Aux coiffeurs…

Déjà publié le 27/03/2015 sous le titre “Au coiffeur”.

Dehors, il fait gris sombre, froid humide et triste angoisse. Quand on passe badaudant devant la vitrine floue de la rue Saint Jacques longue, le trottoir est jaune enluminé.
Si on entre dans l’aquarium boutique, c’est encore mieux : il fait blanc lumineux et chaud tropical. Les vents électriques des séchoirs mangeurs de crânes recouvrent à peine les conversations molles et la musique en tube. D’étranges êtres capés immobiles se contemplent assis dans des miroirs lumière encadrés. Des esclaves serviles légers leur reforment la crête luisante hirsute.

Si l’on a pris bonne et due date, c’est le paradis retrouvé. On se place aussitôt parmi les maitres absolus que des serviteurs emblousés arrosent de pluies tièdes, massent de mousse odorante, abreuvent de café sucré, instruisent de considérations indispensables Continuer la lecture de Aux coiffeurs…

Photos souvenirs – 6

Lorenzo poursuit son pèlerinage des bistrots évocateurs de souvenirs

Ce n’est ni à la lignée royale ni à l’alcool que me fait penser cette enseigne mais au quai Bourbon sur l’île Saint Louis. Ah, l’Ile Saint Louis, en voilà un voyage à faire absolument ! En guise d’introduction, il faut lire les ouvrages des auteurs qui en ont le mieux parlé et qui sont tous américains : Henry Miller (Lettres à Emil), John Dos Passos (La Belle Vie), Gertrud Stein (Paris, France), Janet Flanner (Chroniques d’une américaine à Paris), et surtout Ernest Hemingway dont l’émouvant Paris est une Fête est pour moi le Continuer la lecture de Photos souvenirs – 6

Sacrée soirée (9)

9

De taille moyenne, elle porte une ample blouse noire, un pantalon moulant noir qui s’arrête à mi mollet — je crois que ça s’appelle un legging, mais je n’y connais rien — et de grosses chaussures noires du genre Rangers avec une énorme semelle débordante jaune. Ses cheveux très noirs, coiffés à la Play-Mobil, encadrent un visage très pâle. Ses lèvres minces ne portent aucun maquillage. Elle n’a pas de sac mais elle serre dans sa main gauche un gros portefeuille noir et un iPhone arc en ciel presque aussi gros. Porté en sautoir, ce qui ressemble à une chaine de vélo en or pend à son cou. Mais ce qui frappe chez elle, ce n’est pas la chaine de vélo ni les invraisemblables semelles de ses Rangers, c’est que, d’où qu’on la regarde, chez elle, tout est rond : son crâne, son visage, ses yeux, son nez, mais aussi ses épaules, son buste… La blouse qui tombe Continuer la lecture de Sacrée soirée (9)

Brèves de mon comptoir (5)

9/09 – Calmann-Levy et Robert Laffont ont déjà refusé mon manuscrit du Cujas. Je propose qu’on les boycotte.

9/09 – Demain, un jour, je me renseignerai sérieusement et je comprendrai enfin ce que c’est que le bitcoin. Ensuite, je ferai la même chose avec le Cricket.

8/09 – vu sur Arte Chasseur blanc, coeur noir, le film de Clint Eastwood qui a perdu le plus d’argent au box-office. Depuis, c’est pour moi l’un des trois ou quatre meilleurs d’Eastwood, avec Minuit dans le jardin du bien et du mal et La Mule. Surprenant à tous les étages. Je vais peut-être en faire une Critique aisée. 

Rendez-vous à cinq heures : Le Karakorum

La page de 16h47 est ouverte…

Le Karakorum
par Guy

La Route du Karakorum, là-bas au Pakistan, la KKH, vous connaissez ?

A l’occasion de la fin d’une mission à Karachi (études du Génie Civil du nouvel aéroport, je passe…), je ne pouvais quitter cette terre sans visiter ce lieu magique. YouTube peut vous le confirmer.

Donc, Karachi-Islamadad puis, en autocar, Rawalpendi Continuer la lecture de Rendez-vous à cinq heures : Le Karakorum

Brèves de mon comptoir (4)

7/09 – Petite pensée pour aujourd’hui : « Tout le monde est un génie. Mais si vous jugez un poisson à sa capacité de grimper à un arbre, il vivra toute sa vie en croyant qu’il est stupide. » A.Einstein

5/09 – reçu aujourd’hui une réponse de David Belliard, adjoint à la mairie de Paris en charge de la transformation l’espace public, des transports, des mobilités, du code de la rue et de la voirie (SIC) à ma lettre d’il y a un an qui concernait la guerre impitoyable que mènent les deux-roues contre les Continuer la lecture de Brèves de mon comptoir (4)

Sacrée soirée (8)

8

— Voici André. André est médecin. Je fais une présentation collective. Ensuite, vous vous débrouillerez sans moi pour faire plus ample connaissance ! Ah ! Ah ! André, voici Marcelle. Marcelle est une brillante femme politique, pleine d’avenir. Pour le moment, mais ce n’est qu’un début, elle est Maire d’Antony ! Vous connaissez ?

— Maire de Gentilly, Renée, pas d’Antony. Gentilly ! corrige Marcelle.

— Suis-je bête ! Je ne m’y ferai jamais. De Gentilly, bien sûr ! Et voici Anne, la charmante épouse de Gérald qui est là-bas près de la fenêtre.

Charmante épouse, tu parles ! Mais Renée poursuit :

— Gérald est courtier. Je n’ai jamais compris en quoi consistait son métier. Ah ! Ah !

La gourde ! Ce n’est pourtant pas faute de lui avoir expliqué !

— Gérald ! Ne reste donc pas tout le temps collé à cette fenêtre. La Place des Vosges est belle, c’est entendu, mais enfin, nous aussi ! Ah ! Ah ! Bon, ça, c’est Charles. Charles est écrivain. J’aime beaucoup ce qu’il fait. Et puis, voici François Longchamp, l’acteur. Vous le connaissez certainement ?

— Mais bien sûr, Monsieur Longchamp, tente de mondaniser le toubib. J’ai lu que vous sortiez bientôt un nouveau film ?  Les Nouveaux pauvres, je crois. C’est pour quand ?

— Ç’a été reculé à fin septembre, répond Longchamp, aux anges. Commercialement parlant, c’est meilleur comme date de sortie. Mais dans deux mois, Canal+ commence une nouvelle série, Embrayages, où j’ai un rôle récurrent…

Et il ajoute en se tournant vers Charles :

—… mais je jure que ce n’est pas moi qui joue Monsieur Loyal dans le Cirque Merveilleux !

— Pardon ? dit André

— Rien, rien. C’est sans importance, répond-il puis se tournant vers Renée : Dites-moi, chère hôtesse, on dine à quelle heure chez vous ? Parce que… Tiens ! On a sonné. Tout espoir n’est pas perdu ! On va peut-être pouvoir passer à table ! Ah ! Ah !

Mais quel butor, cet acteur ! Il a vraiment tout à apprendre ! Bon, c’est vrai qu’il a un peu raison, parce que je commence à avoir la dalle, moi aussi. Heureusement, Renée revient avec sa dernière invitée.

A SUIVRE

Bientôt publié

7/09, 16:47 Brèves de mon comptoir (4)
8 Sep, 07:47 Le parc à jeux
9 Sep, 07:47 Pont tordu et de travers
10 Sep, 07:47 Sacrée soirée (9)