Tout ce que vous avez toujours voulu savoir sur le comique sans jamais oser le demander

(…) et il m’a enseigné des choses essentielles. Par exemple que de longues tirades d’exposition amènent d’excellentes chutes, qu’il ne faut jamais faire dire à un personnage quelque chose qui ne soit pas parfaitement naturel dans le seul but de préparer la conclusion prévue. Il m’a appris à renoncer à un très bon trait d’humour si, d’une façon ou d’une autre, il interrompait ou ralentissait le récit ; à toujours commencer au début et à aller jusqu’à fin du sketch ; à ne jamais intercaler de scène qui ne s’inscrive pas dans une séquence ; à ne jamais écrire quand on ne se sent pas bien parce que le texte reflétera le manque d’énergie et la mauvaise santé de son auteur ; à ne jamais se montrer compétitif ; à toujours respecter les succès de ses contemporains parce qu’il y a de la place pour tout le monde. Et le plus important, il m’ appris à faire confiance à mon propre jugement : peu importait qui essayait de me dire ce qui était drôle ou ce qui ne l’était pas, ou ce que j’aurais du faire, il me fallait suivre mon intuition.
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Dans ce court extrait, W.A. parle de Danny Simon, son premier vrai patron dans le monde du show-biz. A cette époque, W.A. a 19 ou 20 ans. Depuis un an ou deux, il écrit des blagues ou des sketches pour des comédiens, des présentateurs de TV, des comiques. Il rencontre très vite le succès et gagne rapidement et confortablement sa vie.

W.A. écrit des sketches. La plupart du temps j’écris des histoires courtes. Elles ont à peu près la longueur d’un sketch. De là à me comparer à celui que je considère comme un des génies du cinéma des cinquante dernières années, il y a un pas qu’il n’est pas besoin de qualifier et dont il est inutile préciser que je ne le franchirai pas (vous apprécierez certainement cette circonlocution amphigourique, qui va très exactement à l’inverse des préceptes DannySimoniens).

J’ai choisi de reproduire cet extrait pour me souvenir de ce qui me parait être les plus importants des conseils de Danny Simon :

— ne  jamais faire dire à un personnage quelque chose qui ne soit pas parfaitement naturel dans le seul but de préparer la conclusion prévue

— renoncer à un  trait d’humour si, d’une façon ou d’une autre, il interrompt ou ralentit le récit

— à ne jamais intercaler de scène qui ne s’inscrive pas dans une séquence

— à ne jamais écrire quand on ne se sent pas bien

Peut-être arriverai-je à garder ces préceptes à l’esprit et éviter ainsi les plus fréquentes des erreurs que commettent les écrivains amateurs débutants comme moi. A bien entendeur, salut !

 

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