À Moissac

Géraldine C. nous écrit de Moissac en Occitanie

Moissac – 27 mars 2020

Ce matin l’air pique aux narines. Sitôt tourné le coin de la rue, j’aperçois le canal qui exhale un voluptueux panache blanc de vapeur d’eau. L’éveil des jardins se fait aujourd’hui sous une fine pellicule de gelée. Les premières fleurs de pivoine semblent se serrer les unes aux autres pour se tenir chaud. Çà et là dans les jardins, les premiers prunus arborent de frileuses petites fleurs fuchsias. Tout est calme. J’entends une mésange qui répète son couplet du matin. Tous les volets des maisons sont fermés. Le soleil qui pointe son nez réchauffe mon visage et j’accueille avec délectation ce frôlement si réconfortant. Je prends la rue à gauche, puis la rue à droite puis encore la rue à gauche. Je laisse mes pas me guider au rythme de la fraîcheur matinale. Quelle importance ?  Demain je pourrai prendre à gauche, puis à gauche et à droite. Je répète mon passage dans les mêmes rues, dans le même quartier, sur les mêmes trottoirs. Qu’importe, on ne peut s’éloigner. Mais chaque matin quelque chose de différent attire mon attention et m’éveille. Ici une touffe d’herbe poussant dans le bitume, là un devant de porte si briqué que j’oserais à peine le franchir, là encore une barre d’immeuble endormie. Ce matin, à peine tourné le coin de ma rue, mon émerveillement fut ce filet de vapeur d’eau, inattendu, amplifié par les premiers rayons du soleil. Et il me fait sourire encore.

 

2 réflexions au sujet de « À Moissac »

  1. Je me délecte à te lire Géraldine comme de te lire Philippe, quelle douceur et quelle poésie m’arrivent en même temps. Merci à tous les 2.

  2. Quelle belle écriture…. Merci pour ce texte… Le bonheur des choses simples de la vie !

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