Archives mensuelles : février 2018

¿ TAVUSSA ? 39 – La Saint-Valentin en Floride

C’est dans une école de Parkland, Floride, que le nouveau massacre de la Saint-Valentin a eu lieu.
Dix-sept morts parmi les élèves et les professeurs
tués par un élève de 19 ans
avec une arme automatique
un AR-15
désigné dans l’armée comme le fusil d’assaut M16
acheté en toute légalité
par quelqu’un qui n’aurait même pas eu le droit de s’acheter une bière.

Quelques jours plus tard, le sénateur républicain Marco Rubio et la représentante de la National Riffle Association, Dana Loesch, sont venus à Parkland faire face à une assemblée d’élèves et de parents d’élèves.
CNN était là, bien sûr.

C’était émouvant de voir ces jeunes gens exprimer leur incompréhension et leur colère devant l’inaction des politiques depuis tant d’années, depuis tant de morts. C’était émouvant et en même temps dérisoire de les voir tenter d’arracher des promesses à ces deux personnages politiques expérimentés.
Émouvant et dérisoire.

C’était pathétique de voir le sénateur Rubio, qui fut candidat aux primaires républicaines, patauger dans les circonvolutions pour dire que ce massacre était désolant, qu’il n’aurait jamais dû arriver, que lui-même était pour toute loi qui renforcerait le contrôle psychologique préalable à l’achat d’une arme, mais que le strict contrôle des armes n’était pas la solution. C’était pathétique de le voir dix fois refuser de dire que désormais il n’accepterait plus d’argent de la NRA.
Pathétique et inquiétant.

C’était désolant de voir Madame Loesch, déclarer qu’étant que mère de famille elle-même, elle était tout aussi touchée par cet événement dramatique qu’une autre , puis reprendre presque dans les mêmes termes que le sénateur la litanie selon laquelle ce terrible évènement n’aurait jamais dû arriver et que la NRA était en faveur d’un renforcement du contrôle psychologique préalable à l’achat des armes.
Désolant et terrifiant.

Et tandis que se déroulaient ces débats sans espoir, tandis que l’on pouvait voir la calme colère de ces élèves et de ces parents, tandis que l’on pouvait constater la froide habileté dans la fausse compassion des politiques face à leurs accusateurs, pendant ce temps, les éléments de langage adéquats étaient distribués dans les milieux républicains, et ils étaient répétés à longueur d’interview à qui voulait ou ne voulait pas les entendre : ces jeunes gens qui interpellaient Rubio et Loesch, qui exigeaient d’eux des engagements, des actions, ceux-là n’étaient que des enfants, de stupides idéalistes, manipulés par la gauche et les partisans du contrôle des armes. Il n’était pas possible qu’ils s’expriment de cette façon si articulée, si calme, si volontaire. Des spécialistes leur avait donc dicté ce qu’ils disaient. Et d’ailleurs, comment auraient-ils pu avoir l’argent pour les bus qui les emmenaient vers les lieux de manifestation, si ce n’est par le lobby anti-armes ?

Et pendant ce temps-là, le Donald trouvait la solution pour empêcher les futurs massacres. Cette solution est composée pour le moment de trois dispositions.
-La première : interdire les dispositifs qui permettent de transformer une simple arme automatique en arme d’assaut.
-La deuxième : monter l’âge minimum légal pour acheter une arme à 18 ans.
-Et enfin, la troisième, particulièrement géniale : armer les professeurs.

Il y aurait beaucoup à dire, et surtout à ironiser, sur ces mesures. Mais cette chronique est déjà bien assez longue comme ça et je sens que vous vous lassez. Alors, je me limiterai aujourd’hui à quelques courtes observations sur la troisième mesure.
Armer les professeurs ?
-ce serait encore davantage d’armes en circulation,
-ce serait, aux dépens des écoles publiques et privées, une augmentation du chiffre d’affaire des fabriquant d’armes,
-et ce serait, j’ose à peine plaisanter, aussi une menace mortelle pour les cancres, chahuteurs et autres persécuteurs de profs.

Si vous avez encore une minute, laissez-moi vous donner quelques chiffres :
NRA : 4.300.000 membres et 202.000.000 $ en dons annuels.
USA : Entre 250 et 350.000.000 d’armes à feu, 5000 foires aux armes à feu par an.
Les USA représentent 4% de la population mondiale, mais les américains possèdent 30% des armes à feu existant dans le monde.
Aux USA, il y a eu 18 fusillades en milieu scolaire depuis le début de l’année, soit une tous les 3 jours.
Cela fait huit jours qu’il n’y en a pas eu.

ET DEMAIN, SERA VENU L’AGE DE SE TAIRE

Le Crapaud, la Tortue et le Canard

Morceau choisi
Le texte qui suit est la traduction non autorisée et bénévole de « The Toad, the Turtle, and the Duck », une petite fable de David Sedaris(*), extraite de « Squirrel Seeks Chipmunk, a modest bestiary »- 2010 – Little & Brown, publishers

 Le Crapaud, la Tortue et le Canard

La queue des réclamations commençait au bord du marais et s’étirait vers l’ouest, pour finir là où la tortue venait enfin d’arriver, au pied d’une souche de pin calcinée. Elle avait trouvé sa place derrière un crapaud à l’œil vitreux et entrepris un bâillement à se décrocher la mâchoire quand un canard se pointa et pris place derrière elle en grommelant « Quelle bande de crétins. »

La bouche encore ouverte, la tortue acquiesça de la tête.

« C’est la deuxième fois que je fais cette queue, vous pouvez croire ça ? », râla le canard. « D’abord, ils m’ont dit que je n’aurais pas besoin de pièce d’identité, et puis, après presque trois heures, voilà que cette casse-couilles de rate de rivière me dit ‘Je suis désolée, Monsieur, mais si vous n’avez aucun justificatif d’identité, je ne peux rien faire pour vous’.

« Alors, je fais : ‘Bordel de merde, pourquoi vous ne m’avez pas dit ça plus tôt ?’ Et elle me fait genre « Si vous ne pouvez pas rester poli, je crains de devoir vous demander de partir. ‘ »

La tortue gémit de sympathie, car quelque chose de semblable lui était déjà arrivé. « C’est un vieux truc », dit-elle. « Ils merdouillent, mais en fait, c’est de votre faute. »

« Je lui ai dit, ‘Vous voulez de la politesse, essayez donc de travailler pour une société qui ne fasse pas Continuer la lecture de Le Crapaud, la Tortue et le Canard 

Dernière heure : La voie sur berge rive droite

Dernière heure : La voie sur berge rive droite
21 février 2018

Le tribunal administratif de Paris a annulé aujourd’hui la délibération du 26 septembre 2016 du Conseil de Paris qui déclarait l’intérêt général de l’opération d’aménagement des berges de la rive droite de la Seine. Selon le tribunal, cette délibération a été adoptée à la suite d’une étude d’impact qui « comportait des inexactitudes, des omissions et des insuffisances concernant les effets du projet« .

Le tribunal est gentil, car il aurait pu ajouter que les inexactitudes, les omissions et les insuffisances étaient bien connues des auteurs et du  commanditaire de l’étude, qui était donc manifestement truquée. J’avais commencé à aborder le sujet dans un article « Qousque tandem Hidalgo »  du mois de juillet dernier. On attend avec impatience la réaction de la Reine Maire. Automobilistes, riverains, parisiens, craignez la vengeance de Cruella car elle a certainement plus d’un tour dans son sac à main et n’a pas dit son dernier mot.

En attendant, le Tribunal pourrait-il se pencher sur la décision d’implanter devant le Musée d’Art moderne un bouquet de marshmallows incomestibles de douze mètres de hauteur offert à Paris par Koons pour 3 ou 4 millions d’Euros. (On apprend que l’oeuvre est en cours d’achèvement en Allemagne, mais qui donc a passé commande ?). Voir l’article « Assez de Kooneries »

ET DEMAIN, UN CRAPAUD, UNE TORTUE ET UN CANARD

 

Trinity Church cemetary

Cimetière de Trinity Church, 75 Broadway, New York

Here lies the body of Mr.WILLIAM BRADFORD
Printer who departed this Life May 23
1752 aged 92 years : He was born in
Leicestershire, in Old Elgland, in 1660
and came over to America in 1682 before
The City of Philadelphia was laid out : He
was Printer to this Government for upwards
of 50 years and being quite worn out
with Old age and labour, he left this
mortal State in the lively Hopes of a
blessed Immortality.
Reader, reflect how soon you’ll quit this Stage
You’ll find but few atain to such an Age
Life’s full of Pain. Lo her’s a Place of Rest.
Prepare to meet your GOD then you are blessed.
Here also lies the Body of Elizabeth Wife to
the said William Bradford who departed
this life July 8 1731 aged 68 years

Ici repose le corps de M.WILLIAM BRADFORD
Imprimeur qui a quitté cette vie le 23 Mai
1752 à l’âge de 92 ans : Il était né dans
le Leicestershire, en Vieille Angleterre, en 1660
et passé en Amérique en 1682 avant
que la Cité de Philadelphie soit fondée : Il
fut Imprimeur pour ce Gouvernement pendant plus
de 50 ans et étant tout à fait épuisé
par le grand Age et le travail, il a quitté cet
Etat mortel dans l’Espérance vivante d’une
Immortalité bénie.
Lecteur, pense que bientôt tu quitteras cet Etat
Tu trouveras que peu atteignent cet Age
La Vie est remplie de douleur. Regarde, voici un Endroit de Repos
Prépare-toi à rencontrer ton DIEU et tu seras béni.
Ici repose aussi le Corps d’Elizabeth Epouse
dudit William Bradford qui quitta
cette vie le 8 Juillet 1731 à l’âge de 68 Ans.

ET DEMAIN, LA FABLE, UN GENRE OUBLIÉ