L’opinion commune

(…) Lorsque les conditions sont inégales et les hommes dissemblables, il y a quelques individus très-éclairés, très-savants, très-puissants par leur intelligence, et une multitude très-ignorante et fort bornée. Les gens qui vivent dans les temps d’aristocratie sont donc naturellement portés à prendre pour guide de leurs opinions la raison supérieure d’un homme ou d’une classe, tandis qu’ils sont peu disposés à reconnaître l’infaillibilité de la masse.

Le contraire arrive dans les siècles d’égalité.

À mesure que les citoyens deviennent plus égaux et plus semblables, le penchant de chacun à croire aveuglément un homme ou une certaine classe diminue. La disposition à en croire la masse augmente, et c’est de plus en plus l’opinion qui mène le monde.

Non seulement l’opinion commune est le seul guide Continuer la lecture de L’opinion commune

Le mardi, c’est Mythologie (6)

Orphée entre en scène
ou
Le sac d’Eurydice

Il faut tout d’abord comprendre une chose, c’est qu’Orphée est une star, la plus grande star de son époque. Les nymphes, les satyres, les muses, les demi-dieux, et les dieux eux-mêmes, tout le monde fredonne ses compositions. Sa dernière tournée au Mont Olympe a fait un malheur pendant une éternité. Donc, Orphée est une star, et rien ne résiste aux stars. Ce qui ne les empêche pas d’avoir bien des malheurs.

Très contrarié par la mort  d’Eurydice, son égérie du moment, mordue par le serpent que, par plaisanterie, Hermès avait amené chez eux,  Orphée s’est enfermé dans sa chambre. Il a bu des amphores de nectar au point de tomber dans un coma olympique. A son réveil, il est tout d’abord demeuré d’un calme olympien, au point que c’en était inquiétant. Prostré, il répétait sans cesse: “j’ai perdu mon Eurydic-eu, rien n’égal-eu ma douleu-eur”. Bref, il en faisait tout un opéra. Puis il s’est mis à tout casser dans sa villa, depuis l’arc de bois de rose dont Cupidon lui avait fait cadeau jusqu’à la très jolie maquette de l’Argo, gage de reconnaissance de son ancien capitaine, le commandant Jason. Enfin, il a promis, juré, craché qu’il ne chanterait plus ni ne jouerait de sa lyre à  neuf cordes tant qu’Eurydice Continuer la lecture de Le mardi, c’est Mythologie (6)

Rendez-vous à cinq heures : souvenir de cinéma (28)

La page de 16h47 est ouverte…

Les Sept mercenaires
John Sturges – 1960
Yul Brynner, Steeve McQueen, Eli Wallach, etc, etc…

Brillant et fidèle remake des Sept samouraïs, le chef d’œuvre de Kurosawa.
Dans le film, parmi les sept mervenaires, seulement trois survivent au dernier combat. Dans la réalité, ils sont morts tous les sept. Triste nouvelle.

Regardez l’une des premières scènes du film, celle du cimetière. Vous y verrez apparaitre Steve McQueen dans son premier vrai grand rôle. Voyez comme, sans pratiquement rien faire, il efface la vedette de l’époque, Yul Brynner.

Cliquez sur le lien ci-dessous et voyez comme McQueen prend la lumière.

https://www.youtube.com/watch?v=6Q8-qZxe_y0

Samedi à la campagne

Quand je descendis du train à la gare de Martel-sur-Seine, je me demandais encore pourquoi il m’avait invité.

Je l’avais rencontré au début de la semaine dans le TGV. Il s’était assis sur le siège qui me faisait face. Il avait tout de suite engagé la conversation et pendant la première demi-heure du trajet, nous avions tenu la discussion habituelle, celle que tiennent deux inconnus réunis par le hasard et destinés à se séparer un peu plus tard et pour toujours sur le quai d’une gare. Et puis, il m’avait proposé d’aller prendre un whisky au bar. Et à partir de ce moment, il n’avait plus parlé que de lui, de ses affaires, de sa femme Françoise, de ses enfants, de sa voiture, son chien, ses chasses, sa propriété en Seine-et-Marne. Alors que le train ralentissait pour entrer dans Paris, il m’avait dit:

       — Vous êtes célibataire, vous m’avez avoué tout à l’heure que vous aimiez la campagne et que le week-end vous n’avez rien de particulier à faire. Venez donc chez moi, enfin chez nous, à Martel samedi prochain. Vous verrez, c’est très agréable. Le train du samedi est très pratique, il arrive là-bas à onze heures quinze. Continuer la lecture de Samedi à la campagne

Dernière heure : le scrutin à deux roues

Aux dernières municipales, Anne Hidalgo n’avait été élue maire de Paris qu’avec 225.000 voix sur 1.300.000 inscrits. (On doit cette  anomalie à la loi dite PLM qui avait été taillée sur mesure par François Mitterrand en 1982 à l’attention de Gaston Deferre, mais dont nous supportons encore les effets quarante ans plus tard.) Dans la ville dont elle est encore maire et qu’elle s’obstine à reconfigurer à son propre goût, elle n’a obtenu aux présidentielles où elle représentait le P.S. que 22.901 voix, soit dix fois moins qu’aux municipales. 

Selon les derniers comptages, cela représente à peu près le nombre de cyclistes empruntant les jours de beaux temps la rue de Rivoli et le boulevard Sébastopol.

On se perd en conjectures pour savoir si la claque Continuer la lecture de Dernière heure : le scrutin à deux roues