La danse du Diable Critique aisée (43)

La Danse du Diable
Philippe Caubère

Depuis trente ans, il fait l’artiste, seul sur scène, avec pour tout costume un pantalon, une chemise ouverte, une paire de mocassins, pas de chaussettes et, comme seuls accessoires, un chapeau, un large manteau et un demi plaid à carreaux.
Il n’y a aucun décor et, à part un tout petit banc dans un coin à droite et une chaise au fond, la scène est entièrement vide.
Souvent pieds nus, debout, ou accroupi, ou même vautré sur la scène, de face, de dos, léger, dansant, chuchotant, bégayant, hurlant, postillonnant, avec ou sans accent, Caubère joue tous les personnages et tous les objets (oui, il joue les objets).
Le spectacle dure un peu plus de 3 heures. Ce n’est ni un one-man-show, ni une série de sketches. C’est une histoire, celle de Ferdinand Faure, fils de bonne famille d’Aix en Provence, muni d’un père jamais là et d’une mère omniprésente, garçon peu enclin aux études, mais désireux de faire du théâtre.
Après une première demi-heure un peu lente, avec l’arrivée du jeune Robert, ami du héros, le spectateur plonge dans l’univers de Ferdinand et des personnages qui l’entourent.
Caubère se transforme instantanément en mère bourgeoise, en bonne espagnole communiste, en père absent, en adolescent introverti, en fille ingrate, en gamin marseillais, en une foule de fans de Johnny Halliday, en Johnny Halliday (il dit Holliday), en professeur de théâtre aixoise sinusitique, en acteur avignonesque, en machiniste éclairagiste, en De Gaulle impérial, en Mauriac sarcastique, en Malraux agité, en Sartre globuleux…
En un déclic, par un simple changement d’attitude et quelques bruits de bouche, il fait voir et entendre une Motoguzzi vrombissant sur la corniche, une foule en délire au Parc Borely ou un bimoteur décollant dans la neige. (Ces moments sont du pur délire, sans compter le retour du Prince Fedor Iliouchine à son château après vingt ans de bagne joué par un machino aux accents faubouriens.)
On est attendri parfois, on rit beaucoup, le public est heureux.
Philippe Caubère est à l’Athénée-Louis-Jouvet jusqu’au 7 décembre. Il part ensuite en tournée en province avec la Danse du Diable jusqu’au mois de mars 2015.

Une réflexion au sujet de « La danse du Diable Critique aisée (43) »

  1. En 2000 j’ai vu un de ces spectacles au théâtre d’Aix ,
    qui s’appelait « Claudine ou l’éducation »,
    il y avait 3 spectacles de 3h chacun mais je n’ai vu que le premier, m’a copine Francine qui est aussi fan que moi à vu les 2 autres à Istres mais je n’était pas au courant,
    j’en pleurais de rire et là je viens de voir le spectacle dont tu parles, pour montrer à Gilles le jeu de Philippe Caubère, ce dimanche 8 février 2015 au théâtre de Salon de Provence, la séance était à 16h30, on est sorti à 20h30, toujours aussi fan, j’ai beaucoup ri et comme tu le dis on rentre vraiment dans son délire au bout d’une demi heure, Gilles a beaucoup moins ri que moi, je suis bon public,
    dans ce spectacle je retrouve beaucoup de scènes du premier,
    dans « Claudine et l’éducation » le rideau se lève avec Philippe Caubère assit sur un tabouret les jambes en l’air entrain d’accoucher de lui !!!!!!!!
    il avait 15 ans de moins, quel bel homme! maintenant il a pris de l’embonpoint mais je suis toujours aussi fan, je suis allée voir sur internet il est de sept 1950, la même année que Gilles donc 65 ans cette année !
    Gilles et Mamilyne connaissaient la maman de Philippe Caubère , Sophie je le suppose aussi, il a acheté la propriété de ses parents à La Fare Les Oliviers.
    Gilles et moi on aurait bien aimé le saluer à la fin mais après 3 h de spectacle !

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