Aurore

Le soleil s’est levé derrière le toit qui fume
Les oiseaux ont chanté, les nuages ont blanchi.
J’ai enfoncé mes yeux dans l’oreiller de plume
Et mes poings ont battu l’édredon avachi.

« Vos gueules! », ai-je crié aux bruyants volatiles,
Et « Eteins la lumière! » à l’astre du matin
« Je veux dormir encore, ramassis d’imbéciles,
Et toi, sacré flambeur, cesse d’être importun!

« Non mais, ça va pas bien, tas d’oiseaux de malheur?
Cessez immédiatement tous ces cris incongrus
Car faire autant de bruit et ce, d’aussi bonne heure,
Est passible de mort, ou pire, c’est bien connu!

Et quant à toi, Phoebus, vraiment tu exagères!
Tu agaces mon œil, Ô vieil enquiquineur.
Je ne supporte plus tes mauvaises manières.
Je te le dis tout net: Va te faire voir ailleurs!

Le soleil s’est caché: il m’avait entendu.
De la même manière, ayant fermé leur bec,
Sans doute un peu vexés, les oiseaux se sont tus.
Le calme est revenu et le sommeil avec.

Cette histoire n’a pour but que de vous démontrer
Qu’il est possible de dormir jusqu’à onze heures
A la condition bien sûr de s’adresser
Avec fermeté à tous les emmerdeurs.

3 réflexions au sujet de « Aurore »

  1. Homme du soir, espoir,
    Homme du matin chagrin!

    Hélas, par atavisme, homme du matin, vous m’en voyez chagrin!
    Les emmerdeurs, c’est le soir… après que les poules se soient sagement couchées.
    Ils viennent dîner ou m’invitent à souper alors que ma tête de veau tombe dans l’assiette!
    Le matin, le coq ayant été décapité du clocher, l’aurore est d’autant plus triste que, dans mon coin, les insecticides, les chats, les écureuils et quelques traîtres rapaces ont eu raison des ptits chanteurs emplumés du roi soleil qui, pour compenser, a la bonne idée de se lever une heure plus tôt qu’à Paris, l’avenir appartenant aux Américains!

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