Dernière heure : Hidalgo et Trump soulagés !

Dernière heure : Hidalgo et Trump soulagés !
Mercredi 5 décembre

Hidalgo et Trump peuvent dormir tranquilles. Ils peuvent bien faire ce qu’ils veulent, c’est à dire n’importe quoi. Je n’écrirai plus sur eux : à présent, je m’en fiche. Tout ce qui m’importe, c’est ce qu’ont fait, font et vont faire les Gilets Jaunes.

Il n’est plus temps de souligner l’incohérence de leur mouvement, la part prépondérante qu’ont prise les chaines d’info, BFM en tête, dans sa croissance exponentielle, ou l’impossibilité de discuter avec des porte-paroles sans pouvoir ni représentativité, menacés physiquement par leurs propres troupes.

Mais il est encore temps de parler à cette incroyable Continuer la lecture de Dernière heure : Hidalgo et Trump soulagés ! 

La parole est à Tom Wolfe

Morceau choisi

En 2012, Everett publie Language : The Cultural Tool, une présentation du matériau linguistique glané en Amazonie qui a la forme d’une étude scientifique rigoureuse et met les points sur les i : la parole, le langage n’est pas le fruit d’une « évolution » de l’Homo Sapiens à l’instar de celle qui a permis à l’espèce de développer la dextérité de ses extrémités supérieures ou une anatomie presque dépourvue de poils. La parole est une fabrication de l’homme, et celle qui explique le triomphe de l’Homo Sapiens sur le reste des créatures vivantes avec une pertinence dont les évolutionnistes ne peuvent même pas rêver.

Extrait de  » Le règne du langage – Enquête sur les origines de la langue » par Tom Wolfe -2016.

Et pan sur le bec à Darwin !

Ma critique aisée de cet essai est faite. Vous pourrez la lire un de ces jours, et là, vous saurez qui est Everett.

ET DEMAIN, DU BON USAGE D’UNE PHOTO DE VACANCES

Dernière heure : BFM  a mal au coeur

Dernière heure : BFM  a mal au coeur
Lundi 3 décembre

Ce matin, BFM se désolait de la tournure des évènements lors des manifestations de samedi dernier. Le présentateur parlait d’images « qui font mal au cœur ». Il commentait tristement les caillassages des CRS par les porteurs de l’uniforme jaune à la mode. Il était sobrement scandalisé par les dégradations de l’Arc de Triomphe.

C’est donc la deuxième fois que BFM change de ton dans ses commentaires sur le mouvement.

Au début du mouvement, pendant environ un mois, BFM et (mais dans une moindre mesure) ses consorts  ont surmédiatisé les Gilets Continuer la lecture de Dernière heure : BFM  a mal au coeur 

Les Veuves – Critique aisée n°143

Critique aisée n° 143

Les Veuves
Steve McQueen – 2018
Viola Davis, Michelle Rodriguez, Elizabeth Debicki, Cynthia Erivo, Robert Duvall, Colin Farell, Liam Neeson.

Le pitch est totalement artificiel : les veuves de quatre braqueurs tués au cours de leur dernier casse se réunissent pour poursuivre leur travail et rembourser leurs dettes. McQueen — j’ai du mal à dire complètement le nom du réalisateur, Steve McQueen, car pour moi, il n’y a qu’un seul Steve McQueen et ce n’est pas lui — a tiré, dit-on, d’une série télévisée britannique, un puissant thriller qui est une vraie réussite du genre. Construit très classiquement  — braquage raté, recrutement et préparation du braquage suivant, braquage et chute — le film est très efficace, la fin n’est pas trop attendue et la scène d’ouverture — le casse des hommes qui tourne mal — coupe carrément le souffle.

A peine caricaturales, les quatre femmes sont assez réussies. On appréciera les performances, brèves mais excellentes, de Robert Duvall et de Colin Farrell. On voit si peu Liam Neeson qu’il en est supportable.

Si vous aimez le genre, vous ne devriez pas être déçus.

ET DEMAIN, TOM WOLFE VOUS PARLE

Les missions de Lorenzo (2)

Dans la journée, Lorenzo dell’ Acqua se promène souvent. Il se donne des missions : parcourir tel quartier, déambuler dans tel musée, faire tant de kilomètres. Il en tire des photographies accompagnées souvent de commentaires, parfois de brèves histoire. Il appelle ça ses « Écrits illustrés de Paris ». Moi je les range sous le titre générique « Les missions de Lorenzo ». Voici la deuxième:

Mardi 9 janvier  : 11,3 km

Metro ligne 6 jusqu’à la station Bir-Hakeim. La Seine est en crue et j’espère trouver des vues inhabituelles de ces quais que je connais par cœur au propre comme au figuré. Le ciel est gris, les nuages bas et la lumière blafarde. La pluie n’est pas loin et je reçois quelques gouttes près de la Tour Eiffel.

un chapelet de péniches semble abandonné au beau milieu de la Seine

Ailleurs, c’est un spectacle inconnu et dévasté qui s’offre à moi

En approchant de la place de la Concorde le paysage s’organise soudain pour le photographe. La Grande Roue bientôt démontée répond aux graffitis colorés sur l’ancienne voie express. A priori tout cela est très laid mais je vais tenter quand même quelques photos. Impossible de prévoir si Continuer la lecture de Les missions de Lorenzo (2) 

De l’importance du langage

Morceau choisi

C’est le langage sous toutes ses formes qui a propulsé l’être humain au-delà des frontières étriquées de la sélection naturelle, lui a donné la pensée abstraite et la capacité de planifier l’avenir, ce qu’aucun animal ne peut faire, de mesurer les choses autour de lui et de se souvenir de ces relevés pour la suite, ce qui n’est donné à aucun animal, de concevoir l’espace et le temps, Dieu, la liberté et l’immortalité, et de prendre des éléments de la Nature pour confectionner des outils, que ce soit une hache ou une projection algébrique. Pas un animal n’approche même de loin de ce niveau de développement. La doctrine darwinienne de la sélection naturelle était incapable d’intégrer l’existence des outils, par définition non naturels, et encore moins celle de l’Outil suprême, le Mot. C’est l’inexplicable pouvoir du Mot, de la parole, du langage, qui poussait Darwin dans la folie, et Wallace de l’Autre côté.

Extrait de « Le règne du langage – enquête sur les origines de la langue » par Tom Wolfe -2016.

Je ferai plus tard la critique de ce petit bouquin, un essai passionnant.

ET DEMAIN, UNE NOUVELLE MISSION DE LORENZO

En Liberté ! – Critique aisée 142

Critique aisée 142

En Liberté !
Pierre Salvadori – 2018
Adèle Haenel, Pio Marmal, Audrey Tautou

Depuis quelques années, en fait depuis la disparition de Gérard Oury, de Philippe de Broca, d’Edouard Molinaro, d’Yves Robert et de quelques autres, la comédie n’est plus un genre très bien traité par le cinéma français. Bien sûr, de temps en temps, nous avons des bonnes surprises, mais pour un Ridicule ! combien de Taxis I, II, III, pour un Beaumarchais l’Insolent, combien de Tuches I, II, III, et pour un Intouchables, combien d’Alad’1, Alad’2 ?

La fin de cette année nous a pourtant donné une très honorable comédie, Le Grand Bain, dont j’ai fait une critique mesurée ici même il n’y a que quelques jours.

Elle nous donne aussi En Liberté !, comédie bien plus qu’honorable. Contrairement au Grand Bain qui accumulait les clichés et les stéréotypes dans tous les domaines de la réalisation, En Liberté ! est totalement original, ébouriffé et toujours surprenant. Pas une seule situation qui évolue dans le sens que vous anticipiez, pas un seul personnage qui fasse ou dise ce que vous attendiez de lui, vous êtes constamment pris à contre-pied, ce n’est pas courant, et c’est très drôle. Comme toujours, je ne vous raconterai pas le film. Pour ça, vous pouvez lire n’importe quelle critique professionnelle. Mais je me permets quand même de souligner à votre attention quelques gags d’arrière-plan parmi d’autres :

-des vigiles assistent médusés en direct à une scène de casse de bijouterie sur leurs écrans de surveillance et réagissent comme si c’était une série télévisée.

-un tueur en série repentant essaie à plusieurs reprises de se constituer prisonnier, mais les flics sont trop occupés par leurs problèmes personnels pour l’écouter.

-des flics en uniforme sortent d’urgence en intervention en courant en zigzag à cause des barrières de sécurité qui protègent le commissariat.

Bon film, vous pouvez y aller.