¿ TAVUSSA ? (10)

La voie sur berge Rive Gauche
-Vous vous êtes déjà promené sur les berges de la Seine, rive gauche, entre le Pont Royal et celui de l’Alma ?
-Hein ?
-Non, je vous demande si vous vous êtes déjà promené sur les berges de la Seine, rive gauche, entre le Pont Royal et celui de l’Alma.
-Non.
-Non ? C’est dommage ! C’est dommage parce que vous pourriez y voir une des réalisations les plus exemplaires d’aménagement ludique que la Mairie de Paris nous prodigue avec générosité pour l’amélioration de notre santé tant mentale que physique !
-Non ?
-Si ! J’ai parcouru les deux kilomètres de l’ancienne voie sur berge. En fin d’une très belle matinée d’une chaude fin de mois d’août, j’y ai vu :
1-quelques peintures au sol, presque effacées, et censées représenter des labyrinthes, des échiquiers et des objets non identifiés.
2-quelques  bastaings assemblés par paquets de quatre ou cinq pour offrir aux passants de quoi s’asseoir en une vague demi-douzaine d’endroits de la promenade.

3-une demi-dizaine, peut être moins, de bungalows de chantiers, peints en marron et posés sur de vieilles palettes usagées, tenant lieu de

bistrots de rue, et vendant des pizzas surgelées et des sandwiches aplatis à des prix de rentiers.

En trente minutes, car c’est le temps qu’il me faut pour parcourir deux kilomètres, j’y ai croisé trois joggers, quatre vélos dont trois Velib, cinq promeneuses de chiens et six touristes. J’avais l’impression de marcher sur une autoroute urbaine après une attaque nucléaire. Dieu merci, au dessus de moi, sur le quai, le bruit de la circulation des voitures qui s’y entassent du fait du susdit aménagement, était là pour me rappeler que les Russes n’avaient pas encore détruit Paris, et que seule la Mairie s’y employait.
Entendons-nous : je ne suis pas, ou plutôt,  je ne suis plus un fanatique de la voiture dans Paris. Depuis que je ne travaille plus, je ne m’en sers que très peu. Par ailleurs, je ne suis pas idéologiquement contre la restriction de la circulation automobile dans la ville : ça dissuade beaucoup de gens d’y venir, des gens qui ne sont pas de chez nous et qui n’ont rien d’autre à y faire que travailler, faire des affaires, faire des courses, s’amuser, aller au cinéma, au théâtre, au restaurant, rencontrer des amis et tout un tas d’autres choses dénuées d’intérêt. Ça nous permet au moins de rester entre nous, les Parisiens. Ce n’est donc pas par dépit d’automobiliste frustré que j’écris ce petit mot dont vous aurez surement décelé la nuance critique à l’égard de l’aménagement susnommé.
Supprimer un axe essentiel de circulation à deux voies en plein centre de Paris, au détriment de toutes les autres artères des environs sur lesquelles la circulation va se reporter, pourquoi pas ? C’est ça la démocratie : quand on détient le pouvoir, et pour le temps qu’on le détient, on fait ce qu’on veut. Na !
Mais quitte à réaménager une zone si hautement touristique – la vue sur la Seine, les ponts et la rive droite est sublime – en la réservant aux piétons, on dépense un peu plus d’imagination et d’argent pour être en mesure (ou en capacité, comme ils disent) de l’équiper de choses plus attractives que des traits de peinture sur le sol pour se distraire, des bouts de bois mal équarris pour s’assoir et de bungalows de chantier, fussent-ils peints en marron, pour s’y restaurer.
Sur ce, je retourne au Luxembourg. Marie de Médicis, elle, savait faire les choses.

5 réflexions au sujet de « ¿ TAVUSSA ? (10) »

  1. Et bien oui, les acronymes ont eux aussi leurs homonymes. « Rien n’est simple » et « Tout se complique » comme l’aurait dit Sempé.

  2. Pour savoir ce que voulait dire BTW, je suis allé sur un site spécial abréviations et voici les premières lignes de ce que j’ai trouvé :

    BTW
    By The Way

    BTW
    Back To Work

    BTW
    Behind The Wheel

    BTW
    Belasting Toegevoegde Waarde

    BTW
    Bad To Watch

    BTW
    Block Transfer Write

    BTW
    Brothers of the Third Wheel

    BTW
    But That’s Wild

    BTW
    British Traditional Wicca

    BTW
    Bin Total Wech

    BTW
    Bekannte TeilWahrheit

  3. WUWU: what’s up with you. Je deteste les correcteurs des tablettes, c’est pas un progrès, il faut relire encore plus attentivement.

  4. Je suis désolé ce soir de constater que personne, à tout le moins aucun parisien, n’est réagi à ce Tavussa. J’ai deux choses à ajouter: 1/ je suis d’accord avec ce Tavussa; la fréquentation de la rive gauche piétonnière dans le sens Pont Alex III vers ND est insupportable; en plus de de qui est décrit plus haut, il faut supporter les joggers à contre sens – à croire qu’ils ne savent courir que dans le sens du courant – et ça pue la sueur. 2/ j’ai utilisé un acronyme, TAF (tout à fait d’accord), peut-être osé dans un journal qui promeut la littérature et surtout le style; oui mais, un blog est après tout un moyen de communication par internet et BTW le JDC ne rechigne pas à utiliser la langue de William Shakespeare; or, les langues d’Internet et de WS combinées sont remplies d’acronymes qui me fascinent. Je ne sais pas si un Petit Robert des acronymes verra le jour un jour, mais il existe déjà, sur internet bien sûr, pour les acronymes anglo-saxons, c’est internetslang.com (slang, argot, ?!?!). Vous y trouserez tous ceux très courants comme BTW, ou FYI, et des moins connus ici comme WUWU (l’un de mes préférés): what sur up with you?

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