LE VENT SANS LES VOILES

Avertissement
Ce « Vent sans les voiles » est ma deuxième (et restera probablement ma seconde) expérience théâtrale. La première fut cette tragédie néo-grecque dont le titre n’est pas resté dans toutes les mémoires : « Homéotéleute et Polyptote ». Sans doute bien trop ambitieux et bien trop en avance sur son époque, mon Homéotéleute n’a pas été accepté par un public cramponné à ses habitudes culturelles qui le ramènent inexorablement aux vaudevilles, comédies de boulevard, duos comiques  et autres âneries non subventionnées. 
Il veut du théâtre de boulevard, le Public ? Eh bien, je vais lui en donner, moi, du théâtre de boulevard. Voici donc « Le vent sans les voiles« , comédie en cours d’écriture pour un nombre variable de comédiens en un nombre indéterminé d’actes, de coups de théâtre et de scènes de ménage.

Je déclare formellement ici que je ne me sens tenu par aucune contrainte relative à la logique, la vraisemblance, le respect des bonnes mœurs et de la syntaxe. Je tiens également à préciser que je ne garantis pas que cette œuvre aura une fin, ou même qu’elle ira au-delà de la première scène du premier acte.

Vous êtes prévenu : vous qui entrez ici, quittez tout esprit critique et éteignez vos smartphones. Merci d’avance.
Henri Ratinet

 LE VENT SANS LES VOILES

Comédie en gestation et quelques actes

par Henri Ratinet

Liste (provisoire) des personnages

-Henri, auteur dramatique

Acte I – Scène I

Un salon néo-bourgeois-bohème. Côté cour, une porte style western donne sur la cuisine. Au centre, une porte à deux battants ouvre sur une entrée et sans doute sur le reste de l’appartement. Côté jardin, une grande fenêtre. Au beau milieu de la scène, contre la rampe, faisant face aux coulisses, un bureau des années 50. Sur le bureau, un MacBook ouvert dont l’écran est allumé. Le reste du mobilier, canapé, table haute, table basse, fauteuil, chaise, bibliothèque, télévision sera de styles divers. Aux murs, un grand plan du métro de New-York dessiné au rouge à lèvres, et quelques autres œuvres contemporaines. Quand le rideau s’ouvre, c’est le petit matin. La scène est vide. A travers la porte fermée, on entend un homme qui parle fort. Il est en colère :

HENRI

—Eh bien pars, si tu veux, pars, qu’est-ce que tu veux que je te dise ? Fiche le camp, retourne chez ta mère, tu lui donneras bien le bonjour de ma part à la Madone de Villetaneuse ! Ou mieux, va chez ton connard de frère, comme ça vous serez deux à emmerder le monde…

On entend une porte qui claque violemment.

—…non mais sans blague !

Henri entre par la porte centrale : pieds nus, jeans usés et T-Shirt NYPD trop grand, quarante ans, voulant en paraitre trente. Henri referme vivement la porte en répétant plus doucement :

—Non mais sans blague…

Il hésite, traverse lentement la scène, va jusqu’au bureau, effleure le clavier de l’ordinateur, puis va jusqu’au canapé où il se laisse tomber face au public en poussant un grand soupir.

—Ouf !… Seul… Enfin seul ! Il était temps qu’elle s’en aille, bon sang, j’aurais fini par lui taper dessus. Non mais vous vous rendez compte, cette emmerdeuse ! Ça fait combien de temps au juste qu’elle m’emmerde comme ça ? Et d’abord, ça fait combien de temps qu’on est ensemble ? Quatre ans ? Cinq ans ? Je ne sais plus, moi…  Voyons, c’était à l’anniversaire de Patrick. Oui, mais quel anniversaire déjà ? Ah, ça y est, je sais ! Ses trente-cinq ans ! C’était à l’anniversaire de ses 35 ans. Et comme j’ai le même âge que Patrick, ça va donc faire cinq ans qu’on est ensemble, Sylvie et moi. Et donc, ça doit bien faire quatre ans qu’elle m’emmerde. Quatre ans… Non, peut-être pas quand même, mais ça doit bien faire trois ans, trois ans et demi…

Henri se lève et va jusqu’au bureau. Il effleure à nouveau le clavier du MacBook puis se met à marcher de long en large.

—Non, parce qu’au début, avec elle, c’était plutôt chouette. Très chouette même. Je me souviens, c’était chez Patrick, au Ferret. J’étais là depuis la mi-juin pour essayer de finir ma deuxième pièce. Les conditions idéales : la maison sous les pins, les pieds dans le sable, le bateau, tout ça… Mais je n’y arrivais pas. Je n’arrivais pas à écrire. Bloqué, quoi ! Et puis il y a eu l’anniversaire de Patrick. Grandiose, l’anniversaire, comme d’habitude. Champagne, homard, disc-jockey, des filles bronzées partout, pas trop de mecs. Grandiose, quoi. Et puis elle est entrée dans le jardin, entre Bernard et France, encore toute pâle, toute blanche. Elle arrivait tout juste, toute timide, jolie comme un cœur, l’air fragile. Elle venait de passer son bac… Non pas son bac, quand même. C’était le concours d’entrée aux Beaux-Arts, je crois, ou au Conservatoire, ou un truc comme ça, je sais plus. Enfin, de toute façon, elle était toute jeune, elle ne connaissait personne. Une proie facile, en somme. L’été, le champagne, l’océan, le sable tiède… Tout ça s’est passé très vite… mais très doucement quand même, comment dire ? très naturellement, … gentiment… c’est ça… gentiment…

Il reste songeur quelques secondes

—Mais voilà, c’était le dernier jour de juillet et je devais partir le lendemain. C’était vraiment dommage. Alors j’ai fait la bêtise de lui proposer de rentrer à Paris avec moi, et cette cloche, elle a accepté. Je dis cette cloche, mais j’étais bien content quand même.

La première nuit à Paris, elle l’a passée chez moi. Et puis, vous savez ce que c’est, de fil en aiguille si j’ose dire, elle s’est installée. Elle est allée chercher sa petite valise, et puis, petit à petit, elle s’est mise à ranger l’appartement, à remplir le frigo, à acheter des fleurs, des bougies, des tas de petits trucs comme ça. Moi, ça ne me dérangeait pas, j’étais même plutôt content de plus manger du jambon-cornichons tous les jours. Et puis un jour, elle a dit qu’il faudrait que j’achète une machine à laver le linge. Là, j’aurais dû faire gaffe. Patrick m’avait prévenu. Il m’avait dit : « Tu verras, quand elles commencent à vouloir un lave-linge, ça devient dangereux. Si tu l’achètes, t’es foutu. La machine à laver la vaisselle, ça va encore, mais le lave-linge, t’es foutu. » Fais gaffe, mon vieux, qu’il disait Patrick, fais gaffe ! Mais j’ai pas fait gaffe. C’est humain, non ?

Et puis, j’étais bien. On sortait un peu, je travaillais beaucoup, je lui lisais des scènes, elle me disait « j’aime, j’aime pas ». Elle me donnait des petits conseils, « tu devrais …, ça serait peut-être mieux si… » Ses idées n’étaient pas si mauvaises… pour une femme, je veux dire. Ça avançait bien. C’est même elle qui a trouvé l’idée de la chute. Et le titre, aussi, le titre : Traderidera. Vous vous rendez compte ? Traderidera ! Ça veut rien dire ! Y a qu’une femme pour trouver un truc comme ça. Mais le plus drôle, c’est que ça a marché. Un triomphe ! La pièce a été le succès de l’année. Même Télérama a dit que c’était tout à fait visible. Visible ! … Bande de connards !  En tout cas, j’étais devenu d’un coup un auteur à succès, et ce n’était que ma deuxième pièce. J’ai écrit la troisième dans la foulée : « Après vous » Vous vous souvenez d’Après vous ? Ça a bien marché. Pas autant que Traderidera, mais quand même pas mal. Maintenant, j’étais un auteur confirmé, un auteur solide avec lequel on était sûr au moins de passer une bonne soirée. C’est d’ailleurs bien pour ça que vous êtes là ce soir, hein ? Pour voir une bonne vieille pièce d’Henri Ratinet, la quatrième de ce bon vieil auteur à succès, le Vent dans les Voiles.

Bon, maintenant, il faut que je vous dise : il y a un problème… la pièce…le Vent dans les Voiles, eh bien… elle n’est pas finie. Enfin, disons qu’il lui manque juste la fin… enfin disons la fin du troisième acte… et le milieu aussi… Bon, mais j’ai les deux premiers actes fin prêts, hein ? Enfin disons, fin prêts dans ma tête… En tout cas, ils sont presque entièrement rédigés, le premier surtout…

Ben oui, qu’est-ce que vous voulez, j’y arrive plus, moi. Je veux dire : je n’arrive plus à écrire. Elle est tout le temps-là, à me tourner autour, à me dire qu’il faudrait que je m’occupe un peu d’elle, qu’elle voudrait aller au cinéma, au restaurant, qu’il faudrait qu’on parte en vacances, qu’on aille voir sa mère, et puis son frère aussi, celui qui est podologue à Amiens. Vous vous rendez compte ? Podologue à Amiens ! Qu’est-ce que j’irais faire à Amiens ? Chez un podologue en plus ? Et un sacré emmerdeur de surcroit. « Non« , je lui ai dit « pas d’Amiens« . Bon, on est quand même allé à Amiens, et aussi voir sa mère à Villetaneuse. Mais tout ça, ça prend du temps. Et entre la mère intégriste et le frère podologue, moi je n’arrive pas à écrire. Ça ne sort plus, plus du tout. Et puis, le comble : hier soir, voilà qu’elle me demande de lui faire un enfant. Moi, un enfant ?  « Quoi, je lui dis, un enfant ? Mais je suis bien trop jeune pour ça« . Alors, elle me dit : « Henri, tu vas avoir quarante ans dans un mois« . Alors ça, ça c’est un coup bas ! Moi, je me suis mis en colère, forcément. Alors, elle est partie se coucher en pleurant. J’ai bu un coup et je me suis dit « demain, ça ira mieux« . Mais, le lendemain matin, elle a remis ça. Elle voulait un enfant. Moi, gentil, je lui ai dit d’attendre un peu, qu’un jour, plus tard dans deux ou trois ans, bientôt… Mais non ! Elle voulait un enfant, maintenant, tout de suite. J’aurais peut-être pas dû… mais je voulais juste détendre un peu l’atmosphère, moi ! Je lui ai dit : « Si tu veux un enfant tout de suite, c’est simple, tu n’as qu’à en adopter un ! Un petit Colombien, tiens, il parait qu’il y  a un arrivage… » Alors elle s’est mise vraiment en colère. Elle m’a traité de salaud, elle a pris sa petite valise, elle l’a remplie de n’importe quoi et elle a claqué la porte. Et voilà…

Henri se tait, hausse les épaules et se dirige encore une fois vers le bureau. Il s’assied et se renverse dans le fauteuil transparent en s’étirant.

—Aaah…seul, enfin seul…je vais enfin pouvoir écrire tranquille, quand je veux, comme je veux, au lit, dans la baignoire, dans la cuisine, habillé, ou tout nu. Là, je vais la finir ma pièce. Et pas plus tard que tout de suite, Mesdames et Messieurs ! Vous allez voir ce que vous allez voir : devant vous, l’artiste au travail.  Vous allez assister à un exercice de virtuosité hors du commun, du jamais vu, M’sieurs-Dames ! Approchez, approchez… Allez, je commence !

Henri se penche en avant, redresse un peu l’écran du MacBook, relit quelques lignes en fronçant les sourcils, réfléchit, tape quelques mots, réfléchit à nouveau, se lève, sort vers la cuisine, revient avec une bière à la main, s’assied à nouveau, se relit. Puis il tape frénétiquement d’un seul doigt sur le clavier. On comprend qu’il efface ce qu’il vient d’écrire. Il réfléchit encore, tape trois ou quatre mots, s’arrête et finit par replier l’écran sur le clavier. Puis il laisse pendre ses bras le long du corps. Son buste s’incline en avant et son front vient heurter l’ordinateur replié. Il reste immobile.

Noir­

ET DEMAIN, LA BANDE ANNONCE DE HHH, NYC, USA

30 réflexions au sujet de « LE VENT SANS LES VOILES »

  1. J’ajouterais encore que Trump, président des EU, ne fait pas partie des élites et je suis prêt à en débattre, mais de grâce, pas plus d’une ligne à la fois.

  2. Me trouvant quelque part du côté de Montélimar après un long voyage et profitant d’un moment de répit pour feuilleter le JDC sur ma tablette, alors là, sacrebleu, les bras m’en tombent. Je sais qu’au départ il devait être question de vent, mais là, c’est du force 15, un cyclone polémique qui s’est abattu sur le JDC. Moi j’abandonne, non sans répéter toutefois que je persiste à croire en l’élitisme (les experts en font partie, itou les professeurs, les créateurs, les médecins, etc), en la méritocratie, en l’excellence et à l’execice de la responsabilité qui va de pair avec l’elitisme, mais pas le fric. Pour faire plaisir à René-Jean, j’ajouterai que les curés et les jésuites font partie des élites. Et maintenant je cours aux abris…

  3. « Tu ne dis pas qui a utilisé cette citation… elle est bonne… »
    Forcément qu’elle est bonne, elle est de toi… En la reproduisant, j’avais pourtant précisé en disant que je l’avais « trouvée dans ton commentaire du 25/02/2017.« . Pas assez clair ? « Ton commentaire »
    Ton commentaire du 25 février ne faisait d’ailleurs que reprendre cette belle image que tu avais, toi, utilisée la veille, le 24/02, dans TON commentaire, encore plus aimable, que voici :

    « Pourquoi certains germanoprates, aristocrates auto-proclamés quand ils vont à la chasse en Sologne, éprouvent-ils le besoin constant de se doter de talonnettes à la Sarko, rabaissant, de ce fait, le cul des terreux normands? »
    Est-ce que parfois, tu te rends compte de ce que tu écris ?

  4. Tu ne dis pas qui a utilisé cette citation… elle est bonne, mais je ne me souviens pas du tout en avoir fait usage… j’ai parlé de tes grands chevaux, sûrement, mais de leur ferrure je n’ai point souvenir! À cheval donné, on ne regarde ni la bride, ni les sabots!

    Si ce n’est moi, c’est donc … ?

    Quant au dernier mot… si tu me l’accordes c’est parce qu’il était auto-dérisoire… Je confirme, je suis un idiosyncratique heureux… (le bonheur je le ressens, l’idiotie, ou l’imbécilité ce sont les autres, les non-mêmes, qui l’imaginent!)

  5. J’ai retrouvé la citation que tu aurais aimé avoir trouvée dans ton commentaire du 25/02/2017.

    « Je grandis dans l’adversité dont je ne saurais dénigrer la hauteur, même si tes grands chevaux sont ferrés des talonnettes de Sarkozy! »

    En ce qui concerne le mot « fat », en réalité tu avais parlé de ma « fatuité ». C’était du temps de notre correspondance en 2012, avant la naissance du JdC. Je n’ai pas retrouvé le message, ayant entretemps changé d’ordinateur, mais je l’avais noté dans mon journal.

    Pour le reste, je ne suis d’accord sur rien, mais cette fois-ci tu m’as cloué le bec. Je te laisse le champ libre pour que tu puisses avoir le dernier mot dans ton prochain message qui ne saurait manquer et qui mettra un terme, je l’espère, à cet échange qui ne mène à rien sinon à te faire « marrer à tes insides jokes », par définition incompréhensibles par d’autres que toi.

  6. Rubicon!

    C’est dans l’autre sens que César l’a traversé à savoir de la Gaule Alpine vers Rome alors que le Sénat lui avait interdit de le faire avec son armée. C’est un peu comme si les paras d’Alger avaient débarqué, attéri devrais-je dire, à Paris après que notre Général, ayant compris les Français (qui disait), soit revenu au pouvoir…

    Qu’est-ce qui est historiquement le plus important? l’irréversibilité du geste ou l’entrée en guerre civile (violant l’interdiction du Sénat) pour imposer SA dictature? Le fait que tu insistes sur l’irreversibilité du geste et occultes les conséquences politiques… me semble révélateur d’un goût prononcé pour la mise au pas des poètes et autres esprits forts!

    Ton didactisme univoque mérite, à mes yeux, que je t’affuble, ne t’en déplaise, de quelques colibets…

    À propos, ‘Monsieur vous êtes un fat’ me semble trop XVIIe Siécle pour avoir émergé de mon clavier… Mais les souvenirs refoulés de l’école ont des voies qui surprennent le Seigneur! J’assume! Ton ton ou style didactique à mon égard justifie tous mes excès verbaux et dérapages langagiers à titre de riposte!

  7. Que Martine Claveirole se rassure… il s’agit bien là d’un jeu!
    Le jeu de « Qui aura le dernier mot? »

    Retour par revers (Tennis de table ou de gazon)

    « Pour les maths, bien sur que je ne suis pas d’accord. Nous ne disons pas la même chose. Bien sur qu’elles ne rendent pas compte des sciences naturelles et humaines. »

    Bon! au moins un ptit bout (le principal) est accepté!

    « Jolie tentative de pirouette, mais ce n’était pas du tout le sens de ta première remarque : »

    Ah voila un bel exemple du ‘judgmental’ made in Coutheillas & Co!

    Comme un clown dont l’archétype, chez toi, est Trump (tu me flattes) « je fais des pirouettes » et, en plus, je les rate… tentative avortée!

    Et tu t’étonnes que lorsque je lis une pareille prose je pense à tous les noms d’oiseau que tu as évoqué plus haut. À propos, tu as oublié ‘Paon faisant la roue’ (à la Coupole!) et a ajouté ‘les talonnettes de Sarko’ (J’aurais aimé la trouver celle-là!)

    Je disais bien ce que tu reproduis et que je reproduis… « Les maths… parfait exemple d’une praxis incontestée (ou si peu) que l’homme a inventée et s’efforce d’appliquer à tout… l’architecture, l’ingénierie, l’économie, la conquête spatiale… » et tu interprètes’ toujours en me cherchant noise ce qui semble une obsession chez toise:
    « où tu semblais regretter qu’on tente ou qu’on s’efforce d’appliquer les maths à l’architecture, l’ingénierie, l’économie, la conquête spatiale. » Je faisais un constat d’évidences mais je regrettais qu’il nous (Français et Occidentaux) arrive trop souvent de ne pas contester les évidences et les prémisses sur lesquelles nous fondons nos valeurs et jugements catégoriques. Ce n’est pas parce que nous faisons beaucoup de choses grâce aux maths que ce soient les meilleurs choses à faire. Grâce aux maths on mesure parfaitement mais que mesure-t-on au juste? (je me répète car ça ne semble pas t’avoir ébranlé)

    et tu ajoutes encore: « Mais c’est prendre les choses à l’envers : les maths ont précédé ces techniques et leur ont permis d’exister. » J’ai bien dit que les maths, la théorie ont précédé les applications que certains en ont fait et sont ainsi devenues une praxis, c’est à dire une théorie génératrice de pratiques… On pourrait se quereller aussi sur l’induction vs la déduction… mais c’est là une histoire de poule et d’œufs!

    Après tout, puisque l’on débat de qui doit prendre la place du haut ou du bas sur l’échelle du poulailler, on devrait peut être s’y attarder! (j’imagine tes lectrices et lecteurs trépignant pour que nous nous lancions sur cette piste!)

    et le prof Kiss et tout m’instruit: « Les maths ne se sont pas inspirée de l’astronomie, elles ont été developpées pour des problèmes de comptage, de comptabilité, ensuite seulement pour rendre compte du mouvement des planètes. » Si elles rendent compte du mouvement des planètes, elles reflètent donc certains phénomènes naturels et alors on contredit ce sur quoi tu me donnais un point, enfin 15 si c’est au tennis que nous jouons.

    Alors Quid de la géométrie, trigonométrie, de l’algèbre? On reconnaît bien là le comptable, grand serviteur du capital (voir la théorie du ruissellement de Macron), mais le capitaine de vaisseau lui ou le chef de caravane de dromadaires, comment il faisait lui pour rester sur la route de la soie dans les déserts d’Arabie Saoudite? Hein? Là encore on reste dans le poulailler… étais tu là quand l’œuf est sorti de la poule ou quand le poussin est sorti de l’œuf? ˙Hein???

    Bon! quittons les algues au rythme… de la navigation sur les océans ou les sables mouvants…

    Revenons à cette rivière qui sépare la Gaule de l’Italie!

    « Non ! Traverser le Rubicon en sens inverse est impossible, par définition. » affirmes-tu. Il me semble évident qu’un Gaulois comme toi peut le traverse en sens inverse à celui qu’à suivi César pour faire enseigner sa langue dans nos écoles. Tout dépend du côté du Rubicon où on est né!

    Pourquoi Jules – qui t’a précédé dans l’omniscience – a-t-il cru bon d’ajouter ‘alea jacta est’ si cette expression était comprise, pour le même prix, dans sa traversée du Rubicon? Hein? Dis le moi donc! Et pourquoi Cortès (à ce que l’on dit) a-t-il brûlé ses caravelles alors qu’il lui suffisait de traverser la première petite rivière venue, l’Amazone par exemple, pour signifier à ses matelots qu’il était désormais impossible de rêver à un quelconque retour en Europe?

    Si tous les gens s’imaginaient ou avaient compris comme toi comment fonctionne la communication, et bien effectivement, les sciences humaines, voir la philosophie dont elles sont issues, seraient absolument inutiles.

    Tu n’as sans doute pas remarqué qu’en classe: du jardin d’enfants à la terminale, que tous tes camarades (à l’école on est tous cocos) n’étaient pas tous 1ers exaequos avec toha!

    Ils ne comprenaient pas tous la même chose! Et même s’ils savaient les fables de La Fontaine par cœur, rien ne dit qu’ils y voyaient la même morale ou l’appréciaient identiquement…

    Comme je te l’ai dit mille fois… je ne m’attend jamais à être compris … et mes attentes sont toujours comblées… alors je me mars en écrivant et au moment où j’écris je vois des liens (le plus souvent inside jokes) qui me font marrer… Ça m’suffit pour le poête incompris que je suis. Si Monsieur Jourdain faisait de la prose, moi je fais de la poésie et, grâce à toi, je le sais maintenant!

  8. « Pour les maths… il me semble que nous disons la même chose…  C’est un discours d’une extrême logique… il a permis à l’homme de faire une infinité de choses, j’en conviens… un discours ou narrative qui permet de faire des choses est une ‘praxis’!Inspirée de l’alstronomie (l’astrologie aussi y a recours de façon précise mais ridicule), elle ne rend pas compte de la plupart des choses naturelles ou spontanées (comportements humains) qui nous dépassent encore au point où certains se demandent si nous n’avons pas, avec les maths, joué aux apprentis sorciers! »
    Pour les maths, bien sur que je ne suis pas d’accord. Nous ne disons pas la même chose. Bien sur qu’elles ne rendent pas compte des sciences naturelles et humaines. Jolie tentative de pirouette, mais ce n’était pas du tout le sens de ta première remarque :
    Les maths… parfait exemple d’une praxis incontestée (ou si peu) que l’homme a inventée et s’efforce d’appliquer à tout… l’architecture, l’ingénierie, l’économie, la conquête spatiale…
    où tu semblais regretter qu’on tente ou qu’on s’efforce d’appliquer les maths à l’architecture, l’ingénierie, l’économie, la conquête spatiale. Mais c’est prendre les choses à l’envers : les maths ont précédé ces techniques et leur ont permis d’exister.
    Les maths ne se sont pas inspirée de l’astronomie, elles ont été developpées pour des problèmes de comptage, de comptabilité, ensuite seulement pour rendre compte du mouvement des planètes.

    « Pour le Rubicon entre l’Italie et la Gaule … qui, comme la Seine peut se franchir dans un sens ou dans un autre, de la rive droite à la gauche et inversement.   Dans le sens que j’imaginais être la signification que beaucoup de gens attribue à cette expression à savoir s’accaparer personnellement un pouvoir qui était dévolu aux représentants du peuple (ou des Élites: Le Sénat Romain), j’opposais, sur le fond absolu du texte, les démocrates qui cherchent à faire ressortir les différences ou désaccords entre gens divers (afin d,en tenir compte dans les décisions politiques) et les dictateurs qui décident du sens unique à suivre tant sur le plan politique que langagier (et épistémologique)!  Je défens l’infinité des interprétations, tu sembles n’en voir qu’une, la tienne… ou celle que te donne TA formation au sein d’une nation!
    Né en 1942 alors que notre pays vivait une  sous-dictature… il y eut un moment où il fallu traverser le Rubicon dans l’autre sens pour revivre en démocratie… Non
    ? »

    Non ! Traverser le Rubicon en sens inverse est impossible, par définition.
    Si l’on veut être compris, quand on utilise une image, il faut être sûr de l’utiliser dans le sens que l’histoire lui a donné. Celle du Rubicon est historique. Elle a été utilisée un nombre de fois incalculable, dans les discours, dans la littérature, dans la conversation. Elle n’a qu’une seule signification reconnue qui vient de l’acte de César : franchir une limite, passer par dessus un interdit sans possibilité de revenir en arrière. C’est ce qu’a fait César. Suétone a même précisé, ou ajouté, qu’en le passant, il a dit cette phrase célèbre : « le sort en est jeté ». Brûler ses vaisseaux a à peu près la même signification, qui provient également d’un autre acte historique, que je ne connais pas : se priver de tout moyen de revenir en arrière. Libre à toi d’utiliser cette image avec une infinité d’autres significations, mais ne t’étonne alors pas que je ne comprenne pas ce que tu veux dire et que je demande une explication, comme je l’avais fait pour ton image de petit chiffon rouge et de camion surchargé.
    Je vais te paraitre encore une fois pédant, de toute façon ma réputation est faite, mais toutes ces imprécisions, ces approximations me gênent pour comprendre le sens de tes positions. On peut donner aux mots un autre sens que celui qui est reconnu par les ventriloques des dictionnaires, mais alors il ne faut pas s’attendre à être compris comme on l’espérait. Au risque de paraitre encore plus fat que pédant, mais le plus gros est fait, je vais me citer moi-même. Voici :
    « La manducation des gnous » ou « la désidéologisation Flaubertienne d’une anamnésie obliquante »
    Autour de la ziggourat, les gnous manduqaient des calembredaines sternutatoires. A l’oxymore, le surtarbrandur barbifiait au-dessus des vistemboires en chiasme. Quand s’épanna l’acromégalie, les thuriféraires des thébaïdes ratiocinèrent les chrysocales et l’anacoluthe procrastina dans les ergastules.

    Tous les mots utilisés existent, beaucoup de gens ne connaissent pas leur sens, et le texte est incompréhensible, ou alors de dix façons différentes. Ça peut s’appeler de la confusion, ou alors de la poésie.

  9. Pour les maths… il me semble que nous disons la même chose… C’est un discours d’une extrême logique… il a permis à l’homme de faire une infinité de choses, j’en conviens… un discours ou narrative qui permet de faire des choses est une ‘praxis’!

    Inspirée de l’alstronomie (l’astrologie aussi y a recours de façon précise mais ridicule), elle ne rend pas compte de la plupart des choses naturelles ou spontanées (comportements humains) qui nous dépassent encore au point où certains se demandent si nous n’avons pas, avec les maths, joué aux apprentis sorciers!

    Pour le Rubicon entre l’Italie et la Gaule … qui, comme la Seine peut se franchir dans un sens ou dans un autre, de la rive droite à la gauche et inversement. Dans le sens que j’imaginais être la signification que beaucoup de gens attribue à cette expression à savoir s’accaparer personnellement un pouvoir qui était dévolu aux représentants du peuple (ou des Élites: Le Sénat Romain), j’opposais, sur le fond absolu du texte, les démocrates qui cherchent à faire ressortir les différences ou désaccords entre gens divers (afin d,en tenir compte dans les décisions politiques) et les dictateurs qui décident du sens unique à suivre tant sur le plan politique que langagier (et épistémologique)! Je défens l’infinité des interprétations, tu sembles n’en voir qu’une, la tienne… ou celle que te donne TA formation au sein d’une nation!

    Né en 1942 alors que notre pays vivait une sous-dictature… il y eut un moment où il fallu traverser le Rubicon dans l’autre sens pour revivre en démocratie… Non?

    Il me semble bon de rappeler que ce qui parait normal et juste à un moment donné peut s’avérer faux quelques années plus tard!

  10. Moi qui ai une mauvaise mémoire proverbiale, sans avoir recherché dans les textes passés, je me souviens qu’on m’a ici reproché d’être un fat, un germanoprate (sic) juché sur ses talonnettes sarkozystes, un con-fesseur, un con-serviteur, un censeur, d’être dénué d’humour, de manquer d’auto dérision et d’être hyper-susceptible.

  11. « Je n’avais effectivement pas compris que lorsque Jim et toi (les élites, là, ne seraient que 2) parliez des élites vous pensiez aux profs. de philo! »

    ???

    « le niveau d’élitisme aux États-Unis se mesure par l’ampleur du compte » 

    Caricatural

     « Quid des footballers US ou Européens qui refusent de chanter la marseillaise américaine? »

    Quel est le rapport ?

    « Le PIB n’est pas l’indice le plus révélateur des activités commerciales dune nation…
    La balance commerciale serait plus proche…
    Le PIB inclut l’exploitation (privatisation) du patrimoine… patrimoine construit sur 2 siècles de colonialisme. Colonialisme qui a rendu ses bénéficiaires très arrogants… »

    Le PIB est un indicateur de l’activité et du niveau de vie.
    Le disqualifier en disant qu’il provient du colonialisme est aujourd’hui un anachronisme. C’est comme si on reprochait au PIB italien de tenir compte des revenus du tourisme qui fonctionne en grande partie grâce à mille ans d’empire bâti par mille ans de guerre et d’esclavagisme.
    La balance commerciale,intrinsèquement, n’est représentative de rien d’autre que de la différence entre export et import. Des pays comme l’Arabie Saoudite, l’Azerbaidjan, l’Irlande ont des balances commerciales extraordinaires. On sait pourquoi, aucune créativité la-dedans. D’autres comme la France, le Royaume Uni, les USA ont des balances déficitaires impressionantes. Mais je préfère vivre dans l’un de ceux-là que dans les premiers cités.
    « Allemagne, Pays Bas, Scandinavie où l’apprentissage des langues étrangères est beaucoup plus étendu qu’en France »
    Les quelques fois où j’ai eu à travailler en Allemagne, je n’ai pas été du tout impressionné par le niveau d’anglais des ingénieurs ou hommes d’affaires que j’ai rencontré. Quant à la Scandinavie et aux Pays-Bas, compte tenu du nombre de personnes qui parlent leur langue, on comprend leur intérêt à en parler d’autres.

    « Le dénigrement géographique (Amiens, ville du Président) et professionnel (podologue) est-il une maladie des littéraires français ou parisiens ? »
    Le dénigrement systématique de la France et de tout ce qui a été, est, et sera français est-il une maladie des émigrés volontaires?

    « C’est marrant…
    quand toi, tu ne comprends pas quelque chose, c’est ce quelque chose ou celui ou celle qui le narre qui n’est pas clair(e)…
    Quand je ne comprend pas quelque chose, je pense à la loi de la variété requise d’Ashby (pionnier de la cybernétique/informatique britannique, un matheux lui-aussi)!
     »

    Quand je ne comprends pas quelque chose, parfois je pose la question. Mais on ne me répond pas souvent. La preuve, celles-ci sont restées sans réponse :

    « Quant au Rubicon, je l’ai sûrement traversé, né, comme toi, en 1942, mais dans l’autre sens… »
    Que signifie « traverser le Rubicon dans l’autre sens » ? Et d’abord dans l’autre sens que qui ?
    Dans l’autre sens que César ? En traversant le Rubicon, César s’interdisait volontairement toute possibilité de retour et rendait la guerre civile certaine. C’est ce qu’il voulait. Le traverser dans l’autre sens que César, qu’est-ce que ça veut dire ? Rentrer dans le rang ?
    Ou alors voulais- tu dire « dans l’autre sens que moi » ? Mais moi, je n’ai jamais franchi aucun Rubicon, ni dans un sens ni dans un autre. Alors, qu’est-ce que ça veut dire ?
    1942, cette date est-elle encore une allusion à quelque chose que je n’aurais pas compris ?

    La phrase « Les maths… parfait exemple d’une praxis incontestée (ou si peu) que l’homme a inventée et s’efforce d’appliquer à tout… l’architecture, l’ingénierie, l’économie, la conquête spatiale… » , n’est-elle pas incompréhensible quand on pense que, sans les mathématiques, l’architecture, l’ingénierie, l’économie, la conquête de l’espace, la lumière avec laquelle on s’éclaire, l’ordinateur avec lequel on écrit, la voiture avec laquelle on va acheter son dentifrice, l’avion avec lequel on va à Cassis, tout cela n’existerait pas ?

  12. Chère Madame Claveirole M. Martine

    Votre première impression était la bonne! Il ne faudrait surtout pas ‘vous en méfier’ comme le suggérait Talleyrand-Périgord, et vous en distancer.

    Philippe est un ami d’enfance et j’ai toujours énormément d’estime pour lui ainsi que pour toutes les personnes qui constituent son entourage.

    Notre différence, telle que je la perçois et je sais que je suis souvent sujet à l’erreur, est simplement que Philippe me semble incarner, par ses propos, une position conservatrice. Et je souligne que je respecte sa posture. Il me semble défendre le statu quo qui, pour NOUS (vous, Philippe, Jim et moi et bien d’autres autour de nous) n’est pas si pire! (comme disent les Québécois auxquels je ne puis m’associer… on naît et vit quelque part souvent par hasard, hasard des naissances et hasard des ‘missions’ militaro-culturelles du pays où l’on est né par hasard!).

    Sa défense, magnifiquement et éloquemment articulée de la posture politique et surtout épistémologique qu’il soutient m’a impressionnée. Et c’est pourquoi, étant, – par hasard aussi -, du côté ‘révolutionnaire’ mais surtout dans le sens de promotion des révolutions paradigmatiques (ou conceptuelles) plus que dans le sens politique du terme (bien qu’il me semble qu’il y ait des liens entre les deux; pour moi, la démocratie consiste à rechercher, voir créer, les désaccords), j’ai cru qu’être critiqué par Philippe me fournirait des éléments contestataires me permettrait de développer au delà de mon imagination protectrice ma contre argumentation.

    Alain Finkielkraut a cette qualité admirable qui consiste à hausser les murs qu’érige son adversaire pour ensuite les surmonter avec encore plus de mérite, – Corneille, au XVIIe siècle, eut parlé de ‘gloire’ !

    Pour moi, il s’agissait d’un jeu rhétorique auquel Philippe semblait m’encourager. Il m’est arrivé de lui répondre personnellement et j’ai cru comprendre – peut être à tort – qu’il préférait poursuivre nos débats (la quête des différences et des désaccords fait partie de « la conversation républicaine, » dans le sens Américain du terme au XVIIe Siècle) sur son blog.

    Peut être que mes propos ont dépassé ma pensée… Peut être que Philippe a fait preuve d’hyper-susceptibilité (une qualité autant qu’un défaut) trouvant mes propos ‘cinglants.’ Il est vrai que je répond trop vite et je ne me rand pas toujours compte de la brutalité que l’on peut trouver dans mes propos et je vous prie de m’en excuser comme je m’en excuse auprès de Philippe.

    Quant à la France – je regrette que le débat soit toujours ramené à la rivalité internationale – ce n’est pas parce que je critique certains défauts de mes concitoyens, défauts que je partage et que je me suis efforcé de minimiser tout au long de ma vie professionnelle (je sur Français mais je me soigne!) qu’il faut penser que je trouve mieux l’endroit et le pays où la coopération culturelle et les hasards de l’existence m’ont fait atterrir. Chez les féministes: « qui prend femme prend pays » (même si ça ne rime pas!). Si je suis là, ce n’est pas parce que j’étais mal en France. Je l’ai été pendant les 20 premières années de ma vie mais cela n’avait pas grand chose à voir avec la France, sinon qu’elle fut trop longtemps la fille aînée de l’Église.
    Les 5 dernières années de ma vie française, surtout à La Sorbonne et souvent aussi en compagnie de Philippe et sa jeune famille d’alors furent paradisiaques. Le ridicule blanc, rouge et noir ne m’y faisait plus peur!

    Si je critique l’arrogance française (et, tout comme vous, j’adore ce pays; vous ne pouvez pas savoir à quel point je regrette de ne pas pouvoir y vivre ma retraite – il y a d’ailleurs peut être là une nostalgie mélancolique qui explique l’agressivité involontaire de mes propos), donc, si je critique l’arrogance des Français (et j’en suis) c’est tout simplement parce que j’ai vécu à l’étranger où on l’attend tout comme les Français attendent l’avarice des Écossais!

    Ayant enseigné le Marketing entre la sociologie et la communication humaine et comparé les performances des négociants de notre pays sur les marchés étrangers j’ai vu Peugeot puis Renault devoir se retirer des marchés nord-Américains (USA & Canada) tandis que s’engouffraient sur ce même marché, non seulement, VolksWagen et toutes les Allemandes sans exceptions, les Japonaises (Toyota, Honda, Mitsubishi, etc.) mais aussi les sud-coréennes (Hyundai et bien d’autres). Comme il se doit dans l’enseignement du Marketing en Amérique du Nord, on procède par étude de cas et évidemment je me suis acharné sur l’analyse des stratégies de conquête de l’Amérique par les constructeurs d’automobiles français. Hélas, trop souvent leurs commerciaux ou ‘marketers’ ont joué la carte de l’excellence française… issue du génie et du bon goût légendaire de ce magnifique pays qu’est le nôtre! Pour souligner ces qualités universellement connues, les promos étaient parfois faites en français… Peu d’études du marché nord américain et de son extrême diversité ont été faites en profondeur, il suffisait d’annoncer: La France! Et Pigeot est devenu la voiture de luxe des Africains! Ce qui marche avec les parfums, la haute couture et la gastronomie (fromages et vins fins) ne marche guère avec nos produits technologisés.

    Donc, si je tiens des propos – qui se voulaient critiques plutôt que désagréables – c’est dans l’espoir de contribuer modestement à l’amélioration des performances des entreprises privées ou publiques de la France. Ce n’est pas en flattant et flagornant que l’on contribue à améliorer quoi (ou qui) que ce soit!

    Évidemment, ce point de vu étant anonyme, sans visage et lointain, je comprend (et de nombreuses études sur les télé-conférences et autres modes modernes de communication à distance l’ont souligné) que vous soyez plus sensible à ce qui ce dit autour de vous et de vive voix, même si les mal entendus sont souvent fondés sur cette même cause (distance anonyme) et bien sûr les inévitables différences d’itinéraires, de trajectoires ou de pérégrinations des êtres humains.

    Tenez vous en quand même à la première impression… c’est la bonne! disait encore Talleyrand-Périgord (il devait bien manger avec un nom pareil, ce « bas de soie! »)

  13. Tes résumés et pastiches de mes propos me semblent d’avantage refléter ce que tu penses de moi (et/ou ce que tu crois – à tort – que je pense de toi) que ce que j’ai espéré exprimer…

    Dans les 2 cas, par nos propos, on ressemble aux plongeurs sous-marins qui n’échangent que des bulles d’oxygène contre des bulles de CO2 (moi aussi je ne répète pas fidèlement tes propos mais j’essaye d’en garder l’esprit) et que tu as si éloquemment évoqués il y a quelques temps.

    Je n’avais effectivement pas compris que lorsque Jim et toi (les élites, là, ne seraient que 2) parliez des élites vous pensiez aux profs. de philo! Ils sont si nombreux qu’ils devraient souvent faire la grève avec les profs de grec et de latin!

    En mateux américanophile que tu es (rien de péjoratif… il n’y a point de sots métiers) tu as dû remarquer que le niveau d’élitisme aux États-Unis se mesure par l’ampleur du compte en banque ou le nombre de valeurs mobilières non sujettes à l’impot sur la fortune et/ou immobilières, sujettes à l’ISF (en France macronienne)!  » Trump vaut des milliards! » disaient-ils… Quid des footballers US ou Européens qui refusent de chanter la marseillaise américaine?

  14. Le PIB n’est pas l’indice le plus révélateur des activités commerciales dune nation…

    La balance commerciale serait plus proche…

    Le PIB inclut l’exploitation (privatisation) du patrimoine… patrimoine construit sur 2 siècles de colonialisme. Colonialisme qui a rendu ses bénéficiaires très arrogants…

    Par ailleurs, tu ne m’as jamais entendu faire l’apologie du Canada ou du Québec sur le plan du commerce!

    Je pense aux rivaux européens de la France: Allemagne, Pays Bas, Scandinavie où l’apprentissage des langues étrangères est beaucoup plus étendu qu’en France. Évidemment je pense aussi à de nombreux pays asiatiques tels que le Japon, les 4 tigres et, de plus en plus, la Chine…

    L’étude des tendances sur 50 ans dans l’évolution des balances commerciales me semblerait plus pertinente…

  15. Bon! C’était bien à Roussin que je pensais… Effectivement cette phrase semble empruntée au XVIIIe mais elle peut encore avoir un effet théâtral… M’enfin, je ne m’obstinerai point!

    Quant à la Simca Sport, elle s’était transformée en 404 cabriolet aux mêmes couleurs, il est vrai (toutes les 2 étaient des voitures de mon papa!) Pour le costume blanc ‘immaculé…’ tu es gentil… je regrette de ne pas avoir eu des pompes blanche et noires et un grand panama blanc itou avec tout le tutti frutti féminin qui va avec!

  16. Cher Monsieur Ravault René-Jean,
    je pensais que votre jeu de pique-pong verbal avec Philippe était un jeu amical, mais je constate qu’il n’en est rien, je ne connais rien de vous, de votre histoire avec lui et cela ne me regarde pas mais moi quand je n’aime pas quelque je suis indifférente, je ne m’acharne pas.
    Et je ne peux pas vous laisser dire des âneries sur les français qui date d’un temps révolu, le français est …………., je tiens à vous dire que je suis très heureuse d’être française, que j’ai énormément de chance d’être née en France, que l’on vit dans un merveilleux pays que le monde entier nous envi, que l’on a une chance énorme de pouvoir se soigner, de manger à notre faim et en plus notre gastronomie est reconnu dans le monde entier pour être une des meilleures, que nos salaires nous permettent de vivre et que j’ai une chance énorme de vivre en France, de toute façon tous les pays sont cosmopolites, on apprécie la différence, c’est une richesse, nous sommes tous des hommes que l’on soit noir, blanc, jaune on est tous égaux, on a qu’une vie et l’on souhaite tous être heureux durant se passage sur la terre, et il n’y a que l’amour qui compte. Et vous dans quel pays vivez-vous? Sûrement un plus beau pays que la France !!!!!!!!!!

  17. Tu parles des élites avec pas mal de mépris, mais, personnellement, je m’en fous un peu. Je m’en fous, des élites, et contrairement à ce que tu crois et affirmes chaque jour, je n’en fais pas partie et je ne pense pas en faire partie. La seule chose dont je sois conscient, c’est d’avoir à un moment donné, fait des études réputées relativement difficiles, un peu par chance, un peu par effort. Depuis cette époque, je n’ai rien fait de spécial pour mon pays ou pour l’humanité, je n’ai pas créé d’œuvre d’art, je n’ai pas trouvé de vaccin contre quoi que ce soit, je n’ai pas eu de grandes responsabilités, je n’ai pas éduqué les foules ni ne leur ai apporté la bonne parole. Tout cela ne me donne droit à aucun statut particulier, en particulier pas celui de membre de l’élite . Pour ce qui concerne le sujet, je suis aussi bien dentiste, podologue, expert, gérant de société, comptable, électricien, éleveur…
    Je ne parlerai pas de ma vie privée, mais je peux dire que je suis raisonnablement et bourgeoisement content et reconnaissant (envers qui ? la Société ? Mes parents ? Moi ?) d’avoir pu travailler pendant pas mal d’années, et d’avoir aujourd’hui les moyens de ne rien faire d’autre que d’écrire mes petits textes. Qu’ils aient souvent le malheur d’attirer ton ironie mordante ou tes leçons de vie n’est pas mon problème. Je m’en fous aussi.

  18. « Lorsque l’élite fait la grève…. tout le monde s’en fout! D’ailleurs… elle le sait et évite de démontrer ainsi son inutilité… au cas où ça irait mieux! »
    Par définition, les élites sont peu nombreuses. Elle ne peuvent donc pas utiliser efficacement le moyen de la grève.

    « La Belgique a fort bien vécu pendant près d’une année sans représentation politique! »
    Je n’ai rien contre la Belgique, j’aime la Belgique, je respecte la Belgique, mais doit-on la prendre pour exemple pour le monde en matière de gouvernance et en déduire que les nations devraient se passer de gouvernement, que tu assimiles à l »élite »? Quand on est une démocratie, au contraire d’une dictature, on peut vivre quelques mois sans gouvernement, comme on peut vivre sans manger pendant quelques jours. Mais il vaut mieux, dans les deux cas, ne pas trop prolonger l’expérience.
    Enfin, sans vouloir parler pour Jim, mais le connaissant un peu, je crois que dans ses propos, il ne pensait pas particulièrement aux élites politiques.

    « Aux USA, « Drain the swamp! » qui disait, amenant la crème du ‘Big Business’ et du ‘Top Real Estate’ à la tête du pays, … depuis le monde reste béat d’admiration! »

    « Drain the swamp« . C’est justement Donald Trump, qu’on ne peut pas soupçonner de faire partie des élites, qui, le dernier, a utilisé cette vieille expression, à peu près équivalente à notre « donnez un bon coup de balai dans tout ça« . Il a utilisé avec efficacité cet argument populiste pour pousser les électeurs à « purger le marais » de ses élites, à les chasser d’un bon coup de balai. On pourrait résumer comme ça ce que tu a écrit : Trump a dit « il faut chasser les élites » Il l’a fait et regardez où nous en sommes ! Il est étonnant que tu utilises cette référence pour justifier ton mépris des élites.

  19. « le problème, pour nous, est que celui-ci (l’arrogance française ? ) fait l’unanimité dans le monde entier…   
    Il se manifeste principalement par le fait que lorsqu’un Français ne comprend pas les différences culturelles (dues à la variété des peuples comme à la diversité des classes et des castes) il considère ce qui lui échappe comme ‘incompréhensible’ (C’est à dire absurde, incohérent, etc.) alors que les autres (plus enclins à l’auto-critique et à l’auto-dérision et ayant un bon sens du relativisme) s’efforcent de diversifier leurs connaissances culturelles et apprennent les langues, dialectes et autres jargons auxquelles leur micro-milieu d’éducation n’avait pas accès! »

    Mais non, mon vieux, tout les Français ne sont pas comme tu me vois moi, et tout le « monde entier » n’est pas comme tu le souhaiterais.

    « Les conséquences de cette bêtise se mesurent à l’aulne du succès commercial sur la scène mondiale… »
    En matière de PIB par habitant, la France est au 6ème rang mondial, de 10% inférieur à celui du Royaume uni, 5ème. A titre d’élément de comparaison, le Canada se place au 10ème rang, entre le Brésil et la Corée du Sud.
    Le PIB n’est pas tout, mais ce n’est pas moi qui ai parlé de succès commercial.

  20. « Il n’y a point de sots métiers, il n’y a que de sottes gens! »  (je crois que cette affirmation est d’un auteur de théâtre qui avait une villa à Saint-Tropez sur le chemin du Pinet, dans les années 60… la belle époque ! »

    Si tu veux parler d’André Roussin, qui possédait effectivement un mas, le Mas du Pinet, sur le chemin du même nom qui menait de Saint Tropez à la Prud’homie des pêcheurs et à la Capilla, aux temps anciens où tu parcourais en boucle la rue Allard, le Port et la Place des Lices au volant de ta superbe Simca Grand Sport, carrosserie noire et cuir rouge, vêtu du même costume blanc immaculé que celui que portait Tony Curtis dans « La Grande Course autour du Monde », je ne crois pas que cette formule soit de lui. Qu’il l’ait reprise dans une de ses pièces, c’est possible, mais la formule n’est pas de lui, ne serait-ce que par la forme désuète de la phrase qui sent son proverbe du XVIIIème siècle.

  21. L’élite… une nécessité?

    Lorsque l’élite fait la grève…. tout le monde s’en fout!

    D’ailleurs… elle le sait et évite de démontrer ainsi son inutilité… au cas où ça irait mieux!

    La Belgique a fort bien vécu pendant près d’une année sans représentation politique!

    Aux USA, « Drain the swamp! » qui disait, amenant la crème du ‘Big Business’ et du ‘Top Real Estate’ à la tête du pays, … depuis le monde reste béat d’admiration!

  22. L’arrogance française… un cliché, une légende urbaine, un stéréotype… sûrement!

    le problème, pour nous, est que celui-ci fait l’unanimité dans le monde entier…

    Il se manifeste principalement par le fait que lorsqu’un Français ne comprend pas les différences culturelles (dues à la variété des peuples comme à la diversité des classes et des castes) il considère ce qui lui échappe comme ‘incompréhensible’ (C’est à dire absurde, incohérent, etc.) alors que les autres (plus enclins à l’auto-critique et à l’auto-dérision et ayant un bon sens du relativisme) s’efforcent de diversifier leurs connaissances culturelles et apprennent les langues, dialectes et autres jargons auxquelles leur micro-milieu d’éducation n’avait pas accès!

    Les conséquences de cette bêtise se mesurent à l’aulne du succès commercial sur la scène mondiale…

  23. « Il n’y a point de sots métiers, il n’y a que de sottes gens! » (je crois que cette affirmation est d’un auteur de théâtre qui avait une villa à Saint-Tropez sur le chemin du Pinet, dans les années 60… la belle époque! À moins qu’elle ne soit du critique Poireau del Pèche – pour rester dans l’agro-alimentaire si chère à Jim.)

  24. Suite. Des connards j’en connais dans toutes les professions. Tiens, j’en connais un plus particulièrement connard, tout ce qu’il y a de plus connard, c’est un…,et puis non, c’est une trop longue histoire, je la garde pour une autre fois.

  25. Les podologues ne sont pas tous des connards, j’en connais de super-sympas qui sont de purs héros. A Amiens peut-être, ou à Vesoul, y en a p’t-étre, là j’n’sais pas.

  26. « Le dénigrement géographique (Amiens, ville du Président) et professionnel (podologue) est-il une maladie des littéraires français ou parisiens ? »
    Henri Ratinet est un gros con de littéraire français, parisien de surcroit. Non seulement, il méprise Amiens et l’art de la podologie, mais il tient des propos misogynes et machistes fort peu compatibles avec la morale républicaine. D’ailleurs, c’est congénital ! Souvenez-vous de son cousin, André Ratinet, personnage central de « Bonjour Philippines ! » : il était également très con. Moins arrogant que son cousin Henri, mais très con.
    A notre belle époque de surveillance mutuelle des individus et de vérification constante de la « correctitude » des propos publics et privés, le véritable auteur de ces lignes, celui qui se cache derrière le pseudonyme d’Henri Ratinet, déclare officiellement :
    1) se désolidariser de ces propos non conformes
    2) considérer Henri Ratinet comme un gros con, et son cousin André comme un simple imbécile du modèle courant.
    3) se réclamer de la licence poétique et théâtrale pour excuser des lignes qu’il regrette déjà
    4) implorer l’indulgence du Tribunal de Grande Convenance.

  27. « qui dit Français dit… arrogant? »

    Un peu partout, et pas qu’en France j’ai entendu souvent d’autres âneries de ce genre, ou leur transposition en fonction du pays de celui qui parle :
    Fort comme un Turc
    Saoul comme un Polonais
    Avare comme un Ecossais
    Menteur comme un Grec
    Sournois comme un Arabe, un Juif, un Chinois, un Bessarabien, …
    On a entendu aussi :
    Heureux comme Dieu en France (les Allemands)
    Gai comme un Italien, quand il sait qu’il aura … (Dalida)
    Heureux qui comme Ulysse…(Du Bellay)

  28. No comments… comme demandé par Ratinet d’entrée de jeu!

    Mais il n’y a rien de plus prolixe que le silence des critiques réduis au rôle d’agneaux!

    Le dénigrement géographique (Amiens, ville du Président) et professionnel (podologue) est-il une maladie des littéraires français ou parisiens?

    Pourquoi dans la plupart des pays du monde (autre que la France hexagonale): « qui dit Français dit… arrogant? »

    La disparition des entreprises françaises: Radiola, Solex, Alstom, Simca… dont nous semblons tous avoir la nostalgie ne serait elle pas partiellement (je dis bien partiellement) due à ce travers culturo-caractériel (acquis dans nos familles et dans les écoles de notre patrie)? Pour la disparition de Dinky Toys et l’achat par la Chine des constructeurs de voitures de sport britannique, je pense, de façon tout aussi partielle, au décryptage global du fameux flegme!

  29. Messagerie vocale:
    Hey Henri, c’est ton pote Patrick qui t’avais bien prévenu que le coup de la machine à laver c’était fatal. Maintenant Sylvie est chez moi en train de pleurnicher par litres. Qu’ s’y-ce que j’en fais? J’ai pas de machine à laver ses mouchoirs moi.

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