Archives mensuelles : décembre 2016

2017, c’est demain

Aujourd’hui, vous n’aurez pas le temps de lire grand-chose. Alors, je ne vais pas gâcher un bon texte que je pourrai placer un jour où votre oreille sera plus attentive.

Moi-même, ce matin, j’ai des tas de trucs à préparer. C’est pourquoi je vous dis vite fait et sans complication ni recherche que

JE VOUS SOUHAITE DE PASSER UNE BONNE ANNEE 2017

Avec tout ce qui se prépare, ça risque d’être intéressant.

Alors, à demain avec le 3ème chapitre de mon « Incident de frontière ».

Les Femmes savantes (Critique aisée n°87)

La grande salle du théâtre de la Porte Saint-Martin est pleine et bruisse gentiment d’un public plein bonne volonté : on est dimanche après-midi.

Je m’installe à la place 2A à 58 Euros au deuxième rang de corbeille en me demandant une fois de plus si un siège de théâtre peut véritablement être appelé fauteuil. Je me glisse donc dans mon abus de langage et force mes genoux à glisser le long du dossier du siège qui est devant le mien. L’homme de bonne taille qui y est assis et qui me cache un gros tiers de ce qui n’est encore qu’un rideau rouge me fait comprendre par un mouvement des épaules et du fessier que ça-va-bien-pour-cette-fois-mais-bon…
Une annonce donne les consignes relatives aux téléphones portables et aux photographies.
Les lumières baissent, le rideau se lève sur Continue reading

La Grande Illusion

Le salut, pour l’auteur sincère, comme pour l’acteur sincère, consiste à présenter une façade tellement acceptable de tous que l’essentiel demeurera caché et ne sera découvert que par les spectateurs particulièrement futés. Souvent l’auteur lui-même ignore le sens profond de son oeuvre. Un exemple de ce phénomène devait être « La Grande Illusion » qui fut chaleureusement acceptée des commerçants et du public, convaincus qu’il s’agissait d’un film d’évasion. Plus tard, le véritable sujet du film, la question des relations humaines, fut accepté à son tour. Mais la route du succès était ouverte et les déclarations les moins orthodoxes dont j’avais parsemé le film étaient applaudies des spectateurs les plus imperméables. C’est de l’hypocrisie, je l’avoue, mais si on veut réussir à faire avaler certaines vérités, il faut les envelopper d’oripeaux familiers. Il en est de même de certains gâteaux indiens dont les première bouchées sont d’une douceur délectable. On mord un peu plus avant et on tombe sur un piment qui vous fait sauter en l’air.
Jean Renoir – Ma vie et mes films