Mon roman – 1

Mon roman
Je vais écrire un roman. Pour l’instant, je n’ai pas le sujet. Mais tout le reste est prêt. Voyez plutôt :

 1 – Titre et épaisseur de mon roman

Le titre

Le titre de mon roman n’aura pas de rapport avec son sujet. Il devra tout simplement être vendeur, car qu’est-ce qu’on demande d’autre à un titre ?

Prendre le prix du livre comme titre, c’est une bonne idée de départ : 19,99 €, ça sonne bien. Et puis, en cas de dévaluation, ça fait un nouveau roman. Mais Beigbeder a déjà fait le coup avec ses deux bouquins 99 Francs et 14,99 Euros.

J’avais également pensé à « Comme il vous plaira« . Ça n’engage à rien et ça donne envie, mais ça aussi, c’était déjà pris.

En fait, le titre, s’il ne dépend pas du sujet, doit dépendre du genre. Pour une autobiographie, « Moi » serait un bon titre, mais je crains que Sacha Guitry ne l’ait déposé. Pour un roman noir, j’aimerais assez « Les bretelles sanglantes » et pour un Continuer la lecture de Mon roman – 1 

Les pavés de l’Hôtel de Guermantes

Morceau choisi

Les pavés de l’Hôtel de Guermantes

Il y a quelques jours, j’ai publié ici le fameux passage de la Recherche du temps perdu qui évoque la Petite Madeleine. Dans mon commentaire d’introduction à ce monument, j’émettais l’opinion que, si relativement peu de monde avait lu ces quelques pages, tout le monde avait entendu parler de cette Madeleine et que pas mal de gens avaient même une idée assez nette de ce qu’elle signifiait.

Mais, dans la Recherche, il est un autre passage qui traite de la mémoire, la mémoire involontaire, la seule qui compte vraiment. Ce passage est tout aussi important, et peut-être même plus que celui de la Madeleine. C’est celui des pavés inégaux de la cour de l’Hôtel de Guermantes. Il est sensiblement plus long que celui de la Madeleine, et à cela je vois deux raisons. Continuer la lecture de Les pavés de l’Hôtel de Guermantes 

¿ TAVUSSA ? (54) : Les fontaines du Rond-Point

Nul doute qu’il ne s’agisse de fontaines démontables. C’est sûr, elles sont là provisoirement en attendant la mise en place après rénovation des anciennes fontaines qui ornaient les six bassins du Rond-Point des Champs Elysées avant qu’elles ne soient bousillées par les supporters de l’équipe de France de football un soir de victoire.

À coup sûr,  cette remise en place, qui devait avoir lieu avant la fin de l’année dernière, a été retardée du fait des réunions hebdomadaires de l’Amicale des Ronds-Points Occupés (A.R.P.O.) On comprend que, afin de ne pas décevoir le touriste exigeant, on ait lancé courant novembre et de toute urgence un appel d’offres pour Continuer la lecture de ¿ TAVUSSA ? (54) : Les fontaines du Rond-Point 

Joan Miró au Grand Palais

Vu l’autre jour, le dernier justement, l’exposition Joan Miró au Grand Palais.
Ce qu’il y a de bien c’est que la possibilité de réserver votre entrée vous assure un confort de visite.

Et même un grand confort

 

 

 

Il y a des chefs d’œuvre

par-ci par-là

Et des choses intéressantes, comme celle-ci :

 

Mais il y a aussi une influence évidente de Miró vers Rouxel1

 

 

 

 

 

 

 

 

et aussi bien sûr vers Franquin2


 

 

 

 

 

 

1 : Rouxel : créateur des Shadoks
2 : Franquin : créateur du Marsupilami

BIENTÔT

  • 9 Avr, 7 h 47 ………. ¿ TAVUSSA ? (54) : Les fontaines du Rond-Point
  • 10 Avr, 8 h 47 ………Esprit d’escalier n°7
  • 11 Avr, 7 h 47 ………Les pavés de l’Hôtel de Guermantes

Les missions de Lorenzo (3)

Musée Picasso
par Lorenzo dell’Acqua

Ce jour-là, j’ai fait 1290 photos. Seul le numérique le permet. Qu’aurais-je fait hier ? Deux ou trois pellicules argentiques et à quel prix ! Je suis parti tôt avec Anne. Une facture du BHV donnait droit à un coupe-file pour le musée Picasso où j’avais décidé d’aller ce matin-là. J’en profiterai pour acheter deux vitres de cadre 50×50. Et c’est tout. Pas de chance, la proposition de billet coupe-file se terminait fin octobre ! Je suis donc venu pour rien. Comme il y a une justice immanente, je ne ferai aucune queue à l’entrée du musée Picasso. Curieuse impression. On nous prévient que c’est l’exposition d’un génie (ce que l’on savait) mais il n’y a rien de nouveau. J’ai même l’impression que ce n’est Continuer la lecture de Les missions de Lorenzo (3) 

La Petite Madeleine

Morceau choisi

La Petite Madeleine

C’est très curieux la madeleine de Proust : tout le monde en a entendu parler, presque tout le monde a une idée de ce qu’elle représente, mais bien peu de monde a véritablement lu ce passage emblématique de la Recherche du temps perdu.

Vous me direz que c’est pareil pour le reste du roman : monumental chef d’œuvre reconnu dans le monde entier, respecté, vénéré, cité, étudié, analysé, interprété, disséqué… mais aussi chef d’œuvre craint, tenu à distance, entamé, rarement achevé, oublié…

Quand vous leur posez la question, comme pour la plupart des classiques, la plupart des gens ne lisent pas la Recherche, ils la relisent. Ne vous y trompez pas : c’est souvent un mensonge. Au mieux, c’est un projet, une vague intention, pour l’été prochain. Certains, plus honnêtes et plus rares, avouent qu’ils ont tenté le coup, il y a longtemps, mais que vraiment, ces phrases interminables…

Mais revenons à la madeleine. Voici le morceau : mille cinq cents mots à savourer lentement, tout en appréciant la précision de la description et la finesse de l’analyse des sentiments que fait naitre chez le narrateur cette « gorgée mêlées des miettes du gâteau ». Vous avez tout le temps : on est mercredi. Et puis, souvenez-vous, vous aussi : vous aviez toujours voulu le lire, cet extrait ! Grâce au JdC, vous n’aurez même pas à le chercher.

Extrait 
(… Notre passé) est caché hors de son domaine et de sa portée, en quelque objet matériel (en la sensation que nous donnerait cet objet matériel), que nous ne soupçonnons pas. Cet objet, il dépend du hasard que nous le rencontrions avant de mourir, ou que nous ne le rencontrions pas.

Il y avait déjà bien des années que, de Combray, tout ce qui n’était pas le théâtre et le drame de mon coucher, n’existait plus pour moi, quand un jour d’hiver, comme je rentrais à la maison, ma mère, voyant que j’avais froid, me proposa de me faire prendre, contre mon habitude, un peu de thé. Je refusai d’abord et, je ne sais pourquoi, me ravisai. Elle envoya chercher un Continuer la lecture de La Petite Madeleine