Rendez-vous à cinq heures : les rêves de Lorenzo

La page de 16h47 est ouverte…

A l’occasion de cette publication, je rappelle à mes chers lecteurs que cette page de l’après-midi est consacrée aux sujets les plus divers. On pourrait même aller jusqu’à dire qu’elle est réservée à tout et n’importe quoi. Alors si vous avez quelque chose à dire, ou même n’importe quoi, allez-y. C’est fait pour ça. Et pour aujourd’hui, une réflexion de Lorenzo, et ça, c’est pas n’importe quoi. 

Les rêves de Lorenzo

La compréhension des rêves, mais surtout pas l’interprétation des rêves qui donne toute son importance à celui qui interprète ce qui n’est pas scientifique mais purement subjectif, comporte les mêmes difficultés que la compréhension de la physique quantique. Ce n’est pas à la portée de notre intelligence cartésienne ; il faudrait des connaissances et des intuitions que nous n’avons pas, ou en tout cas que la majorité d’entre nous n’a pas. Et pour cause, ce qui se passe à l’échelle de l’infiniment petit, le cheminement des influx dans les neurones, n’est pas visible ni mesurable (pour le moment), exactement comme en physique quantique. D’ailleurs, une règle de la physique quantique s’applique d’emblée : le rôle de l’observateur ou de celui qui évalue le phénomène influe sur le phénomène de la même façon.

Il mes semble que les découvertes scientifiques qui expliquent pourquoi nos souvenirs sont souvent erronés peuvent s’appliquer aux rêves. La nuit, à un moment de relâchement total de l’attention, comme si on éteignait la lumière, certaines informations stockées un peu partout dans notre cerveau s’échappent de leur lieu de stockage et viennent former, en s’associant à d’autres de façon aléatoire, une histoire composite (comme le souvenir erroné). La différence est qu’on dort et que le rêve issu d’un regroupement d’éléments disparates rassemblés au hasard est toujours irrationnel voire incohérent (mais le souvenir erroné l’est souvent aussi). C’est bien ce qui arrive quand on s’assoupit devant la télé : il se passe un amalgame entre le vrai et le faux, entre ce qui se raconte à la TV et les fragments hétéroclites qui s’échappent de notre mémoire (parce que nous nous endormons).

Reste une constatation de mon ami Philippe qui m’empêche de dormir : dans nos rêves, nous n’avons jamais d’âge …

Lorenzo

 

2 réflexions sur « Rendez-vous à cinq heures : les rêves de Lorenzo »

  1. Je cite la Rédaction : “Moi, j’aurais aimé savoir quelles explications les dites découvertes scientifiques ont pu donner à nos souvenirs erronés”. Eh bien, mon p’tit bonhomme, ces preuves scientifiques existent grâce aux progrès techniques et en l’occurrence à l’IRM fonctionnelle qui permet de suivre le cheminement des informations dans les neurones et les synapses. Quand le souvenir est stocké dans le cortex cérébral on le voit emprunter un chemin. Quand tu fais appel à ce souvenir, ce même examen, l’IRM fonctionnelle, permet de le voir aussi : il quitte le cortex cérébral pour rejoindre hippocampe où il redevient conscient mais il a du mal à retrouver sa route, il se perd, revient sur ses pas, hésite et s’attache ainsi en chemin des fragments de souvenirs différents à droite et à gauche qui n’appartiennent pas au souvenir “natif”. Le résultat est que ton souvenir peut avoir subi des modifications mais pas toujours. A Noël1960, nous étions aux sports d’hiver à Zermat et je me souviens que j’écoutais dans ma chambre d’hôtel une chanson des Animals, San Francisco Nights, avec mes amis Jean-Pierre et sa sœur Christine. C’est un souvenir précis que j’avais souvent. Eh bien j’ai découvert récemment que cette chanson n’est parue qu’en 1966. Rien de psychanalytique ni d’avantageux dans cette transformation des faits : soit ce n’était pas en 1960, soit ce n’était pas cette chanson.
    Donc ton souvenir erroné a une explication qui ne relève pas de tes fantasmes
    Lorenzo

  2. « Il me semble que les découvertes scientifiques qui expliquent pourquoi nos souvenirs sont souvent erronés peuvent s’appliquer aux rêves » nous dit Lorenzo.
    Moi, j’aurais aimé savoir quelles explications les dites découvertes scientifiques ont pu donner à nos souvenirs erronés.
    En ce qui me concerne j’en ai une et je trouve que c’est la meilleure, parce que c’est moi qui l’ai trouvée. La voici :
    Lorsqu’on raconte une anecdote, un évènement que l’on a vécu, la narration que l’on en fait n’est jamais entièrement sincère. Elle est toujours modifiée, même légèrement, parfois inconsciemment, pour donner au récit, en fonction de son humeur, de l’auditeur et de l’occasion, un côté drolatique, dramatique, moral, instructif ou exemplaire… Bref, quelle qu’en soit la raison, on raconte des craques. Les années passent et on continue à raconter la même histoire, tout en la modifiant, même légèrement, à chaque fois, parfois inconsciemment, pour donner au récit un côté drolatique ou dramatique… (voir plus haut). Il arrive nécessairement un moment où l’on ne fait plus la différence entre la véritable anecdote et le récit à géométrie variable que l’on en a fait au cours des années.
    La seule personne qui pourrait vous ramener dans le droit chemin de la vérité, c’est votre épouse, quand elle dit à la cantonade : « Mais non, chéri, ça ne s’est pas du tout passé comme ça ! En fait, ce n’était pas un mardi, mais un jeudi. Et ce n’était pas avec les Ratinet, mais avec ma cousine Simone Plantin, tu sais, celle qui… » et vous, d’écouter la version de votre épouse, tout autant enjolivée, modifiée, exagérée, embellie que la votre.
    C’est une des occasions de vous apercevoir que vous et votre épouse, vous ne partagez pas la même vie.

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