Chronique pessimiste

Il y a exactement trois mois, laconique, à propos du Brexit, j’écrivais : « The english : let them go!  »
C’était de ma part une réaction d’agacement envers cette arrogance britannique, ce mépris des aliens, cette inconscience de la réalité mêlée de pragmatisme, qui de temps en temps ont amené ce grand peuple à accomplir des choses impossibles.
J’avais écrit cela, let them go, mais j’espérais bien qu’ils restent, et je prévoyais qu’ils le feraient. Mais voilà…
Monsieur Cameron portera une énorme responsabilité, celle d’avoir, pour des raisons internes à son parti politique, entraîné son pays vers la victoire des extrêmes en tous genres, des populismes de tous poils.

Mais, est-il le seul en Europe à pratiquer ce genre de fine manœuvre ?
Mais où est passé le centre ? Où ont été se cacher la modération, la tolérance, la raison ? Le centre est malheureusement chez nous incarné aujourd’hui par un mou qui aimerait être Henri IV, mais qui n’en a que l’aptitude à changer régulièrement de camp. Le centre disparaît un peu plus chaque jour, coincé entre deux partis traditionnels qui se délitent, entre deux extrêmes qui se rejoignent, grossis par la peur, la paranoïa, l’envie.
Aujourd’hui, une nouvelle fois, le centre a perdu. La bêtise au front de taureau, la peur hallucinée, la méfiance chafouine ont gagné. Sans se concerter, sans même le savoir, les extrêmes se sont rejoints pour vaincre. Aujourd’hui, c’est au Royaume Uni. Demain, ce sera en Pologne, au Danemark, qui sait ?
A peine sortis d’une crise économique mondiale majeure que fut celle de 2008, nous venons d’entrer dans une période de troubles économiques au moins aussi importants.
Bonne chance à tous…

9 réflexions au sujet de « Chronique pessimiste »

  1. Ignorant si le système de collaboration à ce journal autorise l’expression de l’esprit d’escalier, je voudrais quand même revenir sur mon propos du 24 Juin à 12h37.

    J’y répondais, indirectement, aux réactions de François et surtout de Dominique à l’analyse pessimiste du Brexit que nous offrait alors un Philippe devenu, pour deux jours, politologue!.

    Bien que ma spécialisation de communicologue soit la critique (ou déconstruction) du décryptage d’un phénomène observé par son observatrice ou observateur (ce phénomène pouvant être un événement politique, un texte, un bouillon de culture sous un microscope, etc.), je me suis comporté exactement comme les lecteurs pathologiques – hélas majoritaires – que je m’efforce de déconstruire en cédant moi-même à ce que j’ai derrière la tête plutôt qu’au texte que j’avais sous les yeux, pourtant très bien et très clairement écrit.

    Contrairement à ce que j’ai voulu lire dans les propos – encore une fois très limpides – de Dominique à savoir que le vote contre l’Europe était un vote pour la Terre Patrie de Morin (reflétant mon obsession pour un monde uni, équitable et pacifique), il saute aux yeux (lorsque la médiation du regard se fait de l’extérieur vers l’intérieur – ce qui est rare il est vrai -) que Dominique aggravait la culpabilité des partisans du Brexit qui, en prétendant renoncer à l’Union Européenne, rejetait en fait l’idéal humaniste du vivre ensemble dans l’égalité des droits malgré les différences.

    J’ai donc fait un colossal contre sens. Pour Dominique, il me semble maintenant – après relecture honteuse de ma part -, qu’en votant contre l’EU, les brexiteux votaient aussi contre la ‘Terre Patrie’ de Morin où l’égalité des droits des Terriens seraient respectée en dépit des différences. Je retire donc ce paragraphe où ma perception a été guidée par mon rêve au lieu du constat de l’évidence: un votre contre l’EU n’est pas un vote POUR la Terre Patrie mais bien CONTRE!

    Et, à regarder les résultats de plus près, Dominique a évidemment encore plus raison.

    Les brexiteux sont essentiellement des vieux nostalgiques du temps béni du Commonwealth d’avant Gandhi.

    Ils adoraient l’Empire quand chacun y était à sa place. Les Anglais en Angleterre et les Indo-Pakistanais-Afghans-Irakiens etc. chez eux, bien gardés par les lanciers en tuniques rouges et de blanc enturbannés!

    Redoutant l’immigration pourtant anglophone puisque ‘made in commonwealth,’ ils s’empressent de boucher le tunnel avec l’Europe que les rejetons illégitimes de la mère Victoria ont pris pour un cordon ombilical traçant le chemin du retour au bercail culturel et linguistique. Finalement, c’est le médiateur européen qui, comme le messager, a payé pour la nouvelle de la défaite (la périphérie de l’ ‘Empire Strikes back’) qu’il véhicule.

    Comme, Nancy, ma fille me l’a fait remarqué, ces vieux nostalgiques de l’Empire, non seulement se ferment aux autres, ex-dominés qui reviennent comme un boomerang, mais ils stoppent l’avenir leurs propres enfants et petits enfants qui, vivant à Londres, se sentaient tout à fait aptes à vivre, et même à vivre gaiement, dans ce monde qu’ils trouvaient enchanteur de la diversité.

    Ce mal entendu de ma part m’oblige à bien préciser ma posture.
    Je suis contre l’Europe actuelle.
    Même si elle constitue un pas dans ce que je crois être ‘la bonne direction,’ elle donne un pouvoir trop grand au ‘Capital’ et trop faible aux exclus et opposants de ce système économique et financier.

    De plus si l’EU actuelle atténue les tensions entre les pays qui la constituent, elle reste confrontée au grand bordel mondial. Les rivalités avec les autres blocs ou grandes puissantes persistent et s’accentuent.

    Il faut donc dépasser les unions partielles, comme l’EU, et aller vers un monde uni du genre de la Terre Patrie que Morin propose.

    Mon erreur d’interprétation peut se comprendre si une refus de l’Europe entraîne, comme j’en rêve, le passage de celle ci à une union plus vaste et si possible globale. Obsédé par cette idée j’ai mal lu, voire inversé, ce que Dominique avait écrit.

    Le Brexit est un recul vers les rivalités nationales et conforte le ‘divide to conquer’ du grand capital. C’est exactement l’inverse de ce que je recherche.

    Si l’on accepte la métaphore de la conduite d’une automobile manuelle à six vitesses, il me semble que si nous étions en 4e. alors qu’il fallait enclencher la 5e. on a rétrogradé en marche arrière avec un double débrayage mais sans freiner ni arrêter!

    À défaut de pouvoir imaginer immédiatement une issue heureuse à cette ‘grosse Katastroffe’ qu’est le Brexit, on peut, peut être, se consoler en se disant que le bordel qui en résulte tant en Europe qu’au Royaume Uni (qui risque de se désunir, l’Écosse et l’Irlande du Nord, et peut être les jeunes Londoniens se désistant de ce geste) a des chances de faire réfléchir (s’ils en sont capables) les gars de la Marine à l’extrême droite et les gauchistes nationalistes du socialiste Mélanchon qui, voulant ‘niker’ Marine, l’étreint et lui offre sur un plateau, les richesses des mers entourant nos îles encore colonisées d’outre-mer!

  2. Le politique est peut-être le sujet le plus noble qui soit!

    Qu’y a-t-il de plus important que le ‘VIVRE ENSEMBLE’? (égaux et différents!)

    À sept milliards (et sans doute un peu plus) c’est pas de la tarte tropezienne!

    Clémenceau a dit que « la guerre est un sujet trop sérieux pour le confier aux militaires! »

    Si la politique est un noble sujet, ce n’est pas une raison pour le laisser aux nouveaux aristocrates que s’imaginent être les politiciens, même bien formé par l’ENA, ou les journalistes qui se contentent de Sciences-po.

    Mais l’information n’est pas comme le savoir scolaire.
    – À l’école, au collège et au lycée, puis à Sc. Po. et l’ENA, peut être aussi rue d’U.L.M. on se fait gaver comme des oies périgourdines. Le devise, me l’a-t-on rappelée à Sc. Po., c’est: « Apprends, Récites et tu seras reçu! »
    – S’informer c’est projeter une forme (du sens) sur ce que l’on sélectionne, prend en compte et que l’on s’approprie (IN-former, se former IN).

    Si l’enseignement est quelque chose que l’on fait à quelqu’un (au nom d’une religion ou d’une nation, d’un parti ou encore d’une profession), s’informer c’est quelque chose que l’on se fait à soi-même pour mieux gérer sa vie… sa vie en société.

    Contrairement à l’enseignement où le prof. forme les élèves, malgré eux! l’information est une démarche active, responsable, au cours de laquelle le citoyen a deux choses à faire.
    1) Être son propre journaliste en sélectionnant et en donnant un sens à CE qui, dans son environnement, son écosystème ou son espace vital, lui semble pertinent pour réaliser ses projets.
    2) Être son propre « leader’ politique, sa propre élite, en décidant, négociant et faisant les compromis aussi bien informés que possible pour atteindre les objectifs nobles que l’on s’est fixés après mure auto-réflexion auto-documentée.

    Cessons donc de blâmer les médias et le pouvoir, assumons leurs fonctions par et pour nous-mêmes. Et ce, si possible, en consultant, avec équité, nos concitoyens de la « Terre Patrie » via ce que les Pères Fondateurs des États-Unis ont appelé la conversation républicaine.

    Comme on peut le voir dans « The Patriot, » ces conversations républicaines se tenaient souvent dans les tavernes et parfois dans les temples protestants…

    Je ne suis pas certain que les blogs de la Toile puissent les remplacer avantageusement mais essayons!

  3. Je réponds avec une journée de retard car c’est souvent le lendemain que je lie les commentaires. L’actualité (depuis longtemps même) n’est pas inquiétante, ni même consternante, non, elle est alarmante. Cette réponse pourrait même concerner non seulement cette chronique pessimiste mais aussi d’autres comme celles à propos de démocratie, ignorance et savoir où celle à propos de déterminisme. Elles sont effectivement d’actualité. Rien n’est plus facile aujourd’hui que flatter l’ignorance des peuples à des fins partisanes plutôt qu’informer. L’ignorance n’est pas une tare, et c’est aux soit disante élites d’informer, d’éduquer, d’entraîner tous à participer à une construction d’avenir qui dépasse leurs ambitions purement individualistes, comme les cathédrales autrefois par exemple, et pas seulement se croire investies d’une mission de déterminisme à leur image. Je pourrais continuer sur des pages rien qu’avec les exemples de ces derniers jours, en France, au RU, aux EU, en Chine, etc, tous parfaitement écœurants.

  4. L’important n’est pas de jouer de la plume ou du clavier mais de rester lucide!

    Effectivement, l’avenir de vos petits enfants (et même de nos enfants – les technos. accélèrent tout – ) est en jeu!

    Mais Dominique (que je salue) a raison, ce n’est pas un vote contre l’Europe mais pour, comme l’a proposé Edgar Morin, en 1993, une Terre Patrie!

    L’homme est un animal grégaire dit-on. Alors qu’il s’assume comme tel!
    Les regroupements partiels et compétitifs que ce soient les nations ou les associations de nations (contre d’autres) sont, par essence, vouées à l’échec.

    Le seul regroupement qui vaille est universel et doit être fondé sur la solidarité, non sur la rivalité, la ‘compète’ et le ‘à qui pissera le plus loin’!

  5. Je suis comme Dominique , j écris moins bien que tous les intervenants précédents. Mais je vais quand même essayer de donner mon avis . C est trop facile de rendre responsable les Bush et Sarkozy. Je dirai que les deux grands responsables sont Merkel et Hollande. L Europe n existe pas sans la France et l Allemagne . La chancelière à été contrainte et forcee de prendre comme partenaire notre Président mr Hollande. Le problème est là .
    Les anglais qui ont en face de leur pays des dizaines de milliers de réfugiés qui attendent
    de venir chez eux ne veulent plus faire partie  de l Europe.Philippe a raison .malheureusement les pays européens sont en crise et cela ne favorise pas l arbitrage des grands partis centraux.
    L avenir de nos petits enfants est morose.l

  6. Par deux fois le vote des Français contre le traité de Rome a été ignoré!
    Non seulement les politiques ne tiennent pas compte de l’avis des gens mais en plus les font passer pour des imbéciles.L’air de dire:
    Nous nous savont , pas vous !
    Le bote contre n’était pas contre l’union européenne mais une autre union. Celle de l’humain , des mêmes droits, des mêmes chances, d’un même droit aux soins .
    Je ne pensais pas que le Brexit passerait, et ce matin , moi qui ne suis pas trop Britiche(en français) sauf en Rugby, je ne suis pas content du tout, et cele me fait détester d’autant plus les politicards français , et surtout le fanfaron Sarkozy qui lui ,comme les Bush’s, à mis le « BORDEL  » en Libye.
    J’écris beaucoup moins bien que les deux intervenants précédent mais , je les rejoint en tout! Même toi Philippe!
    C’est dingue qu’il soit nécéssaire qu’il se passe des moments comme ça pour que nous soyons en phase!!(rires)
    Et comme dit l’électricien « être en phase n’est pas neutre ».

  7. Le Brexit sera long à réaliser et le pragmatisme l’emportera comme toujours après les postures et les rodomontades. L’Histoire en a vue d’autres. Les cartes seront rebattues , un ordre nouveau apparaîtra et ça repartira comme avant. Hollande dira tout et son contraire et l’Allemagne comme d’habitude gagnera l’Eurofoot. Quant à moi, je me fait plutôt du mouron pour le devenir des démocraties sous la dictature du populisme si facilement manipulable.

  8. Au moins le BREXIT a l’avantage de focaliser l’attention sur les questions urgentes!

    Pas besoin de regarder vers « la Nouvelle Europe » (selon Rumsfeld, le chef du Pentagone sous les fous, père et fils Bush, qui ont foutu la merde dans la région – Orient et Moyen Orient – la plus volatile et la plus propice aux migrations de masses de la planète ) pour trouver des populistes…

    Dans un an, les Gars de la Marine rétabliront le FRANC ou plutôt la FRANCisque!
    et l’EURO ne sera plus qu’une épreuve de foot!

    Est-ce bien la faute à Hollande?
    Il a effectivement l’allure et le comportement du coupable!

    Mais que dire du beau monde qui s’est satisfait pendant des décennies de l’état apparent des choses?

    Être satisfait personnellement ne signifie pas que la situation du monde soit satisfaisante…

    Le populisme et le terrorisme poussent sous le même fumier!

    Le politiquement correct révèle une louable compassion mais celle-ci est demeurée symbolique et n’a jamais été suivie des gestes (‘deeds not words’) qui auraient pu éviter le retour, tout azimut, des Cavaliers de l’Apocalypse!

    Effectivement, GOOD LUCK!
    non seulement à l’Europe, UK included) mais à tout l’Occident,
    TRUMP ne s’est pas trompé sur ses électeurs!

    Les peuples ont les médias et les dirigeants qu’ils méritent! WE’RE GUILTY AS HELL!

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