Journal de Campagne (5)

Journal de Campagne (5)
Vendredi 20 mars 2020 – 11h47
(exceptionnellement, la diffusion de ce Journal de Campagne est avancée de 5 heures)

Pour ce vendredi 20 mars, mon intention première était de vous parler de mes lectures ou plus exactement de mes velléités de lecture, car je n’arrive pas à m’y mettre. Mais je remets ça à un autre jour, parce que comme je le disais avant-hier et le répétais hier : il y a le temps.

Mais aujourd’hui, il y a des choses plus préoccupantes.

Je l’avais bien dit que le discours du 16 mars de notre Président n’était pas assez ferme, pas assez autoritaire. Évitez de faire ceci, qu’il disait. Faites plutôt cela, qu’il conseillait. Chacun sait que quand on dit « Évitez de faire cela », ça veut dire en fait « Essayez de ne pas le faire, mais si vous le faites quand même, ce n’est pas bien grave ».

MAIS RESTEZ CHEZ VOUS, NOM DE DIEU !

Par contre, il y a aussi des gens qui n’ont pas compris une autre partie du discours. Ce sont ceux dont le métier ne peut être exercé en télétravail. A ceux-là, on leur a dit : « Prenez toutes les précautions, mais allez travailler ». Eh bien, ils ne veulent pas.

MAIS, NOM DE DIEU, ALLEZ TRAVAILLER !

Il y aura toujours des gens pour comprendre ce qu’ils ont envie de comprendre :

« Il fait beau, j’ai envie d’aller me promener sur la plage, sur les quais, dans un parc. Bien sûr, on m’a dit d’éviter de le faire. Mais, bon ! C’est pas bien grave ! J’y vais. »

Ou alors

« On m’a dit que si les mesures barrière pouvaient être appliquées dans mon travail, je pouvais aller travailler. Mais ça m’ennuie alors je n’y vais pas. Et c’est pas bien grave ! »

ALORS VOUS, LES AUTORITÉS !
SOYEZ UN PEU PLUS AUTORITAIRES, SACRÉ BONSOIR !
*

Je vais m’adresser maintenant aux lecteurs réguliers du Journal des Coutheillas car, bien sûr, les injonctions qui précèdent ne s’adressaient pas à eux.

Voici :

En créant son Journal de Campagne, ce supplément vespéral au matinal Journal des Coutheillas, la Rédaction souhaitait donner régulièrement de ses nouvelles ordinaires à ses fidèles lecteurs. Mais elle espérait également obtenir par voie de commentaire quelques informations des mêmes sur les circonstances de leur confinement : où sont-ils, comment passent-ils le temps, se sont-ils mis au point de croix ou au Sudoku tridimensionnel, relisent-ils Proust ou San Antonio, de quelle humeur sont-ils, badine ou maussade, savent-ils enfin fabriquer un solution hydro-alcoolique à base de Vodka, ou des masques PP2 en découpant leur collection de foulards Hermès (il parait que ça marche1).
Elle aurait aimé également connaitre de ses lecteurs les coups de gueule, les coups bas, les coups de chapeau, les coups pour rien, les coups foireux ou les coups de blouse…

Mais rien. Bon ! Demain peut-être ?

Note 1 : Et hop ! Une fake news de plus !

7 réflexions au sujet de « Journal de Campagne (5) »

  1. Six commentaires ! Suffisait-il donc de solliciter ? Merci à tous ceux qui ont pensé à nous donner à tous de leurs nouvelles, à nous faire part de leurs observations, à dire qu’ils lisent au moins ce journal-là.
    Bonjour Lariegeoise, ça faisait un bail qu’on ne vous avait pas vue par ici.
    Hi, Paddy ! toujours fidèle, actif et volubile.
    Bienvenue Lorenzo ! Que tes vœux de partage soient exaucés. Il ne tient qu’à toi.
    Ave ! Guy et tes commentaires avisés.
    Hello Jim ! Nous sommes avides de nouvelles de Bretagne.
    Hello myself !

    Mais j’attends maintenant des nouvelles, des chroniques, des brèves, des flashs, des cartes postales venant des régions où sont actuellement les amis, les parents, la famille, ceux qui ne se sont pas encore exprimés… le Var, la Californie, le Cantal, Paris, la Marne, l’Espagne, l’Aisne, les Bouches du Rhône et pourquoi pas, oui pourquoi pas, le Canada…
    Peut-être la prochaine édition du Journal de Campagne leur en donnera-t-elle l’occasion ?

  2. Journal de PAris 16
    D abord le Jour un , on a raté l exode pour cause d examen médical, on a vu partir tous nos amis ; ca rassure de savoir que ni la lecture de Montaigne ni celle de Saint Augustin n est à l ordre du jour…Il est plutôt question de tonte , de tris,de courses dans le supermarché du coin avec l ausweiss qui va bien…
    Alors nous les parisiens confinés que faisons nous?
    Nous savourons le silence dans les rues , beaucoup moins les trottoirs crottés qui obligent à marcher tete baissée : le chien en laisse est tendance , tres tendance par ici…
    Au bas de la rue de la Tour les commerçants affichent la mine réjouie des grands jours : le Boucher découpe , le poissonnier filète, le primeur pèse, les prix n ont pas augmenté , c était déjà très cher avant…
    ET pour Ca il faut se mettre dans sa petite case et attendre patiemment son tour .
    Bon la case course est cochée.
    La case promenade invité à se déguiser en joggeuse et atteindre le grand lac du bois de Boulogne tout proche: stupéfaction : les dames dans leur camion se sont enhardies , les vélos roulent , les joggeurs semblent avoir oublié que le Marathon était supprimé…
    Bref un demi tour immédiat et retour à la la case départ , celle dont je ne vais plus beaucoup bouger pendant …?
    Côté lecture, lisez relisez Kundera : une pépite d humour et je ne suis pas loin de penser que Murray l à beaucoup lu….
    relire Giono le hussard sur le toit pas franchement recommande en revanche…
    Voilà Philippe continue à nous distraire …

  3. « Nous sommes en guerre a répété 6 fois Le Président Macron ».
    Il y a 80 ans, la deuxième guerre mondiale entrait dans le dur, la France capitulerait un mois plus tard et Winston Churchill devenait le premier ministre succédant au pacifiste Chamberlain. Ses deux discours devant le Chambre des Communes, celui du 13 mai 1940 dans lequel « Je n’ai rien d’autres à offrir que du sang, de la peine, des larmes et de la sueur », et celui du 4 juin, « Nous combattrons sur les plages.. », sont restés des discours d’anthologie. Je ne reproduit pas ici tout ou partie de leur texte en français car le ton inimitable de Churchill doit s’écouter, sur you tube par exemple.
    Et durant les quatre années de guerre qui suivront, la chanson la plus populaire, chez les soldats comme chez les civiles, sera « We’ll meet again, don’t know when, don’t know where », « Nous nous reverrons un jour quelque part ». N’est-ce pas ce que nous autres confinés devrions chantés en ces jours incertains?

  4. cher Philippe
    Ton dernier texte, mais non le moindre, m’a beaucoup touché. Oui, nous ne pouvons plus faire autrement que parler de ce qui se passe aujourd’hui. C’est vital. Toute autre littérature nous semble désormais désinvolte, même la notre. Comme je te l’ai écrit, l’heure n’est plus à la polémique, l’heure est à la survie. Profitons de notre passion et de l’aubaine qu’est internet. Parlons de ce qui nous occupe et nous préoccupe. Parlons de nous, de nos enfants et de nos parents. Cette calamité qui vient de nous frapper m’évoque, à moi qui ai soixante dix ans, le silence (coupable ?) de ma famille sur la dernière guerre. La comparaison est stupide, je le sais, mais ma génération ne peut s’empêcher de la faire. Elle m’a inspiré ce texte en forme d’exorcisme.

    Notre génération n’a pas connu, de peu, la dernière guerre mondiale et les souffrances subies par nos parents, mais elle a vécu dans une culpabilité muette d’être née juste après elle et de ne s’en être jamais souciée. Aujourd’hui, une nouvelle guerre est là, pas contre un autre peuple, heureusement, mais contre un nouveau virus. Les contraintes qu’elle nous impose nous semblent douces par rapport à celles qu’ont connues nos parents. Ne nous plaignons pas, ce virus a l’avantage d’être honnête, lui : il n’a pas choisi de ne tuer que nos amis juifs. Alors remercions-le de nous éviter cette autre culpabilité.
    Et surtout, mes amis, s’il vous plait, restons dignes.

  5. Je crois que cela fait plus d’un mois que la chloroquine (Nivaquine, ceux qui sont allés en Afrique en ont tous pris) est en essai dans le monde comme traitement possible du COVID-19 y compris dans une dizaine d’hopitaux en France. Comme d’habitude, Donald le canard veut se parer des plumes du paon et dit n’importe quoi. Comme disait je ne sais plus qui et comme je répétais à mes collaborateurs : « Ces évènements nous dépassent ; feignons d’en être l’organisateur ». Il faut croire que je l’avais dit aussi à Trump. Je me demande bien quand.

  6. Donald a trouvé le médicament miracle, un anti-paludéen, la chloroquine.
    Info, infox, ou intox ?
    En tout cas du « business » pour les labos d’en face.
    là, il aura encore réussi.
    Malgré tout, j’espère qu’il ne se trompe pas mais alors qu’aurons-nous fait en France ?

  7. Sue et moi avons la chance d’être confinés, malgré nous mais plutôt agréablement, dans notre maison en bordure du Golfe du Morbihan où nous étions venus pour voter en fin de semaine dernière et attendions Dimanche prochain – deuxième tour oblige – pour retourner à Paris. Nos occupations ici ne manquent pas: jardinage, lecture, TV et le JDC bien sûr. Hier matin, un employé municipal est venu poser des rubans rouge et blancs interdisant tous les accès au chemin côtier et aux plages en application d’un arrêté préfectoral dont le texte est placardé également en différents endroits. Par ailleurs, une voiture avec haut-parleur a circulé partout pour répéter cette interdiction (pour une fois ce n’était pas pour annoncer l’implantation d’un cirque de passage à l’entrée du village). Et bien, tout l’après-midi d’hier et toute la matinée de ce matin, j’ai vu passer des joggueurs, des promeneurs de chien, des couples, des groupes, qui passent ostensiblement sous les rubans rouge et blanc et continuent leur promenade comme si de rien n’était. Je comprends la frustration de Macron et du gouvernement!
    Dans le journal ce matin (Le Figaro) j’ai lu une interview très intéressante d’un écrivain-aventurier que j’apprécie, Sylvain Tesson, ce que lui inspire la pandémie actuelle et ses réflexions pour l’avenir, dont voici une citation:  » La mondialisation aura été le mouvement d’organisation planétaire menant en trois décennies des confins au confinement. Du « no borders » au « restez chez vous ».

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