Rien ne va plus – Critique aisée n°212

Critique aisée 212

Rien ne va plus
Claude Chabrol – 1997
Michel Serrault -Isabelle Huppert

Depuis peu, Netflix propose plusieurs films de Claude Chabrol : La Cérémonie, L’Enfer, Merci pour le chocolat, Betty, Madame Bovary, Le Corps de mon ennemi, Rie ne va plus, etc…

Il paraît que chez Chabrol, un film sur deux est une couillonerie, terme dont il qualifiait lui-même certains d’entre eux. Si j’avais su cela, avant de voir Rien va plus, j’aurais vérifié quel film le précédait. Réalisant que c’était La Cérémonie, je me serais abstenu.

Chabrol était, disait-on, un bon vivant, épicurien et farceur. D’ailleurs, ça se voyait, il en avait l’apparence, tout rond, rubicond, et rigolard. Il me donnait l’impression d’un Tartarin qui aurait été intelligent. Sympathique, le Chabrol, plein d’humour. Tout l’opposé de Godard, par exemple.

Mais ça et le fait qu’il ait réalisé Le Beau Serge et Les Cousins ne sont pas des raisons suffisantes pour que je lui pardonne Rien ne va plus.

Dans une intrigue qu’on pourrait qualifier de farfelue si elle n’était pas si cliché, Michel Serrault, figé dans une seule expression, joue au plus fin avec sa comparse Isabelle Huppert qui fait les grandes mystérieuses en jouant sur trois moues, tandis que Jean-François Balmer surjoue les méchants sardoniques. Quatre ou cinq bonnes réparties, le reste des dialogues se voulant spirituel mais pas assez pour être brillant. Un beau paysage de montagne et un autre hôtel suisse (c’est une coproduction helvétique) et un autre grand hôtel en Guadeloupe (c’est une coproduction française) font espérer qu’au moins l’équipe du film aura passé du bon temps pendant le tournage.

Encore un exemple typique d’un certain cinéma français où des gens, réalisateurs, scénaristes, comédiens, trop intelligents et trop célébrés, font nonchalamment un cinéma paresseux, à peine préparé, à moitié improvisé, en pensant que c’est bien assez bon comme ça et que ce qu’ils ont fait de bien l’année dernière leur permettra de réunir facilement l’avance sur recette, ce qui est quand même l’essentiel pour aller passer de bonnes vacances en Suisse et en Guadeloupe en tournant négligemment un film sans intérêt.

C’est comme cela qu’en réunissant trois bons comédiens sous la houlette d’un bon réalisateur, on obtient un film dont on regrette le temps perdu à le regarder, un temps qui, certes, était déjà vide mais qui, au moins, était à soi. Et le fait que ce soit gratuit n’est pas une consolation suffisante.

PS : Ah oui ! Il y a Cluzet aussi. Le seul qui se donne la peine de jouer un peu la comédie.

Second PS : Si vous allez sur Netflix, passez donc voir La Chute du faucon noir. Si vous suivez ce conseil, au moins, vous n’aurez pas lu cette critique pour rien.

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1 réflexion sur « Rien ne va plus – Critique aisée n°212 »

  1. Oui, indéniablement, la Chute du Faucon noir est un film. Un vrai.

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