¿ TAVUSSA ? (17) La langue de Trump

Voici in extenso la réponse du Donald à une question du très honorable Times de Londres lors d’une interview du week-end dernier. Pour que rien ne soit perdu dans la traduction, je vous donne le texte original et les sous-titres. Vous en avez de la chance…

The Times
Do you have any models —are there heroes that you steer by—people you look up from the past?
Avez-vous des modèles ­—y a-t-il des héros qui vous guident— des gens du passé que vous admirez?

 Donald Trump, President elect
« Well, I don’t like heroes, I don’t like the concept of heroes, the concept of heroes is never great, but certainly you can respect some people and certainly there are certain people ­— but I’ve learnt a lot from my father — my father was a builder in Brooklyn and Queens — he did houses and housing and I learnt a lot about negotiation from my father — although I also think negotiation is a natural trait, I don’t think you can, you either have it or you don’t, you get better at it but basically, the people that I know who are great negotiators or great salesman or great politicians, it’s very natural, very natural…I got a letter from somebody, their congressman, they said what you’ve done is amazing because you were never a politician and you beat all the politicians. He said the added it up—when I was three months into the campaign, they added it up — I had three month of experience and the 17 guys I was running against, the Republicans, had 236 years — ya know when you add 20 years and 30 years — so it’s sort of a funny article but I believe it’s like hitting a baseball or being a good golfer — natural ability, to me, is much lire important to me than experience and experience is a great thing — I think it’s a great thing — but I learnt a lot from my father in terms of leadership. »
« He bien, je n’aime pas les héros, je n’aime pas le concept des héros, le concept des héros n’est jamais bon, mais vous pouvez certainement respecter certaines personnes — mais j’ai appris beaucoup de mon père — mon père était un entrepreneur à Brooklyn et dans le Queens — il a faut des maisons et des immeubles et j’ai appris beaucoup de mon père sur la négociation — quoique je pense aussi que la négociation est un don naturel, je ne crois pas que vous pouvez, ou bien vous l’avez ou bien vous ne l’avez pas, vous vous améliorez mais à la base, les gens que je connais qui sont des grands négociateurs ou des grands vendeurs ou des grands politiciens, c’est très naturel, très naturel…J’ai reçu une lettre de quelqu’un, leur congressman, ils disent ce que vous avez fait est extraordinaire parce que vous n’avez jamais été un politicien et vous avez battu tous le politiciens. Il dit qu’ils avaient ajouté — quand j’étais dans la campagne depuis trois mois, ils avaient ajouté — j’avais trois mois d’expérience et les 17 types contre lesquels je concourait, les Républicains, avaient 236 ans —  vous savez, quand vous ajoutez 20 ans et 30 ans — alors c’est une espèce de drôle de chose mais je crois que c’est comme frapper une balle de baseball ou être un bon golfeur — un talent naturel, pour moi, est bien plus important pour moi que l’expérience et l’expérience est une excellente chose — je pense que c’est une excellente chose — mais j’ai appris beaucoup de mon père en termes de leadership. »

Affligeant, non ? Au début, à examiner ce galimatias hors sujet de morceaux de phrases successifs sans suite ni logique apparente, on peut se demander si le nouveau Président de la plus grande puissance mondiale avait vraiment compris la question.

Mais à y réfléchir un peu, on comprend la méthode : « Je me fous de votre question, mais merci de me permettre de traiter à nouveau un sujet super important, moi, ce que je suis, ce que j’ai fait, moi, moi, moi !« .

Lui, lui, lui ! Mais nous ? Nous ? Que peut-on tirer de cette réponse alambiquée ?

—Que le Donald n’aime pas les héros ? Ni Lincoln, ni Washington, ni Margaret Thatcher ? Pas même Captain America ou Superman ?
—Qu’il a beaucoup appris sur la négociation auprès de son père mais que, de toute façon, le talent de la négociation est inné ?
—Qu’avec ses 3 mois d’expérience en politique, il a battu des gens qui en possédait 236 années ?

Bon, et après ?

Moi, j’en conclus qu’il parait incapable d’exprimer un enchainement de pensées logique ou même seulement un langage articulé, et qu’il se place toujours dans l’auto-célébration.

Les politiciens ordinaires avaient inventé la langue de bois et il est certain que sur ce plan, Le Donald ne fait pas partie de leur club.
Si ce n’est pas de la langue de bois, alors qu’est-ce que c’est ? Il serait facile, vu le passé du Donald de dire que c’est de la langue de béton, dure, lourde, visqueuse, désagréable… Mais l’image ne résiste pas bien longtemps à l’examen. Elle ne traduit pas cette volonté d’auto-vénération.

Pas de la langue de bois ? Pas de la langue de béton ? Alors quoi ?
Peut-être de la langue de bœuf, vous savez, ce truc immangeable qu’on nous servait à la cantine, ou mieux, de la langue de taureau, cet animal qui, selon Baudelaire, exprime le mieux la bêtise, l’obstination et la stupide confiance en soi.

Mais n’allez pas raconter au Donald que j’ai dit ça ! Je crois qu’il adorerait être comparé à un taureau.

2 réflexions au sujet de « ¿ TAVUSSA ? (17) La langue de Trump »

  1. Le taureau de Wall Street! Of course! Son indice vient de péter le mur des 20.000!!!

    Nous avons peut être tort de nous offusquer des apparences (son toupet – il en a! et c’est un euphémisme – blond-roux) et de son absence ahurissante de style!

    Le taureau enragé (piqué de bandelettes) de Wall Street réalise en un temps records toutes ses promesses électorales.

    En deux jours de pouvoir, il a détruit des décennies de minutieuses et hyper-difficiles négociations mondiales!

    Il est tout simplement pire qu’Hitler dont on se demandait comment il était arrivé au pouvoir dans un pays qui avait généré des génies de la sagesse comme Kant ou Gœthe! Maintenant on le sait!

    Les États-Unis viennent de terminer le cycle complet de la révolution entreprise en 1776.

    Dans ‘The Patriot,’ Mel Gibson incarne le héros de cette histoire. Ce héros des Carolines a massacré, pendant ‘The French Indian Wars’ des années 50, beaucoup de Hurons et de Français. Écœuré des conflits armés, il n’a pas, en 1776, envie de se lancer avec la Pennsylvanie dans la Guerre d’Indépendance contre l’Angleterre.

    Dans une assemblée délibérante, à Charleston, je crois, il demande à ses amis qui veulent l’entraîner dans la guerre contre le roi d’Angleterre: « Pourquoi voudriez-vous que je me débarrasse d’un seul tyran lointain (dont on disait alors en Amérique qu’il était fou) quand je sais que je vais me retrouver entouré de mille tyrans locaux? »

    Deux siècles et demi après, en 2017, les Américains ont élu chez eux, dans leur cour, un tyran encore plus fou que l’Anglais dont ils s’étaient débarrassés en 1776!

    Cette indépendance durement acquise par les États-Unis du fou d’Angleterre vient aussi d’être annulée, les meilleurs copains britanniques de Trump sont les architectes du Brexit!

    Trump est fou! la preuve: il exécute, à la lettre près, toutes ses promesses électorales!

    Uu fou hyper actif, plein de ‘Stemina,’ comme les couilles en or du taureau de Wall Street). Un fou génial à ses heures puisqu’il enfume tous ses critiques potentiels d’une vapeur antimédiatique (accaparant les médias) faite des gaz de son apparence et de son époustouflant manque de style!

    On (le monde) ne s’y habituera pas… Les nuées guerrières couvrent l’horizon depuis le 7 Novembre!

    On verra demain ce qui va se passer avec la MAYre Theresa!

    May the Queen save her Joker Trump!

  2. Trump fait du Trump. Affligeant! Faudra bien s’y habituer. Mais qualifié The Times d’honorable m’afflige aussi. Le journaliste auquel Trump était censé répondre est un affreux, fervent militant pour le Brexit.

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