Midway – Critique aisée n°184

Critique aisée n°184

Midway
Roland Emmerich – 2019
Une bande d’acteurs insignifiants

Écoutez, je n’ai pas vraiment envie de vous parler de ce film. Je me contenterai de citer Le Figaro qui en a fait un bon résumé avec ça : « une orgie numérique sans intérêt« .
Voilà, c’est ça, c’est une orgie numérique sans intérêt.

Midway, c’est cette ile au milieu du Pacifique, à peu près à mi-distance de la côte Ouest des Etats Unis et du Japon, où, huit mois après le bombardement de Pearl Harbor, se déroula une gigantesque bataille aéronavale entre les flottes américaine et japonaise. Au cours de cette bataille, une partie importante de la flotte japonaise fut coulée, vengeant les américains de l’attaque surprise de Pearl Harbor et changeant le cours de la guerre.

En 1976, un film, La bataille de Midway, avait été tourné sur le sujet. Il réunissait quelques stars comme Henry Fonda, Charlton Heston, Robert Mitchum, Glenn Ford, James Coburn et Toshiro Mifune. Le film n’était pas un chef d’œuvre, mais il demeurait honnête et spectaculaire.

Le réalisateur de Independance Day, ce navet sympathique, s’est maintenant lancé dans l’historique pour nous raconter la bataille de Midway. Le film commence bien sûr avec l’attaque surprise de Pearl Harbour : huit cuirassés, trois croiseurs, trois destroyers et cent quatre-vingt-huit avions sont détruits en moins de deux heures. Deux mille quatre cents soldats et marins américains sont tués. Les avions japonais volent, piquent zig-zaguent entre les matures, mitraillent, lâchent des bombes et des torpilles presque sans opposition. Les navires US brulent, explosent, se couchent, sombrent, les avions au sol sont déchiquetés, les hommes mitraillés. Le spectacle est grandiose et sans intérêt. Pourquoi ? Trop parfaites les images, trop nets les avions, trop précises les bombes, pas d’émotion. Seule la bande sonore est impressionnante, très impressionnante, même. On pourra dire la même chose des combats qui se dérouleront huit mois plus tard dans les eaux de Midway : trop parfaites les images, trop nets les avions, trop précises les bombes, pas d’émotion, mais la bande son !…

Il y a quelques années, en 2001, un Pearl Harbor avait été tourné auquel, si ma chronique critique avait alors existé, j’aurais fait les même reproches : trop parfaites les images, trop…, (la bande son ne m’a pas laissé de souvenir). Ce qui était remarquable à l’époque, c’était la nullité des intrigues, la nullité des dialogues et la nullité des acteurs qui les interprétaient. Eh bien, je peux dire qu’on retrouve tout ça dans Midway.

Si vous voulez voir quelque chose d’acceptable sur Midway, allez voir le film de 1976, au moins, vous y verrez quelques acteurs de poids. Si vous voulez voir un chef d’œuvre sur Pearl Harbor, choisissez « Tant qu’il y aura des hommes ».

Mais Midway, non vraiment.

Pourquoi je suis allez voir ça ? Je vous expliquerai.

 

Une réflexion au sujet de « Midway – Critique aisée n°184 »

  1. Je suis bien d’accord avec ce qui est décrit au-dessus. Les effets spéciaux utilisés aujourd’hui, destinés qu’à satisfaire des péquins qui ne s’intéressent qu’aux effets spectaculaires plutôt qu’à l’histoire elle-même, ne peut pas remplacer un film qui s’intéresse à l’enjeu de l’évènement reproduit dans le film , à la psychologie des personnes impliquées dans cet enjeu, toutes choses qui ne peuvent être réalisées qu’avec de bons acteurs. C’est comme reproduire du Shakespeare! Rappelons simplement que Midway est la bataille navale décisive qui a déterminé la victoire finale des USA dans la guerre du Pacifique et la fin de la 2ème guerre mondiale. Il fallait pas qu’ils se gourent les loulous américains sur le pont de leur navire amiral! Quant à « Tant qu’il y aura des hommes », ah! comment faite mieux que Frank Sinatra (oui, Sinatra!) et Ernest Borgnine, physiquement et par le jeu d’acteur?

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