Les faux British – Critique aisée n° 126

Les faux British
Théatre Saint Georges 

Une troupe de comédiens présente une pièce policière de Sir Arthur Conan Doyle.
Un meurtre est commis dans un salon entièrement fermé.
Classique !

Mais la troupe est faite de complets amateurs, l’auteur n’est pas le créateur de Sherlock Holmes, la mise en scène est catastrophique et le décor ne tient pas debout. Tout aussi classique !

Car ce n’est pas la première fois qu’on nous fait le coup des mauvais acteurs jouant mal un texte stupide dans un décor chancelant — et je ne compte pas les fois où ce n’était pas volontaire.

Les moins jeunes se souviendront peut-être des Branquignols, d’Helzapoppin ou de certains sketches de Roger Pierre et Jean Marc Thibault, tandis que les contemporains se souviendront  surement de Thé à la menthe ou t’es citron.

Il ne s’agit pas ici de comparer ces spectacles passés aux Faux British. A quoi cela servirait-il ? Aujourd’hui qui se souvient de Robert Dhéry, de Colette Brosset, de Christian Duvaleix ? Combien d’années se sont écoulées depuis la dernière diffusion télévisée de ce chef d’œuvre de l’absurde que fût Helzapoppin ? Roger Pierre et Jean Marc Thibault sont morts et oubliés et la comparaison avec Thé à la menthe ne serait pas charitable.

Donc, parlons des Faux British.

(Tout était dans le titre original anglais : « The play that goes wrong », alors pourquoi ce titre stupide et ordinaire des « Faux British »?)

L’intrigue en elle-même, une parodie déglinguée des enquêtes de Sherlock Holmes ou de son fils spirituel (?) Hercule Poirot, n’a pas d’intérêt, vous l’aurez compris.

La mise en scène, la vraie, celle qui fait semblant d’être ratée, est précise à souhait et tous les gags fonctionnent au chronomètre.

Les acteurs sont pleins d’énergie et ne renâclent pas à la tâche.

Le public rit beaucoup (et je n’ajouterai pas comme ce critique de mauvaise humeur : « et il est bien le seul ! »)

La mise en scène, les acteurs, le public… bon, d’accord, d’accord… mais quand même…

Quand même, la première moitié du spectacle m’a parue très répétitive, avec des gags souvent prévisibles, déjà vus et surexploités. Mais, avec l’entrée en scène de la machiniste, la deuxième partie décolle vraiment dans un déchainement très bien mené qui achève le spectacle en feu d’artifice.

J’allais oublier : les fauteuils de corbeille — 37€ — sont épouvantables, vraiment. Heureusement le spectacle est court — quatre-vingt minutes.

ET DEMAIN, VU DU VIADUC DE MILLAU

Une réflexion au sujet de « Les faux British – Critique aisée n° 126 »

  1. Oui, pourquoi ce titre de Faux British? Peut-être parceque certains français continuent à penser qu’un British est un être respectable et pétri de self-control, genre le Major Thomson, un contemporain de Robert Dhéry. Je vous écrit justement de l’Angleterre que j’ai bien connue à l’époque du Major et où je retourne assez régulièrement et, me mettant à la place d’icelui, je me pose régulièrement la question “what went wrong?” Cette fois “the play that goes wrong” semble bien être ce fichu Brexit.

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