Pierre Desproges est mort – Post it n°21

Post-it n° 21

Pierre Desproges est mort

Il y a trente ans aujourd’hui que Pierre Desproges est mort. Il m’a beaucoup manqué.
Sans doute moins qu’à sa femme et à ses deux filles, mais quand même.

A l’heure d’évoquer l’absence de celui qui fut probablement le meilleur humoriste français du moment, on voudrait…
Mais de quel moment parlons-nous, exactement ?

Un moment qui a duré à peine plus de dix ans, vous vous rendez compte ? Un très court moment qui a laissé une telle marque qu’on a du mal à croire à sa brièveté.

Qui ne se souvient avec nostalgie du Tribunal des Flagrants Délires où Desproges tenait le rôle du procureur rempli d’un juste courroux (coucou) ? Qui ne cite son réquisitoire contre Jacques Séguéla « De deux choses l’une, ou bien Seguéla est un con, et ça m’étonnerait quand même un peu, ou bien Séguéla n’est pas un con et ça m’étonnerait quand même beaucoup... » ?

Eh bien, réalisez aujourd’hui que cette émission qui a fait notre bonheur à tous n’a duré que deux saisons.

Qui ne se rappelle de l’une des premières phrases de son premier spectacle seul sur scène (« On me dit que des juifs ont réussi à se glisser dans la salle…« ) ou de son propre résumé de son spectacle à l’usage des journalistes paresseux ?

Eh bien, sachez que Desproges n’a fait que deux spectacles seul sur scène : « Un cri de haine désespéré où perce néanmoins une certaine tendresse » et « Pierre Desproges se donne en spectacle ».

Qui n’a jamais cité un aphorisme, une absurdité, un zeugma de Desproges (« Après avoir sauté sa belle-sœur et le repas de midi, le Petit Prince reprit enfin ses esprits et une banane. ») ?

Qui, encore aujourd’hui, ne sourit pas au souvenir de son interview de Françoise Sagan (au cours de laquelle, notamment, il lui montre ses photos de vacances) ?

Qui, après avoir prononcé une blague douteuse, n’a pas redit avec componction sa fameuse sentence selon laquelle « on peut rire de tout, mais pas avec n’importe qui » ?

Alors, à l’heure d’évoquer l’absence de celui qui fut probablement le meilleur humoriste français du moment et qui, selon moi, le reste, on voudrait, d’une plume légère, savante et absurde à la fois, dresser un portrait amical et complice de cet adepte d’Alexandre Vialatte et du cassoulet toulousain. On voudrait, car la tentation est forte, et cela parait si facile, on voudrait l’imiter un peu… Mais pour cela, il faudrait pouvoir. Et puis tant d’autres l’ont déjà fait, de façon si laborieuse sur Canal+, sur France Inter, sur la scène.

Alors, on se dit que le mieux, c’est de le citer. Par exemple avec cette réflexion définitive :

« En cas de morsure de vipère, sucez-vous le genou, ça fait marrer les écureuils. »

Salut, Desproges. Vous m’avez manqué.

 

ET TOUT À L’HEURE, JOURS DE GRÈVE 

Une réflexion au sujet de « Pierre Desproges est mort – Post it n°21 »

  1. Puisque Desproges nous a quittés , je le prolonge un peu, histoire de dire que son esprit est toujours parmi nous :

    Aujourd’hui est un grand jour : j’ai exactement l’âge que mon grand-père avait à mon âge.

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