5 réflexions au sujet de « Archéologie du présent »

  1. Il faut que je te dise Martine (« Et ne m’en veut pas si je te tutoie », comme le dit si sincèrement Prévert à Barbara dans son poème éponyme, chanté si bien par les Frères Jacques) que de tout ce que j’ai pu entendre et voir depuis une semaine à propos de la mort de Johnny, c’est toi qui exprime le mieux ici comment cette mort a été ressentie par la majorité des français et cette ferveur nationale qui s’en est suivie. Moi aussi j’aimais bien Johnnny, tout juste plus jeune que moi, comme je l’ai écrit ici. Mais j’ai été agacé, dans les heures qui ont suivies l’information de sa mort, par la redondance et la platitude des commentaires entendus en boucle. Peut-être que le choc émotionnel était réel, ce qui expliquerait cette platitude. Je le crois maintenant car la ferveur dont je parle plus haut n’a pas été feinte et extraordinairement sincère. Sacrés Français! Vous êtes – nous sommes – vraiment, non seulement ingouvernables, mais tellement improbables et surtout sentimentaux. Pour ma part, j’attribue cette ferveur au fait que justement Johnny était typiquement « franchouillard » (c’est pas une moquerie sous ma plume mais plutôt un compliment), comme ses vieux copains canailles Eddy Mitchell et Jacques Dutronc, il n’avait pas cherché à devenir une star internationale comme Mick Jagger par exemple, et son art était bien réservé pour les Francais. Il le répétait souvent. Il se trouve que que j’aime la musique sous toutes ses formes, aussi bien la musique classique, le jazz, la chanson, qu’elle soit folklorique, populaire, poétique, la musique de films, alliance indispensable pour la correspondance entre les sens (comme le préconisait Baudelaire dans un poème célèbre) depuis que le cinéma n’est plus dit muet et bien un art audio-visuel, les musiciens, compositeurs et paroliers Français et étrangers, surtout Américains, et bien sûr l’opéra, l’art lyrique suprême avec Wagner à son apogée. Je pourrais continuer comme ça pendant des heures sans oublier Johnny Hallyday dans tout ça! Baudelaire justement, poète mais aussi un grand critique d’art dans son époque bouillonnante dans tous les arts (musique et peinture en particulier), avait écrit dans sa critique de la première représentation de Tannhäuser de Richard Wagner à Paris, évidemment incomprise du public: « car c’est le propre des œuvres vraiment artistiques d’étre une source inépuisable de suggestions ». Je doute que Wagner pouvait être une source populaire de suggestions, mais aujourd’hui, j’attribue à Johnny Hallyday d’avoir eu cet énorme pouvoir de suggestion populaire, sa mort l’a démontré.
    Pour finir, cadeau, la strophe complète du poème Barbara:
    « Et ne m’en veux pas si je te tutoie
    Je dis tu à tous ceux que j’aime
    Même si je ne les ai vus qu’une seule fois
    Je dis tu à tous ceux qui s’aiment
    Même si je ne les connais pas ».

  2. J’adore Johnny, je ne m’intéressais pas jeune à ces chansons, moi c’était à mes 20 ans le disco » La fièvre du samedi soir » les Bee Gees, et tout les autres Disco car la chanson avant tout pour moi c’est danser et avec le Disco c’est formidable, j’en suis fan, c’est sur le tar que j’ai apprécié son talent, la puissance de son interprétation, la rage de ces chansons, la ferveur de ses fans, le grandiose de ses spectacles, je ne l’ai vu malheureusement qu’une fois au Dôme à Marseille et malheureusement nous étions mal placé derrière une énorme baffle et le son était très mauvais, je regrette de ne pas l’avoir vu à Paris au Stade de France, j’ai été surprise de ma réaction, jamais la mort d’un chanteur ne m’a autant ému, j’ai pleuré tout le w-e, de voir un fan pleuré je pleurais enfin tout le temps, c’est la nostalgie de notre jeunesse qui part, de tous ces fans qui l’adoraient, il faisait parti de la vie de tant de gens, c’était souvent une histoire de famille le père, les enfants, les petits-enfants, bien sur qu’il était populaire, il en faut pour tous les goûts mais il a accompagné tellement de gens dans leurs fêtes, il a donné du tonus à pleins de gens, au lieu de trouver de la force dans la religion les gens trouvaient de la force dans ces chansons, ceux qui est mon cas car je suis athée, enfin je pourrais sans fin en parler !!!!

  3. Je corrige pour les funérailles de notre Johnny: pas de « funérailles nationales », mais un hommage sur les Champs.

    Là, c’est OK, il le mérite à mon humble avis.

  4. Oui, que M.Mme Macron assistent à la messe d’enterrement de M Jean-Marie Smet à la Madeleine, c’est parfaitement compréhensible, y compris un hommage appuyé à la sortie sur sa pugnacité à vivre et chanter, car 55 ans sur les planches ou en studios, c’est exceptionnel.
    Certes, on sait bien que les créatifs (et certaines bêtes politiques, hélas parfois) ne prennent jamais leur « retraite » ( mot dégradant à mon avis car se « retirer » de quoi? et pourquoi donc d’ailleurs ?) de leur plein gré, mais des funérailles nationales comme pour Victor Hugo( là oui ), c’est trop à mon avis.

  5. Le présent c’est aujourd’hui. Alors j’ai ressorti de mon carnet de citations (eh oui! J’en collectionne depuis longtemps au fil de lectures diverses) deux citations d’un artiste que j’ai toujours aimé, Jean Cocteau:
    « Aujourd’hui c’est hier et demain qui s’épousent ».
    «  Demain c’est hier jeune et hier demain vieux ».
    On peut réfléchir là-dessus et conclure qu’aujourd’hui est la jeunesse et la vieillesse qui s’épousent. Ça m’va! N’est ce pas là ce qu’on entend en boucle depuis hier matin à propos de notre héros trans générationel Johnny? A vrai dire, je l’aimais bien Johnny mais ce commentaire répéter cent fois, y compris par le Président Macron, que « nous avons tous en nous quelque chose de Johnny », mais ce quelque chose était devenu hier soir, pour moi en tout cas, une overdose.

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