L’écriture et la vie vécue

Il n’y a pas d’écriture qui vous laisse le temps de vivre. On ne peut pas faire l’économie de ça. Si vous faites l’économie de ça en faveur de la vie vécue, vous n’écrivez pas. On n’est personne dans la vie vécue, on est quelqu’un dans les livres. Plus on est quelqu’un dans les livres, moins on est dans la vie vécue.

Marguerite Duras – Interview

ET DEMAIN, RETOUR AU THÉÂTRE…

3 réflexions au sujet de « L’écriture et la vie vécue »

  1. Il y a plusieurs façons de prendre cette opinion de Marguerite Duras.

    La première se rapporte aux temps passés respectivement à la vie vécue et à l’écriture.
    Il y a les écrivains qui ne vivent que pour travailler et ceux qui ne travaillent que pour vivre. Il y a aussi toutes les catégories intermédiaires entre ces deux extrêmes, entre Marcel Proust dans les dernières années de sa vie et Guillaume Musso depuis le début de sa carrière. Pour les peintres, qui peuvent se ranger dans les mêmes catégories, on pourrait parler de Van Gogh d’un côté et de Klein de l’autre. Pour un musicien…je ne sais pas.
    Un écrivain (ou plus généralement un artiste)passionné considèrera que tout temps consacré à la vie vécue est du temps perdu. Bien que Duras ait, je crois, quand même pas mal vécu, c’est probablement dans ce sens qu’elle a répondu à l’interview.

    L’autre façon se rapporte à l’influence qu’a le métier d’écrivain, ou le passe-temps de l’écriture, sur la façon de vivre les choses, ou plutôt de regarder la vie autour de soi. J’avais essayé de décrire cette influence dans un Post-it n°10 : « Ecrire » :

    (Quand on se met à écrire)… »on ne vit plus sa vie, on est sur le qui-vive, à l’affut du sujet et tout devient gibier : une dispute dans la rue, une marée qui descend, une femme qui téléphone, un instant, un mot. »

    Le texte complet (et court) est là :
    http://www.leblogdescoutheillas.com/?p=3263

  2. Que Marguerite Duras n’ait pas vécu en dehors de ses livres ne m’étonne pas. J’espère, pour les autres écrivains, qu’ils ont une vie parallèle à l’ecriture, de même que je m’intéroge sur les gens qui dorment la fenêtre fermée et ne respirent que l’air confiné de leur chambre. Il n’y a que dans les sous-marins qu’on dort les fenêtres fermées.

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