Les missions de Lorenzo (2)

Dans la journée, Lorenzo dell’ Acqua se promène souvent. Il se donne des missions : parcourir tel quartier, déambuler dans tel musée, faire tant de kilomètres. Il en tire des photographies accompagnées souvent de commentaires, parfois de brèves histoire. Il appelle ça ses « Écrits illustrés de Paris ». Moi je les range sous le titre générique « Les missions de Lorenzo ». Voici la deuxième:

Mardi 9 janvier  : 11,3 km

Metro ligne 6 jusqu’à la station Bir-Hakeim. La Seine est en crue et j’espère trouver des vues inhabituelles de ces quais que je connais par cœur au propre comme au figuré. Le ciel est gris, les nuages bas et la lumière blafarde. La pluie n’est pas loin et je reçois quelques gouttes près de la Tour Eiffel.

un chapelet de péniches semble abandonné au beau milieu de la Seine

Ailleurs, c’est un spectacle inconnu et dévasté qui s’offre à moi

En approchant de la place de la Concorde le paysage s’organise soudain pour le photographe. La Grande Roue bientôt démontée répond aux graffitis colorés sur l’ancienne voie express. A priori tout cela est très laid mais je vais tenter quand même quelques photos. Impossible de prévoir si elles résisteront au temps. Je vais rassurer Jean-Claude car pour une fois je suis abordé pendant ma balade : il s’agit d’un homme de couleur, corpulent et jovial. A sa deuxième tentative, je lui fais un signe réprobateur de la main mais je ne saurai jamais si c’était un illuminé ou un homosexuel ! Tant pis pour moi ! La dame en rouge fluo vient à mon secours et à bon escient

Les quais sur la rive gauche à pied jusqu’au Louvre. Curieux d’y découvrir un porte-container.

Je monte sur le quai photographier le restaurant du Musée d’Orsay où siégeaient pendant l’occupation non seulement la cantine mais aussi l’hôtel des officiers allemands affectés au Quai d’Orsay, aujourd’hui notre Ministère des Affaires Etrangères. J’ai appris cela en lisant le livre de Félix Hartlaub sur Paris pendant l’occupation que m’a offert Jürgen. Esthétiquement, je me dis que c’est mieux aujourd’hui.

Sur la passerelle du même nom, Il y a toujours une prolifération de ces horribles cadenas frénétiquement accrochés par des touristes étrangers, amoureux ou pas. C’est effrayant de laideur

et puis cette vue que je ne connaissais pas du Louvre à travers les arbres du quai Voltaire

Je retourne volontairement sous le Pont Royal tenter de refaire cette photo prise jadis au printemps. La lumière a changé mais le mouvement du feuillage balayant le temps demeure. Je ne suis pas déçu.

et je tente sans grande conviction de refaire encore une ancienne photo argentique en noir et blanc de la péniche Elza que j’avais offerte à mon ami Francis, breton et navigateur

Puis trajet avec le bus 95 pour déjeuner au Trait d’Union. Maison.

ET DEMAIN, LES VEUVES …

2 réflexions au sujet de « Les missions de Lorenzo (2) »

  1. La Seine en crue, les arbres dénudés, et quelques points rouges, sous une lumière blafarde, c’est quand même plus photogénique que la Seine dans son lit et les arbres bien verts sous un ciel bleu uniforme d’été, non ?

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