L’intérêt de l’enfant (Critique aisée n°61)

Critique aisée n°61
L’intérêt de l’enfant
Ian McEwan

Je crois que j’ai lu tous les livres de Ian McEwan. Enfin presque.
Peu emballé par EXPIATION, vaste mélodrame sur fond de Seconde Guerre Mondiale, pourtant considéré par beaucoup comme son meilleur livre, je lui avais avais donné une deuxième chance avec SAMEDI.
Et là, ça a été le coup de foudre et depuis, je crois que j’ai lu tous ses livres, enfin presque : EXPIATION, SAMEDI, AMSTERDAM, L’INNOCENT, L’ENFANT VOLÉ, DÉLIRE D’AMOUR, SUR LA PLAGE DE CHESIL, OPÉRATION SWEET TOOTH et, maintenant, L’INTÉRÊT DE L’ENFANT.
McEwan a un vrai style et une vraie technique que l’on retrouve pratiquement à chacun de ses romans.
Son style est fluide, mais net et précis. Dans quelques moments d’action, un ou deux par roman, il atteint même une incroyable densité.
Sa technique est souvent reconnaissable : choisir un métier pour le personnage principal, apprendre tout de ce métier, sans doute par une enquête approfondie et, pourquoi pas, une équipe de chercheurs, placer d’abord le personnage principal dans une crise personnelle plutôt diffuse, puis le placer dans une crise professionnelle intense, cumuler les deux crises et voir comment le héros se débrouille.
Que mon démontage de sa technique ne vous décourage pas d’entreprendre la lecture de Ian McEwan, et ne manquez surtout pas de lire SAMEDI, L’INNOCENT et DÉLIRE D’AMOUR.
Quand vous aurez lu ça, vous pourrez toujours aborder ceux de ses romans qui ont eu, je crois, le plus de succès, mais pas auprès de moi : EXPIATION, SUR LA PLAGE DE CHESIL.
Si vous décidez de commencer avec L’INTÉRÊT DE L’ENFANT, vous y retrouverez le style et la technique que j’ai cru déceler chez McEwan : Fiona est une juge spécialisée dans les affaires de famille. Alors que son mari est entrain de la quitter, elle est chargée de juger en urgence d’un refus pour des raisons de croyances religieuses de la transfusion sanguine qui pourrait sauver d’une mort certaine un adolescent.
Les exposés de quelques affaires parallèles traitées par Fiona et de ce cas de transfusion sanguine refusée sont, comme d’habitude, parfaits et passionnants. Le style est, comme d’habitude, net, précis, fluide.
Je suis pourtant resté sur ma faim. Le dilemme présenté au personnage m’est apparu un peu trop académique, et la fin, un peu trop prévisible.
Alors, si vous n’avez jamais lu McEwan, ne commencez pas par son dernier roman. J’insiste, lisez SAMEDI, le plus prenant, L’INNOCENT, le plus étrange, DELIRE D’AMOUR, le plus angoissant. Et si vous aimez les vrais grands mélos, vous pourrez toujours lire EXPIATION (dont le film REVIENS-MOI a été tiré).

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