HHH, NYC, USA (7) – David Cosby

7-David 

David Cosby a trente-deux ans. Il est célibataire. Il est petit et pas très beau garçon. Et il est noir. Mais il dirige le secteur commercial le plus important pour HHH, le NORTH-EAST-USA ; mais c’est sa région qui progresse le mieux depuis trois ans ; mais il a le huitième salaire de la société ; mais il a un succès fou avec les femmes, quelle que soit leur couleur. Il sort du Massachussetts Institute of Technology et de la Goethe Universität Frankfurt. Il conduit un cabriolet Aston Martin tout neuf et il habite un penthouse avec vue sur Rockfeller Park et la rivière Hudson.

Martinoni a bien vu que Cosby l’observait. 

<<…ce petit con de Cosby me regarde avec son air malin…ce sale ambitieux se voit déjà à ma place…il aimerait bien que je me plante, surtout devant Jerry…>>

—Harry, je ne vais quand même pas faire venir la sécurité pour éjecter un vieux camarade comme toi. Alors, puisque tu veux rester, reste. Mais ne dis plus un mot. D’accord ?

—D’accord, Bob, vieux camarade…

Sous ce nouveau sarcasme, Martinoni avale sa salive avec effort et poursuit : Continue reading

Detroit – Critique aisée n°103

Detroit 
Kathryn Bigelow – 2017
John Boyega, Will Poulter.

Le Huffington Post, par sa journaliste Jeanne Theoharis, a qualifié Detroit (prononcez Ditroïte) de film de plus inconséquent et dangereux de l’année. Ce professeur en sciences po au Brooklyn College a trouvé que le scenario faisait la part trop belle aux individus, victimes et tortionnaires, au détriment de la communauté noire d’une part et de la police de Détroit d’autre part. En d’autres termes, elle aurait aimé que Kathryn Bigelow nous présente un cours d’histoire sur les émeutes raciales de 1967 à Detroit, qu’elle nous expose ce qui s’était passé avant, pour pouvoir expliquer le pendant et l’après. La journaliste aurait voulu un documentaire historique ou à la rigueur un film plus démonstratif, plus clairement engagé contre le racisme (50 ans après les évènements !). Voilà pourquoi le film est inconséquent. Mais pourquoi il est dangereux, l’article ne le dit pas. Elle nous apprend aussi, et c’est très intéressant, que la communauté noire de Chicago, réagissant au dénouement du véritable procès, avait organisé elle-même un procès « privé » pour rétablir les faits réels et prononcer des condamnations. C’eut d’ailleurs été un excellent sujet que le déroulement parallèle du procès légal et du procès populaire des mêmes évènements (je pense que je devrais déposer le concept). Mais ce n’était sans doute pas le but de Bigelow. Elle n’a pas voulu « expliquer », c’est-à-dire exposer les raisons de ce déchainement de violence, celui des émeutes d’abord, puis celui des policiers. Elle a voulu montrer, tout simplement. Les critiques du Monde, de Télérama et du Nouvel Obs sont positives. Convenues mais positives. Quant à celle de Libération, elle est incompréhensible, mauvaise, mais incompréhensible, sous un inévitable et pénible titre-calambour : « Détroit, un effroi à l’étroit ». Mais dans quelle cour d’école vont-ils chercher tout ça ?

Vous savez maintenant, grosso modo, ce que pense de ce film l’essentiel de l’élite intellectuelle. A moi, maintenant : Le décor est rapidement planté ; les émeutes démarrent à la suite d’une banale descente de police dans un bar clandestin fréquenté par les noirs. Les choses tournent mal, et la ville est rapidement mise à feu et à sac. Dans ce contexte, quelques jeunes noirs et deux jeunes blanches en quête d’aventures font la fête dans un motel de la ville. La Garde Nationale passe à proximité et l’un des fêtards tire un coup de pistolet d’alarme en direction de la garde. Le motel est mitraillé puis envahi par quelques policiers, qui vont se livrer pendant de longues à des actes de torture physique et morale pour connaitre l’identité du tireur. Il y aura plusieurs morts, un procès et des acquittements.

Voilà pour l’histoire. Maintenant, le traitement : les scènes de rues en émeute sont vraiment réussies : violentes, désordonnées, enfumées, confuses. Le huis clos entre les policiers et les « suspects » est absolument terrifiant de violence. Les policiers n’ont aucune excuse, il n’y a pas de fatalité, par d’évènement fortuit, pas de malentendu, pas de panique, rien, rien qui puisse expliquer leur déchainement, si ce n’est leur racisme et leur bêtise. Cette deuxième partie du film est très réussie, très tendue, très éprouvante. On en sort épuisé. La troisième partie du film, l’enquête et le procès, m’a parue bâclée.

Ce n’est pas uniquement à cause de cette dernière remarque que je ne suis pas totalement emballé par « Detroit ». Ce doit être aussi parce que j’ai toujours tendance à faire des comparaisons avec des films plus anciens. Celui auquel on ne peut pas ne pas penser, c’est Mississippi Burning. Mississippi Burning, qui était tout aussi terrible dans sa présentation du racisme, racontait aussi des faits réels, survenus trois ans plus tôt. Mais Alan Parker avait donné à ses personnages principaux (Gene Hackman et Willem Dafoe) beaucoup plus de consistance que Kathryn Bigelowe n’a su le faire avec les siens. Et puis, le procès n’était pas bâclé.

ET DEMAIN, LA SEPTIÈME PARTIE DE HHH, NYC, USA : SAMMY DAVIES JR DANS LE ROLE DE  DAVID COSBY

 

HHH, NYC, USA (6) – Robert Paulsen

6-Robert

Robert Paulsen a trente-deux ans. Il dirige le secteur commercial MIDWEST-USA. Il est né à Duluth, Minnesota, dans une famille d’origine norvégienne. Il est divorcé, sans enfants et, depuis deux ans, il vit avec une jeune femme noire, Djeyma, vingt et un ans. Elle est originaire d’Haïti, sans papiers et très jolie. Bob mesure 198 centimètres. C’est pour ça, et aussi pour le différencier de Bob Martinoni, qu’on l’appelle ironiquement « Little Bob ». Son secteur marche correctement, mais sans faire vraiment d’étincelles. Tout le monde aime bien Little Bob ; tout le monde déclare qu’il est gentil, en le disant avec cette nuance d’affection qui fait bien comprendre qu’il est effectivement gentil, mais pas très malin. Bob Paulsen est bien content d’avoir cette si bonne situation dans cette société si chaleureuse où tout le monde l’apprécie tant. Pourtant, Bob a un problème : quand il a voulu présenter Djeyma à ses parents, son père, assureur à Duluth, lui a donné à choisir entre sa famille et cette « fille de couleur ». Cela s’est passé il y a presque un an et, depuis, il n’a pas revu ses parents. A chaque réunion, Continue reading

Place de la Bastille

Regardez la première photo : On vient d’achever le nouveau socle de la Colonne de Juillet ! On l’a voulu dans le même style que celui de l’Opéra Bastille.
Regardez maintenant la deuxième : ce socle s’intègre tellement bien dans l’alignement des bâtiments de l’Opéra qu’on a du mal à les distinguer.

C’est vachement réussi !

Aussi moche que l’Opéra !

A lire ou relire : A la Bastille…

ET DEMAIN, LA SUITE DE HHH : ÇA VA ETRE LE TOUR DE « LITTLE » BOB PAULSEN

 

HHH, NYC, USA (5) – Richard Dunbar

5-Richard

La région de Richard Dunbar, c’est SOUTH-USA. Richard est d’origine écossaise, mais il est né à Savannah, comme son grand-père, son père et sa mère. Il a cinquante et un ans et il habite Roosevelt Island, entre Manhattan et le Queens. Son grand plaisir le matin pour se rendre à son bureau, c’est de prendre le téléphérique au-dessus de l’East River. Quand il est dans la cabine qui oscille silencieusement dans le soleil, dans la brume ou sous la pluie, il regarde à chaque fois avec la même émotion les façades des immeubles de Manhattan avancer lentement vers lui. Une fois arrivé à la gare de la 2ème Avenue, il salue Khan, le vendeur ambulant de la 59ème, lui achète un café géant dans un gobelet en carton et se rend à pied jusqu’à Madison. Mais il sait qu’il va bientôt devoir quitter son ile, à la fois si calme et si proche de la fièvre du cœur de la ville. Il est en instance de divorce et la procédure est loin d’être amiable. La pension alimentaire qu’il va devoir verser à sa femme, le partage de leurs quelques biens, les frais d’université de leur dernière fille, tout cela ne lui permettra pas de garder son appartement avec vue sur Manhattan par-dessus la rivière. Mais aujourd’hui, les soucis de Dunbar Continue reading