Les bidons de l’art – 4


Disparition progressive de l’oeuvre ?
Tu parles !
Ça fait vingt ans qu’elle tourne dans les expositions. Seuls quelques enfants osent se servir dans le tas de bonbons, la plupart du temps réprimandés par de très respectueux adultes. Mais l’oeuvre ne disparait pas comme promis car le plein en est refait chaque soir.

ET DEMAIN, UNE JOURNEE EN ENFER : IVAN DENISSOVITCH

6 réflexions au sujet de « Les bidons de l’art – 4 »

  1. Bonsoir Charles.
    Comme je crois n’avoir jamais publié auparavant le texte du cartel que l’on trouve affiché dans tous les musées du monde à côté de cet inépuisable tas de papillotes, c’est donc que, par le texte que selon toi « j’kiff tellement », tu veux désigner celui que j’ai reproduit en commentaire.
    À l’origine, il présentait une œuvre de Quentin Euverte exposée chez Taddhaeus Ropac. Je crois qu’en première lecture, je n’avais pas vraiment saisi le coté farce de ce texte déjanté et il est même possible que je l’aie pris au premier degré. Cependant, comme tu me le conseilles, mais avant que tu ne le fasses, je l’ai relu soigneusement et le coté blague m’est tout à coup apparu. Immédiatement, Monsieur Euverte est remonté dans mon estime. Je l’ai sorti de ma catégorie artiste bidon de l’amphigouri. Je le classerai désormais dans la catégorie auteur de canulars.
    Si j’ai cru saisir en deuxième lecture un peu d’humour dans l’exégèse de Monsieur Euverte, je crois déceler, en première lecture de ton commentaire, comme une petite touche de mépris. Je ne manquerai pas de le relire pour me refaire une opinion.
    J’ai plusieurs fois entendu ou lu des artistes dire que, dans leurs œuvres, il n’y avait rien à comprendre et tout à ressentir. Dans le texte dont tu parles, pas plus que dans l’œuvre qu’il présentait, je n’ai effectivement rien compris. Par contre, j’ai ressenti une pressante envie de rire, et finalement, par charité peut-être, je me suis convaincu que c’était ce que voulait l’auteur.
    Mais peut-être ne l’as-tu pas compris de la même manière ? Peut-être même l’aurais-tu pris au premier degré. Ce serait touchant. Mais, comme pour moi, il te reste une deuxième chance, celle d’une deuxième lecture.

  2. @Philippe tu l’kiff telment ce texte que deux ans après tu le re-cites quand même, il serait peut-être temps d’essayer de comprendre. l’arrogance de celui que ne comprend pas est aussi touchante que triste.

  3. Amphigourique, je suis bien d’accord. La justification du tas de bonbons donnée par l’artiste lui-même ne vaut pas mieux. Comme l’aurait dit Chirac,s’agissant de bonbons, “ça m’en touche une sans faire bouger l’autre”! Au début j’ai cru à une autre manifestation de l’art éphémère, très populaire au siècle dernier (dadaïsme, Christo, etc). Mais pas du tout, à la réflexion j’ai attribué l’oeuvre bonbons à une manifestation de la superficialité de notre civilisation de la consommation, inépuisable, et, comme l’invite l’artiste (‘servez-vous’) c’est ça qui m’a interpellé. Mais le sida? je ne vois pas trop ce qu’il vient faire dans cette histoire.

  4. Quand j’ai vu cette installation pour la première fois il y a plus de dix ans au MoMA de New York, elle m’a interpellé parce que j’y ai vu un enfant (français) en prélever une poignée de ces bonbons. Le père, confus, a aussitôt ordonné à son fils de remettre les bonbons en place. Le garçon s’est exécuté (autres temps, autres mœurs). Mais le père a ensuite regardé à droite et à gauche et a ajouté : « Allez, vas-y ! Personne ne regarde ! » sans savoir qu’ainsi, il réalisait le vœu de l’artiste.
    Plus sérieusement, est pour moi « bidon » ce genre d’installation qui prétend illustrer par une métaphore (qu’on ne comprendra d’ailleurs qu’en lisant le cartel emberlificoté rédigé par l’auteur ou par le musée) un lieu commun du genre « la vie est trop courte », « Je est un autre », ou bien « En avril ne te découvre pas d’un fil ». Je peux avoir de la considération pour des installations provocatrices comme certaines de celles de Duchamp, ou spectaculaires comme celles de Christo, mais pas pour un tas de bondons en papillotes repoussés dans un angle de mur.
    A propos de cartel amphigourique, je ne résiste pas au plaisir de reproduire ici celui d’une œuvre que j’ai déjà présentée dans ma Critique aisée n° 72 que j’avais intitulée « Gargarisme  » :
    « Comme un kamikaze dans une Maserati à 220 km/h file de gauche côté obscur. Comme Terminator, comme Schwarzenegger, on arrive à poil du futur. Car si même les fossoyeurs doivent payer le loyer, à 19 ans nos pensées étaient déjà âgées. Sexuelles comme un châssis de BMW démonté par les douaniers, érotique comme un frigo à viande : c’est dans la lycanthropie bling-bling que le caméléon est schizophrène, alors les morts gouvernent bien les vivants. Qui pourrait anticiper sur les conséquences hasardeuses de la rencontre à grande vitesse de Ballard et Benjamin s’ils n’existaient que pour alimenter le cyclotron d’Hollywood ? L’année du T-1000 comme date de naissance, et à ce titre nous sommes faits du même alliage de métal liquide. Les œuvres possèdent alors une tension dialectique –et comme un phrasé- qui les empêche de prendre la pose. »
    L’humour que, si on est de bonne humeur, on peut vouloir déceler dans ce texte, montre bien l’aspect foutage de gueule du plouc, son coté canular.

  5. I beg to differ, comme dise les anglais très posément. Pour une fois, je ne vois pas le côté bidon d’une œuvre d’art moderne, ou contemporaine, appelons ça comme on veut (sous l’egide du MoMA tout de même). En un mot, elle m’interpelle.

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