Chez Lipp

Couleur Café 5

Quand on suit le flot des voitures qui remontent le boulevard Saint Germain depuis son confluent avec le Quai Anatole France jusqu’à sa source du Pont de Sully, on passe inévitablement devant Chez Lipp. Il n’y a rien à faire, c’est comme ça depuis plus de cent ans.
La petite terrasse fermée est couverte d’un assez vieux vélum dont la couleur brique est passée depuis longtemps. Au-dessus de la terrasse, sur la faible largeur de l’immeuble qui abrite le restaurant, la façade en bois d’acajou est percée de quatre fenêtres. Au milieu, un disque lumineux aux dimensions modestes et à l’éclat discret est planté perpendiculairement au boulevard. L’enseigne représente un bock débordant d’une mousse abondante, surmonté et souligné sobrement par les quatre lettres LIPP.
Si vous restez sur le trottoir, vous ne verrez rien d’autre que les quelques tables inconfortables de la sombre terrasse, et le fantôme de Françoise Sagan, assis sur sa chaise d’osier et fumant nerveusement une cigarette devant un verre de Morgon. De là où vous êtes, vous Continuer la lecture de Chez Lipp 

Michelin, l’indispensable

Dans la première édition du Guide Michelin, sortie en 1900 à l’occasion de l’Exposition Universelle, on trouvait ceci :

PIECES DE RECHANGE
ET ACCESSOIRES

Qu’un Chauffeur doit toujours emporter dans les coffres de son Automobile

1 cric
1 marteau
1 étau à main
Quelques limes
1 pince à gaz
1 pince plate
1 tourne-vis
1 jeu de clefs ordinaires
1 jeu de clefs à douille
1 clef King-Dick
1 clef à douille pour écrou de tube de platine
1 clef de chapeau de roue
1 jeu de goupilles Continuer la lecture de Michelin, l’indispensable 

Banalités sur Diogène

Rappel de quelques banalités pouvant quand même être utiles en société :

Diogène
— dit  « de Sinope », dit  « le Cynique »
— 413-327 av J-C
— Contemporain de Socrate, Platon, Alexandre le Grand
— Philosophe grec de l’école cynique ((Cynique, de kynikos : qui concerne le chien)
— Ancêtre des clochards anarchistes professionnels
— Vivait de l’aumône de ses concitoyens qu’il insultait copieusement
— Habitait dans une jarre, et non dans un tonneau, objet qui ne fut inventé que cinq cents ans plus tard
—Sur l’agora bondée, en plein jour et à l’aide d’une lanterne, cherchait vainement un homme
— Ne voulait pas qu’Alexandre lui fasse de l’ombre
— S’est suicidé en retenant sa respiration
— Ou alors en mangeant un poulpe vivant
— Est resté célèbre pour des tas de raisons, y compris pour ses mots d’esprit

Sur l’agora, Diogène s’approche d’une statue. Il tend la main vers elle pour obtenir une aumône.
—Pourquoi fais-tu cela, lui demande un passant.
—Je m’habitue au refus, répond Diogène Continuer la lecture de Banalités sur Diogène 

¿ TAVUSSA ? (47)  Le QAnon, qu’es aquò ?

Au début, j’avais décidé d’écrire cet article sur le mode humoristique. Vous savez, le genre  » Le QAnon, qu’es aquò ? » ou bien « Le QAnon est-il contagieux ?« , le truc habituel, quoi ! Parti sur cette voie, j’ai peiné pendant deux jours sans arriver à rien que de très laborieux ni même qui dépasse le stade des préliminaires. J’ai donc finalement opté pour un traitement sérieux. Vous allez voir.

On savait déjà qu’il est des sujets d’actualité dont on ne peut pas rire : un tsunami, une épidémie de choléra, une marée noire… On ne peut pas faire de blague sur un de ces phénomènes, du moins tant qu’il est en cours. Eh bien, pour moi maintenant, le QAnon fait partie de ces tabous : on ne plaisante pas avec le QAnon. Bien qu’il soit pour le moment Continuer la lecture de ¿ TAVUSSA ? (47)  Le QAnon, qu’es aquò ? 

Ah ! Les belles boutiques – 30

Drogheria
Via del Portico d’Ottavia, 33
Rome

En plein cœur de Rome, la façade de cette épicerie, gravée d’inscriptions antiques en frontispice, n’a rien d’exceptionnel. Elle est seulement typique des commerces du Centro Storico. Cette Drogheria fait aussi office de bar et de restaurant.

La série « Ah ! les belles boutiques »
L’objectif : rendre hommage aux commerçants qui réussissent à conserver l’aspect traditionnel de leur façade de magasin, et les encourager à persévérer.
Le contenu : une photo de la devanture d’un magasin, avec si possible l’adresse et, très éventuellement, un commentaire sur la boutique, ou son histoire, ou son contenu, ou sur l’idée que s’en fait le JdC.

ET DEMAIN, LE QAnon (TAVUSSA  47)

 

Mais qui était donc cette dame ?

Un jour, dans la rue, vous croisez une femme qui vit en région parisienne, porte un tailleur et lit le Figaro.
Quelle est la probabilité la plus importante ?
1 – Elle est hôtesse de caisse
2 – Elle est DRH d’un grand laboratoire pharmaceutique

Voudriez-vous, s’il vous plait, répondre à cette question avant d’aller voir la bonne réponse qui est peut-être déjà ci-dessous dans un commentaire sur cet article ?

ET DEMAIN, UNE EPICERIE ROMAINE

Les portraits de Lorenzo – 3

Je n’oublierai jamais monsieur C. qui était lecteur chez Gallimard ! Le terme n’est peut-être pas le bon mais il lisait les manuscrits et sélectionnait ceux dignes d’être publiés. Quand il prit sa retraite, monsieur Gallimard, qui devait avoir beaucoup d’estime pour lui, lui proposa la direction d’une collection dépendant de sa maison d’édition, L’Arpenteur. Bernard C. ne serait plus salarié mais rémunéré au pourcentage des ventes. Il accepta l’offre. Le premier livre qu’il choisit avait été refusé par toutes les autres maisons d’édition. Il s’agissait de   » La première gorgée de bière «  de Philippe Delerm. Le succès dépassa ses espérances et celles de son éditeur puisque l’ouvrage se vendit à plus d’un million d’exemplaires, troisième plus grosse vente de tous les temps ! Pour un coup d’essai, ce fut un coup de maître ! Le jeune retraité Continuer la lecture de Les portraits de Lorenzo – 3