais avant ça : merci à ceux qui se donne la peine de rendre accessible aux lecteurs du JdC le récit de leurs aventures covidiennes et leurs remarques sur la vie en général ou en particulier. Pour les autres, il semble qu’il existe une barrière psychologique, une sorte de distanciation sociale, une pudeur ou une timidité qui les retient de faire connaitre leur avis au cercle restreint des lecteurs du JdC. C’est particulièrement étonnant à une époque où tout un chacun partage moindre de ses émotions avec le reste du monde par voie de Facebook et d’Instagram, sans parler des gags désopilants venus Continuer la lecture de Journal de Campagne (12) et Nouvelles du Front -27 mars 

Journal de Campagne (11)

Journal de Campagne (11)
Jeudi 26 mars 2020 – 16h47

Hier, il ne s’est rien passé. Rien du tout.
Quand on est à la campagne, c’est un peu prévisible, non ?

Ah si ! quand même : je suis allé acheter des légumes et des œufs à la ferme du coin(1).
« Quelle imprudence ! me direz-vous. Et le confinement alors ? »
Rassurez-vous, je n’ai rien risqué, ni pour moi, ni pour le fermier.

Vous allez comprendre.

À la lisière d’un tout petit village situé à moins de cinq kilomètres de Champ de Faye, il y a une ferme. Normal.
N’allez pas imaginer une longère avec colombages, géraniums aux fenêtres, pelouse et massif de fleurs au milieu de la cour. Non. On n’est pas chez Disney ici ; c’est l’Aisne, rappelez-vous.
Donc, il y a une ferme.
Dans une grange à peine Continuer la lecture de Journal de Campagne (11) 

Ecrire ? Oui, mais quoi ?

On peut très bien vivre de sa plume ; ça dépend où on la met
Joséphine Baker

Si vous n’avez pas mal quelque part, inutile d’écrire
Paul Morand

L’Histoire est une suite de mensonges sur lesquels les hommes se sont mis d’accord
Napoléon

Si les gens heureux, comme on le prétend, n’ont pas d’histoire, ils feraient mieux de ne pas nous la raconter
Paul-Jean Toulet

(aphorismes extraits de la collection personnelle de Lorenzo dell’Acqua)

 

Journal de Campagne (10)

Journal de Campagne (10)
Mercredi 25 mars 2020 – 16h47

En Amérique, il s’en passe des choses.

Le Donald trouve que le COVID-19, ça va bien comme ça, que quinze jours de pseudo-confinement, c’est mauvais pour la Bourse — et que si c’est mauvais pour la Bourse, ce n’est pas bon pour lui —  et que l’Amérique doit retourner au business as usual avant Pâques, le 12 avril prochain, et qu’avec un peu de Chloroquine, ça va bien se passer ;

Bien entendu, tous les experts scientifiques, les autorités sanitaires, et les expériences étrangères lui disent que ce serait une folie de lever ou même de ne pas renforcer les mesures de restriction. Les mêmes lui disent aussi que les essais sur la Nivaquine sont encore Continuer la lecture de Journal de Campagne (10)