Mes terrasses – 1 – Le Soufflot – La Crêperie

Mes terrasses – 1 

LE SOUFFLOT
16 rue Soufflot. Paris 5°

C’est le café de mes débuts. C’est là que j’ai commencé à écrire. Il n’avait pas encore été refait et, à cette époque, la salle était sombre et en contre-bas. Le matin, c’était propice à l’écriture. L’après-midi, j’allais plutôt en terrasse et c’est là que j’écrivis un de mes premiers « Couleur café » : Le stockfish et la méduse. Un peu agressif, je le reconnais (Je me suis pas mal humanisé depuis, dit-on). Et puis, il y a quelques années, le café a été entièrement refait. A neuf. Pas mal, je dois le dire. Mais ça a changé mes repères et je n’y vais plus. Je n’aime pas quand les choses changent.

LA CRÊPERIE
12 rue Soufflot. Paris 5°

La Crêperie, c’est l’inverse. Je n’y allais pas et maintenant, j’y vais. Pourquoi ? Avant, je trouvais le décor clinquant, trop clair sans doute. Et puis ce nom ! La Crêperie ! On n’a pas idée ! C’est un nom pour Montparnasse, pour la rue du Départ ou la rue d’Odessa, mais pas pour la rue Soufflot !
Pourtant, maintenant, j’y vais, très régulièrement. Mais uniquement le matin.

Le matin, La Crêperie est remplie d’Américains : familles du New Jersey, amis de l’Indiana, étudiants de Californie, retraités de Floride. Ils prennent de copieux petits déjeuners — Djoucedowandje, oh ! you do speak english, then orange juice, pancakes, oh ! you don’t have scrambled eggs ? Never mind ! Fried eggs, sunny side-up, coffee, american coffee please — ils consultent des plans de Paris pliés en huit ou des iPhones deux fois plus grands, ils sont gais, ils sont aimables et parlent fort — my Goodness, mais pourquoi ces jeunes Américaines parlent-elles si fort ? Et pourquoi s’esclaffent-elles aussi souvent ? Ça ne fait rien, le bruit ne m’empêche pas d’écrire. Contents de leur sort, ils sont en vacances pour quelques jours en Europe — les Américains ne viennent pas à Paris : ils font un tour en Europe — ou étudiants à la Sorbonne pour quelques mois. J’aime cette ambiance.

Depuis quelques temps, le personnel me reconnait ostensiblement. La patronne est aimable et le serveur ressemble à Mathieu Kassovitz.

ET DEMAIN, SANS LÉGENDE

Une réflexion au sujet de « Mes terrasses – 1 – Le Soufflot – La Crêperie »

  1. Ca réveille des souvenirs… Je n’allais pas au bistrot « chez Elise » pour écrire, ooooh non, ni même lire, j’y allais pour rencontrer mes copains de rugby, ou la fille du moment, à boire tapageusement des lait-fraise, y rouler ma caisse, en gros j’étais très très con, jusqu’au jour où une femme – la mienne depuis pas loin de cinquante ans – m’a mis au boulot, où je me suis éclaté. Je n’ai remis les pieds dans un bistrot guère plus de deux ou trois fois l’an car je m’y emmerde, ou alors pour y traiter des affaires et là, c’est amusant. Bref, je me suis bien amusé. Et je continue dans mon jardin pour le plaisir de me fatiguer.
    Une vie qui en vaut presque une autre….

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