Qu’est-ce qu’ils sont moches, ces magasins ! (2)

FNAC
136 Rue de Rennes – Paris 6°

Voulez-vous savoir ce que l’acronyme FNAC veut dire ? Non ? Ah bon, tant pis !

Mais voulez-vous savoir ce qu’il y avait au 136 de la rue de Rennes avant que ne s’y dresse le bâtiment construit en 1974 par les architectes Commissaire, Foulet, Granger et Tireau pour le compte de la Fnac, ce bâtiment dont la façade toute en verre est l’archétype de ce qu’il y a eu de pire dans l’architecture des années soixante, soixante-dix, quatre-vingt, quatre-vingt-dix…, ce bâtiment qui, dans les années 2010, a dû inspirer Jean Nouvel dans la facilité, le manque d’inspiration et la laideur pour sa conception du bâtiment Imagine du boulevard du Montparnasse ?

Eh bien, il y avait le chef d’œuvre de cet architecte talentueux de l’École de Nancy, Henry Gutton. Ce bâtiment de style Art Nouveau portera tout d’abord l’enseigne du Grand Bazar de la Rue de Rennes, puis des Grands Magasins de la Rue de Rennes, puis des Magasins Réunis pour finir par être défiguré en 1960 puis carrément détruit en 1972 pour faire place à l’actuel bijou architectural que le monde nous envie.

7 réflexions au sujet de « Qu’est-ce qu’ils sont moches, ces magasins ! (2) »

  1. Non! Je ne partage pas l’avis que Jean Nouvel produirait de la banalité ou de la laideur architecturale. Il y en a eu quelques unes bien sûr mais à côté de cela il y a des créations originales, magnifiquement adaptées à leur destination (musées, hôtels ou centres d’affaire, etc) et intégrées à leur environnement. Je suis convaincu que la banalité et la laideur en matière de création sur commande à destination d’un usage (pas seulement architecturale) proviennent beaucoup plus du commanditaire de l’oeuvre que du créateur commandité. Commanditaires sans imagination, incultes, pusillanimes, incapables d’assumer, frustrés et frustrant. Le reproche que l’on peut faire à l’architecte dans des situations de ce type est alors d’accepter le contrat et de ne pas conseiller au commanditaire de s’adresser à un confrère de petite facture.

  2. Je n’ai rien contre l’architecture moderne, au contraire. Mais ça n’empêche pas dans certains cas de la comparer, sur le plan esthétique, à des architecture récentes ou anciennes, sans tomber dans le systématique « ah ! c’était mieux avant » ou le ridicule « les anciens, ils savaient y faire, eux ».
    Les architectures passées récentes, elles aussi, ont aussi produit d’horribles choses : le Sacré-Cœur pour ne prendre qu’un seul exemple. Dans le genre moche, l’architecture contemporaine moderne en a produit bien davantage dans le boom des trente glorieuses. Pour ne prendre qu’un seul exemple (mais là c’est dur de faire un choix) je ne citerai que l’Opéra Bastille.
    Je disais plus haut que je n’ai rien contre l’architecture moderne, au contraire. J’ai toujours défendu le Centre Pompidou contre ceux qui n’y voyaient qu’un assemblage de tuyauteries, j’aime la Fondation Louis Vuitton, le Centre Pompidou de Metz, etc…
    Mais je trouve la banalité et parfois la laideur des constructions de Jean Nouvel depuis une dizaine d’années affligeantes, l’archétype de son style étant pour moi le révoltant bâtiment Imagine du Boulevard Montparnasse devant lequel je passe presque tous les jours.
    Mais j’ai déjà trop écrit sur cette horreur mal lavée.

  3. N’ayant rien contre l’architecture moderne et moins encore contre Jean Nouvel (il est natif de Fumel, presque voisin, ce qui m’implique dans une obligation de chauvinisme à son égard), ce ne sont pas tant les vitrages qui me hérissent que les vitrines du rez de chaussée : c’est à celles qui crieront (en silence) le plus fort.
    Si les couleurs y étaient sonorisées, on pourrait au moins se croire dans un souk exotique. Si elles étaient une manif, on entendrait chacun brailler son propre slogan. Il s’agit bien d’une tare de nos temps pulsionnels : chacun y brame son individualisme panurgique. Un vrai bordel univoque.

    Pour ce qui est des dépassements de coûts faramineux de la Symphonie, on ne peut plus aujourd’hui faire autrement sinon on ne fait plus rien : quelqu’un paiera, c’est la règle.

  4. Ce matin, bug technique : deux photos ont disparu.
    Toutes nos équipes sur la brèche…
    Après deux heures d’efforts, incident réparé, photos rétablies.
    Ah ! On n’est pas à la SNCF ici !

  5. FNAC, la Fédération Narionale d’Achat des Cadres, est aujourd’hui totalement obsolète et moche. Achetez ou commandez vos livres chez des libraires, des vrais, pas chez Amazon non plus. Merci.

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