Happy end – Critique aisée n°101  

Happy end
Michael Haneke – 2017
Isabelle Huppert, Jean-Louis Trintignant

Le sujet est banal : une famille bourgeoise de Calais, les Laurent, très riches, très bourgeois, très province.

Le genre n’est pas original : une comédie du genre « Pièce grinçante » d’Anouilh, c’est-à-dire pas une comédie, mais pas un drame non plus, juste de quoi se moquer de manière consensuelle des turpitudes des gens.

L’histoire est métaphorique : un effondrement sur un chantier de travaux publics va, sinon provoquer, du moins accélérer l’effondrement de la famille Laurent.

Le point de vue est double : un narrateur omniscient et silencieux qui passe d’un personnage à l’autre et une jeune fille de 13 ans, troublante et perturbée, surement la meilleure performance de comédien du film.

La position morale ou politique n’est pas trop manichéenne, mais quand même : les bourgeois sont des méchants ; il n’y en a pas un, y compris la petite fille, pour racheter l’autre ; les migrants sont inexistants ou gentils.

Les comédiens : très bons, tous, mais surclassés par la jeune fille. Après recherches approfondies (Wikipedia), elle s’appelle Fantine Harduin, elle est belge, elle a douze ans, elle a déjà tourné dans 3 ou 4 films, et dans quelques séries dont « Engrenages ». On la reverra certainement. Quant à Trintignant et Huppert, ils jouent très bien, mais sans surprise, leur personnage maintenant habituel, vieillard hiératique et bourgeoise énervée.

Le montage : les scènes silencieuses et banales, qui sont nombreuses, sont étirées à plaisir ; toutes les actions élémentaires en sont détaillées pour s’achever sans chute, sur rien, en points de suspension ; exemple : un comédien assis sur un lit se redresse lentement, enfile sa robe de chambre, fait quatre pas glissés jusqu’à la porte, saisit sa poignée, la tourne, ouvre la porte, manœuvre l’interrupteur pour allumer la lampe du couloir, s’engage dans le couloir et le parcourt  en six pas hésitants… fondu au noircut ! Ce procédé agaçant se répète tout au long du film. Il devient rapidement lassant. Que de temps perdu.

Finalement, on s’ennuie autant que les membres de la famille Laurent.

Note à ne pas négliger
Comme cette critique est plus courte et plus ennuyeuse que d’habitude, je vais l’augmenter avec quelques informations objectives et surprenantes. En tout cas, moi qui ne suis pas dans le show bizness, elles m’ont surpris. Les voici :

Happy end
­—107 minutes
—74 comédiens et acteurs de complément
—414 techniciens
—12.000.000 € de budget

Pour comparer, sans jugement de valeur ni volonté de démonstration, juste pour information, voici les budgets de quelques films que vous connaissez peut-être :
—Psychose (1960) : 800.000$
—Fargo (1996) : 6.000.000€
—Les Intouchables (2012) : 9.500.000€
—Bienvenue chez les ch’tis (2008) : 11.000.000€
—La Guerre des Etoiles (1977) : 11.000.000$ (!)
—Happy end (2017) : 12.000.000€
—Jurassic World (2015) : 215.000.000$
—Avatar (2009) : 425.000.000$
 
Etonnant, non ?

3 réflexions au sujet de « Happy end – Critique aisée n°101   »

  1. Ta critique tombe bien car de toute façon ce n’est absolument pas le genre de film que j’irais voir ! Par contre c’est très intéressant de voir le budget de certains films et j’aimerais les classés suivant mes goûts :
    ex éco : La Guerre des Etoiles et Avatar
    ex éco : Bienvenue chez les ch’tis et Intouchable.
    Et les films que je voudrais aller voir :
    Otez- moi d’un doute,
    Une suite qui dérange-le temps de l’action,
    Un beau soleil intérieur,
    Blade runner 2049.

  2. Après recherches approfondies (Wikipedia), elle s’appelle Fantine Harduin, elle est belge, elle a douze ans, elle a déjà tourné dans 3 ou 4 films, et dans quelques séries dont « Engrenages ». On la reverra certainement. Quant à Trintignant et Huppert, ils jouent très bien, mais sans surprise, leur personnage maintenant habituel, vieillard hiératique et bourgeoise énervée.
    J’augmente ma critique de cette précision. Merci de m’avoir signalé cette lacune.

  3. Juste une petite question : cette jeune fille qui surclasse Huppert et Trintignant (excusez-moi du peu !) devra-t-elle rester anonyme ?

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