Archives mensuelles : janvier 2018

Dernière heure : Il faudrait un grand coup de balai

Dernière heure : C’est sale ! Il faudrait un grand coup de balai !

Mercredi 31 janvier

Dans la ligne de mon Tavussa? de ce matin
Extrait de l’excellent TTSO (Time To Sign Off) d’aujourd’hui :

Le Canard Enchaîné révèle aujourd’hui qu’en novembre la Mairie de Paris a payé 225 000€ pour un rapport de 14 pages lui apprenant que les Parisiens trouvaient leur ville hyper sale. Ce scoop nous paraît d’autant plus cher que, si elle avait attendu demain, cette même Mairie aurait pu se plonger dans les 225 pages d’un autre rapport, celui que la Mission d’Evaluation du Conseil de Paris sur la propreté de la capitale lui remettra jeudi.

Elle y aurait lu par exemple que depuis 2001, l’espace parisien a augmenté de 30%, le budget consacré à la propreté reculé de 10%, les emplois affectés à cette mission amputés de 1 000 postes, alors que parallèlement les effectifs de la Mairie augmentaient de 50%. Gratos.

¿ TAVUSSA ? (36) Madame le Maire, s’il vous plait…

Madame le Maire,

Cessez rien qu’un instant de transformer Paris en réserve d’indiens et laissez un peu respirer les automobilistes. Déclarez une trêve, un moratoire, enfin quelque chose, et occupez-vous un peu de ce qui, sans que jamais vous n’en parliez, pollue tous les jours la vie des Parisiens, des banlieusards et des touristes, sans distinction de race, de classe ni de religion.

Concentrez-vous un peu sur les deux-roues pour une fois, voulez-vous,  et observez les vélos :

Les vélos qui grillent les feux de circulation
Les vélos dont le pilote tient son guidon d’une main et son téléphone de l’autre
Les vélos qui roulent à contre sens dans les rues à sens unique
Les vélos qui roulent sur les trottoirs en zigzagant entre les vieillards et les enfants
Les vélos garés qui encombrent les trottoirs étroits

Enfin, les vélos, quoi ?

En même temps, ne pourriez-vous pas, de temps en temps, faire contrôler les motos ?

Les motos dont neuf sur dix sont en excès de vitesse
Les motos dont neuf sur dix roulent dans les espaces « vélos »
Les motos dont cinq sur dix font volontairement un bruit de tonnerre
Les motos garées qui encombrent les trottoirs étroits
Enfin, les motos, les scooters, les Tmax, quoi ?

Quand vous aurez fait ça, vous pourrez en bonne conscience revenir aux autos, et par exemple sanctionner :

Les voitures qui klaxonnent pour effrayer un passant tardif sur le passage piéton
Les voitures de la mairie qui sont immobilisées tous les jours pour bloquer les rampes d’accès à la voie sur berge déserte
Les voitures de fonction dont les moteurs tournent à l’arrêt durant des heures pour le seul confort du chauffeur
Madame le Maire ?
S’il vous plait…

Premier Post Scriptum : Si vous faites ça, je dirais peut-être que, par un beau vendredi d’octobre, je me suis agréablement promené à pied et en Velib sur l’ancienne voie Georges Pompidou, et que, pendant que des milliers d’automobilistes pestaient sur le quai haut, des centaines de piétons, sympathiques et oisifs, paressaient sur le quai bas.

Deuxième Post Scriptum : Vous auriez sans doute pu nous épargnez le gâchis financier et les troubles des interminables travaux de remplacement des Velib par ceux d’une autre société, sans compter l’immobilisation du service pendant plusieurs mois, n’eut été votre désir de régler vos comptes avec J.C. Decaux. Mais il faut bien que votre volonté soit faite…

Troisième Post Scriptum : Et si vous tenez éventuellement à prendre quelques mesures positives, vous pourrez aussi  : a) rendre le métro vivable aux heures de pointe et b) augmenter la fréquence des bus, y compris aux heures creuses, mais c’est très secondaire, n’est-ce pas ?

Dernier Post scriptum : Pendant que vous y êtes, pourriez-vous faire enlever les containers prétendument éphémères qui déparent la Place du Panthéon et la Place de la Madeleine, ou dois-je faire appel aux Encombrants ?

ET DEMAIN, LA CRITIQUE AISÉE DES PENTAGON PAPERS 

Princesse palatine : 5 – Le gouvernement des femmes

Si vous ne savez plus très bien qui était la princesse palatine (1), reportez-vous à la note de bas de page. Sinon, lisez directement cet extrait de sa correspondance.

10 septembre 1715
Paris

Mon fils… me semble bien résolu à se conformer aux derniers ordres du roi (2) et à vivre en paix avec ses voisins. Je crois que si cela ne dépendait que de lui, il viendrait volontiers en aide à tous les opprimés… Mais pour prouver qu’il ne veut pas gouverner à sa fantaisie, il a déjà institué différents conseils… et il est difficile de croire que le conseil des affaires ecclésiastiques, qui ne sera composé que de prêtres, se montre favorables aux réfugiés. J’ai pris la résolution de ne me mêler de rien. Malheureusement, la France, soit dit entre nous, a trop longtemps été gouvernée par des femmes ; pour ce qui est de moi, je ne veux pas être cause qu’on puisse faire ce reproche à mon fils…

Notes
1-Lorsqu’elle arrive d’Allemagne à la Cour de Louis XIV en 1672 en tant qu’épouse du frère du Roi, Elisabeth-Charlotte du Palatinat a 20 ans. Par son mariage, cette princesse palatine devient Madame, duchesse d’Orléans. Voici le portrait qu’en faisait Saint-Simon :
« Madame tenait beaucoup plus de l’homme que de la femme ; elle était forte, courageuse, Allemande au dernier point, franche, droite, bonne, bienfaisante, noble et grande en toutes ses manières ; petite au dernier point sur tout ce qui regardait ce qui lui était dû : elle était sauvage, toujours enfermée à écrire, dure, rude, se prenant aisément d’aversion ; nulle complaisance, nul tour dans l’esprit, quoiqu’elle ne manquât pas d’esprit ; la figure et le rustre d’un Suisse; capable avec cela, d’une amitié tendre et inviolable. »

2-Louis XIV est mort le 1er septembre 1715 à Versailles. Par testament, il nomme le duc d’Orléans, fils de la Princesse Palatine, président du conseil de régence.

ET DEMAIN, J’ÉCRIS AU MAIRE

 

Les panneaux de la vengeance – 3 billboards – Critique aisée 114

Critique aisée n° 114

Les panneaux de la vengeance – 3 billboards
Martin McDonagh – 2017
Frances McDormand, Woody Harrelson

Mon problème, quand je veux écrire la critique d’un film, ce n’est pas de me faire une opinion sur le film, ni de l’exprimer sous forme de phrases intelligibles, ça, normalement, j’y arrive. Enfin ! C’est à vous du juger, mais disons que j’ai l’impression d’y arriver. Non, mon problème c’est de trouver une entame.
J’aurais bien dit un incipit, mais j’ai déjà beaucoup utilisé ce mot, et on m’a dit que ça faisait pédant. Alors, disons entame.

Une entame, ça permet de s’échauffer les neurones et de fluidifier le clavier. Une entame, la plupart du temps, ça donne aussi l’humeur du jour, le point de vue duquel la critique sera écrite. Et enfin, souvent, à l’entame, on devine si la critique sera bonne ou mauvaise.
Et puis, soyons honnêtes, ça permet de tourner autour du pot en attendant que les idées viennent.

Parce que faire une critique de cinéma, ou de théâtre, ou de quoi que ce soit d’artistique, ça ne peut pas se résumer à dire « c’est super« , « c’est pas mal » ou « c’est nul« , à crier « j’ai adoré » ou à soupirer « je ne m’étais jamais autant ennuyé de ma vie« . Non, l’homme élégant et moyennement cultivé que nous voulons tous être un jour, cet homme-là se doit d’émettre Continuer la lecture de Les panneaux de la vengeance – 3 billboards – Critique aisée 114 

Dernière heure : L’Esprit public ou Le Nouvel Esprit Public ?

Dernière heure : L’Esprit public ou le Nouvel Esprit public ?
25 janvier

L’émission de France Culture a été créée en 1998. Pendant près de 20 ans, chaque dimanche matin, Philippe Meyer introduisait cette émission de débat politique par une courte présentation synthétique du sujet qui devait être traité. Ensuite, il se contentait de distribuer la parole entre les quatre intervenants du jour.

J’ai suivi cette émission pendant des années, à la radio puis, plus confortablement, au moyen de cette merveilleuse invention qu’est le podcast (qui, prononcé à la Meyer, donne Peau de caste). Pendant des années j’ai écouté Max Gallo, Michaela Wiegel, Jean-Louis Bourlanges, Eric Le Boucher, Denis Olivennes, François Bujon de l’Estang, Sylvie Kauffmann, Thierry Pech débattre courtoisement, avec tolérance et bienveillance — à l’exception du dernier cité, qui ne manquait jamais une occasion de faire la leçon aux autres participants —  de sujets sur lesquels ils étaient bien sûr en désaccord partiel ou total. C’était tout l’intérêt de la chose.

Et puis en mars 2017, il y eu l’incident Bourlanges : au cours d’une émission, Bourlanges s’est montré très agressif envers François Fillon (qu’il avait traité de sournois, arrogant et corrompu) encore en lice à l’époque. Dans un raccourci que je me permets (parce qu’après tout c’est mon journal), France-Culture a réagi en deux temps : interdiction d’antenne immédiate de Bourlanges, puis, deux mois plus tard, résiliation du contrat Meyer / France Culture, l’émission devant être reprise en septembre sous le même titre par Emilie Aubry.

Meyer annonce que malgré cela, il reprendra ses émissions qui seront diffusées par podcast sous le titre « Le Nouvel Esprit public ». France Culture s’oppose à ce titre, mais est déboutée en justice.

Les émissions du Nouvel Esprit public sont enregistrées le dimanche matin au théâtre de l’Ecole Alsacienne, et diffusées par podcast quelques heures plus tard. On y retrouve avec plaisir Bourlanges, Bujon de l’Estang, Wiegel, et quelques autre fidèles. Certains manquent  à l’appel, qui ont été sensibles aux pressions exercées par France Culture.

Depuis septembre dernier, Meyer a produit une émission par semaine. On en est au numéro 20. Voici le lien qui vous permettra de vous abonner. Faites en bon usage.

https://www.lenouvelespritpublic.fr/

Ah ! Les belles boutiques – 25

Hôtel des Alliés
90 rue du Faubourg Saint-Antoine Paris 12ème

ET DEMAIN, LA CRITIQUE AISÉE DES PANNEAUX DE LA VENGEANCE

La série « Ah ! les belles boutiques »
L’objectif : rendre hommage aux commerçants qui réussissent à conserver l’aspect traditionnel de leur façade de magasin, et les encourager à persévérer.
Le contenu : une photo de la devanture d’un magasin, avec si possible l’adresse et, très éventuellement, un commentaire sur la boutique, ou son histoire, ou son contenu, ou sur l’idée que s’en fait le JdC.