Journal de Campagne (30)

Journal de Campagne (30)
Mardi 14 avril 2020 – 16h47

Un vent de Cornecul ! Mon père utilisait beaucoup cette expression. Un vent de Cornecul. Je ne sais pas d’où elle vient et, sur son origine, les avis divergent, et dix verges c’est énorme, disait Desproges. Pourtant, c’est bien ce qu’il a fait hier : un vent de Cornecul. Nord-Nord-Est, le vent, plutôt frais. Ce vent de Cornecul — j’aime beaucoup l’expression, pas vous ? —  a chassé les nuages et il a fait un très beau temps toute l’après-midi. J’ai trainé ma chaise longue à l’abri d’une grosse haie et là, au soleil, à peine dérangé par le bruit des rafales dans les branches de sassafras, j’ai commencé à écrire le récit que je vous avais promis, celui de ma première rencontre avec Monsieur A…, fermier amical et voisin, retraité et propriétaire d’un tout petit 4×4 Toyota. (voir le numéro 27 de ce journal)

Et là, je ne sais pas ce qui m’a pris, le texte a littéralement décollé, tant et si bien que j’en suis arrivé à presque 2000 mots sans avoir encore rencontré Monsieur A… J’ai commencé avec une brève description de l’époque de ladite rencontre, puis je suis passé à l’environnement, c’est-à-dire à la nature et aux animaux et puis, influence probable de Jean de La Fontaine, né-natif du coin, je me suis mis à faire parler les animaux.

Même encore inachevé, ce récit a pris trop d’ampleur pour être publié dans ce Journal de Campagne. Il le sera bientôt dans le cadre normal du Journal des Coutheillas.

Maintenant, pour meubler un peu, revenons à ce qu’a dit le Président hier soir.

Non, je ne vais pas ajouter ma propre analyse à toutes celles que vous avez déjà entendues ou lues. De toute façon, je n’ai rien trouvé à analyser. C’était un bon devoir, bien écrit, bien dit, un peu emphatique pour mon gout, mais envisageant avec méthode tous les aspects de la crise les uns après les autres. Pourtant, en dehors des hommages aux première et deuxième lignes du front et de la confirmation du bien-fondé du confinement et des gestes de protection, cette allocution n’a comporté qu’une seule véritable information, celle de la prolongation du confinement jusqu’au 11 mai. Fallait-il que ce soit le Président qui nous l’annonce ? Peut-être le 1er ministre aurait-il suffi ? Ou même le garde-champêtre ? “Avisse à la population, etc…” On aurait pu s’attendre — je m’attendais — à un peu plus de prospective, à quelques indications sur le sens dans lequel le monde, l’Europe, le pays et nous allons devoir évoluer, non pas dans les deux ou trois prochains mois, mais dans les années qui viennent. Mais, là-dessus, rien. Trop tôt sans doute.

Et puis, le COVID-19, il y a des moments où on pourrait peut-être parler d’autre chose, non ? D’accord ? D’accord ! Puisque je n’ai rien à dire sur Anne Hidalgo, je vais vous parler de Donald Trump. Voici un cartoon transmis par un ami de longue date. Comme lui, j’en ignore l’auteur. Ça tombe bien parce que je n’ai pas les moyens de payer de droits d’auteur. Donc, voici un cartoon sur Le Donald. Aucun rapport avec le COVID-19, bien entendu.

SI DONALD TRUMP AVAIT COMMANDÉ LE TITANIC
– Il n’y a pas d’iceberg.
– Nous ne heurterons pas un iceberg.
– J’ai sur que c’était un iceberg avant tout le monde.
– Personne ne connait mieux les icebergs que moi.
– Ce sont les pingouins qui ont amené l’iceberg jusqu’à ici.
– Personne n’aurait pu prévoir cet iceberg.
– Nous ne pouvons pas permettre à un iceberg d’arrêter notre bateau.
– L’équipage répand des fake news sur les icebergs.
– Une partie d’entre vous aura à se noyer.
– Je suis le meilleur commandant, demandez à n’importe qui.

 

5 réflexions sur « Journal de Campagne (30) »

  1. J’ai retenu que le 11 mai, nous, les plus de soixante dix ans, nous aurons le choix entre :
    1 restés confinés chez nous jusqu’à notre dernier souffle
    2 sortir enfin et attraper le covid
    Je crois connaître votre réponse mais ça me rassurerait que vous me la donniez quand même.
    Lorenzo dell’Atrista

  2. Moi, je ne veux pas faire de politique sur ce blog délicieux. Mais comme dirait Calvi (qui est tout de même meilleur que BFM), les faits sont les faits et les dits sont les dits.
    C’est curieux la surdité qui gagne au bout d’un quart d’heure de discours, quel qu’il soit. Surtout à nos âges !
    Alors, il suffira de relire l’intervention d’hier (94,7% des français l’ont suivie, bonjour l’angoisse !. Le sondage ne dit pas combien ont écouté et entendu jusqu’au bout). On peut contester, mais on ne peut pas dire que rien n’a été dit de ce qui l’a été.
    Pan sur le bec, ami Philippe ! Je tiens la liste des annonces faites sur notre avenir à la disposition de qui a envie de les critiquer.
    Toujours est-il que nous y sommes pour plus d’un mois encore (à moins de retourner à l’école primaire). Je comprends le désarroi ariégeois, mais si le le vent se remet au sud, c’est pas mal la Champagne…
    PS N’as-tu pas goûté le petit coup de règle sur les doigts de ton amie Hidalgo quant aux activités diurnes ?

  3. D’accord, d’accord, mais il y aura certainement un assouplissement qui te permettra de rejoindre les couleuvres de Rabat ou les taupes de Boulan. De l’assouplissement, encore de l’assouplisssment, toujours de l’assouplissement, c’est ce qu’il nous faut, à nous les non-jeunes.

  4. Ah ben alors moi je l attendais avec impatience l histoire du petit Monsieur..
    Tu es pardonné si c’est pour publication du matin …
    Je ne sais pas vous, mais moi le petit Macron, il m à plombe le moral : car j ai compris , en même temps, que les fragiles , c était nous , eT que sans vaccin , on avait intérêt à rester chez nous à cultiver notre jardin…
    Moi je connais par cœur toutes les rues, tous les immeubles , tous les passages secrets de mon quartier eT à force de marcher au bout de ma longe d un km, je vais finir comme la chèvre de mr Séguin , exténuée et vaincue…
    ET les hordes de bobos à vélo relâchés le 11 Mai finiront de m achever.

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