Dernière heure : Cassandre et les Troyens

Dernière heure : Cassandre et les Troyens
Vendredi 7 décembre

Demain matin, dans mon Journal des Coutheillas vous pourrez lire un commentaire sur Joachim du Bellay. « Complètement décalé, le rédacteur en chef ! », me direz-vous peut-être. « Pas du tout ! » répondrai-je.  « Sachez que les articles qui paraissent chaque matin à 7h47 sur le Journal des Coutheillas sont programmés, parfois plus d’un mois à l’avance, et qu’ils n’ont donc pas de rapport avec l’actualité », poursuivrai-je. Ceci dit, quand l’actualité me démange ou me dérange, je ne me prive pas de publier une « Dernière heure », et cet article en est une. Et il n’est plus question de pester contre Hidalgo ou de se moquer du Donald.

Cassandre avait reçu d’Apollon le don de prévoir l’avenir et elle ne s’est pas privée d’annoncer les catastrophes. Elle avait aussi reçu du même la malédiction de n’être jamais crue des Troyens.

Je ne suis pas Cassandre et je me suis trompé presque à chaque fois que je me suis prononcé de près ou de loin sur des sujets politico-sociologiques. J’espère du fond du cœur me tromper une nouvelle fois en prévoyant que demain, en gros, ça va mal se passer. Presque tous les quartiers de Paris sont susceptibles de recevoir la visite des G.J. et de leurs amis et leurs menaces sur Facebook et autres organes d’informations populaires sont claires : ça va casser, incendier, piller, tuer…L’angoisse s’installe. Laurent Wauqiez a ôté le gilet jaune qu’il portait l’autre jour. Même BFM met un peu de modération dans ses commentaires et n’invite presque plus d’incendiaires dans les débats qu’elle organise, c’est dire ! Il n’y a plus que Dupont-Aignan pour se rêver en Poujade, Mélenchon en Trostsky, et Le Pen en Jeanne d’Arc. Mais ça fait quand même beaucoup de monde à souffler sur les braises.

Alors vous, mes lecteurs, mes amis, ma famille, je vous adjure d’être prudents. Si vous habitez la ville, restez chez vous, regardez un bon vieux film du bon vieux temps, décorez votre sapin de Noël, faites une partie de Monopoly, préparez une blanquette de veau, mais ne prenez pas de risques. Si vous habitez la campagne et si le temps le permet, allez vous promener dans la forêt, ou alors faites comme les gens des villes : regardez un bon vieux film du bon vieux temps, décorez votre sapin de Noël…

Joyeux Noël

8 réflexions au sujet de « Dernière heure : Cassandre et les Troyens »

  1. BRUTUS

    Allons, en marche. — Oh ! si l’on pouvait connaître la fin des événements de ce jour avant le moment qui doit l’amener. Mais il suffit, le jour finira ; et alors nous le saurons. — Allons, ho ! partons.

    Jules César – Acte V Scène II

  2. Que te disais-je, Cassandre…
    350 interpellations d’entrée de jeu, avec ce qui suit derrière… et une populace enragée se mue en foule moutonnière.

    Macron peut poursuivre ses réformes, à bon entendeur….

  3. Depuis, que mon blog existe je n’ai censuré qu’un seul commentaire, d’ailleurs avec l’accord de son auteur, car je le trouvais vexant pour l’un des lecteurs. J’ai l’intention de continuer sur ce rythme et sur ces motifs. Je n’aurais d’ailleurs pas dû employer le mot censurer, et dire seulement que je n’étais pas d’accord avec ton « vivement demain… ».
    D’une manière générale, les commentateurs de C dans l’air sont plus mesurés que les quelques experts ou invités, démagogiques et inconscients qu’on a vu se succéder sur BFM. D’une manière générale, on sent un début de changement dans le ton des commentaires, y compris sur BFM. Je suis persuadé que cela résulte d’un nouveau calcul tout aussi cynique que celui qui a conduit à encourager les G.J. pendant un mois. Ce nouveau calcul consiste à baisser le ton pour ne pas porter une trop grande responsabilité dans ce qui se passera demain et jours suivants.

  4. Ho, à propos, Philippe : il s’agit ici de TON blog, et tu es parfaitement légitime à censurer ce qui ne te convient pas, je veux t’assurer que ça ne me pose aucun problème, je continuerai de l’apprécier bien entendu.
    J’écoute en ce moment C dans l’air sur les conséquences du bordel, les commentateurs se veulent très mesurés et distanciés sur ces conséquences, mais ce qui se profile n’est pas bon du tout, à commencer par le chômage….à effet immédiat.

  5. “Demain, dès l’aube, à l’heure où blanchit la campagne
    Je partirai.”
    Ainsi débute l’un des plus beaux poèmes de Victor Hugo dans Les Contemplations.
    Eh bien moi, demain, je n’irai nulle part, je n’aurai nulle envie de me lever et je ne contemplerai rien. J’attendrai patiemment après-demain pour prendre ma pilule du lendemain censée me laver de mon dégoût.

  6. Je ne fais pas de censure, mais je n’approuve pas les commentaires qui souhaitent le pire pour que ça s’améliore ensuite.

  7. Ce que tu annonces-là, Cassandre, n’est pas un malheur mais au contraire une bonne nouvelle !
    Quoi ? Comment ? Mais il a tourné caduc, le Jeannot !
    Suis-moi bien, Cassandre :
    Lorsqu’on laisse peu à peu pourrir la situation, la gangrène s’installe dans le membre et tue son homme à coup sûr. Mieux vaut donc porter le fer dans la plaie, opérer, désinfecter, assainir la purulence, et le malade repart d’un bon pied.
    C’est ce qui va se passer, demain, ou sans tarder : les gilets et leurs miasmes (« casser et tuer ») ne peuvent pas tenir face à une loi martiale qui ne manquera pas de s’instaurer si ça tourne mal.
    C’est désolant, mais si Macron n’est pas Louis XVI, il sera bien obligé de traquer les petits Robespierrots faute de quoi s’installera, on a déjà vu ça en France, un quasi-siècle d’ingouvernabilité.
    Vivement demain, qu’on aille à la castagne une bonne fois.

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