Deux moi – Critique aisée n°174 

Critique aisée n°174    

Deux Moi
Cedric Klapisch – 2019
Ana Girardot, François Civil, François Berléand, Camille Cottin, Simon Abkarian, Eye Haidara

Cédric Klapisch a tourné 13 films. Sur les treize, je n’en ai vu que huit. Désolé, mais il n’y a pas que le cinoche dans la vie. Je crois bien que parmi les huit, il n’y en a pas un seul que je n’ai pas aimé. Souvenez-vous du « Péril Jeune », ce film à tout petit budget qui avait révélé Romain Duris et Vincent Elbaz et qui est devenu, paraît-il, un film culte de la génération née dans les années 60. Deux autres films avaient fait connaître Klapisch du grand public, et c’était bien sûr « Chacun cherche son chat » et « L’Auberge Espagnole ». Rien qu’à avec ces trois films, on pourrait définir le style de Klapisch, plutôt classique : images soignées,  scénario construit, dialogues écrits, direction d’acteurs soignée, humour, humanisme et optimisme. Un peu plus tard, avec « Casse-tête chinois », il avait prouvé qu’il pouvait donner dans la comédie sophistiquée et, avec « Paris », dans la comédie dramatique. Le dernier de ses films, c’est « Deux Moi ». Seul un psy pourra vous expliquer la raison de ce titre. Avec Deux Moi », on retourne en plein dans l’univers qu’il affectionne : un univers intimiste, un quartier populaire de Paris (ici, c’est Max Dormoy), souvent la nuit, des façades d’immeubles disparates, des petites gens, des petits chats, des petites histoires, des tas de petits détails, charmants, sentimentaux, précis, vrais. Une jeune femme qui dort trop, un jeune homme qui ne dort pas, deux voisins qui sont faits pour se rencontrer mais qui vont d’occasion manquée en occasion manquée, mais qui finiront, on le comprend des le début du film, par se rencontrer et se toucher dans une très jolie scène presque subliminale. Charmant, délicat, euphorisant.

Quatre excellents acteurs qui jouent dans la réserve et la subtilité. Je me permets d’attirervotre attention sur l’épicier arabe, joué par un acteur arménien, déjà remarqué dans le série Kaboul kitchen où il incarnait un dictateur potentiel délirant.

Pour vous donner encore plus envie de voir ce film, je vous donne ci-dessous des extraits des critiques négatives de mes journaux préférés :

Cédric Klapisch tente de dépeindre les trentenaires d’aujourd’hui, mais reste en surface .
Le Monde

Le film est plus subtil que son propos, moins bête que son contenu, mieux fait que son discours.
Libération (va comprendre !)

Toujours à l’affût de l’air du temps, Cédric Klapisch signe son film le plus atone. Son cinéma n’a jamais cessé d’évoluer sur le fil entre vérités et lieux communs, entre observations poétiques et raccourcis publicitaires, entre l’infra-ordinaire et le pas-grand-chose. (…) Heureusement, il y a les comédiens (…).
Le Nouvel Observateur

Et enfin, c’est en province qu’il faut aller chercher le bon sens :

En reprenant le schéma le plus conventionnel qui soit de la comédie sentimentale, Cédric Klapisch trouve un moyen totalement original de le renouveler.
Le Dauphiné Libéré

2 réflexions au sujet de « Deux moi – Critique aisée n°174  »

  1. Peux-tu garantir que les répliques ne sont pas shouïngommées, qu’elles ne sont pas couvertes par un DJ fou furieux ou une circulation à libre échappement…?

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