Le chat de Schrödinger

Cette communication scientifique a déjà été publiée ici même le 14/09/2017, dans le cadre de la fameuse série de vulgarisation intitulée “L’Univers, ses lois, ses principes et autres âneries”.
Comme vous avez probablement oublié ce qu’est le chat de Schrödinger ou que vous le l’aviez pas compris sur le coup, voici une piqûre de rappel.

Le chat de Schrödinger

Vous vous souvenez certainement du chat de la Mère Michel, ce charmant chat manquant retrouvé par un fabriquant de nouilles sur le grand air du Traderidera.
Vous vous souvenez sans doute des chats de Siné, mais si, mais si, ces chats nés si lassants et se nourrissant exclusivement et approximativement de calembours.
Vous vous souvenez peut-être du chat du Cheshire, celui d’Alice et de Lewis, cher chat lent, affable et rhétorique, excentrique et philosophe au sourire si persistant.

Mais vous rappelez-vous le chat de Schrödinger (1)(2) ? Vraiment ? Pas du tout ? Tiens, c’est étonnant ! Pourtant, c’est un chat intéressant. Jugez-en, car voici, immédiatement, ce qu’on sait de lui :

  • Il vit dans une boîte, fermée.
  • Est-elle en carton ondulé,
  • En fer ou en bois de rose ?
  • On ne sait pas.
  • Mais il faut qu’elle soit bien close,
  • N’est-ce pas,
  • Sans ouverture aucune,
  • Et que dedans il y ait un chat,
  • Ou tout ça serait pour des prunes.
  • Dans la boite, il y a un système
  • Déclenché par le seul hasard
  • Pour tuer le chat sans chrysanthèmes.
  • Ce Schrödinger, quel barbare !
  • A un instant donné ou non,
  • On peut se poser la question :
  • Le chat est-il vivant ou mort?
  • Mais on ne le sait pas encore.
  • Donc il est à la fois mort et vivant.
  • Simultanément ? Simultanément !
  • Pourtant ce chat n’est pas zombie.
  • Pas plus qu’il n’a neuf vies.
  • C’est peut-être un chat domestique,
  • Mais c’est avant tout
  • Un chat quantique.
  • Le chat quantique, voyez-vous,
  • A ceci de commun avec l’atome courant
  • Qu’il peut être à la fois, et c’est assez marrant,
  • Dans deux états très différents
  • En même temps.
  • Et quantique, le fameux chat sera
  • Tant que la boite on n’ouvrira.
  • Et demeurera le mystère
  • De l’animal de Schrödinger
  • Mais quand la boite on ouvrira
  • La lumière fera la lumière
  • Dans la boite, rien d’extraordinaire
  • A cela,
  • Mais aussi sur le sort du chat
  • Et enfin Schrödinger saura
  • Si son chat est vif ou défunt.
  • Mais en attendant, bernique !
  • Et sur le sort du chat quantique
  • On ne saura rien, rien de rien. (3)(4)

Notes

  • 1—Erwin Schrödinger —1887-1961— physicien, philosophe et théoricien scientifique autrichien
  • 2—Le chat de Schrödinger est une expérience de pensée destinée à mettre en évidence le problème de la mesure.
  • 3—Si vous voulez vraiment connaitre la version scientifique de cette belle histoire, vous pouvez toujours Googeliser sur Schrödinger, son chat, l’Ecole de Copenhague, la superposition ou la décohérence quantique, mais si je n’étais que vous, comme disait mon professeur de mathématiques, je m’en tiendrai à ma version, plus vague et plus soluble dans l’air, sans rien en elle qui pèse ou qui pose.
  • 4—Certains gourous mal intentionnés ont profité de la célébrité de ce paradoxe et de sa difficulté d’appréhension pour en déduire des tas de billevesées sur la superposition de réalités, l’existence d’univers parallèles, et tout un tas d’autres trucs propres à troubler les âmes simples… dont vous ne faites pas partie, bien évidemment, car vous, vous savez que ce qui est valable mathématiquement pour la mécanique quantique est une absurdité dans le monde physique réel, y compris dans celui du chat.

 

6 réflexions au sujet de « Le chat de Schrödinger »

  1. Shakespeare doit revoir sa copie car il fallait dire:

    Etre et ne pas être, telle est la solution.

  2. Merci Claude, j’ai tout compris. Mais quand même, je préfère être vivant pour savoir que j’existe, enfin, c’est ce que je pense.

  3. Pour que quelque chose existe il faut bien qu’il soit mort. Si on en découple la réalité on n’arrivera pas à en résoudre la clarification de l’existence. La saturation est le flou quantique et le code de compréhension, le “mince délaie” ou “double état” qui semble abscons, mais bien réel de l’existence.
    L’information est une, mise en forme, étymologie de in formation, et se différencie de la communication qui est la transmission de quelque chose. Dans de nombreuses communications une partie seulement de l’information est comprise, et alors, le flou s’en mêle parce que le double état de l’information s’en est trouvé réduit.

  4. Je ne comprends rien à l’expérience d’Erwin Schrödinger, trop abstrait, pardon, trop abscons, pour moi, mais je me demande si Schrödinger connaissait le chat de Combourg, emmuré vivant au moyen âge (pratique courante à l’époque) dans le mur du château jouxtant la chambre d’enfance de Châteaubriant et dont le fantôme, quantique ou pas, j’en sais rien, hantait la nuit les couloirs du sinistre château. Sa momie a été retrouvée. En tout cas, j’imagine que l’image de ce chat est restée vivante dans le génie de Châteaubriant. Le sien, bien vivant, s’appelait Micello.

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