De l’importance du langage

Morceau choisi

C’est le langage sous toutes ses formes qui a propulsé l’être humain au-delà des frontières étriquées de la sélection naturelle, lui a donné la pensée abstraite et la capacité de planifier l’avenir, ce qu’aucun animal ne peut faire, de mesurer les choses autour de lui et de se souvenir de ces relevés pour la suite, ce qui n’est donné à aucun animal, de concevoir l’espace et le temps, Dieu, la liberté et l’immortalité, et de prendre des éléments de la Nature pour confectionner des outils, que ce soit une hache ou une projection algébrique. Pas un animal n’approche même de loin de ce niveau de développement. La doctrine darwinienne de la sélection naturelle était incapable d’intégrer l’existence des outils, par définition non naturels, et encore moins celle de l’Outil suprême, le Mot. C’est l’inexplicable pouvoir du Mot, de la parole, du langage, qui poussait Darwin dans la folie, et Wallace de l’Autre côté.

Extrait de « Le règne du langage – enquête sur les origines de la langue » par Tom Wolfe -2016.

Je ferai plus tard la critique de ce petit bouquin, un essai passionnant.

ET DEMAIN, UNE NOUVELLE MISSION DE LORENZO

5 réflexions au sujet de « De l’importance du langage »

  1. « Au commencement était le Verbe ». Ce sont les premiers mots de la Bible comme de la Torah.
    Un début qui m’a toujours paru obscur, voire carrément cryptique, mais qui énonce tout de même une vérité indéniable: la capacité à exprimer les choses de façon plus élaborée que les autres animaux a permis à l’humain de se distancier d’eux jusqu’à construire des concepts abstraits et une société évoluée (quoique ce point reste à prouver… )

  2. Wallace créationiste ? C’est Darwin qui l’aurait qualifié ainsi.
    Je publierai un de ces jours ma critique de l’essai de Wolfe sur le langage. J’y ai appris que c’est Wallace, et non pas Darwin, qui a écrit le premier la théorie complète de l’origine et de la divergence des espèces par la sélection naturelle. Ayant eu une connaissance détaillée de la théorie de Wallace avant qu’il ne la publie, Darwin se serait précipité pour publier la sienne pour devancer Wallace.
    On y apprend aussi que Wallace s’est par la suite déconsidéré auprès du monde scientifique en dérivant vers le spiritisme, très en vogue à cette époque.

  3. L’actuelle théorie bidonnée qui veut que, les animaux étant des êtres sensibles, ils pensent, équivaut à dire que l’homme vole parce qu’il saute à deux mètres de hauteur.
    Tout étant consubstantiel, il résulte que la pensée est une fonction émotionnelle, certes – y compris dans sa rationalité – émanant de la fonction animale d’origine, mais il est significatif qu’une armée de singes tapant sur des claviers l’éternité durant n’aboutiront jamais aux fables de La Fontaine.
    Que l’animal ait son intelligence propre ne fait aucun doute, l’intelligence de son biotope consistant à s’adapter, de là à déceler une pensée constituée est le fruit débile d’un abus de langage et de concept tellement facile.
    Je n’ai jamais cru que Darwin était fou, au contraire il est intuitivement génial. Quant à Wallace, s’il s’agit du créationniste ( il y en a tant à commencer par celui des fontaines), rendons-lui cette justice qu’il ne bénéficiait pas encore du niveau de transmission du savoir contemporain. Tout est langage en effet. Y compris les abus.

  4. Voilà qui va faire plaisir aux Évangélistes, toujours plus nombreux dans le monde, qui croient aux enseignements de la Bible sur l’origine du monde, de l’homme et ses pouvoirs, et que Darwin propageait des fake-news. Hum! Je me demande ce que Trump, lui qui a un langage très limité, en pense, et même s’il pense ?

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