Contrainte et littérature

Morceaux choisis

Contrainte et littérature

L’art est toujours le résultat d’une contrainte. Croire qu’il s’élève d’autant plus haut qu’il est plus libre, c’est croire que ce qui retient le cerf-volant de monter, c’est sa corde.
André Gide

Une idée ne vaut que par la forme et donner une forme à une vieille idée, c’est tout l’art.
Anatole France

Il y a un danger pour les jeunes gens. Ils trouvent en entrant dans la vie trop d’idées éparses autour d’eux, et leur vanité les porte aisément à croire qu’elles leur appartiennent alors qu’elles appartiennent à leur époque.
Léon Blum

Les verbes être et avoir sont, en français, des ennemis mortels du style concret, car ils ramènent toutes les pensées à des équations. […] Du reste, ces deux auxiliaires bâtissent toutes les phrases sur le même modèle. Ils encouragent l’inertie de l’esprit ; ils entraînent des pléthores d’adjectifs, des multiples d’adverbes. Il faut les fuir comme la peste. Il faut faire la guerre aux adjectifs et aux adverbes ; ce sont les preuves d’un esprit paresseux ou romantique. Il est rare, du reste, qu’un adjectif ne se puisse remplacer par un verbe.
Jean Dutourd

(Il faut)supprimer d’un texte tout ce que tout le monde connait déjà par le journal ou le cinéma, ce que tout le monde sait avant de le lire, le composer par conséquent de trous. Ce qui reste, c’est de la dentelle.
Alexandre Vialatte

 

2 réflexions au sujet de « Contrainte et littérature »

  1. Moi, je suis plutôt pour Gide : « Croire qu’il (l’artiste) s’élève d’autant plus haut qu’il est plus libre, c’est croire que ce qui retient le cerf-volant de monter, c’est sa corde. » Quelle belle image !

  2. Ça marche! merci pour le tuyau.
    Celle que je préfère est la citation d’Anatole France: tout l’art est bien de donner une forme à une vieille idée, et surtout laisser à l’artiste, à l’écrivain ou au compositeur la liberté d’exprimer son art. L’art pour l’art et non sous la contrainte! Le véritable artiste ne supporte pas la contrainte. Je dis ça parce que je viens de terminer un livre de l’écrivain anglais Julian Barnes (Le tracas du temps, en anglais The noise of time) qui relate la misère du compositeur Choshtakovitch obligé de composer sa musique en fonction des contraintes imposées par Staline et ses affidés. Encore un livre qui ne m’a pas réconcilier avec le NKVD, le régime bolchevik, ni même avec celui de Poutine.

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